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12 mars 2015

L'emploi appauvrit

Mais oui: plus on travaille en emploi, plus on est pauvres et moins on travaille en emploi plus on a de salaire.
Ce n'est pas de l'emploi qu'il faut (ou alors vraiment le moins possible) mais du salaire.
N'hésitez pas à faire suivre aux syndicats qui braient: "de l'emploi, de l'emploi".

Les Grecs travaillent le plus d'heures en Europe. Heures de travail moyennes par semaine dans des pays de l'Union Européenne en 2013.

9 mars 2015

Nos vies discount

Un reportage de France 2 sur les conditions de travail dans le secteur du discount.

Résumé

Les employés de Ryanair sont payés uniquement pendant le vol, la préparation du vol et le déchargement ne sont pas indemnisés. Les salaires ne comprennent pas de cotisation, ils n'ouvrent aucun droit aux salaires socialisés pour maladie, pension ou chômage. Les gestes sont chronométrés pour rendre le travail des hôtesses et des pilotes plus efficace. Une partie du personnel est employée comme faux indépendants, ce qui permet de casser toute éventuelle grève.

Le principe de l'avion discount: prix cassés, pratiques employistes esclavagistes, salaires en berne, casse du mouvement syndical et profits record. Comme les passagers sont eux-mêmes en mal de salaire, ils choisissent les compagnies low-cost.

La grande distribution discount procède de même: salaires faméliques, horaires d'heures supplémentaires à rallonge, optimisation des moindres mouvements et casse des liens interpersonnels et des syndicats dans l'entreprise. Le harcèlement et le sadisme se retrouvent à tous les étages du management. Les profits ont construit les plus importantes fortunes d'Allemagne chez les propriétaires de Aldi et Lidl.

Le constructeur français Renaud a procédé de la même façon en délocalisant sa production en Roumanie (puis au Maroc, au Brésil ...). Là encore, il s'agit de réduire les salaires à rien, d'augmenter les cadences et l'efficacité du travail tout en baissant les coûts. La voiture neuve revient au même prix qu'une voiture d'occasion - ce qui produit un effet désastreux sur l'environnement, on s'en doute.

Les fournisseurs du discount sont les agro-industriels. Ils sont de véritables catastrophe environnementales qui menacent les ressources naturelles communes et ne génèrent que peu de salaire pour, là encore, des profits faramineux.


Le discount est consubstantiel à la concurrence des producteurs et ne peut être surmonté que si les salaires et les conditions de travail sont extraits de tout marché, de toute concurrence. La concurrence entre producteurs pousse les salaires à la baisse et dégrade les conditions de travail dans un mouvement sans fin. Le faible gain sur les prix à la consommation ne remplace jamais la lourde perte salariale pour les producteurs.

18 oct. 2014

Used in Europe (2)

Used In Europe sort un atlas interactif d'Europe ici, sur la violation des droits du travail sur le vieux Continent, en anglais.

Allemagne
Arnaque de chauffeurs routiers tchèques

Belgique
Travail sous payé dans la manutention. Le trafic humain d'immigrés touche surtout l'agriculture, l'industrie du sexe et la construction.

Espagne
Exploitation de milliers de travailleurs migrants dans les fermes dans des conditions effroyables. On leur prend leurs papiers

France
Exploitation et trafic d'immigrés dans les ateliers, la construction, les PME et l'agriculture

Grande-Bretagne
Exploitation et trafic d'immigrés. Par exemple dans une ferme de cannabis

Irlande
Exploitation et trafic d'immigrés. Notamment dans les fermes de cannabis

Italie
Travail forcé avec violence à 1€ de l'heure dans l'agriculture. Trafic d'êtres humains dans le sexe, la construction et la mendicité contrainte

Luxembourg
Exploitation de travailleurs immigrés (Horeca, construction, industrie du sexe)

Pays-Bas
Exploitation dans les fermes de champignons - trafic d'êtres humains (des mineurs nationaux sont concernés)

Suisse
Trafic et exploitation d'immigrés dans les secteurs non qualifiés 

Pologne
Travail forcé dans le textile (des travailleurs se sont enfuis). Traite humaine dans l'agriculture et dans le travail domestique

Russie
Trafic et exploitation dans la construction (notamment pour les infrastructures de Sotchi)

Grèce
Exploitation et trafic dans l'agriculture et l'industrie du sexe

Ukraine
Exploitation humaine dans l'industrie du tabac. Les émigrés ukrainiens sont victimes de toutes les formes de traite humaine

24 sept. 2014

Le salaire low-cost

L'indispensable Basta fait le point sur les enjeux sociaux du transport aérien en Europe ici.

Morceaux choisis.
Le conflit social à Air France-KLM dure depuis plus d’une semaine. Les pilotes, soutenus par une partie des personnels, s’opposent au développement de la filiale low-cost de la compagnie, Transavia. Selon les grévistes, cela se traduira par une dégradation des conditions de travail et des baisses de salaire. Les exemples des compagnies à bas coût, Ryanair et Easyjet en tête, laissent craindre le pire. Car l’ascension du low-cost se fait partout au détriment du droit du travail et des protections sociales, tout en bénéficiant de millions de subventions publiques optimisées dans des paradis fiscaux. L’avenir du transport aérien européen prendra-t-il des allures de crash social ?
« Si on pouvait faire du low-cost avec les règles de fonctionnement d’une compagnie traditionnelle, cela se saurait ! (…) Il n’est donc pas possible d’aller travailler chez Transavia aux conditions d’Air France, sauf à tuer Transavia. » Le patron d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac – passé directement de la direction du cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie de Sarkozy, à Air France en 2011 – a au moins le mérite d’être clair : le développement de la filiale à bas coût d’Air France passera par une dégradation des conditions de travail, ou ne se fera pas.
Transavia France, créée en 2007, devait au départ fonctionner comme une compagnie charter, affrétant des avions en dehors des vols réguliers pour des voyagistes par exemple. Avec la crise que traverse Air France depuis 2008, la direction a changé de stratégie et décide d’en faire une compagnie à bas coût. En économisant notamment sur le personnel.
(...)
Deux de ces nouvelles bases européennes pourraient se trouver au Portugal, où le salaire minium s’élève à seulement 565 euros par mois et où les cotisations patronales sont bien plus basses qu’en France. « À terme, le projet est de transférer le personnel Transavia sur d’autres bases européennes », craint Mehdi Kemoune, chef de cabine et secrétaire général adjoint de la CGT Air France. Le représentant syndical rappelle le cas d’une autre filiale d’Air France, la plateforme téléphonique de services Blue Link : « Au début, elle devait être développée uniquement en France, puis un centre a été lancé en République tchèque ». Le centre Blue Link de Prague fait aujourd’hui travailler des conseillers téléphoniques en 21 langues, dont le français. Le salaire brut mensuel moyen en République tchèque est de... 907 € euros ! Soit 2,5 fois moins qu’en France !

Moins payés pour plus d’heures de vol

La grève en cours ne concerne que les pilotes, qui représentent 7 % des effectifs du groupe (4 700 salariés sur 65 000 employés). Mais d’autres syndicats soutiennent le mouvement. Car la menace que la stratégie low-cost fait peser sur les emplois touche tous les métiers de l’entreprise. « Nous voulons que tous les personnels Transavia soient sous contrat Air France, pas seulement les pilotes, explique Mehdi Kemoune. C’est tout à fait possible de développer Transavia avec du personnel Air France. » Aujourd’hui déjà, les personnels navigants commerciaux de Transavia, les stewards, sont moins payés que leurs collègues d’Air France, tout en effectuant plus d’heures de vol. Pour le personnel au sol, la stratégie est à la sous-traitance généralisée. « Même si un vol de Transavia vient atterrir sur une base Air France, c’est du personnel sous-traitant qui s’en occupe. C’est incohérent mais ça montre que le projet, c’est de fermer des bases Air France », estime le représentant de la CGT.
« Il y a une volonté claire d’Air France d’opérer un transfert de liquidités vers la filiale Transavia avec des droits sociaux dégradés pour les pilotes, le personnel navigant commercial et les personnels au sol », constate aussi Mathieu Santel, membre du bureau national interprofessionnel de Sud aérien, syndicat présent chez Air France, ses filiales et les sous-traitants aéroportuaires. « C’est un mouvement de fonds à Air France comme dans le transport aérien en général, d’aller vers le low-cost avec des conditions sociales qui se dégradent. »

Coût du travail : la concurrence infernale

La croissance des compagnies à bas coût a certes de quoi faire réfléchir les commerciaux d’Air France. Ryanair, avec 81 millions de passagers transportés en 2013, a déjà dépassé Air France (77 millions). La compagnie irlandaise dessert aujourd’hui 31 aéroports français, de Brest à Nice, de Beauvais à Bergerac. Easyjet, compagnie anglaise née en 1995, comptabilise de son côté 60 millions de passagers en 2013, avec un chiffre d’affaires en hausse de 10 %. Elle dessert 181 liaisons en France dans une dizaine d’aéroports.
De belles réussites commerciales, mais à quel prix ? Les quatre premières compagnies low-cost européennes – Ryanair, Easyjet, Air Berlin et l’espagnole Vueling – sont aussi celles qui dépensent le moins pour leurs salariés : moins de 10 % du chiffre d’affaires pour Ryanair et Vueling, un peu plus de 11 % et 12 % pour Air Berlin et Easyjet. Air France-KLM, elle, est à 30 %. D’autres grandes compagnies comme la Lufthansa et IAG (ex British Airways) dépensent entre 20% et 25% ...

Pilotes intérimaires et travailleurs indépendants chez les low cost

« Le succès économique de ces compagnies repose sur une réduction drastique de la plupart des coûts, en particulier ceux afférents au personnel. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’à l’image de Ryanair, elles soient à la pointe des techniques d’optimisation sociale, en contournant le droit européen voire en y dérogeant. Dans un contexte de concurrence exacerbée, ces pratiques tendent désormais à être mises en œuvre au sein de certaines filiales de grands groupes », analyse le sénateur communiste Éric Bocquet dans un rapport d’avril dernier sur le dumping social dans le transport européen.
Le sénateur y pointe plusieurs ruses utilisées par les compagnies low-cost pour faire des économies sur les salaires et les cotisations sociales. En tête : la généralisation du recours aux travailleurs indépendants pour composer leurs équipages. Ce statut leur permet de s’exonérer des charges sociales et patronales. La pratique est employée par une grande partie des compagnies à bas coût, des plus grandes aux plus petites : « Si elle ne détient pas le monopole de telles pratiques – les compagnies espagnoles Vueling et Volotea, la hongroise Wizz Air, la polonaise Enter air ou la lituanienne Small Planet agissent de la sorte – Ryanair est sans doute l’entreprise qui a le plus développé ce système. 70 % des 3 200 pilotes seraient recrutés sous ce statut. 60 % des personnels de cabine », note le sénateur.
La compagnie irlandaise a mis en place une filière complexe permettant de ne pas apparaître comme l’employeur de ses propres pilotes, à travers une multitude d’entreprises d’intérim. Ces pilotes dit indépendants travaillent, dans le cas de Ryanair, exclusivement pour elle. Ils se voient imposer des sanctions s’ils ne respectent pas les consignes et sont tenus à un préavis de trois mois s’ils souhaitent rompre leur contrat. Toutes les contraintes d’un travail salarié, donc, mais sans les cotisations sociales ! Ceux qui ont la chance d’être embauchés directement par Ryanair le sont de toute façon sous contrat irlandais, quel que soit le pays de leur base d’affectation. Il faut dire que les charges patronales y représentent moins de 11 % du salaire brut... L’Irlande qui, soit dit en passant, avait reçu 85 milliards d’euros d’aides de l’Union européenne et du Fonds Monétaire International pour éviter l’effondrement de son système bancaire et financier.

30 mai 2014

Grève à Aer Lingus

Nous apprenons sur le Irish Times (ici, en anglais) que les employés de la compagnie low cost (bas coût) irlandaise, une compagnie qu'on qualifierait tout aussi bien de low wage (bas salaire) se sont mis en grève pour 24 heures aujourd'hui, forçant l'annulation de plus de 200 vols.

Tout notre soutien à ces courageux grévistes (ils sacrifient leur salaire pour l'intérêt commun).

Ils dénoncent les plans de vol chaotiques, les équipages tournants et l'insécurité des conditions de travail que cela induit. Ils demandent des plans de vol fixes pour éviter la fatigue qu'entraîne les horaires variables, fatigue dangereuse pour la sécurité des vols. Les employés veulent des plans de vol supportables de telle sorte qu'ils puissent se reposer et travailler dans de bonnes conditions.

L'emploi s'oppose encore au travail dans de bonnes conditions, aux principes de prudence les plus élémentaires.

29 avr. 2014

La charte sociale européenne

  • La charte

Nous informons nos aimables lecteurs que 47 pays ont signé la charte sociale européenne en 1961. Cette charte a force de loi dans les pays signataires et stipule, notamment:

  • structure de soins accessible et efficace pour l’ensemble de la population ;
Ceci interdit spécifiquement tout recours à des mutuelles (complémentaires, obligatoires) payantes et imposent un financement de la santé par la seule cotisation (ou par l'impôt).
  • politique de prévention des maladies, y compris garantie d’un environnement sain ;
Ceci interdit spécifiquement toute activité économique, industrielle susceptible de dégrader ledit environnement.
  • élimination des risques en milieu professionnel pour assurer en droit et en pratique la santé et la sécurité au travail ;
  • protection de la maternité.
  • interdiction du travail forcé ;
Ceci exclut toute forme d'esclavage, notamment l'emploi sous la menace du chômage.
  • interdiction du travail des enfants ;
  • conditions de travail spécifiques entre 15 et 18 ans ;
  • droit de gagner sa vie par un travail librement entrepris ;
  • politique économique et sociale pour assurer le plein emploi ;
Tous les pays où le taux de chômage excède les 5% contreviennent à cet article.
  • conditions de travail équitables en matière de rémunération et de durée du travail ;
Ceci implique l'abolition de la rémunération à la tâche, à la force de travail et impose la qualification du travailleur comme source de salaire.
  • protection contre le harcèlement sexuel et moral ;
Ceci impose la fin de la fonction social d'employeur, de son pouvoir sur ses employés: on peut organiser l'activité de production de manière hiérarchique mais personne ne peut s'arroger le droit disposer de la carrière d'autrui puisque ce type de pouvoir permet le harcèlement sexuel et moral.
  • liberté de constituer des syndicats et des organisations d’employeurs pour défendre leurs intérêts économiques et sociaux ; liberté individuelle d’y adhérer ou non ;
Cette liberté est fortement limitée dans certains pays. En Belgique, par exemple, le seuil du nombre d'adhérents pour pouvoir prétendre s'organiser en syndicat rend la création de nouveaux syndicats techniquement impossible.
  • promotion de la consultation paritaire, de la négociation collective, de la conciliation et de l’arbitrage volontaire ;
La consultation paritaire impose la représentation de toute les parties au pro rata de leur importance. Les chômeurs, les retraités ou les invalides doivent, par exemple, être représentés dans toutes les décisions qui les concernent, qu'elle soient relatives aux prestations de la sécurité sociale ou aux cotisations sociales.
  • protection en cas de licenciement ;
Ceci impose d'attacher le salaire à la personne et non au poste de travail.
  • droit de grève ;
  • accès à l’emploi pour les personnes handicapées.
Par ailleurs, la charte détaille les droits humains que les signataires doivent respecter. Ces droits sont eux aussi rarement compatible avec la vente forcée de la force de travail dans l'emploi:
  • protection contre la violence et la maltraitance ;
 La violence du vol du temps des travailleurs par les propriétaires lucratifs est interdites. La maltraitance de la mise en minorité de l'emploi est interdite.
  • interdiction de toute forme d’exploitation (sexuelle ou autre) ;
 Tout surtravail est un vol, toute plus-value liée au travail d'autrui est un vol et sont des formes d'exploitation interdites.
  • protection juridique de la famille (égalité des époux entre eux et vers les enfants, protection des enfants en cas de rupture) ;
Ceci impose un droit à un salaire personnel inconditionnel.
  • droit à la sécurité sociale, à l’assistance sociale et à des services sociaux ;
Cet article est directement violé par le harcèlement institutionnel des chômeurs, en France, en Belgique ou en Allemagne (entre autres).
  • droit à la protection contre la pauvreté et l’exclusion sociale ;

  • Les recours
Nous citons le site de l'organisation (ici, en français)
Organisations habilitées à saisir le Comité :
– Pour tous les Etats qui ont accepté la procédure :
  1. Confédération européenne des syndicats (CES), BUSINESSEUROPE (ex-UNICE) et Organisation internationale des employeurs (OIE).
  2. Les organisations non gouvernementales (ONG) dotées du statut participatif auprès du Conseil de l’Europe et inscrites sur une liste établie à cette fin par le Comité gouvernemental ;
  3. Les organisations d’employeurs et les syndicats de l’Etat concerné ;
  4. – Pour les Etats qui, en plus, acceptent cette possibilité :
  5. Les ONG nationales.
Le dossier de la réclamation doit contenir les éléments d’information suivants :
  1. les nom et coordonnées de l’organisation réclamante ;
  2. la preuve que la personne qui introduit et signe la réclamation est habilitée à engager l’organisation réclamante ;
  3. l’Etat mis en cause ;
  4. les dispositions de la Charte dont la violation est alléguée ;
  5. l’objet de la réclamation, c’est-à-dire le ou les points sur lesquels l’Etat mis en cause n’aurait pas respecté la Charte, ainsi que les arguments pertinents ; avec documents à l’appui.
À bon entendeur ...

  •  Les États signataires
 Albanie, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark,
Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovénie, Espagne, République slovaque, Suède, Suisse, Macédoine, Turquie, Ukraine, Grande-Bretagne,

30 oct. 2013

Pilote licencié


je vous fais suivre:
compagnie aérienne à pédale
RYANAIR LICENCIE UN PILOTE LANCEUR D'ALERTE

Personnellement, je n'ai jamais volé dans l'un des zingues de cette compagnie "High Fric" où tout est fait pour vous piquer vos thunes au détriment de ses employés et surtout de la sécurité. La compagnie, qui n'en est plus à un scandale près, vient donc de virer l'un de ses pilotes qui a eu l'impudence de critiquer le respect des normes de sécurité de sa tôle sur la chaîne britannique Channel 4...

Le Monde et l'AFP racontent : "Raison invoquée (du licenciement ndlr), les "contributions diffamatoires" du pilote dans une émission d'investigation sur la chaîne britannique Channel 4. John Goss y avait fait part des inquiétudes des pilotes sur les comptes-rendus de sécurité concernant la compagnie aérienne à bas coûts. Il avait également déclaré que la direction lui avait adressé une lettre critiquant son utilisation abusive de carburant.
Ryanair a annoncé sa décision de licencier John Goss après qu'elle a été la cible ces dernières semaines d'accusations formulées par certains de ses pilotes qui disent avoir été incités à embarquer moins de kérozène et dissuadés de signaler des problèmes de sécurité par des sanctions disciplinaires."

La suite de cette énième scandale :
Le Monde - Licenciement d'un pilote Ryanair
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Pilotes maltraités

15 août 2013, 11:43
Un lien vers un article sur les pilotes d'une compagnie low-cost irlandaise. Une fois de plus, ce sont des talents (en l'occurrence officiellement reconnus) qui sont gaspillés, torpillés par la productivité.

Grande question: pour quoi? Pour que les classes moyennes laminées par la compression des salaires puissent continuer à prendre des vacances? Et si l'on regonflait leur salaire, ne pourraient-elles pas se payer des vraies compagnies de transport (de passagers, pas de fonds), des trains avec des vrais conducteurs avec de vrais salaires?




Car piloter un avion, c'est un rêve d'enfant, c'est une formation longue et coûteuse. Hôtesse de l'air, Steward, ce sont aussi des rêves, des qualifications, une vie faite de voyages, d'étoiles, d'ailleurs.

HuffingtonPost - Ryanair

Les privatisations et la précarité minent l'économie irlandaise

Les travailleurs en repos doivent être disponibles pour travailler à n'importe quelle heure du jour si leur entreprise le souhaite ou l'emploi poussé dans la logique ultime jusqu'à l'esclavage.

Traduction et résumé de l'article de Diagonal (en espagnol):

L'austérité frappe aussi bien le Nord attaché à la Grande-Bretagne que la république du Sud. Ils découpent le secteur public en tranches de salami dans lesquelles ils opèrent des coupes graduelles.



Depuis les accords du Vendredi Saint en 1998, la réconciliation entre les Irlande été placée dans le carcan de libéralisation. Le textile et la construction avaient déjà été affectés par le libre-échange.

Le 'développement' du Sud reposait sur la spéculation immobilière et sur le secteur de la construction de sorte que, quand la bulle a éclaté, tout s'est écroulé.

Actuellement, le retour de la croissance cache une précarisation et une dégradation des conditions d'emploi. Les contrats d'emploi instables et insuffisamment payés pour permettre aux travailleurs de survivre se sont étendus à tous les secteurs. Ce sont d'abord les femmes qui paient cette violence sociale.

37% des nouveaux contrats sont des temps partiels.
32% des nouveaux contrats sont soumis à des horaires aléatoires - jusqu'aux fameux contrats de 0h où l'employé doit être à disposition de l'entreprise sans qu'elle s'engage sur la moindre quantité de travail rémunéré. En Grande-Bretagne, par exemple, 22% des employés du privé (5,5 millions de personnes) ne sont pas assurés de prester plus de trois heures par semaine. Ces contrats de 0h ne garantissent évidemment aucune rémunération en cas de maladie et aucun congé payé.

Commentaires

Nous nous battons pour le salaire et contre l'esclavagisme de l'emploi. Ici, on voit que les choses prennent la tournure d'une guerre de classe. Nous appelons les Irlandais (et les Anglais) à s'organiser, à faire valoir le droit et leurs droits, à étendre le salaire, à le socialiser, à quitter la logique délétère de l'emploi.

Nous rappelons que, à force de comprimer les petits salaires, l'importance de la partie réalisée (dépensée) de la valeur ajoutée diminue, ce qui comprime la production de valeur.

La compression de la production de valeur amène le chômage de masse faute de marché solvable (voir compétitivité ou productivité).

C'est le petit jeu qui se joue à l'échelle de l'Europe pour le moment. C'est une crise de surproduction. Il faudra sortir par les salaires de cette crise (et nous appelons la socialisation du salaire pour sortir de l'emploi) soit au niveau de nations qui établiront des douanes pour ce faire, soit au niveau de l'Europe.

Dans cette seconde hypothèse, la concurrence entre producteurs, mortelle pour les salaires et pour les conditions de travail, devra être a minima jugulée par une législation sociale commune, une sécurité sociale commune et une fiscalité commune.