Extrait
"C'est la misère chez nous. En plus, nous travaillons dans des conditions difficiles", s'exclame Tchédré Kpatcha, mécano-électricien à la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT), secouée par des grèves depuis un mois.
En ligne serrée, avec leurs gilets jaune fluo et leur casque de protection vissé sur la tête, environ 500 employés de la SNPT sont descendus dans les rues de la petite commune de Hahotoé, à 40 km au nord de Lomé.« Nous crions depuis des années et personne ne nous répond », martèle le vieil homme aux cheveux blancs, employé depuis 36 ans dans le secteur du phosphate.
A quelques kilomètres de là, dans l’immense cratère de couleur ocre, les tractopelles et tapis roulants sont à l’arrêt. Un nouveau coup dur pour ce secteur vital de l’économie togolaise.
Les grèves se multiplient depuis le 10 août, aucun accord n’ayant été trouvé face aux revendications des travailleurs. Le secteur avait été déjà paralysé en 2013 (72 heures), en 2014 (une semaine) et en 2015 (deux semaines).
Mais faute d’accord avec la direction de la société d’Etat, les quelque 1.500 personnes employées par la SNPT suspendent régulièrement leur travail depuis un mois, au sein des trois principales unités de production de Kpomé, Hahotoé et Dagbati.
