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28 mars 2017

Des esclaves sous-traités

En Belgique, dans la région de Charleroi, des syndicats ont découvert des travailleurs sous-traitants des pays de l'Est soumis à des conditions indignes. Rappelons que le recours aux travailleurs détachés et à la sous-traitance sabre les salaires dans les pays de l'Ouest et légalise des reculs sociaux de plus d'un siècle.

Extrait du reportage de la RTBF en ligne ici:

Des chauffeurs de nationalité roumaine et polonaise logés dans des conditions effroyables. C'est la mauvaise surprise qui est tombée sur la tête des syndicats de Yusen Logistics à Courcelles ce dimanche. D'habitude les travailleurs de Yusen Logistics travaillent presque tous sur le site de Caterpillar. Mais vu le climat tendu dans leur propre procédure Renault (Caterpillar est le principal client de Yusen Logistics), les travailleurs ont organisé une surveillance de leur site de Courcelles.
Ce dimanche ils sont tombés sur une quinzaine de personnes qui manipulaient les camions. Des travailleurs venus des pays de l'Est occupés à charger et qui s'apprêtaient à prendre la route. Les syndicats ont découvert aussi les conditions de vie des ces chauffeurs. A l'arrière de la cour où stationne les camions et le matériel, quelqu'un a installé il y a longtemps déjà, une cabine de chantier en mauvais état.

La description des lieux laisse sans voix. Des fauteuils moisis et troués sont installés devant une vieille télévision. Une casserole chauffe sur une cuisinière au gaz vétuste et trois chauffages électriques sont branchés sur des rallonges rafistolées au papier collant.
Dans le coin, un matelas qui n'invite pas au repos semble être le seul lit pour ces chauffeurs. Combien sont-ils ? Difficile à dire. Les échanges se nouent entre eux et les syndicalistes. Les uns ne parlant pas français et les autres ne parlant pas le roumain ou le polonais. Ils étaient apparemment 10 aujourd'hui. Trop nombreux pour ce logement par ailleurs insalubre.

Francisco Mateo, délégué CSC chez Yusen Logistics, s'emporte quand il explique la situation. "C'est de l'esclavage moderne. Et en plus, ils déchargent et chargent les camions eux mêmes. On ne sait pas s'ils ont le permis ou des papiers pour tout ça et ça veut dire qu'ils travaillent des heures incroyable. Ce sont des dangers ambulants sur nos autoroutes." Des agents de police sont venus constater la situation. Ils ont pris des photos avant de repartir.
La direction de Yusen Logistics est aux abonnés absents. Seul un représentant de la hiérarchie nous dit assumer la situation et assure que le logement est tout à fait acceptable.
Les travailleurs de Yusen Logistics sont en grève pour 24h. Ils espèrent pouvoir relancer le dialogue avec la direction et avancer dans leur procédure Renault.

21 févr. 2016

L'amiante tue encore et toujours

Un article de Nolwenn Weiler dans Basta (ici, en français) nous rappelle que l'amiante tue toujours alors que l'on suspecte sa nocivité depuis ... les années trente.

Mais, au nom du dieu profit-emploi, on n'allait pas se priver d'une si précieuse ressource. Bien sûr, depuis lors, toutes les applications industrielles de l'amiante on trouvé des produits de substitution, à commencer par les ardoises artificielles.

Extrait.
Personne n’a jamais dit aux ouvriers qu’ils avaient affaire à un danger mortel. « Pendant des décennies, il n’y a eu aucune protection, raconte Michel Verniers en 2006 [1] : L’amiante arrivait en sacs. Ceux-ci étaient découpés manuellement et le contenu était versé par les ouvriers dans un broyeur. Les fibres d’amiante volaient partout dans l’usine, transformant les ouvriers en bonhommes de neige. Chaque semaine, la chambre à amiante était nettoyée par des ouvriers chargés de décoller les résidus d’amiante avec des grattoirs, puis nous nettoyions à l’eau. »
Aujourd’hui, à Harmignies, sur les 250 travailleurs que comptait l’usine à sa fermeture en 1987, 116 sont morts et 49 sont malades. Un bilan déjà lourd auquel il faut ajouter les personnes malades n’ayant jamais travaillé dans l’usine. Les épouses, par exemple, qui manipulaient les vêtements plein d’amiante de leurs maris pour les laver, mais aussi les riverains. C’est ainsi que Françoise Jonckheere, dont le mari (décédé en 1987) travaillait à l’usine de Kapelle-op-den-Bos, et qui habitait à proximité de l’usine, a contracté un cancer de la plèvre en 1999, qui l’a emportée en 2000. Trois de leurs fils sont aussi décédés de cancers de l’amiante. La plainte déposée par Françoise Jonckheere avant son décès a fini par aboutir : en novembre 2014, le tribunal civil de Bruxelles a condamné la société Eternit à verser 250 000 euros à la famille Jonckheere.
En Belgique, comme ailleurs en Europe et dans le reste du monde, les victimes de l’amiante se battent pour que les responsables de leurs souffrances soient condamnés au pénal. En France, le dossier patine. Il y a eu un espoir en Italie, en juin 2013, avec la condamnation à 18 ans de prison de Stephan Schmidheiny, ancien directeur d’Eternit, pour le décès de près de 3 000 (!) ouvriers. Mais la Cour de cassation a annulé ce verdict en novembre 2014 et a acquitté l’accusé, jugeant les faits prescrits.

19 févr. 2016

Considérations communautaires

En Belgique, la vie politique est ponctuée de considérations communautaires. Au sein des mouvements régionalistes, les flamingants se distinguent par leur constance et par leur virulence. Ils dénoncent à l'envi le coût des Wallons, les habitants de l'autre partie du pays, pour leurs coreligionnaires flamands.

Derrière ce discours, il y a la logique qu'un employé, un salarié, un prestataire social sont des coûts, ce qui, du point de vue salarial, du point de vue anti-employiste qui est le nôtre est du délire. Les producteurs, en emploi ou hors emploi, ne coûtent pas à l'économie, c'est eux qui font l'économie.

Mais voyons cet argument de plus près - non pour nous situer sur le délicat terrain des conflits communautaires belge, nous n'avons rien à y faire mais pour démonter la logique intrinsèque, le dieu caché dans la tapisserie de ce genre de discours.

Soit l'on considère que les producteurs (salarié en emploi ou prestataires sociaux) produisent la valeur ajoutée correspondant à leur salaire et la notion même de coût d'une région envers une autre au nom des transferts sociaux n'a pas de sens.

Soit l'on adopte le point de vue libéral qui, seul, permet de considérer les producteurs qui font l'économie comme des coûts. À ce moment-là, ce ne sont pas les producteurs qui créent la richesse mais les entreprises et elles seules. Les salariés, les cotisations sont considérés comme des coûts pour les libéraux.

Dans l'optique libérale, si l'on regarde les données de la Banque Nationale Belge (ici, pp. 12-23), il faut considérer les seules valeurs ajoutées créés par les entreprises.

Nous avons donc, pour les régions, en milliards d'euros, pour l'année 2012:

Bruxelles: 63 milliards d'€ de valeur ajoutée créée par les entreprises (soit 18,1%)
Flandre: 202 milliards d'€ de valeur ajoutée créée par les entreprises (soit 58,2%)
Wallonie: 82 milliards d'€ de valeur ajoutée créée par les entreprises (soit 23,6%)

Dans le même temps, pour la même année, les producteurs assimilés à des coûts pour les entreprises par les libéraux se sont répartis les salaires selon les chiffres ci-dessous. Les revenus primaires ne tiennent pas compte des impôts et des prestations sociales alors que les revenus secondaires les intègrent. On voit que les salaires secondaires sont plus importants en Wallonie que les salaires primaires. Les Wallons paient donc moins d'impôt et bénéficient de davantage de prestations sociales que leurs équivalents flamands. C'est sur cet argument que se fondent les discours nationalistes (les Wallons sont des profiteurs, etc.). Que l'on en juge.

Bruxelles: revenus primaires 9,3%; revenus secondaires 9,5% (+0,2%)
Flandre: revenus primaires 62,6%, revenus secondaires 61,2% (-1,4%)
Wallonie: revenus primaires 28%, revenus secondaires 29,3% (+1,3%)

Le hic dans ce raisonnement, c'est que pour la fédération patronale flamande comme pour les libéraux encartés dans les partis politiques flamingants, la valeur ajoutée n'est pas produite par les producteurs mais par les entreprises. Il faut donc comparer les revenus secondaires (qui intègrent salaires sociaux, salaires directs et revenu de l'épargne ou revenus immobilier) à ... ceux produits par l'entreprise.

Nous avons donc

Bruxelles: valeur ajoutée des entreprises 18,1%; revenus secondaires 9,5% (-8,4%)
Flandre: valeur ajoutée des entreprises 58,2%, revenus secondaires 61,2% (+3,8%)
Wallonie: valeur ajoutée des entreprises 23,6%, revenus secondaires 29,3% (+5,7%)

Pour nous résumer, du point de vue libéral, ce ne sont pas les Wallons qui coûtent aux Flamands, ce sont les Flamands et les Wallons qui coûtent aux entreprises bruxelloises.

Le point de vue libéral est tout aussi abject que celui des nationalistes, à n'en pas douter. Il a néanmoins le mérite d'expliquer pourquoi un parti nationaliste flamand ouvertement libéral et pro-patronal ne met qu'un zèle somme toute très mesuré à obtenir l'indépendance effective de la Flandre alors qu'il est au pouvoir aux niveaux national et régional.

Mais que ce soit le point de vue nationaliste ou le point de vue libéral, on arrive à une impasse insurmontable: dans les deux cas, les producteurs sont perçus comme des coûts (sauf s'ils travaillent pour un propriétaire lucratif dans le point de vue nationaliste).

Et c'est bien ces points de départ que nous contestons: ils fondent l'hégémonie de l'emploi et son cortège de désastres psychosociaux et environnementaux, ils nous condamnent à devenir des zombies qui sont des coûts et font gagner de l'argent non à ceux qui sont désignés comme des coûts mais aux propriétaires lucratifs, ceux à qui les producteurs sacrifient leur vie, leur temps, leur créativité, leur famille voire leur santé.

29 nov. 2015

Les chômeurs et les chômeuses à la rue (ou merci patron)

En gros, les salariés au chômage sont devenus des sans-abris. Ceux qui dépensaient l'intégralité de leur salaire dans des dépenses courantes sont à la rue.

La guerre au salaire fait deux victimes: les gens, d'abord, poussés peu à peu vers la misère et l'économie, ensuite, qui s'enfonce dans une crise séculaire de surproduction: des employés faméliques fabriquent des bidules que plus personne ne peut acheter

Et la majorité s'empresse de les harceler, de les pourchasser alors que c'est elle qui les a mis là où ils sont.

Il faudra nous expliquer

- l'intérêt humain de ce genre de mesure: des pauvres sont jetés à la rue faute d'emploi, que vont-ils devenir après? La NVa va les mettre dans des camps de travail forcé? sur orbite?

- l'intérêt économique de ce genre de mesure: les commerçants voient leurs clients chômeurs devenir des mendiants et leurs clients affligés d'emploi devenir plus pauvres - leur chiffre d'affaire va à vau-l'eau

- l'intérêt politique de ce genre de mesure: la Belgique se tiermondise, se clochardise. Les classes moyennes sont terrorisés et bradent (avec l'appui étonnant des syndicats) leurs droits sociaux. La Belgique (et l'Europe) se transforment en pays sous-développé, peu à peu. Les populations autrefois prospères se débattent pour pouvoir manger.

mais c'est vrai que, en chargeant les étrangers, les pauvres, les francophones, les prochaines élections seront certainement un triomphe pour celles et ceux qui mènent cette politique criminelle.
Jusqu'à ce que la lèpre de la misère les touche, eux aussi.

La plateforme propose l'universalisation du salaire, l'abolition de la propriété lucrative et la disparition d'une forme datée d'esclavage, l'emploi.
Que sont devenues les 15.000 personnes qui ont perdu leur « allocation d’insertion » entre janvier et juillet 2015 ? Deux chiffres inquiétants : 10…
Par sudinfo.be

29 mars 2015

Mettre un tram sur les rails

Nous apprenons que le fameux tram liégeois dont (à Liège) on nous parle depuis des années est compromis parce que le plan comptable (déjà très libéral) ne respecte pas les normes comptables (encore plus) libérales européennes.

En s'inspirant des travaux de Bernard Friot nous avons trouvé une solution clé en main à proposer à nos femmes et nos hommes politiques qui ménage la commission. Cette solution se passe de crédit et d'investisseurs. Ne nous remerciez pas, c'est tout naturel, cette solution peut financer tous les projets de transports en commun partout dans le monde selon le même principe.

Le PIB wallon tourne autour de 85 milliards d'euros (source ici). Si l'on considère la part salariale à 55% (ce qui est une hypothèse conservatrice mais nous n'avons pas pu trouver cette information de première main), les salaires wallons s'élèvent (au moins) à 47 milliards d'euros.

Imaginons que l'on ajoute une cotisation transport sur l'ensemble de ces salaires de 0,5%, cela ne modifierait en rien la concurrence ou les fameux 'coûts' salariaux. Ce n'est pas un demi pour cent de variation de la masse salariale qui va changer les comportements.

Ce demi pour cent représenterait, à l'échelle régionale seule, des prestations de 235 millions d'euros par an pour financer les transports publics en Wallonie.

Cette somme permettrait de
- financer rubis sur ongle le tram liégeois, sans banquier, sans dette et surtout, sans remboursement en moins de deux ans

- financer d'autres projets de transports en région wallonne par la suite (on pense à une connexion au réseau lillois, à une connexion ferroviaire est-ouest en Brabant ou à une future extension du réseau de tram liégeois, par exemple

- à terme, une fois les investissements nécessaires financés, on peut imaginer une réduction (voire une suppression) des tarifs des usagers.

Tout cela pour un coût nul - la cotisation s'ajouterait au PIB -, dans le respect des critères des extrémistes comptables européens et avec une qualité de vie dont profiterait en retour aussi bien les employeurs que les employés: les villes seraient décongestionnées. Le recours à la cotisation épargnerait également aux collectivités locales des politiques d'austérité interminables pour financer les nécessaires extensions de leur réseau de transport en commun.

Cette idée, le financement par cotisation de l'extension et/ou de l'entretien et de la gratuité des transports en commun a un précédent: à Aubagne, les transports gratuits sont financés par une taxe d'entreprise (ici) avec un certain succès n'était-ce l'insuffisance du financement.

Par ailleurs, cette mesure à coût nul permettrait d'adapter le réseau de transports en commun à l'inévitable transition énergétique en douceur et/ou de rendre ces transports en communs accessibles à celles et ceux qui en ont le plus besoin, les gens désargentés.


8 mars 2015

Chiffres du chômage

Les statistiques officielles de l'emploi (et de sa contrepartie, le chômage) font pâlir d'envie les employistes de tout poil en Europe. En examinant les chiffres de plus près, on constate que, là-bas comme ici, l'emploi organise l'exclusion sociale de masse.

La population active totale s'élève à 238 millions de personnes. 

- employés: 139 millions de personnes (58,3% de la population active)
- sans emploi: 14,5 millions de personnes (6,1% de la population active)

le total de ces deux chiffres ne représente donc que 64,4% de la population active. Qu'est-il arrivé aux 35,6% restant?

- 9 millions de personnes sont employées à temps partiel (essentiellement des gens qui souhaiteraient un emploi à temps plein)

- 18 millions de personnes sont employées à temps partiel pour des raisons non économiques (école, formation, obligations familiales ou personnelles)

- la catégorie la plus importante est composée de celles et ceux qui ne font pas partie de la population active: 85,2 millions de personnes.

Si l'on compare le nombre de chômeurs, de précaires et d'exclus au nombre d'employés temps plein, on arrive à 91% - pour cent actifs en emploi stable, il y en a 91 précaires, chômeurs ou exclus (aux États-Unis, ce sont surtout des exclus). 


Sources: Business insider (ici, en anglais)

En Belgique (ici), les statistiques gouvernementales de 2010 montrent

une population active totale de 7,1 millions de personnes,

une population de travailleurs (chômeurs et employés) de 4,45 millions de personnes 

soit une proportion de travailleurs de 62,7%.

Si l'on prend précisément la Wallonie - terre de chômage endémique s'il en est - on constate (ici) qu'il y a

- 1,325 millions de personnes "actives-occupées" (salariées en emploi, indépendantes et fonctionnaires)

- 2,33 millions de personnes en âge de travailler (et donc 1,05 millions de personnes en âge de travailler exclues, précaires ou chômeuses)

Si l'on compare ces données, comme nous l'avons fait pour les États-Unis, nous arrivons à 75% - pour cent actifs en emploi stable, il y en a 75 précaires, chômeurs ou exclus (en Wallonie, ce sont surtout des prestataires de salaire de chômage jusqu'à présent).

La Wallonie a donc un taux d'emploi nettement supérieur à celui des États-Unis - ce qui prouve une fois pour toute que l'emploi n'est pas la solution, c'est le problème.

4 mars 2015

Manifestation au Clos de la Fontaine

Le Clos de la Fontaine est une résidence de la région liégeoise. La CSC organisait une manifestation pour dénoncer les conditions de travail depuis le rachat de l'entreprise par un grand groupe français.

Les aide-soignantes ont moins de temps pour nettoyer les pensionnaires. Elles doivent travailler plus rapidement (elles ont sept minutes pour laver un résident) parce qu'il y a moins de personnel. Il y a moins de personnel dans l'entreprise pour que l'actionnaire, le propriétaire lucratif puisse toucher de plantureux bénéfices.

Pour aller plus rapidement dans les soins, le personnel soignant est contraint de maltraiter les pensionnaires. Il s'agit de maltraitance institutionnelle. Par exemple, quand un résident fait ses besoins sur lui, il ne peut être changé dans un délai raisonnable parce que le personnel surchargé est occupé à d'autres tâches. Ce n'est pas que les travailleurs sont méchants, c'est qu'ils ont insuffisamment de temps. Le résident peut baigner des heures dans ses habits souillés: c'est de la maltraitance institutionnelle.

Pour résumer: les actionnaires veulent plus de profit. Pour cela, on transforme les maisons de repos en salles de torture et les soignants en ouvriers à la chaîne. Le profit est donc l'ennemi du travail bien fait; l'emploi est l'ennemi du travail.

Extrait de l'incroyable article de la Meuse (ici, en français)

Cela fait trois ans que Rachida travaille au Clos sur la Fontaine. Cette infirmière a donc vécu le rachat de la maison de repos par Orpea. Rachida est sans appel : c’était mieux avant !
«  Nos conditions de travail sont inhumaines. Je m’occupe d’un service où se trouvent des patients Alzheimer ou atteints de troubles du comportement. Ils peuvent être dangereux pour eux-mêmes et pour les autres. Mais malgré cela, nous ne sommes que deux pour 25 patients. Ce n’est pas assez  » dénonce Rachida.
Même son de cloche du côté de Brigitte, l’aide-soignante. Pour elle, le rythme de travail est tout bonnement intenable. «  À cause du manque de personnel, on doit agir le plus rapidement possible. Concrètement, cela veut dire qu’on dispose d’une minute par patient pour la collation, de deux pour les mettre au lit et seulement de sept minutes pour les soins de toilette. C’est beaucoup trop peu  » s’indigne Brigitte.
Pourtant, ils y mettent le prix : certaines suites se louent en effet 110 euros par jour !
Brigitte vit très mal ce rythme effréné qui lui est imposé. «  J’ai choisi ce métier pour pouvoir soigner des gens, et je n’ai pas le temps de le faire  » déplore-t-elle. Outre le surmenage, le personnel de la maison de repos doit aussi faire face au manque de matériel. Selon Rachida, « On n’est qu’au début du mois et il ne reste déjà plus qu’un seul kit à pansements ».

13 févr. 2015

L'écrit ment


Nous informons nos aimables lecteurs que les autorités publiques belges embauchent de "faux indépendants". Les faux indépendants sont des travailleurs en emploi qui travaillent exclusivement pour un employeur.


Extrait d'un article de la Libre Belgique (ici, en français)

Le dossier n’est pas clos. Mais le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait un premier pas vers la trentaine de collaborateurs dont il veut se séparer. Comme "La Libre" le révélait lundi, les personnes responsables de la retranscription des débats parlementaires vont perdre leur emploi le 9 février prochain. Pour les remplacer, le Parlement des francophones va recourir aux services du Sénat et rétribuer cette assemblée à hauteur de 350 000 euros par an pour ces services. Problème : les licenciés n’ont pas droit à un préavis. Ils sont considérés comme des travailleurs indépendants et non comme des salariés.
Mais ces derniers contestent cette thèse juridique : bien qu’ils n’aient pas de contrats officiels, ils paient des cotisations sociales, travaillent sous les ordres des autorités du Parlement, disposent de matériel mis à la disposition par leur employeur, etc. Bref, tous les signes sont là qui démontrent qu’ils étaient bien dans une situation de travailleurs salariés et non d’indépendants.
La différence entre les faux indépendants et les salariés, c'est leur statut, c'est la reconnaissance des droits salariaux dont bénéficient les salariés, droits dont sont privés les faux indépendants. Le recours à l'emploi de faux indépendants est strictement condamné par la loi en Belgique.

Mais, puisque c'est le sénat ...

En outre, les salariés de l'État peuvent légitimement prétendre à la fonction publique, c'est-à-dire à un salaire à la qualification sans lien avec l'emploi et l'employeur.

Tout notre soutien aux pigistes dans leur lutte pour le salaire, tout notre soutien à leur légitime intégration dans la fonction publique, tout notre soutien à l'intégration dans la fonction publique de TOUS les travailleurs prestataires de services publics, qu'ils soient dans le public, dans l'associatif ou dans le privé.

12 oct. 2014

En Avignon


L'angoisse des artistes est du même ordre que l'angoisse de tous les producteurs, de toutes les formes de vie en marge de l'emploi, porteuses du même mépris social, de la même quête exigeante d'idéal et de la même utilité sociale, de la même production de sens, de matière, d'interaction humaine. Nous devons récupérer notre dignité de producteur et la libérer de l'emploi, de la soumission servile aux intérêts financiers.

Citation de Fabrice Murgia (que je vais voir ce soir si tout va bien, ou demain)

Quand je lis la presse et les articles sur la situation des artistes, qu’à la fin de l’article, je parcours les commentaires des tribunes populaires sur les forums internet, ce n’est plus de la peur. C’est quelque chose d’autre, c’est plus qu’une peur… Enfin… Nous sommes beaucoup ici, et imaginez qu’on parle comme ça de vous… Ça fait plus que peur.

C’est comme une peur qui vous dépasse, qui touche à votre mémoire génétique globale, humaine.

C’est comme quand on se bat à défendre la beauté, à dresser le portrait de l’Homme, mais que le modèle est horrible, stupide, égoïste, méprisant, il vous regarde de travers, comme s’il allait descendre de son socle, arracher votre chevalet, vous le taper sur la gueule, et prendre en plus votre portefeuille qui était presque vide… oui ça fait peur, et en même temps, comment dire, on doit l’aimer, sinon on ne peut pas le peindre, évidement. C’est une peur qui touche à ce qui nous relie, ce qui nous permet de vivre ensemble dans le respect mutuel. Cette peur pour nos enfants, le monde qu’on leur laisse. Une peur que tout à coup, tout le monde se mette à penser la même chose des artistes.
 

Que faut-il demander aux journalistes belges présents ce soir au Festival d’Avignon ? Faut-il leur demander de ressortir les chiffres de la culture, et prouver une fois de plus qu’elle est rentable ? Triste et désolant argument… Faut-il en passer par là ?

Je demande à tous les journalistes belges présents ce soir au Festival d’Avignon de s’adresser à nos concitoyens.

Dites-leur qui nous sommes…

Dites-leur que nous sommes là pour poser des questions critiques sur le monde que nous construisons ensemble. Rien à affirmer. Juste des questions pour les aider à construire.

Dites-leur que nous aussi, nous avons peur de la « crise », mais pitié, dites-leur de nous aider à freiner la crise des valeurs, crise de la solidarité.

Dites-leur que nous avons peur des regards de ceux qui pensent que nous profitons du système quand nous nous tuons au travail et que nous ne voyons pas nos enfants depuis plusieurs semaines.

Dites-leur que le spectacle n’existe pas que dans le gradin, mais aussi dans les classes de leurs enfants, dans leurs souvenirs.

Dites-leur qu’on a deux mille ans d’expérience dans ce secteur florissant, et que ce n’est pas rien. Surtout, dites-leur que nous sommes comme eux : dites-leur que nous voulons travailler. Juste travailler.

Dites-leur dans les premières pages de votre journal s’il vous plaît.

Et dites le dans les pages qu’ils liront, parce que vous l’aurez compris, je ne vous parle pas que de spectacle.

Dites-leur en changeant le mot « théâtre » par le mot « hôpital », parce que certains d’entre eux sont malades de mépris et c’est humiliant pour nous tous.

Continuez à leur dire ce qui se passe au sud et au nord de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais parlez-leur de l’utilité de la culture.


http://www.lalibre.be/culture/arts/a-avignon-les-artistes-belges-disent-leur-peur-53ce6c273570667a638cac11#86121

11 oct. 2014

L'opposition s'emploie

Un ami commente la malheureuse intervention de Di Rupo en défense de l'emploi. Nous vous la partageons (en modifiant un tout petit peu la chute).

Elio Di Rupo, dans son credo habituel pour l'emploi :

(extrait) Pourtant, on retrouve dans cet accord de gouvernement des mesures préconisées par l'OCDE. Concernant les pensions notamment. Mais le recul de l'âge de départ à la retraite est pour Elio Di Rupo une mesure "antisociale absolument grave". Mais n'était-ce pas nécessaire pour financer les pensions futures ? Pour le socialiste, non, "le véritable enjeu, c'est d'avoir de l'emploi, dit-il. Si nous avions plus d'emplois, nous aurions moins de chômage et ce serait beaucoup plus facile de résoudre les questions liées aux pensions."

Qui va donner des cours d'économie à notre ex-Premier :

Ce ne sont pas les emplois qui financent les pensions. Ce sont les salaires. Les cotisations sociales ne sont pas piquées aux employeurs ou à leur personnel. Elles sont calculées sur base des salaires, elles sont assises sur les salaires. Elles ne ponctionnent NI les profits des employeurs, parce qu'elles sont des montants salariaux, NI le salaire individuel, parce qu'elles complètent ce salaire. Elles expriment en fait la valeur créée par les pensionnés.


Rien n'est "ponctionné" dans cette histoire: les cotisations s'ajoutent au reste et créent de la valeur ajoutée exactement de la même façon que les autres salaires.

La majorité est employiste extrémiste (tendance Erythrée), l'opposition est employiste intégriste. Qui leur expliquera que l'emploi, ce n'est pas la solution mais le problème?

http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-centre-de-gravite-est-passe-du-16-a-l-hotel-de-ville-d-anvers?id=8374542

5 oct. 2014

Front de l'emploi

Dans La Meuse, journal local belge, on relève deux brèves du front de l'emploi. Des Portugais qui dorment dans des conteneurs (ici, en français). Extrait.

Derrière les belles images de l’ouverture du chantier des « Data Center BNP Paribas », de Bastogne et Vaux-sur-Sûre, se cache la dure réalité d’un dumping social scandaleux : c’est ce qu’affirme un urgentiste de la clinique de Bastogne.


Récemment, un ouvrier portugais, qui souffrait de vertiges, s’est présenté aux urgences. Son état a été jugé sérieux. Deux jours plus tard, il se présentait à nouveau pour demander la suppression de son certificat d’invalidité alors que son état de santé ne s’était pas amélioré. «  Cet ouvrier travaille comme manœuvre sur des échafaudages du chantier du Data Center à Bastogne », explique le membre du personnel soignant. «  Nous lui avons vivement déconseillé de reprendre le travail mais il a répondu que s’il ne travaillait pas, il ne serait pas payé. Il a nous a expliqué dans quelle situation pénible il se trouvait. J’ai moi-même été voir sur place leur logement et j’ai constaté le pitoyable sort réservé à ces malheureux. »

Il ajoute : «  Je suis scandalisé par cette vie de misère et ces conditions de travail inacceptables : ces ouvriers travaillent sur ce chantier depuis des mois et vivent, entassés comme des rats, dans de simples containers, le long de la nationale 4. »

Renseignements pris auprès du service facturation de l’hôpital, ces travailleurs n’ont pas de sécurité sociale. «  Trois cas de Portugais sans mutuelle ont déjà été signalés. Tout le courrier envoyé à l’adresse de facturation remise lors de l’admission est revenu avec la mention « destinataire inconnu ».

Quarante Portugais

Le propriétaire du terrain, le long de la N4, a confirmé qu’il l’avait mis à la disposition de l’entreprise, à laquelle le gros œuvre a été confié, sur le site de Bastogne, pour que ce « village de conteneurs » soit installé. Une quarantaine de travailleurs étrangers, principalement de nationalité portugaise, y sont logés. Du côté de BNP Paribas, on affirme que la législation sur le travail est respectée sur les deux chantiers. Officiellement, aucune entreprise portugaise n’est répertoriée dans le listing.
 Ce drame de l'emploi rappelle décidément celui que le même journal avait relevé en mai dernier, à Herstal cette fois (ici).

Les ouvriers portugais qui bâtissent le futur flambant neuf « Centre administratif » de Herstal vivent – comme tant d’autres travailleurs « détachés » de l’Union européenne – dans des containers. Mais ceux-ci sont planqués à l’intérieur de deux vieux entrepôts d’une ancienne caserne militaire d’Alleur, au milieu de nulle part. Très peu d’aération, pas de lumière du jour et une eau à la limite de la salubrité… Est-ce bien « digne » ?





«  Nous, on est heureux ici. On se sent bien », assure Valerio, grand sourire à l’appui. « Si on vivait à l’hôtel, on devrait aller au restaurant tous les jours, alors qu’ici, on a une cuisinière portugaise qui nous fait le repas quand on rentre. On pourrait aussi louer une maison ou un appartement, mais on serait seul le soir en rentrant, avec personne pour nous attendre. Ici, on est tous ensemble avec les collègues, on forme une deuxième famille quand la nôtre est loin  ».
Ces ouvriers portugais ne se plaignent pas de leurs conditions d’existence. Bien au contraire. En travaillant en sous-traitance sur le chantier de la nouvelle maison communale de Herstal, ils gagnent 1.800 euros par mois, contre 430 euros chez eux au Portugal. Et ils sont nourris et logés. Logés en containers aménagés, comme tant d’autres de leurs compatriotes qui bossent sur nos chantiers liégeois.
Sauf que dans leur cas, leurs containers ne sont pas au pied du chantier, mais à plusieurs kilomètres de Herstal. À Alleur, précisément. Les deux containers qu’ils partagent à 35 hommes sont glissés à l’intérieur de deux vieux hangars militaires, au milieu d’un casernement abandonné qui ne sert plus que de surfaces privées d’entreposage à louer. Pas âme qui vive aux alentours, le site est grillagé et une barrière en clôt l’accès à 22 heures.
Les fenêtres des containers donnent sur les parpaings et la tôle ondulée des baraquements, sans puits de lumière naturelle ni ventilation. Dans l’étroit espace formé entre le mur de l’entrepôt et l’entrée du container, un vieux divan sert de fumoir, où quelques ouvriers rigolent, une canette de bière à la main.
Mais a priori, c’est légal. « Vivre dans des containers n’est pas interdit : on installe bien des classes entières d’élèves de cette façon dans certaines écoles », rappelle un responsable de la direction liégeoise au Contrôle du Bien-être au travail au sein du SPF Emploi. « Certains containers bien aménagés, tels ceux des ouvriers de la Tour des finances par exemple, sont aussi beaux que ma maison ! », note-t-il.
Ce type de logement doit cependant répondre à des critères de salubrité : il faut un certain nombre de m 3  par résident, une bonne aération et ventilation, que la cuisine réponde aux normes, que l’évacuation des déchets soit assurée, que les sanitaires (douches, WC) soient en ordre…
Nous rappelons que, dans la logique de création de valeur capitaliste, les producteurs, les travailleurs seront toujours de trop.

23 juin 2014

Histoire des luttes de chômeurs 2 - Le chômage conjoncturel (1970-1995)

Cet article est écrit avec Riposte-CTE (voir leur site ici), il s'inscrit une suite d'articles retraçant l'histoire des luttes de chômeur 

La première vague des luttes de chômeur, c'était l'auto-production suite aux fermetures d'usine (voir Glaverbel ici et Lip ici, par exemple).

  • Luttes dans les usines

La deuxième vague a déferlé dans les usines: la lutte pour les 36 heures et la pension à 60 ans (voir les ACEC de Charleroi ici, les travailleurs ont obtenu les 36 heures par étape, sans création de poste d'emploi et par augmentation de la productivité).

Extrait du journal de l'UCLMB, 18/9/75
Au sein du mouvement Marxiste-Léniniste très minoritaire dans le mouvement ouvrier, il y avait la revendication d'une allocation de chômage de 100% du salaire. Au sein du mouvement syndical traditionnel, c'était la revendication du plein emploi qui a eu le succès que l'on sait.

  • Les comités de chômeurs

À partir de 1976, il se crée des comités de chômeurs. Ils reprennent la tradition communiste des années 30 (voir Guy Vanthempsche, Le Chômage en Belgique de 1929 à 1940, son histoire, son actualité et l'article sur le pacte social ici): à ce moment-là, il n'y avait que les communistes qui organisaient les chômeurs. En Belgique, on appelait le Parti Communiste, le Parti des Chômeurs. Ces comités sont créés par ce que les sociologues appellent des gauchistes, c'est-à-dire les mouvements trotskyste, anarchiste et marxiste-léniniste. La revendication principale était la lutte contre les exclusions (c'était l'article 143 à l'époque - voir ici), les 36 heures et la pension à 60 ans.

L'article 143 prévoyait l'exclusion du bénéfice des allocations des chômeurs cohabitants de longue durée - y compris les travailleurs à temps partiel. Cette mesure pénalisait essentiellement les femmes en ménage.

  • Les TSE

À Charleroi, en 76 toujours, un comité est créé par des militants syndicaux de base mais ce comité reiciste isolé en Belgique. Il lutte contre les exclusions et revendique l'abolition de l'article 143, la suppression des enquêtes à domicile et le droit au travail.

Ce comité ne tiendra que quelques années du fait du turnover des formations, des stages - c'était tous des jeunes. Suite à quelques actions d'occupation symbolique de l'ONEm, le comité obtiendra quelques améliorations dans les locaux de pointage.

À l'époque, les chômeurs devaient pointer tous les jours, souvent dans des locaux délabrés.

À partir de 1980, les syndicats revoient leur analyse sur le chômage qui ne cesse d'augmenter. Ils arrivent à la conclusion que c'est un chômage structurel, conclusion qui s'imposait après deux siècles.

  • Le Werklosenbond

En Flandre, un Werklosenbond (un syndicat de chômeurs) se crée au début des années 1980. Il donne comme consigne, afin de diminuer les frais de logement, de cohabiter, de vivre à plusieurs. En riposte à ce mouvement-là, le gouvernement de l'époque crée un nouveau statut, les cohabitants.

Beaucoup de membres du Werklosenbond seront accusés de fraude sociale et perdront plusieurs procès. Le Werklosenbond s'écroule financièrement.

À cette période, des militants syndicalistes chômeurs créent le premier comité TSE, Travailleurs sans emploi.

Les principales revendications des comités TSE: suppression de l'article 143, réduction du temps de travail, élection de délégués chômeurs. Mais les dirigeants syndicaux s'opposent à cette dernière revendication et à la suppression de l'article 143. C'est ainsi que Monsieur J.-C. Vandermeeren, secrétaire national de la FGTB déclare le 23 mars 1983:

Si on supprime l'article 143, les libéraux vont proposer la limitation dans le temps des allocations de chômage [il y a trente ans!].
 Or, il faut savoir qu'à la même époque, l'administrateur général de l'ONEm, Maurice André est aussi président de la CGSP Tournai, une centrale de la FGTB.

Quant à l'autre grand syndicat belge, le syndicat chrétien, la CSC, elle
accepte le principe de contrôle mais pas de pointage.
Le pointage sera effectivement supprimé mais bien des années plus tard.

L'article 143 prévoyait l'exclusion du bénéfice des allocations des chômeurs cohabitants de longue durée - y compris les travailleurs à temps partiel. Cette mesure pénalisait essentiellement les femmes en ménage.

  •  Luttes et sabotages syndicaux


En 1986, le comité TSE FGTB Charleroi occupe l'ONEm pendant sept jours contre la diminution des allocations de chômage pour certaines catégories de chômeurs qui tombent au forfait minimum et contre l'article 143. Cette fois, l'action ne remporte pas de vrai succès.

La FGTB nationale et la CSC-Femmes organisent une manifestation à Bruxelles sur les mêmes revendications (abrogation de l'article 143 et contre la diminution des allocations de chômage pour certaines catégories). Il y a 8000 personnes.

Les comités TSE aussi bien de la FGTB que CSC se plaignent beaucoup du manque de soutien des centrales et, à la FGTB, ils proposent de créer une centrale des cLes chômeurs qui ne cherchent pas d'emploiLes chômeurs qui ne cherchent pas d'emploihômeurs, ce qui sera refusé par le congrès.

[Sur ces questions voir notre article sur la démocratie syndicale ici]

À Charleroi, les TSE organisent des élections sociales au bureau de pointage. Ces élections ne seront pas validées par les dirigeants syndicaux alors qu'un délégué a été élu.


  • Les chômeurs qui ne cherchent pas d'emploi

En 1988, un nouveau type de chômeur apparaît - principalement des sidérurgistes ou des métallurgistes, des secteurs à forte tradition syndicale - âgé de plus de 50 ans mais n'ayant pas droit à la prépension (c'est alors 56 ans). Ces chômeurs spécifiques réclament:
- une allocation plus élevée que les 60%: vu les nombreuses années de cotisation, cette allocation doit être majorée
- de ne pas être demandeur d'emploi (à leur âge, ils ne peuvent plus être embauchés).

Pour soutenir leurs revendications, ils organisent une manifestation où il y a 2500 personnes et une occupation d'un jour de la FEB (Fédération des Employeurs de Belgique). Leurs revendications aboutissent en 1993.

En 1991, l'article 143 devient l'article 80 sans que rien ne change fondamentalement. Les chômeurs cohabitants de longue durée sont toujours exclus - ce qui affecte surtout les femmes en ménage.

En 1994, la CSC et quelques sections FGTB organisent une manifestation à Bruxelles où il n'y a plus que mille personnes. La lutte des TSE a marqué le pas à cette période jusqu'au milieu de 1995.

8 juin 2014

Histoire des luttes de chômeurs - 1. Glaverbel

Histoire des luttes de chômeurs

 Cet article est le premier d'une série qui doit nous amener aux luttes de chômeurs actuelles en Belgique. Il est rédigé en coopération avec le collectif Riposte.CTE, collectif de réflexion et d'action autour du chômage.

 Glaverbel 1975-1981

Le premier article nous emmène à la fin du plein emploi, juste après la crise pétrolière, au moment où le taux de profit atteignait un plancher historique et que les investisseurs commençaient à se sentir des envies de laisser leurs capitaux se balader sur la terre entière.

Dans ce contexte, une entreprise ferme alors qu'elle est bénéficiaire. C'est un des premiers licenciements boursiers connus de l'ère contemporaine. Mais les résistances ont créé des brèches intéressantes, comme cette histoire de conserver un statut de travailleur, un contrat de travail et un salaire alors que l'usine est fermée. Récit.

 I. Contexte: la fermeture de l'usine (1975)


 Présentation du film de Manu Simon, Gilly pour tous (tous avec Gilly).

Les ouvriers refusent l'extinction du four de l'usine de Glaverbel (Charleroi). Ça se passe en 1975. Un comité de grève se constitue, la lutte est lancée. C'est une lutte contre les licenciements, contre le démantèlement de l'usine, contre la fuite des capitaux et les manoeuvres des multinationales qui licencient pour faire plus de profits. L'usine de Glaverbel est occupée et placée sous contrôle ouvrier. Une lutte exemplaire.

La CSC annonce une confiscation de fait des entreprises qui ferment ou qui licencient. La FGTB exige la nationalisation. "Les ouvriers se lèvent comme un seul homme et disent: Capitalistes, nous en avons assez, laissez la place à nous, s'écrie André Henry, figure emblématique de la grève. Après sept semaines, les grévistes font plier la multinationale et obtiennent gain de cause. Aucun licenciement, maintien du salaire. Cette victoire reste encore aujourd'hui un modèle d'un combat ouvrier.
Pendant l'année d'occupation d'usine, les ouvriers ont continué à produire le verre - un arrêt du four lui eût été fatal - et se sont chargés eux-mêmes de commercialiser ce qu'ils produisaient. Ils ont alors démontré (si besoin était) que les travailleurs pouvaient se passer de patron et d'employeur.
  • L'accord Glaverbel

Les ouvriers n'ont pas obtenu la nationalisation mais ils ont obtenu le maintien du salaire, la prépension à 95% du salaire à 58 ans et le retrait de la plainte de l'usine pour vol. Un fonds social est constitué. Il est alimenté à un tiers par Glaverbel et à deux tiers par l'État: il indemnise les anciens travailleurs, appelés les excédentaires, sans emploi à 100% de leur salaire.

Les patrons avaient porté plainte pour vol parce que les ouvriers avaient continué à vendre le verre pendant la grève et l'avait vendu pour leur compte (cf: Lip).

  • La contre-offensive du gouvernement et des hauts responsables syndicaux

Après cette victoire, ça a été la grande contre-offensive de la bourgeoisie, des politiciens et de certains hauts dirigeants syndicaux.

La première attaque a été contre un délégué d'une autre section de Glaverbel Charleroi, délégué qui avait soutenu la grève. Il est licencié sans préavis. S'en suit une grève générale des verriers de Charleroi. Après deux semaines de grève, ce délégué sera réintégré mais son mandat syndical sera retiré (par les dirigeants nationaux syndicaux) pour sept ans.

Pour Jean De Nooze, dirigeant syndical national pour le verre,
les ouvriers de Gilly sont des activistes qui se prétendent militants ouvriers, qui ont transformé la région carolorégienne en chaudron à sorcières qui bout et déborde à tout moment et qui mènent une politique qui sert machiavéliquement les intérêts de Glaverbel et de tout le gouvernement.
En avril 1977, le PS rentre au gouvernement et attaque le fonds social de Gilly qui paie 100% du salaire.
Les ouvriers de Gilly sont des privilégiés et des profiteurs [déjà!].
 Les socialistes qui n'étaient pas dans le gouvernement précédent ne s'estiment pas liés par cet accord. Les travailleurs ripostent: des manifestations, des arrêts de travail, des assemblées, etc. Le fonds social sera prolongé d'un an.

Peu après, ce sont les dirigeants syndicaux nationaux, en front commun qui proposent d'amender les critères qui ouvrent les droits aux indemnités du fonds social:

- diminution du nombre de personnes concernées
- limitation dans le temps
- organisation d'un référendum à bulletins secrets pour l'ensemble des verriers (et non les seuls excédentaires)

  • Les ouvriers font grève pour défendre leur accord

La plupart des sièges verriers boycottent le référendum. Il n'y aura que 41% de oui (de ceux qui ne sont pas concernés). Mais les dirigeants syndicaux en front commun ne tiennent pas compte des résultats et proposent de réaliser les amendements prévus.

Les ouvriers ripostent en faisant grève dans plusieurs sièges. La grève ne sera [évidemment] pas reconnue. Les ouvriers mettront sur pied un large front de soutien politique (PCB - LRT - POUR - RW et quelques militants socialistes) et porteront plainte en justice contre Glaverbel pour non respect des accords. La plainte n'aboutira qu'à un non lieu.

Après 15 jours de grève non reconnue, Glaverbel accepte de négocier. L'accord du fonds social sera prolongé jusqu'en 1980: les ouvriers hors emploi conservent leur ancien salaire.

Les ouvriers protestent auprès du syndicat pour exiger le paiement des indemnités de grève et obtiennent gain de cause [à bon entendeur!].

II. L'entreprise publique d'isolation-rénovation

  • Un projet soudé

Le gouvernement, les dirigeants syndicaux nationaux et Glaverbel s'engagent à transformer Glaverbel en une entreprise publique d'isolation-rénovation pour 270 travailleurs. Ce projet implique une formation (les verriers ne sont pas des maçons) - avec toujours maintien du salaire à 100%.

En juillet 1979, les ouvriers reviennent de vacances et trouvent les portes de leur usine ... soudées avec toutes les machines emportées.

  • Un projet voté

En réaction, les ouvriers créent leur propre projet d'entreprise publique d'isolation-rénovation sous contrôle ouvrier avec l'appui d'universitaires (de Namur). Le projet est soutenu par l'OPI, l'Office de Promotion Industriel, par le conseil communal de Charleroi. Un projet de loi est déposé au parlement après des visites chez des politiciens, l'occupation de l'ONEm, etc [à bon entendeur!].

Au début 1980, laSETIR formation commence mais les ouvriers exigent que ce soient eux qui choisissent les formateurs, qui établissent leur règlement de travail, de formation, et ils exigent des formations sur chantier et pas seulement en atelier.

L'ONEm refuse et ... se fait occuper puis le Ministère du Travail est à son tour occupé.

  • Le chant du cygne: SETIR
La société d'isolation SETIR est créée mais les sociaux-chrétiens s'opposent à l'exécution du projet. La CSC et le MOC, tous deux sociaux-chrétiens également, se retirent du projet.

Les ouvriers concernés vont donc visiter le ministère socialiste de l'emploi. Après heures de séquestration, un subside de 18 millions FB [l'équivalent avec l'inflation de 1 millions 250 € de 2014].

Dans un premier temps, le PSC bloque les subsides; les bureaux de la région Wallonne seront occupés par les ouvriers et la moitié du subside est finalement allouée. Les accords sur le fonds social seront prolongés d'une année.

En juin 1981 SETIR est lancé avec 6 travailleurs, un directeurs et une secrétaire (loin des 270 travailleurs initialement prévus).

Deux ans plus tard, la société d'investissements wallonne (SRIW) liquide SETIR alors que le cahier de commande est rempli jusqu'à la fin octobre en s'appuyant avec mauvaise foi sur une loi qui permet la liquidation d'une entreprise qui a utilisé la moitié de son capital.

 Glaverbel est repris à ce moment-là par une multinationale japonaise et les ouvriers sont alors effectivement licenciés alors qu'ils étaient toujours en contrat de travail sans travail avec Glaverbel.
  • Le chômage

Les excédentaires deviennent des vrais  chômeurs. Faute de contrat de travail, les délégués sont exclus de leur mandat par les instances syndicales. Le fonds social est supprimé.

En réaction, certains ouvriers créeront de petites coopératives grâce à un subside de la région wallonne de un million d'€. Ces coopératives concerneront une vingtaine de travailleurs. Ces coopératives n'ont survécu que quelques années.

Principale leçon: pour certains, c'est une demi victoire parce qu'ils n'ont pas obtenu la nationalisation avec contrôle ouvrier, pour d'autres l'allocation de chômage à 100% du salaire pendant huit ans est un pas énorme vers le salaire à vie.

Références:

André Henry, L'Épopée des verriers du Pays Noir, Luc Pire, 2013 (voir un résumé ici).
Union des Communistes (Marxistes-Léninistes) de Belgique, Ripostons aux licenciements, Brochure, 1975.


28 avr. 2014

La CSC compte les victimes du travail


Nouvelles du front de l'emploi, de la guerre qui est menée contre les employés.


En cette journée mondiale sur la sécurité au travail, la CSC avance un rapport édifiant sur les accidents du travail. Un texte imposant qui met le doigt sur le nombre impressionnant d'accidents du travail en Belgique. Un travailleur meurt après un accident du travail presque deux jours ouvrables sur trois.

Il suffirait de respecter la loi mais l'inspection du travail souffre de sous-financement (ah, l'austérité, la dette ...):


Et il y a peu de contrôles pour enrayer ce fléau. Les services d'inspection manquent d'effectifs. Une visite poursuit le syndicat n'aurait lieu qu'une fois tous les 21 ans.





25 mars 2014

Anniversaire de la charte de Quaregnon

Le 26 mars 1894, le jeune P.O.B., ancêtre du très libéral P.S. belge publie la charte de Quaregnon (en ligne ici). Il serait bon de célébrer cet anniversaire en rappelant cette belle origine aux représentants actuels dudit parti.

Extraits et commentaires

1. Les richesses en général, et spécialement les moyens de productions, sont ou des agents naturels ou les fruits du travail manuel et cérébral des générations antérieures, aussi bien que la génération actuelle; elles doivent par conséquent être considérées comme le patrimoine de l'humanité.
Les richesses sont produites par les salariés d'aujourd'hui et d'autrefois - pas par les actionnaires ou les employeurs, pas par les entrepreneurs ou les investisseurs.
4. Les travailleurs ne peuvent attendre leur complet affranchissement que de la suppression des classes et d'une transformation radicale de la société actuelle. Cette transformation ne sera pas seulement favorable au prolétariat, mais à l'humanité tout entière , néanmoins, comme elle est contraire aux intérêts immédiats de la classe possédante, l'émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.
Cette formulation serait aujourd'hui considérée comme terroriste par les élus P.S. (en dehors des campagnes électorales, éventuellement). Elle condamne par avance tout capitalisme moral, vert, responsable; elle condamne toute solidarité ou toute charité: ce sont les producteurs eux-mêmes qui doivent récupérer leur richesse. Dont acte.

5. Ils devront avoir pour but, dans l'ordre économique, d'assurer l'usage libre et gratuit de tous les moyens de production. Ce résultat ne pourra être atteint, dans une société où le travail collectif se substitue de plus en plus au travail individuel, que par l'appropriation collective des agents naturels et des instruments de travail. 


Il s'agit ni plus ni moins de socialiser les instruments de travail. Les instruments de travail, ce sont
- les salaires
- les investissements
- la propriété des moyens de production
- la production (nature, organisation et gestion de ce qui est produit)
- les profits.
 
Voilà une intéressante base du point de vue anti-employiste, largement dévoyée par la suite, au nom du 'réalisme' (c'est-à-dire de l'extrémisme libéral) et, bien sûr, au nom de l'emploi. Aujourd'hui, il ne faut plus libérer l'usine du patron, il faut y envoyer le chômeur.

Nous sommes de ceux qui pensent que ce qui a fait naître la charte de Quaregnon est toujours d'actualité.

7 mars 2014

Le droit de grève amputé de 10% pour les pompiers

Un article de La Meuse (ici).


Extrait

Les tensions se ravivent chez les pompiers de Liège depuis quelques jours en raison d’une retenue sur salaire censée combler les pertes financières liées à la poursuite de la grève administrative entamée en décembre. Une assemblée générale du personnel est prévue mardi soir.



Image extraite de l'article de La Meuse S. Kip




Vendredi, les pompiers de Liège ont reçu leur fiche de paie. Ils ont constaté qu’une retenue sur salaire d’environ 10% avait été effectuée. L’IILE (Intercommunale d’incendie de Liège et environs) aurait estimé que cette retenue correspondait à la perte causée par la grève administrative qui se poursuit depuis le mois de décembre.

6 mars 2014

Ferbaltil licencie et embauche, contre le salaire


Bon vieux truc, ça. Les patrons preneurs d'otage virent au nom de la compétitivité ou de la concurrence puis ... réembauchent dans des contrats (encore) plus précaires, dans des conditions de travail (encore plus) dégradées les mêmes.

Sauf que, au niveau macroéconomique, ce genre de comportement a tendance à dégonfler le carnet de commande, sauf que au niveau individuel, ce sont des milliers, des millions d'existences brisées par la peur de la misère, par les sous-statuts et par les salaires faméliques.

Quitter la logique de la prise d'otage des propriétaires, c'est - a minima - remettre en cause la propriété lucrative et son diktat sur les existences humaines, sur le travail. Au nom de quoi certains humains peuvent prétendre régir les existences d'autres humains, quel est le principe sacré, la religion sacrée ou la secte extrémiste qui se cache?

Courage à toute et à tous.


http://www.rtbf.be/info/regions/detail_engager-des-interimaires-apres-avoir-licencie-le-personnel-de-ferblatil-voit-rouge?id=8216128

4 mars 2014

Chômeurs en colère


LE 10 MARS, PARTOUT DANS LE PAYS, CHÔMEURS EN COLÈRE !

"Travailleurs et chômeurs sont objectivement solidaires."

Et, pour rappel, cette solidarité, dans le régime salarié, a pris le caractère très concret de la sécurité sociale, du partage d'un salaire collectif en cotisations/prestations.

Vivement qu'on soit - au-delà d'un discours sur la solidarité objective - capables de redire le sens de la sécurité sociale !

Et de redire "travailleurs et chômeurs" comme salariés.

Cela demande de définir clairement le "chômeur" comme beaucoup plus qu'un simple "demandeur d'emploi".

Il n'y a pas de "chômeurs" dans le régime de travail indépendants ou chez les fonctionnaires. Et quelqu'un qui reçoit le RIS n'est pas chômeur, même s'il peut être activé par l'article 60.

Il n'y a de "chômeurs" qu'en régime salarié.

La chasse aux chômeurs, c'est de la casse sociale, parce qu'elle programme la démolition du régime salarié, qui est très largement majoritaire en Belgique.
LE 10 MARS, PARTOUT DANS LE PAYS, CHÔMEURS EN COLÈRE !
http://www.fgtb.be/web/guest/actions-fr/-/action/2118831/&p_l_id=10625

18 févr. 2014

Un trisomique à l'Onem


Nous apprenons, ulcérés, que l'employisme attaque les handicapés en Belgique aussi, que le producialisme confine à l'eugénisme.

Face à cette monstruosité, nous proposons

- qu'on f... la paix aux handicapés, à tous les handicapés, quel que soit leur handicap

- que nous soyons TOUS reconnus handicapés, incapables d'obéir à des ordres injustes, à la mise à sac de l'environnement, au management-torture, à l'impératif de mal faire ce qu'on aime faire pour le faire vite et faire gagner de l'argent, à l'arnaque des consommateurs, à la malfaçon, aux protocoles, à la standardisation et l'abêtissement de la production, à la vénalité du travail (et j'en passe)

http://www.lanouvellegazette.be/938003/article/regions/centre/2014-02-17/les-trisomiques-doivent-s-inscrire-comme…-demandeurs-d-emploi

14 janv. 2014

Contrôle Onem


Article chiffré sur le harcèlement institutionnel que subissent les chômeurs en Belgique. Les chômeurs exclus se retrouvent au CPAS s'ils survivent nerveusement à ces humiliantes tracasseries; ils n'ont plus de salaire mais une allocation payée par l'impôt.

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140112_00415854

À ce sujet, Riposte, une sympathique association de chômeurs et de travailleurs propose une action, je cite:


"Si le coeur vous en dit, lâchez-vous, on ne sait jamais ! Demain à 17h20, à la RTBF: "Contrôle des chômeurs. Est-on trop exigeant? "
Voici le commentaire que nous venons de poster:
"Plus on met les chômeurs sous pression, stérile, (car plus d'1 000 000 de personnes sont totalement ou partiellement sans emploi en Belgique pour 60 à 70 000 offres d'emplois répertoriées cumulativement par Forem, Actiris et Vdab !), plus on tire les conditions de travail vers le bas. Les salariés avec emploi qui défendent cette mise sous pression, vexatoire, scie la branche sur laquelle ils sont encore assis, très mal, douloureusement souvent, mais assis quand même. Attention, la branche va craquer, camarades.. plus dure sera la chute !
Jusqu'il y a trente ans, les salariés se battaient pour de meilleures conditions de travail, aujourd'hui ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui doivent "se lever tôt", à survaloriser la souffrance au travail qu'ils subissent, à la vivre ou à l'énoncer en tout cas comme qqch de normal, voire de méritoire, et non de révoltant, d'inacceptable. C'est quoi cette névrose collective au profit des 1% qui s'en frottent les mains ?
Si la majorité des esclaves avaient accusé, dénoncé (comme aujourd'hui nombre de salariés) ceux qui fuyaient leurs maîtres et ceux qui les combattaient au nom de ceux que, eux, acceptaient d'endurer, on en serait encore à l'esclavage !
La chasse aux chômeurs via des contrôles de plus en plus fréquents, tâtillons, absurdes même en pénurie absolue d 'emploi, à laquelle vont s'ajouter les exclusions massives qui se préparent (55 000 au 1er janvier 2015) et que généralise désormais l'article 63§2 (limitation dans le temps des allocations d'insertion), tous ces dispositifs criminels ont pour but d'assurer un niveau d'intensité jamais atteint dans la mise en compétition sur le marché de l'emploi.
Tous les salariés (ou presque) le paieront au prix fort, particulièrement les moins formés et les moins aptes à se défendre, ainsi que les plus rebelles à ces logiques socialement mortifères.
STOP Contrôle "ACRE" (activation du comportement de recherche d'emploi), stop Article 63§2 !
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