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12 oct. 2016

Un mauvais tuyau

Dans Basta, Samy Archimède est allé enquêter sur un pipe-line conçu pour transporter le pétrole des sables bitumineux à travers la Belle Province (ici).

Extrait

La polémique enfle au Québec autour d’un gigantesque projet d’oléoduc qui traverserait plusieurs centaines de rivières. Dans ses tuyaux, un pétrole issu des très polluants sables bitumineux de l’Alberta, qui sera ensuite acheminé vers l’Europe ou les États-Unis. Déjà recalée par Barack Obama pour son très controversé projet d’oléoduc Keystone XL, l’entreprise canadienne TransCanada voit grandir face à elle un front citoyen mené par les communautés autochtones et les organisations environnementales. Celles-ci redoutent une marée noire dans le Saint-Laurent ou ses affluents. Elles veulent que les gouvernements canadien et québécois tournent le dos aux hydrocarbures, et respectent leurs engagements pris lors de la COP21.

25 mai 2015

Les pompiers veulent sauver leurs retraites

Nous avons vu que les pompiers étaient victimes d'attaques anti-salariales un peu partout en Europe. C'est également le cas dans la Belle Province. Au Québec, il s'agit tout simplement d'un vol de retraite par les autorités locales.

Extrait et traduction d'un article de Labor Notes (ici, en anglais). Il s'agit de français traduit en anglais et retraduit en français. Merci de votre indulgence.

Les pompiers municipaux de Montréal essaient une nouvelle tactique pour sauver leurs retraites. Ils boycottent l'événement sportif de leur propre ville qui doit attirer les policiers et les pompiers de 70 pays différents. Huit mille pompiers et leurs syndicats locaux à travers la Province du Québec ont confirmé qu'ils boycotteraient les jeux mondiaux de la police et du feu de Montréal en 2017.

C'est le dernier épisode dans leur bataille avec la Ville de Montréal et avec le gouvernement provincial du Québec au sujet de la loi 15, une nouvelle loi controversée passée par l'Assemblée Nationale Québecoise. Cette loi demande aux employés municipaux de payer la moitié du coût [nous rappelons que les pensions ne sont pas des coûts] de leurs plans pension, en en limitant les coûts à 18% des budgets municipaux. Cette loi permet aussi aux municipalités de geler les augmentations des prestations retraites liées aux coûts de la vie.

En assurant la sécurité des Jeux - qui doivent charrier quelques 10.000 participants avec leurs familles, avec les organisateurs de l'événement et les touristes dans la plus grande ville du Québec - le maire Denis Coderre a cru faire un coup de maître, "une richesse inestimable" qui aiderait à "affirmer le statut de Montréal comme métropole internationale" en "générant des retombées économiques majeures" selon ses termes.

Des Jeux sans la participation des pompiers de Montréal serait une source de malaise pour Coderre et pour le gouvernement progressiste provincial qui a voté la loi litigieuse.

(...)

Des négociations inutiles

Comme les pompiers de Montréal se plaisent à le souligner, les accords sur les retraites ont été négociés de bonne foi en 2012 seulement. Pour les syndicats, l'un des points rédhibitoires de la loi, c'est que les travailleurs municipaux et leur employeur doivent partager la charge de tous les déficits des caisses de retraites. Les syndicats trouvent cela particulièrement injuste parce que leurs fonds de pension ont été fortement réduits pendant la crise financière de 2008 [il faut rappeler que les retraites par capitalisation sont une arnaque, une pyramide de Ponzi alors que les retraites par répartition sont durables, comme le prouve la disparition des 35 milliards du fonds Jospin, par exemple - voir ici] liée aux choix financiers discutables du gouvernement et non à ceux des travailleurs. Ces changements mettent à contribution les pompiers à hauteur de 22 millions de dollars pour financer les déficits du passé. La loi ferme aussi toute possibilité de recours aux syndicats. (...) Selon l'association des pompiers de Montréal, ces changements comptables vont coûter 225.000$ en moyenne à chaque pompier sur sa carrière.

18 déc. 2014

Je me souviens: la guerre au salaire

Radio Canada nous fait part des avanies que l'on fait subir aux fonctionnaires de la Belle Province (ici, en français). C'est une guerre au salaire typique qui n'a rien d'exotique.

Nous rappelons que la guerre au salaire déprime la demande, anémie l'économie, déséquilibre les comptes publics et ampute la production de valeur ajoutée. La guerre au salaire provoque des crises de surproduction (genre celle des années trente), elle augmente la misère, détruit la production économique et renforce le pouvoir d'une petite élite capitalistique.

Nous appelons au contraire à augmenter les salaires, à déconnecter les salaires de l'emploi.

Extrait

Mercredi, les représentants de deux syndicats, soit celui qui représente les techniciens et les employés de soutien et celui qui représente les professionnels, sont sortis sur la place publique pour dénoncer ce que Québec a mis sur la table.
Rappelons que lundi, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, avait annoncé que Québec offre à ses quelque 540 000 fonctionnaires un gel de salaire sur deux ans, suivi d'une augmentation annuelle de 1 % pour les trois années suivantes. Québec entend aussi faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans et souhaite changer la façon dont elle est calculée, soit sur la moyenne des huit meilleures années, plutôt que cinq, comme c'est le cas actuellement.
Ce qui a été déposé mercredi touche à tous les aspects autres que le salaire.
Par exemple, du côté du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), on a découvert que le gouvernement changeait les règles pour la banque de congés de maladie des fonctionnaires.

« Ça va être des négociations qui vont être ardues, le gouvernement fait de grandes récupérations et on considère que c'est une attaque envers ses employés et nous devrons y répondre. » — Maryse Rousseau, vice-présidente du SFPQ 
Actuellement, les fonctionnaires ont droit à 12 jours de congé de maladie par année et peuvent les cumuler indéfiniment s'ils ne les prennent pas, si bien que plusieurs d'entre eux peuvent ainsi partir plus rapidement à la retraite à la fin de leur carrière grâce à des semaines, voire des mois, de congés de maladie accumulés.
Or les fonctionnaires de la SFPQ passeront désormais de 12 à 7 jours de maladie par an. Les journées non prises ne pourront plus être accumulées, et seront remboursées à 70 % de leur valeur à la fin de chaque année.
Au cours de la dernière année, 2013-2014, la facture des congés de maladie non utilisés pour les années passées a atteint 111 millions $ au total, pour les fonctionnaires et les enseignants québécois.
Actuellement, au moment de la retraite, un fonctionnaire peut monnayer la moitié de sa banque de congés de maladie, jusqu'à un maximum de 66 jours.

2 déc. 2014

Le béluga met l'industrie pétrolière hors d'état de nuire

Selon un article du Monde (ici en français), avec toutes nos félicitations aux somptueux cétacés.

Extrait


Le secteur de Cacouna au Québec est prisé par les femelles bélugas pour mettre bas.
Le secteur de Cacouna au Québec est prisé par les femelles bélugas pour mettre bas. | REUTERS/CHINA DAILY
Les protecteurs du béluga ont obtenu gain de cause auprès du gouvernement canadien, lundi 1er décembre. Cette baleine blanche arctique a été classée « en voie de disparition » dans le fleuve Saint-Laurent par les autorités. En conséquence, un projet de terminal pétrolier dans le fleuve ne verra pas le jour au large de Cacouna, sur la rive sud, au nord de la ville de Québec, une zone prisée par les bélugas pour mettre bas.
La colonie de cétacés, qui compte aujourd'hui moins d'un millier d'individus, contre plus de 10 000 dans le passé, « fait face maintenant à un risque de disparition considérablement plus élevé » que lors du précédent rapport la concernant, a annoncé lundi le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (Cosepac) qui remettait ce document au ministère de l'environnement.
1,1 MILLION DE BARILS PAR JOUR



Le projet d'oléoduc de TransCanada devait traverser le Canada depuis l'Alberta vers l'embouchure du fleuve Saint-Laurent.En conséquence, la société TransCanada, qui cherche à transporter par cette voie maritime le pétrole de l'Ouest canadien, a décidé « d'arrêter » ses travaux menés à Cacouna, a-t-elle annoncé dans un communiqué. Elle souhaitait y opérer d'ici à 2018 un terminal pétrolier connecté au mégaoléoduc Energie Est bâti pour l'occasion.

21 oct. 2014

Le pétrole n'aime pas le béluga

Le Monde (ici, en français) nous apprend que les bélugas et les intérêts pétroliers s'opposent dans la belle Province.
 
La logique des industriels est celle de l'emploi à tout prix. Les bélugas ne sont que des externalités pour eux.

Une précision tout de même, techniquement, le béluga est un dauphin puisqu'il a des dents et non une baleine (les baleines ont des fanons).

Extrait


Un béluga dans la baie de Chevery, dans le golfe du Saint-Laurent, au large des côtes canadiennes.


[Cacouna], ce bourg de 2 000 âmes est pourtant au centre d’une polémique opposant l’industrie des sables bitumineux aux défenseurs de l’environnement et à un mouvement citoyen qui prend de l’ampleur au Québec. Les premiers cherchent à ouvrir une nouvelle brèche pour l’exportation du pétrole de l’Ouest canadien vers l’Atlantique, au grand dam de ceux qui ne veulent pas voir le fleuve Saint-Laurent devenir une « autoroute pétrolière », avec risques de marée noire et de perturbation d’écosystèmes aussi riches que fragiles. En ligne de mire, le sort incertain d’une colonie de bélugas, espèce protégée car en voie de disparition.
Les rivages de Cacouna, particulièrement prisés par ces petites baleines blanches pour mettre bas, doivent accueillir une partie des infrastructures d’un mégaprojet, baptisé Energie Est. Le géant canadien de la distribution d’hydrocarbures TransCanada veut construire, au large du port existant, des quais pouvant accueillir jusqu’à cinq pétroliers géants par semaine. Le futur terminal pétrolier serait relié aux gisements de sables bitumineux de l’Alberta, dans l’Ouest, par un super-oléoduc de 4 600 kilomètres ...

16 sept. 2014

Les intérêts des actionnaires contre le bien commun

"Seule la bêtise humaine et l'univers n'ont pas de limite - enfin, pour l'univers, ce n'est pas tout à fait sûr" aurait-dit Einstein. La cupidité non plus n'a pas de limite. C'est que les lois protègent les propriétaires lucratifs d'entreprises à profit au Québec (et c'est d'ailleurs une des clauses du traité transatlantique et de celui d'association avec le Canada).

Une collectivité locale a démocratiquement décidé de faire valoir le bien commun mais la loi du profit et son État valet en ont décidé autrement: la collectivité locale et les habitants devront payer pour pouvoir continuer à boire leur eau.

Extrait de l'article du site Multinationales (ici, en français).
1,5 million de dollars canadiens, soit un peu plus d’un million d’euros. C’est la somme réclamée par la firme pétrolière Gastem à la municipalité de Ristigouche, en Gaspésie. La faute de cette petite communauté de 168 habitants ? Avoir interdit la fracturation hydraulique dans un rayon de 2 kilomètres autour de ses sources d’approvisionnement en eau.
Pour faire face aux frais de justice - la somme demandée par Gastem représente en effet 5,5 fois le budget municipal annuel -, les citoyens de Ristigouche ont lancé un appel à financement populaire.
Voir le site de la campagne : http://solidariteristigouche.ca
« C’est un règlement populaire demandé par une majorité écrasante des résidents. En adoptant ce règlement, le conseil municipal a fait son devoir de protéger le bien commun de la communauté. », a déclaré le maire de Ristigouche, François Boulay.
Les autorités provinciales du Québec, qui ont accordé sa licence d’exploration à Gastem, font la sourde oreille. Une réglementation similaire à celle mise en place à Ristigouche est en cours d’élaboration au niveau de la province, mais elle ne s’appliquerait pas rétrospectivement aux permis déjà accordés. Le permis de Gastem date de juillet 2012, peu avant le moratoire de facto décrété par le gouvernement du Québec.
70 communes québécoises auraient adopté des régulations similaires à celles de Ristigouche. Malgré les dénégations de Gastem, qui assure avoir « fait des dépenses » et vouloir simplement récupérer l’argent investi sur place, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit aussi d’une campagne d’intimidation [1].
Gastem est une entreprise issue de la privatisation de certaines activités d’Hydro-Québec, la grande entreprise énergétique provinciale. Elle détient des droits d’exploration sur 1,1 million d’acres dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, la péninsule gaspésienne et les îles de la Madeleine.

3 mai 2014

L'accord de libre échange Europe-Canada

Au rayon des traités négociés en loucedé, contraires aux intérêts de la plupart des gens, des travailleurs, au rayon des traités qui nous ramènent au servage  dans le monde du travail, une perle intéressante rapportée par le collectif stop tafta

Le CETA, (ou AECG accord de libre-échange entre l'Europe et le Canada), sur le même principe que le TAFTA, aurait sur les citoyens des deux pays les même effets :
Et les Canadiens n'en veulent pas plus que nous...
Ici, l'AECG vu par les Canadiens :

Photo : Le CETA, (ou AECG accord de libre-échange entre l'Europe et le Canada), sur le même principe que le TAFTA, aurait sur les citoyens des deux pays les même effets :
Et les Canadiens n'en veulent pas plus que nous...
Ici, l'AECG vu par les Canadiens :

__"Une entente commerciale avec l’Union européenne (UE) serait bien si elle signifiait plus de bons emplois et de meilleurs services sociaux. Mais comme pour toutes les ententes de libre-échange, ce n’est pas le but. Tel qu’il est actuellement libellé, l’AÉCG constituera une menace pour nos services publics, nos emplois, notre environnement, notre alimentation, notre culture, nos télécommunications, notre eau et nos ressources – même nos droits démocratiques !"__

http://fileserver.cfsadmin.org/file/tradejustice/2660c56db578f72436ef35495f7819a12d470daf.pdf

Une entente commerciale avec l’Union européenne (UE) serait bien si elle signifiait plus de bons emplois et de meilleurs services sociaux. Mais comme pour toutes les ententes de libre-échange, ce n’est pas le but. Tel qu’il est actuellement libellé, l’AÉCG constituera une menace pour nos services publics, nos emplois, notre environnement, notre alimentation, notre culture, nos télécommunications, notre eau et nos ressources – même nos droits démocratiques !

http://fileserver.cfsadmin.org/file/tradejustice/2660c56db578f72436ef35495f7819a12d470daf.pdf

4 janv. 2014

Les ouvriers de la construction montréalais parlent sécurité-emploi

Le syndicat industriel des travailleurs et des travailleuses de Montréal publie un excellent texte sur les conditions de travail, sur le problème de la sécurité dans la construction (ici, en français avec quelques truculentes tournures de la Belle Province).

Le syndicat rappelle que la sécurité augmente les frais:

La sécurité ça coûte des sous. Les couvreurs doivent être payés pour le temps qu’ils installent, et enfilent  leur équipement de sécurité comme pour le temps qu’ils posent du bardeaux ou bien étendent du goudron. Les harnais, les mousquetons, les cordes, les casques et les lunettes coûtent de l’argent. Ce qui signifie qu’il y a toujours de la pression pour freiner les mesures de sécurité afin que la compagnie fasse plus d’argent. Cela mène directement à plus d’accidents, à plus de morts. Des couvreurs tombent et perdent la vie parce que leur patron était trop cheap pour acheter des harnais sécuritaires. Des parties d’un édifices s’écroulent et tuent les travailleurs-euses à l’intérieur parce que le boss réduisait les côuts et utilisait des matériaux cheap.
 Les contrôles de sécurité ne suffisent pas, ils sont évités par le recours à la sous-traitance.

Et la loi c’est une chose, mais la réalité en est autre. Les petits entrepreneurs qui travaillent dans le résidentiel voient rarement les  inspecteurs de la CSST [inspection du travail].  Ils ont tendance à avoir des pratiques beaucoup moins sécuritaires qu’il faudrait.  D’un autre côté certains gros entrepreneurs ont parfois des ententes avec les inspecteurs et ces derniers donnent des passe-droits  alors qu’ils n’ont même pas  mis le pied dans une bâtisse. Ils préfèrent, jaser ou bien aller prendre un café que de passer une heure à vérifier attentivement si tout est conforme. Les règles de santé et  sécurité sont généralement appliqué avec rigueur seulement lorsque des plaintes sont formulées ou bien que des accidents grave ont lieu.  Les lois, à elles seule, ne pourront nous débarrasser de la pression qu’exercent les compagnies pour réduire les mesures de sécurité.
Un entrepreneur général qui construit un gratte-ciel exigera par exemple que tous les travailleurs-euses sur le chantier assistent à une pause santé et sécurité une fois par semaine. Il va fixer des règles strictes de sécurité, donner (ou vendre)  des lunettes de sécurité à tous ceux qui en ont besoin et dire à tous qu’ils doivent signaler toute violation de sécurité qu’ils pourraient voir . Immédiatement après, il s’en va appeler ses sous-traitants, par exemple le boss de la compagnie qui s’occupe de la structure d’acier. Il va lui dire qu’il a besoin de se dépêcher, sinon la structure  de l’édifice ne sera pas livrée  à temps. Ce patron vient faire un tour sur ​​le chantier le lendemain et dit au contremaître qu’il ne fait pas sa job, qu’il doit pousser les gars plus fort.
 Concrètement, les ouvriers doivent passer outre les règles de sécurité sous la pression.

Le contremaître, à son tour, annonce aux monteurs qu’il y aura des heures supplémentaires chaque jour pendant une semaine et décide qu’on peut se passer des harnais, parce que ça prend  trop de temps. Résultat : un paquet de monteurs d’acier qui manquent de sommeil  sont rendus à se promener pas attachés sur des poutrelles d’acier six étages dans les airs. Si l’entrepreneur général a tenu des réunions de santé et sécurité régulièrement et posté des règlements stricts autour du chantier, il sera dans une bien meilleure posture s’il vient qu’à être poursuivi par la famille du monteur d’acier qui aura fait une chute mortelle . Quelles que soient les intentions individuelles des investisseurs capitalistes qui  placent leur argent dans la construction de condos, l’impératif  inévitable de réduire les coûts et d’accroître le rythme de travail porte atteinte directement à la sécurité des travailleurs sur le chantier de construction.
Mais ce n’est pas juste les patrons qui enfreignent les règles de sécurité. Lorsque le contremaître nous pousse à travailler plus vite, c’est parfois plus simple de laisser tomber la sécurité, que de travailler réellement plus fort. Par exemple on va s’étirer dangereusement loin par la fenêtre plutôt que de prendre le temps d’enfiler un harnais.  Aussi,  un grand nombre de règles de sécurité nous semblent parfois inutile. On connaît  par expérience, mieux que les gens qui écrivent les lois, comment faire le travail en toute sécurité. On voit souvent les règles de santé et sécurité comme une contrainte plutôt que comme quelque chose d’utile. Et puis on hait ça quand le général nous dit de remettre notre casque pendant qu’on fume une cigarette à côté du shack.

 Les ouvriers sont alors poussés-contraints-forcés à prendre des risques, ce qui tue, estropie, mutile, blesse leurs corps. Les indemnités d'accident deviennent une terre promise dans ces conditions, les ouvriers vont jusqu'à s'estropier volontairement pour gagner un peu de répit.

Cette d’auto-destruction n’est pas vraiment réfléchie, mais elle répond à une certaine logique. La véritable horreur de cette logique peut être vu lorsque des travailleurs-euses se blessent volontairement pour obtenir une indemnisation. Bien que ce soit très rare, le patron soupçonne souvent ce scénario. Des fois on peut être porté à prendre plus de risques au travail parce qu’en quelque part on sait que si on se blesse on pourra toucher une indemnisation relativement décente. Ainsi notre propre activité au travail est si misérable que l’autodestruction peut sembler une alternative intéressante. Plus souvent, cependant, on call malade, et on essaie d’obtenir quelques jours de repos.

Nos blessures et nos accidents soulignent les rapports de classe de manière drastique et exaspérante. Quand un vieil échafaudage rouillé s’effondre et qu’un travailleur meurt, il apparaît clair que la pression de l’entreprise pour réduire les coûts s’est faite au prix de la vie du travailleur. Mais même si l’entreprise à le meilleur échafaudage et les meilleurs équipements de sécurité, une chose reste sûre : C’est pas les casque blancs qui tombent des toits. C’est nous. Même le bon travailleur ne peut y échapper. Il a travaillé dur, tourné un tournevis pendant trente ans, a fait faire beaucoup d’argent à l’entreprise en répétant son geste et n’a jamais eu d’accident majeur de toute sa vie. Puis un matin, il tends le bras vers sa tasse de café et son coude lâche – pour  ne plus jamais fonctionner correctement.

Que nos corps s’usent lentement ou rapidement, que nos patrons sont fondamentalement des bons gars qui essaient d’être safe ou qu’ils soient des chaudrons cupides qui se câlissent des travailleurs, le fait demeure qu’en bout de ligne c’est nous qui se retrouvent avec les blessures et les problèmes de santé et puis que c’est eux autre qui finissent avec le profit.
 Tout le problème est là.

30 oct. 2013

Le magasinage des 'réformateurs'

Dans la belle province aussi la sécurité sociale - en l'occurrence l'assurance chômage - est menacée. En dépit de son nom, cette assurance chômage est financée par le salaire. On peut craindre que, là-bas comme ici, les gouvernements s'y prennent de la même façon après avoir évoqué un mystérieux bien commun.
  1. Des médias qui évoquent les 'problèmes', les 'déficits structurels' en boucle
  2. Un rapport bidon d'une commission sur commande prône les 'réformes'
  3. Les 'réformes' en question consistent invariablement en une baisse des salaires, notamment des salaires sociaux, éventuellement une fiscalisation de la sécurité sociale, une restriction des prestations de la sécurité sociale - un harcèlement de leurs bénéficiaires - et une baisse des prestations en question.


Bien sûr, tout le processus diminue le montant global alloué aux chômeurs (aux retraités, aux malades, à la santé publique, etc.), les cotisations sociales baissent donc, ce qui permet aux employeurs d'augmenter leurs profits. Éventuellement, une partie de la baisse de cotisations sociales est compensée par une augmentation des impôts (TVA et impôts sur le revenu) pour financer ce qu'il reste des prestations.

En gros, le chômage organisé par les entreprises, qui était compris dans le salaire comme cotisation passe à la charge des contribuables - et le tout pour sauver, augmenter et exploser les profits des saints investisseurs.

La sécu, c'est déjà le salaire hors emploi, c'est déjà une brèche dans la grisaille, dans la servilité contreproductive de l'emploi. C'est notre joyau, à toutes et à tous.