Nous recensons tout ce qui est à charge de la logique de l'emploi dans le monde, toute l'actualité sur le sujet, tous les espoirs de dépasser l'emploi, les luttes pour le diminuer, le supprimer.
Un article de Telesur (ici, en espagnol) explique les conditions de travail des journaliers en Basse-Californie, au Nord-Ouest du Mexique.
Résumé et traduction
- Les travailleurs réclament la libération de 17 journaliers prisonniers depuis le 17 mars, des soins médicaux pour les blessés et la cessation des violences à leur égard. - Ils réclament des soins infirmiers pour les 80 camarades blessés lors de la répression policière de samedi dernier.
- Ils demandent l'intervention de la Commission Nationale des Droits Humains.
- Ils accusent les agro-industriels, le gouverneur de la Basse-Californie.
- Le représentant de la Centrale Paysanne Cardeniste (CCC en espagnol) et le représentant du mouvement des Journaliers Agricoles de Saint Quintin appellent au boycott international des fruits et des légumes exportés vers ce pays. - Cette proposition de boycott proteste contre la violation des droits humains et sociaux dont pâtissent les journaliers qui travaillent aux semis et à la récolte de ces aliments.
Rory Carrol écrit un reportage très complet, appuyé par des témoignages, sur les conditions de vie et de travail des émigrants à la frontière entre le Mexique et les États-Unis dans le Guardian (ici, en anglais).
Traduction et résumé
Les gens font la queue pour la soupe populaire à Tijuana (Mexique). Pour beaucoup, rester à Tijuana est le seul pis-aller possible Photographe: Felix Clay
Les Mexicains qui émigrent aux USA se font souvent prendre - sans égard pour les emplois qu'ils occupent là-bas et se font rapatrier à leur corps défendant. Ils sont alors des milliers à rester là à attendre, du côté mexicain de la frontière, à Tijuana. Ils considèrent les États-Unis comme leur pays pour y avoir vécu parfois des années.
Ricardo Sanchez, 34 ans a été arrêté pour conduite sans permis et expatrié, laissant cinq enfants et une femme en Californie US. Photographe: Felix Clay
Certains rapatriés demeurent à Tijuana parce qu'ils s'y sentent plus proches de leur famille restées aux USA. Si les générations antérieures avaient l'esprit tourné vers Mexico, les derniers arrivés sont soumis à des conditions beaucoup plus traumatisantes: la séparation peut détruire des familles: si les conjoints restés aux USA n'ont pas de papier, ils ne peuvent pas venir pour rendre visite au déporté. Il y a eu deux mille déportations sur les cinq années de présidence Obama. Onze mille latino-américains n'ont toujours pas de papier et n'ont pas de perspective d'en avoir du fait de la fermeture du congrès.
Le fait d'être sans droit dans un pays sans sécurité sociale garantie met les sans-papier à la merci des employeurs sans scrupule: ils n'ont pas de recours. À ce sujet, nous vous recommandons cette vidéo (ici, en anglais) sur le travail temporaire des sans papier, c'est édifiant.
Ces déportés le sont au prétexte d'infractions mineures ou par manque de chance. Ils se retrouvent en tout cas à faire la queue devant la soupe populaire d'organisations caritatives à Tijuana. Ils se sombrent souvent dans la drogue ou dans l'alcool. Les autorités ont récemment lancé un programme Somos Mexicanos (Nous sommes mexicains) pour aider à l'intégration des déportés.
Nous rappelons que le Mexique est lié par un accord de libre échange (l'Alena) avec les États-Unis du type de celui que l'Europe et les USA négocient pour le moment. Selon les termes de cet accord, toute barrière douanière est levée pour les marchandises (ou les capitaux) mais non pour les travailleurs.
Depuis la signature de cet accord, il y a vingt ans, le niveau de vie des travailleurs des trois pays (Canada, USA et Mexique) a globalement baissé, les profits ont augmenté par la facilitation de la délocalisation au sein de l'ensemble économique, la bio-diversité (notamment du maïs) est mise en péril par l'accaparement des terres, les contaminations des OGM et l'appauvrissement des paysans soumis à la concurrence de l'agro-industrie subventionnée US.