Affichage des articles dont le libellé est République slovaque. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est République slovaque. Afficher tous les articles

27 déc. 2016

Actions contre le dumping en kit (2)

Partout en Europe, les syndicats se battent contre les pratiques criminelles de dumping social et salarial d'Ikea pour transporter ses produits. Un conducteur lituanien vient de décéder d'épuisement du fait de ces pratiques esclavagistes (et employistes). Les syndicats ont prévu tout une série d'action (nous avions relayé une action aux Pays-Bas ici).

Le dumping social en cours en Europe (sous les noms de "travail détaché" et de "sous-traitance") est une forme d'esclavage employiste particulièrement odieuse. Si vous voulez voir à quoi ressemblent les malheureux qui y sont réduits, il vous suffit de traîner sur une aire de repos d'autoroute, le soir.

Extrait de l'article  de Marion d'Allard dans l'Humanité disponible ici à l'occasion d'une action syndicale à Metz.

La Fédération internationale des travailleurs des transports multiplie les actions pour faire reconnaître la responsabilité de la multinationale suédoise en ce qui concerne les conditions de travail déplorables de ses transporteurs sous-traitants.

Le 17 octobre dernier, un routier lituanien était retrouvé mort sur le parking d’Ikea à Metz (Moselle). Employé par la compagnie néerlandaise Samskip, sous-traitante du géant suédois, il est le macabre symbole d’un système inhumain qui a érigé la rentabilité en dogme, au mépris des conditions de vie et de travail de milliers de conducteurs. Un système rendu possible par la législation communautaire, via la directive sur le travail détaché, contournée allégrement par les multinationales.

Le scandale de la sous-traitance en cascade, dénoncé à de multiples reprises par les syndicats du secteur, a atteint, ce jour d’octobre, son paroxysme. En réaction, et à l’appel de la Fédération internationale des travailleurs des transports (ITF), les actions revendicatives se sont multipliées cette semaine aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique… Hier, c’est à Metz, sur le site du plus gros entrepôt Ikea d’Europe, qu’une vingtaine de routiers se sont rassemblés à l’appel de la CGT, du syndicat belge FGTB et du néerlandais FNV. « Les conducteurs, qui garantissent l’économie d’Ikea, sont plus occupés à survivre au jour le jour qu’à conduire », déplore Lars Lindgren, président du syndicat suédois des travailleurs des transports, cité par l’ITF, qui appelle une nouvelle fois la multinationale suédoise à prendre en compte les conditions de travail des salariés qu’emploient ses fournisseurs. « Ikea est le donneur d’ordres, il doit passer à l’action pour stopper ces abus », assènent les syndicats européens.

«Ikea fait travailler pour son compte des dizaines de boîtes de transport routier. Une grande partie de ces entreprises ont leurs sièges sociaux en République tchèque, en Hongrie ou en Slovaquie, et embauchent aux conditions des pays de l’Est. Les autres sont des entreprises françaises, comme XPO Logistics – ex-Norbert Dentressangle –, qui créent des filiales dans les pays de l’Est au prétexte d’une activité économique sur place et envoient en réalité les salariés de ces filiales sur les routes d’Europe de l’Ouest », explique Alain Sutour, responsable internationale à la CGT transports. Victimes du contournement des règles européennes, « ces conducteurs sont payés au tarif du pays d’origine, soit environ 200 euros mensuels auxquels s’ajoutent 600 euros maximum de défraiement », poursuit le syndicaliste. En tout donc, 800 euros pour travailler et vivre en France ou en Allemagne. Leur mission dure « de trois à six mois », précise Alain Sutour, « ils dorment dans leur cabine, mangent au cul du camion, dehors même en plein hiver, préparent leur repas sur un réchaud, dans les odeurs d’échappement et de gasoil »… Pis, alors que la loi communautaire exige qu’une nuit de repos hebdomadaire soit prise à l’hôtel, « cette mesure n’est strictement jamais appliquée », poursuit le syndicaliste. Selon les dernières informations, le conducteur lituanien décédé à Metz a succombé à un infarctus. « Il avait 60 ans, trente ans de route derrière lui dans les conditions dont je viens de parler, loin de chez lui, sans pouvoir se soigner, seul toute l’année », déplore Alain Sutour.

29 avr. 2014

La charte sociale européenne

  • La charte

Nous informons nos aimables lecteurs que 47 pays ont signé la charte sociale européenne en 1961. Cette charte a force de loi dans les pays signataires et stipule, notamment:

  • structure de soins accessible et efficace pour l’ensemble de la population ;
Ceci interdit spécifiquement tout recours à des mutuelles (complémentaires, obligatoires) payantes et imposent un financement de la santé par la seule cotisation (ou par l'impôt).
  • politique de prévention des maladies, y compris garantie d’un environnement sain ;
Ceci interdit spécifiquement toute activité économique, industrielle susceptible de dégrader ledit environnement.
  • élimination des risques en milieu professionnel pour assurer en droit et en pratique la santé et la sécurité au travail ;
  • protection de la maternité.
  • interdiction du travail forcé ;
Ceci exclut toute forme d'esclavage, notamment l'emploi sous la menace du chômage.
  • interdiction du travail des enfants ;
  • conditions de travail spécifiques entre 15 et 18 ans ;
  • droit de gagner sa vie par un travail librement entrepris ;
  • politique économique et sociale pour assurer le plein emploi ;
Tous les pays où le taux de chômage excède les 5% contreviennent à cet article.
  • conditions de travail équitables en matière de rémunération et de durée du travail ;
Ceci implique l'abolition de la rémunération à la tâche, à la force de travail et impose la qualification du travailleur comme source de salaire.
  • protection contre le harcèlement sexuel et moral ;
Ceci impose la fin de la fonction social d'employeur, de son pouvoir sur ses employés: on peut organiser l'activité de production de manière hiérarchique mais personne ne peut s'arroger le droit disposer de la carrière d'autrui puisque ce type de pouvoir permet le harcèlement sexuel et moral.
  • liberté de constituer des syndicats et des organisations d’employeurs pour défendre leurs intérêts économiques et sociaux ; liberté individuelle d’y adhérer ou non ;
Cette liberté est fortement limitée dans certains pays. En Belgique, par exemple, le seuil du nombre d'adhérents pour pouvoir prétendre s'organiser en syndicat rend la création de nouveaux syndicats techniquement impossible.
  • promotion de la consultation paritaire, de la négociation collective, de la conciliation et de l’arbitrage volontaire ;
La consultation paritaire impose la représentation de toute les parties au pro rata de leur importance. Les chômeurs, les retraités ou les invalides doivent, par exemple, être représentés dans toutes les décisions qui les concernent, qu'elle soient relatives aux prestations de la sécurité sociale ou aux cotisations sociales.
  • protection en cas de licenciement ;
Ceci impose d'attacher le salaire à la personne et non au poste de travail.
  • droit de grève ;
  • accès à l’emploi pour les personnes handicapées.
Par ailleurs, la charte détaille les droits humains que les signataires doivent respecter. Ces droits sont eux aussi rarement compatible avec la vente forcée de la force de travail dans l'emploi:
  • protection contre la violence et la maltraitance ;
 La violence du vol du temps des travailleurs par les propriétaires lucratifs est interdites. La maltraitance de la mise en minorité de l'emploi est interdite.
  • interdiction de toute forme d’exploitation (sexuelle ou autre) ;
 Tout surtravail est un vol, toute plus-value liée au travail d'autrui est un vol et sont des formes d'exploitation interdites.
  • protection juridique de la famille (égalité des époux entre eux et vers les enfants, protection des enfants en cas de rupture) ;
Ceci impose un droit à un salaire personnel inconditionnel.
  • droit à la sécurité sociale, à l’assistance sociale et à des services sociaux ;
Cet article est directement violé par le harcèlement institutionnel des chômeurs, en France, en Belgique ou en Allemagne (entre autres).
  • droit à la protection contre la pauvreté et l’exclusion sociale ;

  • Les recours
Nous citons le site de l'organisation (ici, en français)
Organisations habilitées à saisir le Comité :
– Pour tous les Etats qui ont accepté la procédure :
  1. Confédération européenne des syndicats (CES), BUSINESSEUROPE (ex-UNICE) et Organisation internationale des employeurs (OIE).
  2. Les organisations non gouvernementales (ONG) dotées du statut participatif auprès du Conseil de l’Europe et inscrites sur une liste établie à cette fin par le Comité gouvernemental ;
  3. Les organisations d’employeurs et les syndicats de l’Etat concerné ;
  4. – Pour les Etats qui, en plus, acceptent cette possibilité :
  5. Les ONG nationales.
Le dossier de la réclamation doit contenir les éléments d’information suivants :
  1. les nom et coordonnées de l’organisation réclamante ;
  2. la preuve que la personne qui introduit et signe la réclamation est habilitée à engager l’organisation réclamante ;
  3. l’Etat mis en cause ;
  4. les dispositions de la Charte dont la violation est alléguée ;
  5. l’objet de la réclamation, c’est-à-dire le ou les points sur lesquels l’Etat mis en cause n’aurait pas respecté la Charte, ainsi que les arguments pertinents ; avec documents à l’appui.
À bon entendeur ...

  •  Les États signataires
 Albanie, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark,
Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovénie, Espagne, République slovaque, Suède, Suisse, Macédoine, Turquie, Ukraine, Grande-Bretagne,