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14 août 2015

L'Onu organise un camp de stagiaire

Nous apprenons qu'un stagiaire néo-zélandais a été contraint de se loger dans une simple tente faute de moyen, faute de salaire.

La scène ne se passe en Érythrée mais en Suisse. L'association qui emploie le stagiaire n'est pas une obscure association culturelle en délicatesse avec les autorités locales mais l'ONU.

Ni plus ni moins.

Extrait de l'article de l'article de 24h Suisse (ici, en français)
La nuit a été difficile. «Je n’ai pas choisi la tente la plus waterproof du magasin», regrette David Hyde en pliant son abri de fortune. Les orages de dimanche ont détrempé la petite parcelle face au lac, celle où il a pris l’habitude de s’installer chaque soir. Après la nuit, il enfile son costume, rassemble son réchaud à gaz et ses quelques affaires dans un sac à dos qu’il conserve discrètement sous son bureau.
David Hyde, 22 ans, a commencé son stage à l’ONU il y a deux semaines. Diplômé en relations internationales, un semestre à Sciences Po Paris à son actif, il est venu de Nouvelle-Zélande pour grossir l’armée de stagiaires anonymes qui se succèdent dans les bureaux de la Genève internationale. Comme beaucoup de ses congénères, il bénéficie de conditions d’une clarté absolue: aucune rémunération ni aide au transport, au logement ou aux soins médicaux. La ligne à ajouter au curriculum vitae fait office de rétribution.

7 oct. 2014

Accaparement

L'accaparement des terres, c'est leur achat par ceux qui ont de l'argent au détriment de ceux qui les cultivent sans titre de propriété. C'est ce que Polanyi appelait l'enclosure.

Agnès Stienne illustre ce phénomène vieux de trois siècle mais toujours actuel.

Mais rassurez-vous: les autorités des pays concernés ont promis ... que l'accaparement créerait des emplois.

12 juin 2014

Retour vers le 19e

Najib Touaibia fait le point sur le secteur minier mondial sur le site Mondialisation (ici, en français).

Extrait

Les mineurs meurent toujours aux quatre coins du monde, par centaines en même temps, agonisent dans des conditions à peine imaginables à des km de profondeur, piégés par leur gagne-pain… les « gueules noires » n’ont pas changé de siècle, sont plus que jamais sacrifiées sur l’autel des profits et de la spéculation financière.
Dans le secteur, l’argent coule à flot, les rendements sont de plus en plus élevés, les profits faramineux, les conditions fiscales paradisiaques, les protections juridiques plutôt blindées… L’industrie minière est ainsi avant tout un champ de bataille spéculative. En première ligne, il y a les compagnies qui explorent (juniors), repèrent, découvrent, estiment les réserves de charbon de cuivre, de coltan, de cobalt, de fer, d’or, d’uranium, de diamants… et qui entrent ensuite sur les marchés pour proposer leurs concessions au plus offrant. Elles cèdent alors leurs droits ou se font tout simplement acheter par des sociétés d’exploitation (majors), celles qui vont investir pour extraire les réserves disponibles et investir encore pour explorer à nouveau les ressources estimées. « Les premières provoquent beaucoup de désordre social, environnemental, politique en faisant miroiter aux Etats et aux marchés des exploitations juteuses », explique Alain Deneault, enseignant en sciences politiques, à l’Université de Montréal (1). Les secondes se mettent à l’œuvre en tirant abondement profit aux moindres coûts de main-d’œuvre, de protection de droits sociaux, de préservation de l’environnement et de sécurité du travail.

Les sièges de plus de 75% de ces sociétés mondiales d’exploration ou d’exploitation minière sont domiciliés au Canada. Et pour cause, elles y trouvent les conditions idéales pour se livrer à une spéculation sans retenue. Le Canada est « un pays offshore, un havre, une sorte de « Suisse des mines », coupable de beaucoup de passivité et de complaisance vis-à-vis de ce secteur, qu’il attire en lui aménageant une législation dégagée de toute contrainte.
(...)

Derrière cette face cachée de l’industrie minière, il y a les drames à répétition dans un secteur par ailleurs infesté d’exploitations clandestines aux risques incalculables. La Chine figure en tête dans cette hécatombe. Quatorze des 21 accidents qui se sont produits depuis 1990, provoquant plus de cent morts, ont eu lieu dans ce pays. Durant ces 14 années, des centaines de mineurs ont également disparus sous terre au Congo, au Pakistan, en Ukraine, en Nouvelle-Zélande, en Sierra Leonne, en Tanzanie, au Soudan, aux Philippines, au Mexique, en Colombie, en Bosnie, aux Etats-Unis… La dernière catastrophe en date a fait près de 300 morts en Turquie. Trimer au fond d’une mine, et où que ce soit, n’a finalement jamais cessé d’être un jeu de cache-cache avec la mort en contrepartie d’un salaire de misère.

18 mai 2014

Kit efficace pour monter un mouvement de travailleurs

Terrainsdelutte nous donne la recette néo-zélandaise pour créer à partir de rien une mobilisation payante dans le secteur le plus indigeste qui soit, la restauration rapide (ici, en français). Un travail patient, des campagnes et, in fine, une attention à maintenir les réseaux sociaux créés. Une source d'inspiration pour les États-Unis et demain, qui sait, pour l'Europe.

Extraits

 C’est une chose de se médiatiser avec une action spectaculaire. C’en est une autre de construire une organisation solide de travailleurs dans un secteur de services hostile et réputé pour ses faibles salaires. Mais en Nouvelle-Zélande, un petit syndicat courageux nous offre un exemple de ce à quoi peut ressembler un syndicat durable dans les fast-foods.
Le syndicat autonome Unite a lancé en 2005 une campagne « Des salaires maxi best-of » (« Super-Size My Pay »). Avec maintenant plus de 4 000 membres à KFC, Pizza Hut, McDonald, Starbucks et Wendy’s, ce syndicat représente l’un des efforts d’organisation des travailleurs de fast-food les plus réussis au monde.

Unite a développé un modèle de syndicalisation qui a tiré profit de deux éléments du droit du travail néo-zélandais : comme en Europe, les employeurs sont légalement obligés de négocier avec un syndicat même s’il ne représente qu’une poignée de salariés. De plus, en 2003, le gouvernement travailliste a voté une loi obligeant les employeurs à autoriser les représentants syndicaux à entrer dans les commerces non-syndiqués afin de rencontrer les salariés.
La stratégie de Unite ? Entrer dans les fast-foods, faire quitter leurs postes aux travailleurs un par un pour de courtes réunions, et leur faire un topo  pour qu’ils adhèrent au syndicat.
Après avoir tenté cette approche avec succès dans une chaîne de cinéma locale, Unite a lancé une campagne à Auckland, la plus grande ville de Nouvelle-Zélande. La première cible fut Restaurant Brands, franchise qui gère KFC, Pizza Hut et Starbucks en Nouvelle-Zélande. Plus tard, la campagne s’étendit à McDonald’s, Wendy’s et Burger King.
Les syndicalistes parlèrent aux travailleurs de quelques revendications basiques : l’augmentation du salaire minimum de 9,50$NZ par heure à 12$ (de 5,7€ à 7,5€) ; l’abolition des « taux jeunes » (un grade de salaire 20% en dessous du salaire minimum autorisé par la loi) ; et des horaires « stables ».

(...)

Avec cette base de soutien, Unite passa à la deuxième phase de la campagne : des grèves éclairs pour obliger Restaurant Brands à signer un accord collectif acceptant les revendications de la campagne « Des salaires maxi best-of ».
Dans la loi néo-zélandaise, un accord collectif définit les salaires et les conditions de travail pour les seuls travailleurs syndiqués. La plupart des employeurs étendent ensuite les avancées aux non-syndiqués, afin de dévaluer le syndicat.
La première cible fut Starbucks. Un jour, en novembre 2005, après une période de préparation avec les travailleurs, les syndicalistes de Unite allèrent de café en café dans un bus du syndicat, appelant les « Baristas » à sortir faire grève et à converger vers le Starbucks le plus syndiqué d’Auckland. Environ 30 salariés de Starbucks venant d’une douzaine de cafés participèrent.
Ce fut le coup d’envoi d’une vague de grèves similaires dans les autres chaînes au cours des quelques mois suivants. Des centaines de travailleurs participèrent à ces grèves éclairs. Une campagne de « phone zaps » – des centaines de sympathisants du syndicat qui harcèlent de coups de fils d’une entreprise –  saturèrent le centre d’appel de Pizza Hut, interrompant ainsi les livraisons de la chaine.
(...)

Depuis 2005, plus de 30 000 travailleurs ont été adhérents de Unite, en grande partie à cause du fort turnover dans les fast-foods et dans d’autres secteurs précaires où Unite s’est aussi développé. Nombreux sont les anciens adhérents qui ont rejoint des syndicats dans leurs nouveaux emplois. En syndiquant une main-d’œuvre principalement jeune, Unite a ouvert une porte vers le mouvement ouvrier pour toute une génération de travailleurs.
Par ailleurs, et c’est tout aussi important, Unite a travaillé à étendre ses victoires au-delà des entreprises ayant une présence syndicale, et a transformé ses revendications envers des employeurs individuels en une campagne de masse pour un meilleur salaire pour tous les travailleurs. En 2009-2010, en l’espace de 7 mois, les militants de Unite ont rassemblé plus de 200 000 signatures pour soutenir un référendum national pour un salaire horaire minimum de 15$NZ. Ils n’ont pas réussi à obtenir les 300 000 signatures requises, mais ils sont parvenus à pousser les partis d’opposition à soutenir la revendication.
Le débat national suscité par la campagne « Super-Size My Pay » a forcé le parti travailliste et d’autres forces d’opposition à prendre acte de la lutte des travailleurs ou à se taire. En 2008, le gouvernement travailliste a fini par soumettre au vote l’abolition des taux jeunes.
Cependant le gouvernement de droite actuel prévoit de signer une nouvelle loi le 1er avril 2013 qui ramènerait les taux jeunes sous la barre du salaire minimum. Si cela se produit, les adhérents de Unite seront protégés par leurs contrats.
Mais maintenir des syndicats dans les établissements est une bataille acharnée. Les 9 syndicalistes de Unite en charge de la syndicalisation dans ce secteur font des tournées dans les établissements toutes les semaines, faisant quitter leur poste aux travailleurs pour leur faire un topo à peu près de la même manière qu’ils l’avaient fait au début de la campagne. L’adhésion tourne autour de 30% dans les chaînes, avec certains établissements plus syndiqués que d’autres.
L’implication à la base est faible, la plupart du travail syndical est effectué par les permanents. Unite a des difficultés à maintenir un réseau de délégués actifs dans les établissements. Afin d’augmenter l’adhésion et la participation, Unite a tenté plusieurs systèmes (des groupes Facebook, des comités de délégués locaux, des carnets de réduction pour les adhérents, et plus récemment une carte-cadeau de vacances et un excursion dans un parc d’attraction) mais le problème de la faible densité syndicale dans les chaines demeure.

7 mai 2014

Grève mondiale


Le quinze mai prochain, selon Telesur (ici, en espagnol), on annonce une grève mondiale dans la restauration rapide: outre les actions déjà en œuvre dans le nord de l'Italie ou aux États-Unis, cette journée du quinze mai verra des actions dans 30 McDo au Japon, des manifestations dans cinq États au Brésil, au Maroc à Casablanca et Rabat ... Les travailleurs de restauration rapide se sont mis d'accord sur un jour de protestation dans une trentaine de pays.

Des représentants d'Argentine, du Panamá, d'Italie et de Nouvelle-Zélande ou de Hong Kong, se sont réunis et coordonnés à New-York.

Il s'agit de demander des augmentations salariales dans des chaînes comme McDo, Burger King, KFC, etc.

Aux USA. les travailleurs réclament un salaire de 15 dollars l'heure, près du double du salaire actuel de 7,25 dollars en vigueur dans les nombreuses chaînes de restauration rapide. Leur mobilisation a commencé fin 2012.