8 mars 2015

Chiffres du chômage

Les statistiques officielles de l'emploi (et de sa contrepartie, le chômage) font pâlir d'envie les employistes de tout poil en Europe. En examinant les chiffres de plus près, on constate que, là-bas comme ici, l'emploi organise l'exclusion sociale de masse.

La population active totale s'élève à 238 millions de personnes. 

- employés: 139 millions de personnes (58,3% de la population active)
- sans emploi: 14,5 millions de personnes (6,1% de la population active)

le total de ces deux chiffres ne représente donc que 64,4% de la population active. Qu'est-il arrivé aux 35,6% restant?

- 9 millions de personnes sont employées à temps partiel (essentiellement des gens qui souhaiteraient un emploi à temps plein)

- 18 millions de personnes sont employées à temps partiel pour des raisons non économiques (école, formation, obligations familiales ou personnelles)

- la catégorie la plus importante est composée de celles et ceux qui ne font pas partie de la population active: 85,2 millions de personnes.

Si l'on compare le nombre de chômeurs, de précaires et d'exclus au nombre d'employés temps plein, on arrive à 91% - pour cent actifs en emploi stable, il y en a 91 précaires, chômeurs ou exclus (aux États-Unis, ce sont surtout des exclus). 


Sources: Business insider (ici, en anglais)

En Belgique (ici), les statistiques gouvernementales de 2010 montrent

une population active totale de 7,1 millions de personnes,

une population de travailleurs (chômeurs et employés) de 4,45 millions de personnes 

soit une proportion de travailleurs de 62,7%.

Si l'on prend précisément la Wallonie - terre de chômage endémique s'il en est - on constate (ici) qu'il y a

- 1,325 millions de personnes "actives-occupées" (salariées en emploi, indépendantes et fonctionnaires)

- 2,33 millions de personnes en âge de travailler (et donc 1,05 millions de personnes en âge de travailler exclues, précaires ou chômeuses)

Si l'on compare ces données, comme nous l'avons fait pour les États-Unis, nous arrivons à 75% - pour cent actifs en emploi stable, il y en a 75 précaires, chômeurs ou exclus (en Wallonie, ce sont surtout des prestataires de salaire de chômage jusqu'à présent).

La Wallonie a donc un taux d'emploi nettement supérieur à celui des États-Unis - ce qui prouve une fois pour toute que l'emploi n'est pas la solution, c'est le problème.