Affichage des articles dont le libellé est Italie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Italie. Afficher tous les articles

21 févr. 2017

Le Jobs Act

Un article de Udo REHFELDT dans la Chronique internationale de l’IRES - n° 155 - septembre 2016 développe les modalités du Job act, l'équivalent italien de la loi travail en France ou de la loi Peeters en Belgique.

Extraits (les intertitres sont de nous, nous soulignons):
Au début des années 2010 s’est opéré un double basculement en Italie. Alors que les réformes du marché du travail votées en 1997 et 2003 avaient pour objectif de flexibiliser la relation du travail à l’entrée, en créant de nouvelles formes atypiques à côté du contrat de travail à durée indéterminée (CDI), celles votées en 2012 et 2014-2015 avaient pour objectif une flexibilisation à la sortie, enrendant le licenciement d’un travailleur en CDI plus facile (Piazza, Myant, 2015). Dans le même temps s’est opéré un autre basculement. Alors que la législation des années 1960 et 1970 avait comme objectif de rééquilibrer la relation de travail en sécurisant les travailleurs, les réformes de 2012 et 2014-2015 ont eu pour effet de renverser ce rapport des forces, en sécurisant prioritairement l’employeur et en réduisant le rôle du juge, le tout au nom de l’objectif de créer des conditions favorables pour une croissance de l’emploi en CDI (Martelloni, 2015). Ce double mouvement a été largement influencé par des injonctions de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne(BCE).
(...)
 La régulation des années 60
Dans les années 1960, le marché du travail italien a été régulé par une série de lois, notamment celle de 1960 interdisant le travail intérimaire et celle de 1962 règlementant le CDD. Cet édifice de sécurisation a été couronné en 1970 par la loi appelée « Statut des travailleurs ». Cette loi a été essentiellement une loi de soutien aux syndicats, garantissant l’exercice des droits syndicaux dans l’entreprise. Dans son article 18, cette loi impose aussi la réintégration d’un travailleur victime d’un licenciement considéré comme abusif par le juge. La sécurisation des CDI a aussi été soutenue par des « amortisseurs sociaux » (Leonardi, 2008). Le plus important amortisseur est la Cassa integrazione guadagni (CIG), une caisse financée par l’État et des cotisations. Elle a été créée après la Seconde Guerre mondiale pour financer le chômage partiel, initialement dans les seules entreprises industrielles, puis aussi commerciales, en difficulté conjoncturelle. La CIG a servi d’équivalent fonctionnel d’une assurance chômage, qui a été en Italie historiquement fragmentée et peu généreuse (Bisignano, 2014). En 1968, une CIG « extraordinaire » a été instituée pour soutenir des entreprises en crise ou restructuration. Les travailleurs en chômage partiel « à zéro heure » pouvaient être totalement dispensés de travailler et toucher une indemnité compensatoire de 80 % de leur salaire pendant une période pouvant aller jusqu’à quatre ans (selon l’âge et la région). En 1991, une « indemnité de mobilité » s’y est ajoutée pour soutenir des travailleurs dans des entreprises en restructuration au-delà de la période d’indemnisation par la CIG. La durée maximale variait également selon l’âge et la région (entre 1 ou 3 ans dans le Centre-Nord et entre 2 et 4 ans dans le Sud).
(...)

La "réforme" de 2012

En juin 2011, le gouvernement avait présenté un plan d’austérité qui prévoyait notamment la suppression de 250 000 postes dans la fonction publique, un gel des retraites et l’augmentation de l’âge de la retraite pour les femmes. Après l’injonction de la BCE, il y a ajouté, en septembre 2011, un article 8 qui invente un nouveau type d’accord « de proximité » (d’entreprise ou territorial) qui peut déroger non seulement à la convention collective de branche, mais aussi à la loi (y compris à l’article 18 du Statut des travailleurs), afin « d’augmenter l’emploi, améliorer la qualité des contrats de travail, stopper le travail irrégulier, accroître la compétitivité et le salaire, gérer des crises industrielles et de l’emploi, favoriser de nouveaux investissements et le lancement de nouvelles activités ».

En novembre 2011, Silvio Berlusconi a été contraint à la démission et a été remplacé par un gouvernement de « techniciens » dirigé par Mario Monti. Ce dernier a poursuivi et même accéléré la politique d’austérité et de flexibilisation du marché du travail. Ainsi, en décembre 2011, sa ministre du Travail, Elsa Fornero, a annoncé son intention d’abolir l’article 18 du Statut des travailleurs. Comme en 2002, ce projet a immédiatement provoqué l’opposition des trois confédérations syndicales, mais c’est la CGIL seule qui a appelé à la grève générale pour faire échouer ce projet. La mobilisation syndicale et des pressions du Parti démocrate (PD) ont porté leurs fruits. La loi finalement adoptée le 25 juin 2012, votée seulement par la moitié des députés PD, a atténué le projet initial en maintenant la possibilité de réintégration dans plusieurs cas de figure (tableau 1).

La réintégration reste obligatoire en cas de licenciement pour motif discriminatoire. Dans le cas d’un licenciement économique, le juge peut l’ordonner s’il y a « inexistence manifeste » d’une justification économique. Il peut aussi le faire pour les licenciements disciplinaires, mais seulement dans les cas les plus graves. Dans tous les autres cas, y compris le non-respect des procédures (sauf de nouveau pour les cas les plus graves), le juge doit se contenter d’ordonner à l’employeur de payer une indemnisation. Cette dernière doit désormais se situer à l’intérieur d’une fourchette de six à 12 mois de salaire. Si une réintégration est ordonnée, le salarié peut y renoncer en touchant une indemnisation majorée équivalente de 15 mois de salaire. La loi du 25 juin 2012 élargit également la possibilité de recours à des CDD. L’obligation pour l’employeur de justifier ce recours est supprimée. La durée maximale du premier CDD est portée de six à 12 mois. L’enchaînement autorisé de plusieurs CDD reste limité à 36 mois, mais des dérogations seront dorénavant possibles par accord collectif. Une nouvelle Assurance sociale pour l’emploi (ASPI) remplace toutes les formes antérieures, jusqu’alors fragmentées, d’assurance chômage. S’inspirant des réformes Hartz en Allemagne, le versement des indemnités est limité à 12 mois pour les travailleurs de moins de 54 ans et à 18 mois pour les autres, avec une baisse du montant des indemnités de 15 % après six mois. En même temps, les possibilités de recours à la CIG pour financer le chômage partiel sont réduites. L’indemnité de mobilité sera supprimée à partir du 1 janvier 2017 et remplacée par la nouvelle indemnité chômage qui est nettement moins généreuse. La loi Fornero constitue un premier pas pour passer de la flexibilité interne à la flexibilité externe souhaitée par la Commission européenne, qui salue cet avancement. 

Le bilan établi par Piazza et Myant (2015) montre pourtant que cette réforme n’a nullement résolu les problèmes d’emploi de l’Italie. Le chômage continue à croître et l’emploi à décroître. Malgré l’abolition partielle de l’article 18, la part des CDI dans l’emploi n’a pas augmenté et reste aussi minoritaire.

Le jobs act

Renzi avait proposé en janvier 2014 un grand programme appelé d’abord « Job Act », puis « Jobs Act ». Initialement un projet de relance de l’industrie italienne et de création d’emplois, le projet de Renzi s’est progressivement rétréci, sous l’influence de ses collaborateurs et conseillers ainsi que de son partenaire de coalition, pour devenir essentiellement un projet de réforme du marché du travail d’inspiration néolibérale, visant prioritairement à instaurer une flexibilité de l’emploi à la sortie et à sécuriser les employeurs. Les objectifs initiaux d’un plan industriel pour sept secteurs clés, d’un salaire minimum légal, de nouvelles règles sur la représentativité syndicale et de l’introduction de représentants des salariés dans les conseils d’administration des grandes entreprises ont été progressivement abandonnés ou remis à plus tard. Le Jobs Act dans sa forme finale présente néanmoins une certaine complexité, car il est composé d’un décret-loi de mars 2014, d’une loi d’habilitation votée en dernière lecture en décembre 2014, ainsi que de huit décrets d’application approuvés entre mars et septembre 2015. Du projet initial sont restés quatre éléments essentiels :

- la réduction du nombre des formes de travail atypique ;

- la création d’un CDI « à protection croissante » ;

- une réforme des amortisseurs sociaux ;

- des simplifications administratives pour les entreprises

D’autres mesures ont été ajoutées en cours de route, notamment concernant la conciliation vie familiale-vie professionnelle (par une généralisation des congés maternité). Nous allons maintenant analyser plus en détail les éléments les plus importants, en commençant par le cœur de la réforme, le nouveau CDI, puis les changements pour les autres formes de contrats de travail et finalement la réforme des amortisseurs sociaux, avant de tirer un premier bilan des effets de la loi sur l’emploi .


La création d’un nouveau CDI « à protection croissante » constitue le cœur du Jobs Act et la fierté de son promoteur. La dénomination « à protection croissante » est cependant trompeuse, car il s’agit seulement d’une indemnisation monétaire faible selon un barème fixé par la loi, en fonction de la seule ancienneté. Le véritable protégé du Jobs Act est l’employeur. La loi lui garantit, en réduisant le rôle du juge, le non-retour d’un travailleur licencié et lui permet de calculer par avance avec précision le coût d’un licenciement. C’était un des objectifs affichés de la loi : éliminer l’incertitude de l’employeur comme frein à l’embauche (Ichino, 2015). Comparé à la situation précédente, le montant des indemnités est très limité, surtout pour une ancienneté faible (jusqu’à deux ans : quatre mois de salaire), alors qu’avant le juge pouvait déterminer pour tous les cas un montant entre 12 et 24 mois de salaire (tableau 1). Pour un licenciement d’un nouveau CDI, l’employeur a la possibilité d’opter pour une procédure extrajudiciaire de « conciliation ». Dans ce cas, il peut proposer au travailleur licencié une indemnité qui est fixée à un niveau inférieur à celle à laquelle le travailleur a droit si le juge considère le licenciement comme abusif, avec néanmoins un minimum de deux mois pour une ancienneté de deux ans et 18 mois pour 18 ans d’ancienneté. Cette indemnité n’est ni assujettie aux cotisations sociales ni soumise à l’impôt. Si le salarié l’accepte, il renonce définitivement à une contestation devant le juge. Il s’agit donc d’une indemnité sûre et immédiate, comparée à l’incertitude d’un contentieux judiciaire qui peut durer plusieurs années. En raison de la rapidité avec laquelle l’employeur peut se protéger contre d’éventuels litiges, cette procédure est appelée « fast track» par ses concepteurs. Sauf dans des cas résiduels, maintenus pour s’assurer le vote de la minorité de gauche du PD, il n’y a plus de droit automatique à la réintégration. Ce droit a été notamment supprimé pour les cas d’un vice de forme ou d’un licenciement collectif sans respect des critères de choix des licenciés. La réintégration reste obligatoire pour un licenciement discriminatoire, non écrit, pour motif illicite ou pendant la maternité. Pour les licenciements disciplinaires (pour faute grave), économique ou pour motif personnel, le juge peut toujours ordonner la réintégration, mais seulement s’il arrive à démontrer « l’inexistence du fait matériel incriminé ». Le nouveau CDI ne rentre nullement dans l’objectif affiché de la réduction du nombre des formes d’emploi, car il ne remplace pas le CDI ancienne manière, mais s’y ajoute. En effet, il ne s’applique qu’aux nouvelles embauches en CDI et n’abolit ni l’embauche en CDD ni les droits accolés aux anciens CDI. Pour les anciens CDI, le juge continue à avoir la possibilité de déterminer lui-même les indemnités, à l’intérieur de la fourchette fixée par la loi Fornero de 2012. Il peut tenir compte non seulement de l’ancienneté, mais aussi d’autres critères comme la taille de l’entreprise ou le comportement des deux parties dans la procédure. La création du nouveau CDI constitue un compromis avec son partenaire de coalition Angelino Alfano qui avait demandé l’abolition totale de l’article 18 du Statut des travailleurs qu’avaient tentée sans succès les gouvernements Berlusconi en 2002 et Monti en 2012.
 (…)
Les amortisseurs sociaux

Les « amortisseurs sociaux », notamment l’assurance-chômage et le chômage partiel financé par la CIG, sont le deuxième thème central du Jobs Act, qui étend les bénéficiaires de ces deux amortisseurs à des travailleurs et entreprises auparavant non couverts. Il crée une Nouvelle assurance sociale pour l’emploi (Naspi) et une Agence nationale pour les politiques actives de l’emploi (Anpal), qui a comme mission de coordonner les politiques de formation et d’emploi dont les compétences doivent rebasculer des régions vers l’État central.

La durée de l’indemnisation du chômage est portée de 12 à 24 mois. Le Jobs Act réaffirme des principes déjà inscrits dans la réforme Fornero selon lesquels les chômeurs sont obligés d’accepter les offres d’embauche sous peine de perdre leur droit aux indemnités. Un chômeur pourra signer un contrat de réinsertion avec une agence accréditée de placement (publique ou privée) de son choix, qui recevra une dotation par chèque qu’elle ne pourra encaisser qu’en cas de réinsertion réussie du chômeur. Le chômeur sera obligé de suivre les formations prescrites. S’il ne le fait pas ou s’il refuse l’emploi proposé, l’organisme de placement doit le signaler, avec comme conséquence la perte de l’indemnité pour le chômeur, mais aussi la perte du chèque pour l’agence de placement. Jusqu’alors, seulement 1 % des embauches s’effectuaient par l’intermédiaire d’une agence de placement. La réforme Fornero avait déjà réduit les possibilités de financement du chômage partiel par la CIG. Dorénavant, elle ne pourra être utilisée qu’après épuisement d’autres formes de réduction du temps de travail. La durée des indemnités sera généralement limitée à 24 mois durant cinq ans. Les travailleurs en chômage à plus de 50 % seront tenus de suivre des formations de requalification.

Pour responsabiliser davantage les entreprises bénéficiaires, leur part de financement de la CIG sera augmentée, celle des autres entreprises réduite en conséquence. La CIG ne pourra plus être utilisée en cas d’arrêt définitif de l’activité. Le chômage partiel permanent « à zéro heure de travail » sera interdit à partir de fin 2017. Les secteurs qui ne participent pas à la CIG doivent créer des fonds de solidarité paritaires. 


Ce n’est pas seulement sur l’allègement de la protection légale des CDI que le gouvernement a compté pour inciter à la création massive de CDI, mais il a assorti cette mesure d’allègements fiscaux et de cotisations, de façon à rendre une embauche en CDI financièrement plus attractive pour l’employeur qu’une embauche en CDD. Fin 2014, la loi de finances pour 2015 a supprimé pour les CDI la part salariale de l’impôt régional sur les activités productives (Irap), une sorte de taxe professionnelle, réduisant le montant de cet impôt d’environ un tiers. En plus, elle a totalement supprimé les cotisations patronales pour les nouvelles embauches en CDI durant l’année 2015, pendant trois ans et jusqu’à un plafond de 8 060 euros par an – un montant nettement supérieur à ce que coûterait à l’employeur un licenciement après trois ans. La mesure a été reconduite en 2015 pour les embauches en CDI durant 2016, mais avec une exonération réduite à 40 % pour une durée de seulement deux ans. 
Les premiers bilans des effets du Jobs Act montrent une incidence très importante de ces allègements sur l’évolution de l’emploi, plus importante que les effets attendus des allègements réglementaires. Selon une étude de deux chercheurs de la Banque d’Italie sur les embauches en Vénétie entre janvier 2013 et juin 2015 (Sestito, Viviano, 2016), environ la moitié des embauches ont été motivées par les incitations du gouvernement. 40 % des embauches sont attribuables aux allègements fiscaux, mais seulement 5 % à la réduction du coût du licenciement contenue dans le Jobs Act (mais en « combinaison » avec les allègements fiscaux).


Malgré ces incitations fiscales, la part des CDI dans l’emploi n’a pas durablement augmenté, contrairement à ce qu’a fait croire le gouvernement en utilisant des données non corrigées des variations saisonnières. Selon une évaluation des effets du Jobs Act par des universitaires de Pise (Fana et al., 2015), la part des CDI dans les nouvelles embauches continue à rester minoritaire par rapport aux CDD. En 2015, il y a juste eu deux pics d’embauches en CDI, en janvier lors de l’entrée en vigueur de la Loi de finances, puis en décembre lors de l’annonce que le taux de réduction fiscale serait réduit en 2016. Cela montre un comportement d’aubaine de la part d’entreprises qui ont d’abord reporté les embauches pour pouvoir bénéficier de la suppression annoncée des cotisations, puis les ont avancées, apprenant que les réductions fiscales allaient baisser de moitié l’année suivante (Fana et al., 2016). L’entrée en vigueur du Jobs Act en mars 2015 n’a en revanche eu aucun effet pour contrecarrer la nouvelle montée de la part des CDD. On observe en 2015 une croissance de l’emploi (100 000 créations nettes) et une baisse concomitante du taux de chômage de 12,7 % à 11,9 %. Cela est dû essentiellement à une modeste reprise de la croissance italienne en 2015. Selon les prévisions, cette croissance est appelée à fléchir de nouveau à partir de la seconde moitié de 2016. La croissance de l’emploi a encore continué au premier semestre 2016, mais en même temps le nombre de chômeurs est reparti à la hausse et le taux de chômage dépasse de nouveau 12 %. Selon les données publiées en septembre 2016 par le ministère du Travail, le nombre des licenciements durant le premier semestre 2016 est en hausse de 7 % par rapport au premier semestre 2015. Certes, le nombre total de cessations de contrat a diminué de 312 000 et le solde entre entrées et sorties reste pour le moment positif. Cela est en partie dû à la diminution du nombre de résiliations de contrats à la demande d’un salarié, probablement en raison de la crainte de perdre la protection de l’article 18 en cas de changement d’employeur. Ici, le Jobs Act a donc eu un effet contraire à celui escompté, en ralentissant la mobilité des travailleurs. Il faudrait attendre la fin de la période d’exonération en 2017 pour voir si les nouveaux emplois créés grâce à la suppression des cotisations sont durables ou si les employeurs vont de nouveau s’en débarrasser.

Source: http://www.ires.fr/images/files/Chronique/C155/C155-4.pdf

13 janv. 2017

Bois d'ébène (le retour)

Olivier Petitjean résume les enjeux de la privatisation de la répression des migrants en Europe. Le business ne s'est jamais encombré de scrupule quand il s'est agi de faire de plantureuses affaires. Sauf que, ici, il s'agit de gérer des flux de population et de s'occuper d'êtres humains en souffrance.

La logique du profit de la propriété lucrative rend les décisions de gestion de toute façon inhumaines et la déresponsabilisation des propriétaires des entreprises que permettent les institutions capitalistes leur permet de commettre leurs forfaits sans rendre de compte.

Extraits de l'article de l'Observatoire des Multinationales (ici):
Les centres de détention administrative de migrants sont de plus en plus nombreux en Europe et à ses frontières. Ils sont aussi de plus en plus privatisés, avec des conséquences négatives sur les conditions d’hébergement et les conditions de travail des employés, et plus largement sur le respect des droits et de la dignité humaine. En témoigne la récente révolte de migrants dans le centre de Cona, en Italie. De l’autre côté, des entreprises privées nationales ou multinationales profitent d’un marché estimé à un milliard d’euros par an.

Dans les premiers jours de janvier 2017, un groupe de migrants africains a retenu pendant quelques heures les employés du centre de détention de Cona, dans la région de Venise en Italie, et mis le feu à des meubles. Ils protestaient contre la surpopulation du centre, qui hébergeait alors environ 1500 personnes, et contre les mauvaises conditions d’accueil. La révolte a été déclenchée par le décès au centre de Sandrine Bakayoko, une Ivoirienne de 25 ans. Malade depuis plusieurs jours, elle n’aurait pas été pris en charge à temps.

Comme c’est souvent le cas en Italie, le centre de détention de Cona était géré par une « coopérative », appelée Ecofficina, qui faisait déjà l’objet d’une enquête administrative. La structure a en réalité très peu à voir avec l’économie sociale et solidaire ; Ecofficina semble avoir été créée expressément pour capter l’argent public consacré à la détention des migrants, sur fond de connivences politiques [1]. Déjà en 2014, le scandale « Mafia Capitale » avait mis en lumière le rôle de la mafia dans le secteur des centres de rétention en Italie, et la complicité de certains politiques.


(...)


‘Low cost’ et déresponsabilisation

La motivation derrière la tendance générale à la privatisation des centres de détention en Europe est on ne peut plus claire : une pression à la baisse sur les coûts, qui se répercute sur les conditions de détention. Dans le centre de détention de Rome, le modèle « low cost » proposé par Gepsa et Acuarinto pour obtenir le marché se serait notamment traduit par « une diminution de l’assistance psychologique auprès des détenus et de l’argent de poche qui leur est distribué, ainsi que par des manquements en matière de restauration et de santé ». La course à la réduction des coûts a également des conséquences sur les conditions de travail, comme l’a rappelé le mouvement social des employés du centre de rétention du Mesnil-Amelot en 2013. Enfin, la logique de privatisation renforce également la situation de non-droit dans laquelle se trouvent déjà de fait les migrants détenus, en diluant les responsabilités entre pouvoirs publics et prestataires privés. Illustration : G4S n’a pas du tout été inquiétée par la justice britannique suite à la mort de Jimmy Mubenga.

19 oct. 2016

Tour d'Europe des lois "travaille"

Le CADTM offre une synthèse des diverses loi "travaille" (ici, en français, sous forme audio de plus d'une heure).

Une écoute malheureusement pertinente.
Royaume-Uni, Italie, Espagne, Grèce, France, Slovaquie, Portugal, Roumanie, etc. sont autant de pays qui ont vu leur code du travail être profondément transformé ces dernières années sous la pression d’acteurs malheureusement trop connus comme la Commission européenne ou encore le FMI. L’obtention de prêts, l’adhésion à l’Union européenne, l’amélioration de la compétitivité et la flexibilité des travailleurs, sont autant de prétextes qui ont poussé les différents gouvernements européens à appliquer ces réformes du droit du travail au profit du grand capital sans sourciller, parfois même en désavouant complément sa population pourtant massivement mobilisée.

25 juin 2015

La justice italienne enquête sur la mafia chinoise

Selon RFI (ici, en français) la justice italienne s'intéresse aux pratiques de la mafia chinoise dans la péninsule. Mais oui, vous savez, ceux qui emploient des demi-esclaves chinois dans la péninsule pour (contre)faire les marques de luxe vendues au prix fort sur le vieux continent.

Extrait
« Rivière d’argent », c’est le nom de code que porte une enquête visant la mafia chinoise en Italie. Cette enquête remplit pas moins de 170 pages et jette une lumière peu flatteuse sur les activités économiques souterraines de certains migrants, venus de l’Empire du Milieu pour faire fortune en Europe.
Après plusieurs années d’investigation, les procureurs italiens demandent la mise en examen de près de 300 personnes. La justice les soupçonne d’être impliqués dans le blanchiment d’argent, la prostitution, l’exploitation d’ouvriers illégaux ou encore dans la fraude fiscale et la vente de contrefaçons. Pour la plupart, il s’agit de Chinois vivant en Toscane et notamment à Prato, surnommé le « China Town » italien depuis que de nombreux Chinois s’y sont installés il y a 20 ans, d’abord comme ouvriers. Ces ouvriers ont ensuite pu ouvrir des commerces ou mêmes des usines, notamment dans l’industrie du textile.
Une activité qui rapportait gros : 4,5 milliards d’euros auraient été envoyés vers la Chine, entre 2006 et 2010. Pour ne pas éveiller la vigilance des autorités financières, les malfaiteurs envoyaient ces fonds en petites coupures. Jamais au dessus de 2 000 €. Des sommes envoyées soit via des bureaux de transferts d’argent ou via une banque et pas n’importe laquelle : il s’agirait de la Banque de Chine, donc l’une des plus grandes banques chinoises, contrôlée par l’Etat.
Elle aurait ainsi aidé à transférer en tout plus de 2 milliards d’euros et touché près de 760 000 euros en commissions. Les procureurs visent quatre salariés de la succursale de Milan qui auraient omis de signaler ces transactions suspectes et aidé à camoufler l’origine de cet argent.

17 juin 2015

Appel

Le feuilleton grec continue.

Nous rappelons que les créanciers de toute dette ont prêté un argent qu'ils ont piqué d'abord. Non seulement, il n'y aucune raison pour leur rembourser le moindre centime mais il faut s'ingénier à éviter qu'ils ne nous piquent de nouveau notre argent pour nous le prêter avec des intérêts par la suite.
Nous appelons au défaut de la Grèce, nous appelons au défaut de tous les pays d'Europe. Nous appelons à laisser les banques et les bourses, nous appelons à récupérer les titres de propriété des bourses "à la pelle et au balais" comme le dit le sémillant Frédéric Lordon.

C'est la propriété lucrative, le droit d'accaparement de la valeur produite par autrui au nom de la propriété, qui permet aux voleurs d'opérer. Pour éviter les dettes, il est donc nécessaire d'abroger la propriété lucrative.

D'autre part, le peuple grec est martyrisé de manière scandaleuse. Ce sont nos sœurs, ce sont nos frères qui sont condamnés à la stagnation sociale, à l'inaction, à la misère, à la dégradation de leurs soins. Nous rappelons que les salaires - individuels ou socialisés par la sécurité sociale - sont à la source de toute richesse, comme, d'ailleurs, l'illustre tragiquement l'exemple grec puisque les salaires, les pensions ont fondu de la même façon que la valeur ajoutée créée collectivement.

Nous appelons à un investissement massif en Grèce (et en Europe, d'ailleurs) dans les salaires, notamment dans les salaires socialisés. Nous appelons à financer cet investissement dans un salaire universel grec (et européen) par la création monétaire et par la cotisation généralisée.

Nous appelons à la socialisation des moyens de production, nous appelons à la démocratisation de l'économie. Nous appelons à la suppression des institutions anti-démocratiques qui martyrisent le peuple grec et bafouent les principes de diplomatie, de respect entre les peuples les plus fondamentaux. Nous appelons à la démocratisation de la banque centrale, au débat public sur la création monétaire, sur l'inflation. Nous appelons à la fin des retraites par capitalisation et à l'universalisation de la sécurité sociale au niveau européen.

Nous saluons la résistance exemplaire des Grecs, que ce soit les instances dirigeantes, entre conciliation, implication des autres peuples européens et nécessités politique, sociale et économique intérieur.

Nous exprimons notre sympathie pour tous les peuples en souffrance sur notre vieux continent, pour les Grecs sans perspectives, pour les Allemands condamnés à travailler pour rien, harcelés, pour les Belges exclus des prestations chômage à l'heure où la conjoncture installe durablement le chômage de masse, pour les Anglais pris dans des contrats de travail esclavagistes, pour les Espagnol naviguant entre salaires de misère et chômage de masse, pour les Italiens et pour les Français qui voient leurs plus belles conquêtes, leurs plus belles luttes disparaître sous l'imbécile docilité de pouvoirs sans imagination et sans légitimité, pour les Européenne en général, pour les mères de famille célibataire, pour les pauvres, pour les déclassés, pour les lourdés, pour les fonctionnaires qui partout en Europe pâtissent de l'incurie des élites, de leur avidité, de leur promptitude à servir les puissants.

Nous appelons à la résistance, partout sur le continent, nous affirmons la légitimité de toutes les luttes pour le droit, pour la justice, pour le salaire et pour l'avenir. Cette résistance s'impose à l'heure où nos ressources sont menacées, où notre agriculture est menacée, où nos salaires et nos droits sont menacés.

Nous appelons à construire un monde ensemble. Nous appelons à nous unir, à croire les uns dans les autres. Nous appelons à notre monde. Du fond de la nuit, puissions-nous trouver le jour, inspirés par les ancêtres et leurs luttes courageuses, portés par l'impératif de justice et assurés de nos rêves.

Ils n'ont que l'argent. Nous avons les rêves, l'amour, le savoir-faire, les compétences. Nous avons le temps.

27 mai 2015

Travail dans les plantations

Des Italiennes en conditions de quasi-esclavage.

Glané sur RFI (ici, en français).

On connait le problème, irrésolu, des migrants exploités comme des esclaves dans les régions du sud de l’Italie pour la cueillette des tomates et autres fruits. Mais on entend moins parler des Italiennes qui subissent de plein fouet la crise et sont contraintes d’accepter des conditions inhumaines pour gagner moins de 30 euros par jour en travaillant dix heures d’affilée dans les champs. Le quotidien La Repubblica vient de publier une enquête sur le sort de ces ouvrières agricoles. Dans la seule région des Pouilles, elles seraient plus de 40 000 à être sous-payées pour des travaux souvent harassants.

La région des Pouilles est peuplée d’un peu plus de 4 millions d’habitants et son économie repose essentiellement sur l’agriculture. C’est aussi l’une des régions les plus touchées par la crise en Italie, pays où il n’existe pas de revenu minimum. Selon les statistiques les plus récentes, on dénombre, dans cette région, 21,5% de chômeurs. Ce taux grimpe à 58% chez les actifs de 15-24 ans.
Parmi les sans-emploi, des milliers de femmes, souvent de jeunes mères de famille, n’ont pas d’autre choix que celui d’accepter d’être sous-payées. Elles sont particulièrement demandées pour la récolte des fraises et des cerises. Ce sont des fruits fragiles qui nécessitent des mains habiles, délicates. Pour la cueillette des fraises, un producteur explique qu’il n’embauche plus que des Italiennes car elles sont moins rebelles que les migrants et se prêtent plus à un travail qui nécessite de courber l’échine au moins 7 heures par jour durant la saison de la récolte.

1 mai 2015

Renzi 1 - Travailleurs 0

Sur le site du Cadtm (ici, en français) Chiara Filoni fait le bilan de la très employiste politique de Renzi, le premier ministre italien. Cette politique employiste a pour principale caractéristique d'avoir fait exploser ... le chômage.

Nous rappelons que le chômage en tant que salaire hors emploi est une très bonne chose (mais, en la matière, le bilan Renzi est catastrophique) alors que le chômage comme exclusion économique et comme privation de salaire est une abomination contre l'humain et contre l'économie.

Extrait

Le taux de chômage en 2015 atteint le niveau record de 13 % de la population active. Chez les jeunes le taux atteint 44,2 % (dans le Sud deux jeunes sur trois n’ont pas de travail). Les “Neet”(Not in Education, Employment or Training), c’est-à-dire les jeunes inscrits ni à l’école, ni à l’université et qui ne cherchent plus de travail sont plus de 2 millions, soit 24% des jeunes entre 15 et 29 ans . Le précariat atteint aussi les plus de 50 ans : sur les 24,5 millions des Italiens de plus de 50 ans, seul un sur quatre est actif .
Face à cette situation difficile, les différents gouvernements qui se sont succédé ont toujours déclaré vouloir lutter contre le chômage et pour l’emploi mais avec des résultats désastreux.
Par exemple, le « Jobs act », la dernière réforme du marché du travail créée par l’exécutif de Renzi, parachève deux décennies de réformes visant à libéraliser le secteur du travail et à le rendre toujours plus précaire.
Dans la propagande gouvernementale, le Jobs act passe comme la recette infaillible pour la réduction du chômage, l’embauche des jeunes et la relance économique.
Alors qu’en réalité, il se relève être l’instrument privilégié de la précarisation des rapports de travail.
De fait, il est vrai que d’un côté la loi semble éliminer ou simplifier certains types de contrats précaires (qui ont été uniquement réduits en nombre mais pas améliorés du point de vue des conditions de travail). D’un autre côte, elle légalise une période d’essai excessivement longue où il y a très peu de protections pour les travailleurs et rend précaire même le bon vieux contrat à durée indéterminée.
La nouveauté la plus importante de la réforme est « le contrat à protections croissantes », un type de contrat à durée indéterminée qui s’applique à tous les nouveaux embauchés à partir de l’entrée en vigueur de la réforme (le 7 mars 2015) . Ce type de contrat prévoit que le travailleur ne bénéficie plus du droit aux prestations sociales qui sont normalement appliquées aux contrats de travail normaux (CDD et CDI). Ce droit est certes prévu mais sera appliqué après une certaine durée qui sera établie par des décrets d’application. En revanche, les gains pour les entreprises sont bien réels car celles-ci ne doivent verser aucune cotisation patronale pendant ce laps de temps.
Mais les avantages pour les entreprises ne s’arrêtent pas là ! En effet, tout change aussi en matière de licenciement. Pour les nouveaux embauchés, la règle d’application de l’article 18 qui concerne le licenciement sans juste cause se restreint. Le nouveau contrat en effet introduit la possibilité pour l’entreprise de payer une indemnité aux travailleurs au lieu de les réintégrer dans le lieu de travail (comme prévu par l’article 18 avant ces réformes) même en cas de licenciement injuste (la réintégration est acceptée seulement dans le cas d’ « inexistence du fait matériel contesté »).
L’autre belle nouveauté du Jobs Act concerne la loi Poletti (du nom du ministre du travail) relative aux régime des contrats à durée déterminée (qui vont de plus en plus remplacer des anciens CDI). Si avec l’ancienne loi (2001), un CDD devait être motivé par l’entreprise pour des « raisons à caractère productif, technique, d’organisation ou de substitution », le nouveau décret prévoit que l’entreprise ne doit plus aucune explication aux travailleurs. La seule limite établie concerne le nombre de ces contrats : pour les entreprises avec plus de 5 salariés les CDD ne peuvent pas dépasser 20% du total des contrats signés. Par contre, en dessous des 5 salariés il n’y aucune limitation (il faut rappeler que 94,4 % des entreprises en Italie sont des micro-entreprises). De plus, avec cette réforme, un CDD peut être renouvelé au maximum 8 fois dans un délai de 36 mois.
Il serait bon de remémorer aux politiciens qu’en Italie en seulement cinq ans (de 2008 à 2013) 1 million d’emplois se sont évaporés, avec un effondrement du nombre de CDI (- 46,4%) qui ont laissé la place aux CDD (+19,7%). Cela montre comment la précarité et la flexibilisation du travail, favorisée par les différentes réformes, ne créent pas de l’emploi mais au contraire en détruit. Et la nouvelle réforme va encore un peu plus contribuer à cette destruction.
Enfin, le gouvernement a dédié tout un chapitre de sa réforme aux plus jeunes, qui s’appelle « Buona scuola » (la « bonne école »). Le type d’école promu par le gouvernement prend comme modèle celui de l’Allemagne : les programmes scolaires doivent s’aligner aux exigences du marché du travail. Cela signifie que les formations doivent être orientées afin que les élèves coopèrent et participent aux projets des entreprises, ce qui remet en question non seulement le caractère public des écoles mais surtout leur objectif d’éducation et d’émancipation.

31 mars 2015

Un gouvernement de gauche très à droite

L'Humanité nous signale un mouvement social prometteur en Italie. Il s'agit pour le syndicat Fiom de dénoncer la dégradation des conditions de travail dans la péninsule vendue par l'ultra-libéral Renzi ... au nom de l'emploi.

On notera le rôle particulièrement servile joué par les deux syndicats mastodontes UIL et CISL dans cette guerre aux salariés.

Extrait de l'article en accès libre ici

Si la Fiom a décidé de lancer cette manifestation, c’est que les réformes de la coalition centre-gauche / centre-droit, ne passe pas dans une partie du monde du travail. Le « Jobs Act », réforme du marché du travail à la sauce anglosaxonne, promeut la flexibilité, et les dispositions adoptées ont mis fin à un aspect très protecteur du droit du travail italien : l’obligation pour un employeur de réintégrer un salarié injustement licencié. 
Cette manifestation est, pour la Fiom, le lancement de sa « coalition sociale », rassemblement d’organisations sociales et politiques, qui vise à contredire l’hégémonie politique et culturelle des néolibéraux au gouvernement. Elle est une réussite alors que la Fiom est menacée d’isolement. Les fédérations des deux autres centrales (UIL et CISL) signent des accords dans les entreprises qui empêchent la Fiom de concourir aux élections des représentants du personnel. Au sein de la CGIL, la Fiom est aussi menacée d’isolement, la centrale étant tiraillée entre soutien au gouvernement et recherche d’opposition. La présence de Susanna Camusso, secrétaire de la CGIL, à la manifestation montre que la centrale n’a pas envie de se séparer du trublion rouge du syndicalisme italien.

12 mars 2015

Les récoltes de la honte


L'infatigable équipe de Cash investigation a fait l'enquête sur les producteurs alimentaires.

Le système de concurrence génère le pire des esclavages chez les producteurs.

Le système de la vente, du marketing, voile l'esclavage de celles et ceux qui produisent. Et le tour est joué.

Par exemples, les saisonniers en Italie - pour la plupart des Africains sans papier - sont logés dans des taudis ou des tentes. On leur vole une grande partie de leur paie. Mais les grandes enseignes sont satisfaites: les chartes sont respectées.

Les chalutiers industriels pèchent en Afrique de l'Ouest. Ils pillent les ressources locales, logent les ouvriers dans des conditions abominables et, bien sûr, volent aussi une grande partie des paies misérables.

L'emploi appauvrit

Mais oui: plus on travaille en emploi, plus on est pauvres et moins on travaille en emploi plus on a de salaire.
Ce n'est pas de l'emploi qu'il faut (ou alors vraiment le moins possible) mais du salaire.
N'hésitez pas à faire suivre aux syndicats qui braient: "de l'emploi, de l'emploi".

Les Grecs travaillent le plus d'heures en Europe. Heures de travail moyennes par semaine dans des pays de l'Union Européenne en 2013.

27 déc. 2014

Un projet en marge de l'emploi

Basta relaie un appel d'Italie (ici, en français). Il s'agit d'un appel à l'investissement (que nous souhaitons voir financé par cotisations) pour lancer un projet de production économique sans employeur et avec beaucoup d'idéal. Le site pour soutenir le projet est ici (en italien).

Comment transformer une ancienne usine de pièces automobiles en un espace de recyclage, de conditionnement de produits alimentaires... et de culture ? C’est le pari que se sont lancés les anciens employés de l’usine Maflow, de Milan, en Italie, suite à sa fermeture, en 2012. Objectif : créer une communauté de travailleurs en autogestion, où le travail est partagé, et sans exploitation, à l’image de ce qu’ont réalisé les ouvriers argentins après la crise de 2001. Ils lancent aujourd’hui un appel à soutien pour continuer leur projet.
Nous sommes les travailleurs licenciés de Maflow, une entreprise multinationale à capitaux majoritairement italiens qui avait des usines un peu partout dans le monde. Sur le site de Trezzano sul Naviglio, à Milan, en Italie, nous étions 330 à travailler. La faillite de l’usine n’est pas le résultat de la crise industrielle mais de la spéculation : elle a été fermée en décembre 2012.
En février 2013, nous avons décidé de reprendre ce site industriel au titre des indemnités pour le travail que nous avons perdues, pour les machines qui ont été déménagées et pour les commandes qui seront désormais honorées en Pologne, et ce, même si elles sont le résultat de notre travail passé. Nous avons immédiatement créé un nouveau projet, une communauté inclusive désireuse de prendre en charge notre héritage historique : la récupération de 30 000 m² d’espace libre pour construire une « citadelle d’une autre économie » où les activités sociales et productives trouveront un point de rencontre et de soutien mutuel intégrant chômeurs et immigrants.

Quel est notre objectif ?

Durant ces 18 premiers mois, nous avons déjà beaucoup fait mais c’est désormais le moment le plus important de notre pari : nous devons relancer la production afin de nous donner de vrais salaires qui nous permettront de vivre décemment.
Nous voulons gagner ce pari ! Nous sommes déterminés à prouver qu’une usine autogérée, sans maître et sans exploitation, est possible. Mais pour ce faire, nous avons un besoin immédiat de machines pour démarrer la production. Grâce à notre travail, nous avons remis en marche le système électrique industriel. Nous avons maintenant besoin d’un système d’air comprimé qui est nécessaire pour pouvoir alimenter les machines et outils de recyclage comme les presses, tournevis, machines à enduire. Cette infrastructure est indispensable à toute activité industrielle.
Pour acheter et installer ces compresseurs, nous avons besoin d’un apport initial minimum de 15 000 euros qui rendrait notre projet possible !

13 déc. 2014

Des mesures impopulaires

 L'Humanité (ici, en français et en libre accès) nous apprend que Rome se met en grève générale contre les mesures gouvernementales. En cause: l'austérité, là-bas aussi. Les syndicats italiens - pourtant peu suspects de pugnacité excessive - ont mobilisé en masse contre la énième réforme, contre le énième acte de guerre au salaire du gouvernement Renzi. Il s'agit de rendre le "marché du travail" plus flexible, de saper les bases de la sécurité salariale, pour rendre les gens plus compétitifs pour ... mais oui, pour l'emploi.

À quand une mobilisation de masse contre l'emploi?
 
 
Des centaines de milliers d’Italiens ont défilé vendredi dans les rues des villes italiennes à l’occasion d’une grève générale. La Confédération générale italienne du travail (CGIL) et l’Union italienne du travail (UIL) protestent contre le projet de budget 2015 et la réforme du marché du travail. Selon les syndicats, 70% des salariés ont cessé le travail.
Manifestation à Rome vendredi 12 décembre
afp

21 nov. 2014

Grève générale

Nous apprenons que les syndicats italiens ulcérés de n'avoir même pas été consultés par monsieur Renzi, l'homme qui plaît aux marchés et pas aux électeurs, pour la énième "réforme" libérale organisent une grève générale le cinq décembre prochain.

Il s'agit de faciliter les licenciements au nom de l'emploi, bien sûr. Faciliter les licenciements, c'est donner les coudées franches à l'employeur, lui attribuer le monopole de reconnaissance de production de valeur économique.

De quoi pourrir encore un peu plus les relations de travail dans un pays où le chômage touche 42% des jeunes.

En attendant la grève, voici quelques images glanées ici (en anglais) d'actions déjà en cours.

1. Jet d'oeufs contre le premier ministre

2. Des blessés à Padoue alors que les manifestants se dirigeaient vers le siège du parti du premier ministre, le Parti Démocratique.

3. À Milan, les étudiants et la police se sont affrontés

4. À Rome, des bannières ont été attachées aux échafaudages du Colisée. Il s'agissait de bannières des syndicats dénonçant les privatisations.


Le Cobas, un des syndicats impliqués dans l'organisation de la grève, a expliqué qu'ils manifestaient contre les mesures d'austérité, l'Union Européenne et la loi sur le travail.

9 nov. 2014

La dictature libérale en livrée sociale-démocrate

Le Monde nous envoie des nouvelles d'Italie (ici).

Nous signalons à monsieur Renzi (et à tous ses clones sociaux-démocrates européens) que l'école de Chicago en économie, que les théories néo-orthodoxes de monsieur Friedman, que le consensus de Washington, que les politiques monétaristes, que le libre-échange cher à monsieur Ricardo n'ont jamais prouvé leur efficacité mais qu'elles ont, au contraire, été synonyme de misère, de dictature, de régression économique (et de profits substantiels, il faut le dire).

Nous rappelons à nos lecteurs que monsieur Renzi n'a jamais été élu par le peuple (comme monsieur Macron en France, par exemple). C'est le chouchou des classes dominantes et des journalistes à gage - comme l'était en son temps monsieur Berlusconi qui avait au moins eu la décence de se faire élire.

 Extrait

Des milliers de fonctionnaires italiens ont manifesté samedi 8 novembre à Rome à l'appel de leurs principaux syndicats, pour dénoncer le gel de leurs salaires depuis six ans et les réformes promises par le chef du gouvernement Matteo Renzi.
Les organisateurs, qui avaient promis 50 000 manifestants, ont assuré qu'il y en avait près du double à l'arrivée du cortège sur l'emblématique Piazza del Popolo. La police n'a pas donné d'estimation.
Les manifestants ont défilé dans un climat festif, avec ça et là des ballons représentant M. Renzi en Pinocchio. Dans le cortège se trouvaient des membres des forces de l'ordre, qui avaient menacé en septembre d'une grève inédite si leur rémunération et leurs moyens n'étaient pas augmentés.

La tension est vive entre M. Renzi et les syndicats, qui avaient déjà mobilisé le 25 octobre des centaines de milliers de manifestants à Rome contre la flexibilité que le gouvernement veut introduire dans le marché du travail pour favoriser les embauches.
« Les lois ne s'écrivent pas avec les syndicats mais au Parlement », avait répliqué le chef du gouvernement, qui s'appuie sur les 40 % de voix obtenues aux élections européennes de juin pour essayer de faire passer les réformes et les coupes budgétaires indispensables, compte tenu de l'immense dette publique du pays.

18 oct. 2014

Used in Europe (2)

Used In Europe sort un atlas interactif d'Europe ici, sur la violation des droits du travail sur le vieux Continent, en anglais.

Allemagne
Arnaque de chauffeurs routiers tchèques

Belgique
Travail sous payé dans la manutention. Le trafic humain d'immigrés touche surtout l'agriculture, l'industrie du sexe et la construction.

Espagne
Exploitation de milliers de travailleurs migrants dans les fermes dans des conditions effroyables. On leur prend leurs papiers

France
Exploitation et trafic d'immigrés dans les ateliers, la construction, les PME et l'agriculture

Grande-Bretagne
Exploitation et trafic d'immigrés. Par exemple dans une ferme de cannabis

Irlande
Exploitation et trafic d'immigrés. Notamment dans les fermes de cannabis

Italie
Travail forcé avec violence à 1€ de l'heure dans l'agriculture. Trafic d'êtres humains dans le sexe, la construction et la mendicité contrainte

Luxembourg
Exploitation de travailleurs immigrés (Horeca, construction, industrie du sexe)

Pays-Bas
Exploitation dans les fermes de champignons - trafic d'êtres humains (des mineurs nationaux sont concernés)

Suisse
Trafic et exploitation d'immigrés dans les secteurs non qualifiés 

Pologne
Travail forcé dans le textile (des travailleurs se sont enfuis). Traite humaine dans l'agriculture et dans le travail domestique

Russie
Trafic et exploitation dans la construction (notamment pour les infrastructures de Sotchi)

Grèce
Exploitation et trafic dans l'agriculture et l'industrie du sexe

Ukraine
Exploitation humaine dans l'industrie du tabac. Les émigrés ukrainiens sont victimes de toutes les formes de traite humaine

9 oct. 2014

Sans perspective

Le Courrier des Balkans (ici, en français) nous signale que les travailleurs albanais reviennent au pays depuis quelques années. Ils pensaient trouver autre chose que leur pauvreté d'origine mais ... les pays dans lesquels ils ont tenté leur chance sont devenus aussi pauvres que celui qu'ils avaient quitté.

C'est que, l'Europe, l'austérité, le NAIRU (la politique du plein chômage qui préserve la valeur des actifs financiers) a un coût bien réel: les économies plongent dans une récession sans fin qui nous ramène aux pires heures du siècle dernier. L'Europe est en train de redevenir un ensemble de pays en voie de développement (mais les dettes ont été payées et on a bien veillé à faire la guerre aux salaires).

Extrait.

Une étude menée par l’Institut des statistiques d’Albanie et l’Organisation internationale pour les migrations (IOM) montre que la profonde crise économique qui touche la Grèce, ainsi que la stagnation de l’économie italienne, forcent les migrants albanais sans emploi à rejoindre leur pays d’origine.
Ainsi, 134.000 personnes seraient revenues vivre en Albanie entre 2009 et 2013. Ce nombre correspond à 10% des Albanais ayant quitté leur pays depuis les années 1990. Le rythme des retours s’est encore accéléré depuis 2011. L’âge moyen des migrants rentrés en Albanie est de 38.6 ans, a expliqué Gjergj Filipi, le directeur de l’INSTAT, aux médias de Tirana. Selon l’étude, 71% de ceux qui reviennent travaillaient en Grèce, 24% en Italie.
Plus de 60% d’entre eux affirment que, durant la dernière année de leur séjour à l’étranger, les envois d’argents à leurs familles en Albanie avaient diminué. Les sommes variaient entre 200 et 500 euros.
L’étude explique aussi, selon Top Channel, que plus de 60 % des rapatriés se sont installés dans la résidence qu’ils occupaient avant d’émigrer. Une autre partie a rejoint les grands centres urbains tels que Tirana, Durrës, ou Vlora.
En Albanie, une grande partie de ces individus se sont tournés vers le secteur agricole, d’autres ont ouvert de petites entreprises. Toujours selon l’étude, environ 40% des rapatriés pensent qu’ils resteront en Albanie, le tiers d’entre eux considèrent leur retour comme temporaire et pensent de nouveau quitter le pays.

18 août 2014

Usines récupérées - 3. Rome et Milan

Nous terminons notre rapide tour d'horizon européen des usines récupérées avec l'article de Diagonal (ici, en espagnol).

Traduction et résumé.

Les usines Officine Zero et Ri-Maflow sont en voie de récupération.

En Italie, beaucoup d'expériences ont réussi à gérer la production de manière différente, à investir leurs bénéfices et à se transformer en coopérative. Mais, deux expériences innovantes se détachent, surgies des résistances aux politiques néo-libérales: Officine Zero à Rome et Ri-Maflow à Milan.


Le projet de reconversion de l'Officine Zero est né de la lutte de l'usine RSI, un atelier de réparation de chemin de fer situé dans le quartier de Casalbertone, à un kilomètre de Tiburtina, la nouvelle gare de trains à grande vitesse de la capitale. L'usine a fait faillite en 2011 à cause de la crise dans le secteur des chemins de fer publics qui ont peu à peu diminué la production et licencié une bonne partie du personnel.

Le 20 février 2012, les 33 derniers ouvriers licenciés ont décidé d'occuper l'usine et ont exigé le paiement de leurs salaires. Pendant cette lutte, ils ont reçu un appui marqué des réseaux sociaux, des centres sociaux occupés et du mouvement étudiant. L'usine s'est ouverte à la société et elle a entamé un processus politique en assemblées nommé "l'idée folle", un projet de lutte et de travail en commun entre les différentes sections de travail à partir de l'appui à la lutte ouvrière contre le patronat et avec l'objectif de créer un processus de récupération collective et coopérative de l'espace.

Le résultat de ces assemblées, c'est le projet Officine Zero, c'est la recherche d'un autre modèle de relations sociales et professionnelles, basé sur l'autogestion et la coopération.

La construction d'une alternative concrète s'articule entre divers projets de l'usine: ateliers artisanaux, réutilisation et recyclage des machines qui ont été récupérées et réactivées par les anciens ouvriers de l'usine et les nouveaux coopérants du projet et un espace de travail en commun. De plus, il y a une maison étudiante autogérée et une cantine populaire. La chambre du travail autonome et précaire est également née, avec le projet d'une assistance légale gratuite, forme d'expérimentation du syndicalisme urbain, organisé par en bas et basé sur la solidarité, la lutte commune et la connexion entre travailleurs et précaires.
Dans le projet de Ri-Maflow, cette idée de réutilisation et de recyclage est aussi fondamentale. Il se situe à Trezzano sul Naviglio, près de Milan. Cette usine a été prise par les ouvriers pour éviter l'évacuation des installations, pour éviter qu'on emmène les machines. La majorité des ouvriers licenciés participent à la coopérative et ont ouvert l'usine à la communauté locale lors de la foire de la seconde main qui s'est transformé en un espace fondamental de l'économie solidaire.

15 juil. 2014

Du travail après l'emploi

Reporterre nous emmène en Italie, dans la communauté de Bagnaia (ici, en français). On y travaille sans emploi, sans employeur et sans investisseur (et ça semble marcher même si l'article ne laisse pas de place à des points vue critiques) on n'y échange rien puisque tout est mis en commun.

Extrait


Depuis trente-cinq ans, la communauté de Bagnaia, en Italie, vit selon des principes de collectivisation des terres et des richesses, d’autonomie alimentaire et de partage du travail. Une expérimentation sociale et agricole qui bouscule les fondements de notre société de consommation.

Sur la terre rouge de Sienne, la Comune di Bagnaia est un projet hors du commun, et presque utopique. En trente ans, un réel exemple d’expérience de vie sociale basée essentiellement sur l’autonomie, la collectivisation de la richesse, l’égalité et la solidarité, a été mis en place.
Bagnaia, c’est aussi une ferme, menée selon les principes de l’agriculture biologique, atypique de par ses objectifs de production et son fonctionnement. Fortement imbriquée dans le projet de la Comune, son premier objectif est de produire non pas pour générer un revenu mais pour nourrir les habitants du lieu.

18 mai 2014

Les Sikhs en Italie

Le blogue Dormirajamais (ici, en français) traduit un article de Il Manifesto (ici, en italien) sur les conditions de travail des immigrés sikhs dans la péninsule. Ils doivent se procurer de la drogue pour tenir le coup. Extrait d'un reportage qui a interpellé jusqu'au parlement.


Nous sommes au cœur de l’Union européenne, dans les anciens Marais pontins, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Rome. Là-bas, des amphétamines et de l’opium sont vendus aux travailleurs-esclaves sikhs pour leur faire supporter fatigue et douleurs. Ce reportage fait suite à un dossier accablant paru dans In migrazione.
La pilule qui aide à supporter la fatigue coûte à peine dix euros, au marché noir de l’esclavagisme pontin. Singh a deux possibilités: faire fondre directement le contenu dans la bouche ou le mélanger au chai, le thé des sikhs. Il choisit la seconde solution parce que «si je la mange ça fait plus mal, à l’estomac et à la gorge». Ainsi, de bon matin, «la substance», comme l’appellent les Indiens de Bellafarnia, efface la fatigue et les douleurs de la veille et prépare la lutte quotidienne de celui qui va commencer « dopé comme un cheval », me dit Marco Omizzolo, un jeune sociologue auteur d’un dossier avec l’association In migrazione, qui est un J’accuse à l’encontre des petits patrons et des caporaux du sud du Latium.
Indiens sikhs au travail dans les champs des Marais pontins © Andrea Sabbadini
Singh n’est pas un prénom: les sikhs religieux portent tous ce même nom de famille, qui veut dire «lion», tandis que les femmes se font appeler Kaur, «princesse». Quoi qu’il en soit, les nombreux Singh des Marais Pontins travaillent presque tous dans les campagnes des environs, pour les cultures maraîchères intensives, sous le soleil ou dans des serres brûlantes qui se transforment en chambres à gaz quand on les oblige à répandre des agents chimiques sans aucune protection. Soumis aux vexations et aux abus de pouvoir, exploités au-delà du vraisemblable, contraints à appeler «patron» leurs employeurs, sous payés, ils courent le risque de se faire voler leur salaire misérable quand ils rentrent chez eux à bicyclette. Comment faire face à tout cela? B. Singh raconte dans un italien laborieux: «Je travaille de 12 à 15 heures par jour à la récolte des courgettes et des pastèques ou avec le tracteur pour planter d’autres fruits et légumes. Tous les jours, samedi et dimanche compris. Je ne crois pas que ce soit juste: trop de fatigue et peu d’argent. Pourquoi les Italiens ne travaillent pas de la même manière? Au bout de quelques temps j’ai commencé à avoir mal au dos, aux mains, au cou, aux yeux aussi à cause de la terre, de la sueur, des substances chimiques. Je tousse toujours. Le patron est gentil mais il paie peu et il veut que tu travailles tout le temps, même le dimanche. Après six ou sept ans à vivre comme ça, je n’en peux plus. C’est pourquoi je prends une petite substance pour ne pas ressentir la douleur, une ou deux fois pendant les pauses au travail. Je la prends pour ne pas ressentir la fatigue, sinon je ne pourrais pas travailler autant à la campagne. Tu comprends? Je travaille trop, trop de douleurs aux mains.»

7 mai 2014

Grève mondiale


Le quinze mai prochain, selon Telesur (ici, en espagnol), on annonce une grève mondiale dans la restauration rapide: outre les actions déjà en œuvre dans le nord de l'Italie ou aux États-Unis, cette journée du quinze mai verra des actions dans 30 McDo au Japon, des manifestations dans cinq États au Brésil, au Maroc à Casablanca et Rabat ... Les travailleurs de restauration rapide se sont mis d'accord sur un jour de protestation dans une trentaine de pays.

Des représentants d'Argentine, du Panamá, d'Italie et de Nouvelle-Zélande ou de Hong Kong, se sont réunis et coordonnés à New-York.

Il s'agit de demander des augmentations salariales dans des chaînes comme McDo, Burger King, KFC, etc.

Aux USA. les travailleurs réclament un salaire de 15 dollars l'heure, près du double du salaire actuel de 7,25 dollars en vigueur dans les nombreuses chaînes de restauration rapide. Leur mobilisation a commencé fin 2012.