Affichage des articles dont le libellé est Qatar. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Qatar. Afficher tous les articles

22 juin 2015

Le rapport de la confédération internationale des syndicats

L'Ituc en anglais (Confédération internationale des syndicats) rend son rapport sur les libertés au travail (ici, en libre accès, en anglais).

Ce rapport est fondé sur des questionnaires renvoyés par des syndicats locaux - ce qui le rend sujet à caution quand lesdits syndicats sont impliqués dans la répression du mouvement social comme en Italie ou en Belgique (par exemple) ou quand des mouvements politiques impliquent des travailleurs alors qu'ils ne portent aucune revendication spécifique relative au droit du travail (à ce moment-là, on peut certes déplorer une répression politique mais elle ne s'inscrit pas dans les droits du travail).

On apprend notamment les choses suivantes.

1. Les dix pays les pires pour les travailleurs sont (nous avons mis une étoile devant les pays riches):

- La Biélorussie: discrimination au travail; travail forcé; répression des manifestations

- La Chine: discrimination au travail; arrestations; travail précaire; pas de procès équitable

- La Colombie: meurtres; sabotage de négociations collectives; discriminations

- L'Égypte: brutalités policières; arrestations de masse; enlèvement

- Le Guatemala: attaques armée; meurtre; pas de procès équitable

- Le Pakistan: exclusion de masse de travailleurs des lois du travail; arrestations; violences

- Le *Qatar: exclusion des migrants du droit du travail; travail forcé

- L'*Arabie Saoudite: exclusion des migrants du droit du travail; travail forcé

- Le Swaziland: interdiction de syndicats; violences policières; emprisonnements

- Les *Émirats Arabes Unis: exclusion des migrants du droit du travail; travail forcé.

2. Mais certains pays ont une tendance nette à voir les droits du travail se dégrader.

- Le Burundi voit les violences policières se multiplier

- La République Dominicaine voit ses immigrés haïtiens victimes de violences et les syndicalistes subir la répression anti-syndicale

- À *Hong-Kong, les travailleurs qui manifestaient dans le cadre de la révolution des parapluies ont été arrêtés [mais on ne voit pas le lien entre la révolution du parapluie et les conditions de travail]

- L'Iran a condamné au moins 65 travailleurs à des peines de prison lourdes avec des châtiments corporels

- En Géorgie, alors que le nouveau code du travail voté en 2013 accorde de nouveaux droits, les violations du droit se sont multipliées faute de contrôle

- En Russie, les syndicalistes font l'objet de répression pour leurs activités syndicales

- En *Grande-Bretagne, la mise en place de listes noirs de travailleurs syndiqués n'est pas encore adoptée mais les autorités ont un accès élargi aux listes de travailleurs syndiqués
[quel dommage que l'ITUC n'ait pas entendu parler des zero hour contract!]
- En *Espagne, 81 procès administratifs ou criminels menacent des travailleurs impliqués dans des grèves
En tous cas, il semble que, pour être épinglé par l'ITUC, le mieux, c'est encore de ne pas faire partie du bloc de l'OTAN ou de ses alliés! Que les travailleurs soient maltraités en Iran ou en Biélorussie, c'est bien possible, mais pourquoi oublier les saisonniers aux USA, les suicides du new managment à la française, l'absence de salaire minimum et le travail forcé en Allemagne, pourquoi oublier les conditions de travail en Turquie?

Le rapport détaillé est cependant d'une qualité indéniable.

1 juin 2015

Combien d'esclaves morts au Qatar?

Marina Hyde pose la question du nombre de travailleurs esclaves morts au Qatar pour la coupe du monde (ici, dans le Guardian, en anglais).

Elle revient sur la corruption de l'organisateur, la Fifa, sur la richesse invraisemblable du pays hôte (c'est le plus riche du monde à défaut d'avoir le plus grand nombre de footballeurs amateurs) et sur les conditions d'épuisement des travailleurs immigrés pour cette coupe du monde, sur leurs conditions de logement, etc.

Elle rappelle qu'une équipe de la BBC a été mise en prison parce qu'elle voulait tourner sur le camp des travailleurs immigrés.

Et nous donne la réponse: à chaque match de la coupe du monde de 2022, il y aura eu 62 morts, 62 employés épuisés, miséreux, écrasés par la chaleur morts d'inanition, d'épuisement ou du fait de conditions de sécurité approximatives.

18 avr. 2015

Marathon employiste

Donald Kaufman sur Alternet (ici, en anglais) rapporte une anecdote typique du monde de l'emploi qatari.

Traduction libre et résumée
Les immigrés qui travaillent dans des conditions épouvantables proches de l'esclavage ont été contraints de participer à un marathon sponsorisé par l'État à Doha (Qatar). Le marathon qui s'est déroulé le mois dernier, à deux heures de l'après midi alors que les températures brûlantes atteignaient les 30°C, certains employés ont été emmenés en bus et forcés à courir, certains en jeans et en tongs. On leur a dit qu'ils devaient terminer la course dans un effort (raté) de battre le record Guinness du plus grand marathon mondial. Selon Amnesty International (ici, en anglais), les travailleurs immigrés subissent des abus physiques et sexuels.

Le Qatar doit accueillir la Coupe du Monde de la Fifa 2022 malgré les accusations de corruption et a amené des travailleurs immigrés pour construire les stades et les infrastructures sportifs. La confédération des Syndicats Internationale (International Trade Union Confederation) a estimé que quelque 4.000 travailleurs immigrés allaient mourir pendant la construction [de ces bidules].

Selon les objectifs référencés sur le site internet de la course, le méga marathon constituait une "réponse décisive à la campagne financée par le secteur des haineux envieux du succès du Qatar comme hôte de la coupe du monde de la Fifa 2022 et à leurs fausses allégations de persécution des ouvriers et des résidents de notre pays bien aimé".

Le Daily Beast fait état des éléments suivants (ici, en anglais)
La plupart des ouvriers ne peuvent quitter leur employeur quoi qu'il se passe. Ils peuvent être expulsés à tout moment, ils sont très exploités et il est très difficile pour eux d'avoir accès à la protection judiciaire. Quand vous mettez tout cela ensemble, cela fait un mélange très toxique, selon McGeehan.

C'est pour cette raison que les travailleurs immigrés qui ont voulu quitter - ou ne jamais commencer - le marathon n'ont jamais pu cesser de courir. Un porte-parole du club de sport Al-Sadd qui a véhiculés les marathoniens a déclaré au Daily Telegraph: "S'ils ne voulaient pas courir, nous leur avons dit de se rendre à leurs bus." Au moins un témoin a déclaré au Telegraph que les travailleurs avaient été obligés de continuer à courir.

Al-Sadd dirige le Club de football d'Al-Sadd, le club en tête du championnat du Qatar. McGeehan a déclaré au Daily Beast: "Revevons à ce dont il s'agit: vous n'avez pas le choix de ce que vous faites - que ce soit une violation de la dignité ou que cela mette en danger votre santé. Si leur employeur veut leur faire faire du parachute, il le peut. C'est une partie du problème. Ce système d'emploi permet ce système mortellement inhumain".

21 sept. 2014

Les esclaves du Golfe

The Nation publie un pensum sur les conditions de travail dans la région du Golfe persique (ici, en anglais). C'est édifiant - pourtant, on ne peut pas dire que les employeurs manquent de liquidité, de marge.

Résumé et traduction

Le Qatar compte 1,8 millions de travailleurs immigrés pour une population de 300.000 personnes. Les travailleurs immigrés sont régulièrement privés de salaire, ils sont souvent piégés dans un système de dette permanente; ils sont exposés à des conditions de travail dangereuses et sont privés du droit d'association. À peu près 1000 travailleurs immigrés sont morts au Qatar depuis 2012 selon le gouvernement.

Le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani du Qatar a promis de nouvelles réformes pour garantir les droits des travailleurs immigrés. Il reste à passer aux actes.

La pratique du recours à la main d'oeuvre immigrée est largement répandue dans les monarchies du Golfe Persique où les élites royales, commerciales et les particuliers ont accumulé de hauts niveaux de richesse en dépit de la faible force de travail locale. Le Qatar, par exemple, soutenu par ses exportations de pétrole a le PIB par habitant le plus élevé du monde. Par leurs exportations énergétiques et par les services financiers, les cinq autres membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), le Bahreïn, le Koweït, Oman, l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, ont constitué des réserves financières considérables. Cette richesse a permis aux pays du Golfe d'octroyer des prestations sociales substantielles pour leurs nationaux.

Cette richesse a permis aussi à ces pays d'investir dans des investissements, dans des travaux d'infrastructures massifs mais la région manque de main d’œuvre native. La demande de main d’œuvre immigrée est donc très forte dans la région. L'explosion de la construction dans le Golfe a été nourri par un afflux massif de travailleurs, d'abord d'Asie, qui occupent aussi les emplois de domestique et les autres jobs mal payés. Ces travailleurs étrangers ont été conduits dans le Golfe par le manque de perspectives économiques dans leurs pays respectifs et par l'idée qu'on peut gagner un revenu régulier en travaillant dans le Golfe. Mais beaucoup se sont réveillé dans un cauchemar.

Esclavage contractuel

Le kafala ou "parrainage" est un élément clé du dispositif de travail. Le système utilise des hommes de paille qui voyagent à travers l'Asie du Sud-Est. Ils vendent le droit de travailler dans le Golfe aux candidats à l'émigration. Une fois endettés envers les hommes de paille qui "parrainent" le droit des travailleurs à se rendre dans le Golfe, les travailleurs doivent rembourser leur dette au parrain en travaillant de longues heures - souvent dans la construction, à des températures qui peuvent atteindre 50°C.

Le barrière physique sur ces travailleur est brutale. Entre 2010 et 2012, 700 travailleurs indiens sont morts au Qatar et les autorités népalaises ont déclaré que des centaines de leurs propres compatriotes sont morts là aussi. Selon des estimations du l'ITUC (la confédération internationale des syndicats), sans réforme, sans renforcement des codes du travail de la région, quelques 4.000 travailleurs pourraient mourir dans les projets du secteur de la construction liés à la seule coupe du monde 2022. Le rapport (ici, en anglais) de l'ITUC mentionne le fait qu'on refuse souvent aux ouvriers l'accès à l'eau ou à l'ombre et que l'abri qui leur est dévolu est insalubre et inhumain.

 Cependant, comme il leur faut une permission de leur parrain pour chercher un nouvel employeur, les travailleurs immigrés sont souvent piégés dans leur emploi. Ceci assure que leurs salaires dérisoires sont utilisés pour rembourser la dette occasionnée par leur trajet. Sans citoyenneté, sans aucun droit politique, ils sont incapables de quitter le pays - leurs passeports sont souvent saisis par les autorités à leur arrivée - ces travailleurs immigrés sont piégés dans ce qui ne peut se décrire que comme un esclavage virtuel ou un asservissement contractuel.

Les femmes immigrées employées comme travailleuses domestiques pour les résidents des riches pays du Golfe sont particulièrement exposées à l'exploitation. Recluses dans des foyers familiaux et interdites du droit de sortie, elles sont souvent piégées chez des employeurs qui suspendent leur paie et les soumettent à des épisodes effroyables de violence physique et sexuelle.

Elles ne peuvent pas faire grand chose selon ce rapport d'avril 2014 d'Amnesty International (ici, en anglais):

Les femmes qui ont été violentées physiquement ou violées font face à des obstacles majeurs pour obtenir justice. Aucunes des femmes auxquelles les chercheurs ont parlé ont vu leurs bourreaux assignés en justice ou condamné. Dans un cas abominable, une travailleuse domestique s'est cassé les jambes et  s'est fracturé une rotule quand elle est tombée par la fenêtre alors qu'elle tentait d'échapper à un employeur qui allait la violer. Son agresseur l'a alors violée alors qu'elle gisait sur le sol, blessée et incapable de bouger. Il n'a appelé une ambulance que par la suite.
Quand les enquêteurs l'ont interrogée six mois après l'agression, elle était encore en chaise roulante. Malgré ses blessures effroyables, le procureur a classé l'affaire en raison du "manque de preuve" et elle est retournée au Philippines l'année dernière. Son employeur n'a jamais dû rendre de compte.

  Alors que certaines réformes ont été mises sur la table par les dirigeants des pays du Golfes, leur formulation a été très vague et de ce fait sans substance.

Un phénomène régional

Des cas de figure sont récurrents à travers le Golfe. En Arabie Saoudite, la centrale économique de la région, les organisations de droits de l'homme ont prouvé des violations du droit du travail à large échelle, violations qui incluent une durée excessive du travail, du vol de salaire et de la violence contre les travailleuses domestiques.

La décapitation de Rizana Nafeek, une Sri-lankaise de 24 ans, serveuse à Dawadmi en janvier 2013 a été un cas particulièrement flagrant. Elle a été accusée d'avoir tué par strangulation le bébé de quatre mois de son employeur. Les preuves contre Nafeek se limitaient à une "confession" qu'elle a signée après son arrestation. Cette confession, selon Nafeek, a été faite sous contrainte et sans l'assistance d'un traducteur. Pour compliquer l'affaire, la famille de Nafeek a déclaré qu'elle avait menti sur son âge dans son formulaire de demande de passeport - ce qui signifie que, au moment des faits, en 2005, elle n'avait que 17 ans et était donc mineure selon les standards des lois internationales. Elle a été jugée sans défense légale et elle a été ensuite tuée sous les protestations véhémentes du gouvernement sri-lankais.

Le gouvernement des Émirats Arabes Unis, où le nombre de travailleurs immigrés est huit fois plus élevé que le nombre de nationaux, a entrepris de déporter les travailleurs qui font grève, d'héberger les travailleurs dans des conditions misérables et de voler les passeports des employés. Comme la gène de la FIFA au sujet de la coupe du monde au Qatar, les institutions académiques et culturelles occidentales qui ont établi des opérations dans les Émirats ont été plusieurs fois embarrassées par le traitement émirati des travailleurs immigrés.

(...)


Au Koweït, on a rapporté des problèmes du même genre. Là, les deux millions de travailleurs immigrés cohabitent avec 1,8 millions de nationaux. De même, au Bahreïn ou les travailleurs immigrés font face à des tensions politiques depuis le soulèvement avorté de 2011, quand les manifestations de chiites contre la monarchie régnante au Qatar ont été réprimée par des troupes d'Arabie Saoudite et d'autre pays du Golfe.

Perspectives de réforme

 En réponse au critiques qui se multiplient contre les préparations de la coupe du monde, le gouvernement qatari a promis des réformes pour les travailleurs immigrés, notamment un changement du système de kafala au profit d'un système qui permettrait aux travailleurs immigrés de quitter le pays ou de changer d'emploi plus facilement.

Cependant, l'ITUC et d'autres sont très sceptiques envers ces réformes. Un porte-parole d'ITUC a déclaré que les travailleurs immigrés au Qatar n'avaient toujours "pas liberté d'association, pas de salaire minimum et pas de système de respect effectif du travail. Aucune des lois ne semblent s'appliquer aux travailleurs domestiques."

De plus, les travailleurs immigrés devront toujours demander un visa de sortie pour quitter le pays, la décision de savoir si et quand les travailleurs peuvent retourner chez eux appartenant aux autorités de l'État. Ceci signifie que près de 1,8 millions des résidents qataris sont piégés là, virtuellement sans aucune protection légale, à discrétion de l'État.

Malheureusement, alors que ces faits soulignent le besoin impératif de réforme, beaucoup d'observateurs des droits de l'homme sont pessimistes. L'économie qatarie est devenue massivement dépendante des travailleurs immigrés, notamment dans la construction. Sans ces travailleurs, le "miracle" qatari d'urbanisation débridée aurait été impossible. Comme le nombre de travailleurs immigrés augmente, les coûts d'une réforme réelle augmentent eux aussi.

(...)
Mais les autorités du Golfe ne sont pas à l'abri des pressions. Par exemple, cette année, l'Arabie Saoudite et l'Indonésie ont signé un accord pour accorder des droits supérieurs aux travailleurs indonésiens. Ils ont le droit de conserver leur passeport, de communiquer avec les membres de leur famille, d'être payés tous les mois et d'avoir du repos. Cet accord suit l'interdiction indonésienne d'août 2011 d'envoyer des travailleurs émigrés en Arabie Saoudite du fait des rapports de violations terrifiantes des droits du travail sur les Indonésiens dans le pays. 

30 juil. 2014

57 centimes de l'heure

Les ouvriers de la construction touchent 57 centimes de l'heure selon le Guardian (ici, en anglais) aimablement traduit par Le Parisien (ici, en français).

Extrait
Les ouvriers travaillant à la construction du stade d'Al-Wakrah au Qatar, l'une des enceintes destinées à accueillir des matches du Mondial-2022, sont payés 57 centimes d' de l'heure et travaillent jusqu'à 30 jours par mois, a révélé le quotidien «The Guardian» mercredi.


Selon le journal britannique, une centaine de travailleurs sont concernés. «The Guardian» affirme, citant des ouvriers, que les passeports des ouvriers leur ont aussi été retirés par leur manager, et ce en contradiction avec la charte émise par les organisateurs du Mondial-2022. En février, le Qatar avait en effet annoncé une série de mesures pour protéger les ouvriers sur les chantiers des stades après les accusations d'esclavagisme. Le pays était alors accusé depuis plusieurs mois d'esclavagisme et de travail forcé d'ouvriers népalais, morts sur les chantiers. Un scandale déjà révélé par «The Guardian».

«Il y a des difficultés pour calculer les heures supplémentaires et nous travaillons avec l'entreprise pour rectifier toute infraction», a déclaré au quotidien un porte-parole du comité d'organisation.

Depuis l'attribution en 2010 de l'organisation du Mondial-2022, le Qatar fait l'objet de vives critiques de la part des organisations des droits de l'Homme et syndicales qui dénoncent le sort réservé aux travailleurs étrangers. «Le Qatar est un Etat esclavagiste» a encore affirmé la Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, Sharan Burrow, en marge du Congrès de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), en juin à Genève.

14 mai 2014

Doha promet une loi pour les travailleurs

 Selon Laxmi Lota, envoyée spéciale de RFI (ici, en français), le Qatar veut rendre la législation sur le travail moins dure - tout en continuant à interdire les syndicats et à ne pas avoir de salaire minimum.

Article

Le Qatar annonce aujourd'hui du changement dans la loi du Travail pour améliorer les conditions de vie des travailleurs étrangers. Le pays, qui va accueillir la Coupe du monde de football en 2022, fait l'objet de vives critiques internationales depuis des mois. Les autorités promettent l'abolition du fameux système de « parrainage » qui place les employés à la merci de leur employeur.

C'est tout d'abord la fin du sponsoring, ou parrainage, qui lie actuellement tout employé à son employeur : le parrain a aujourd'hui tout pouvoir d'empêcher un travailleur de sortir du Qatar. Il peut aussi lui interdire de changer d'emploi. Près de deux millions de travailleurs étrangers sont concernés, sur une population de 2,2 millions d'habitants.
Selon le projet de loi, les expatriés pourront désormais obtenir leur visa de sortie directement au ministère du Travail, sans passer par leur patron. Les salariés auront aussi la possibilité de changer d'employeur à la fin de leur contrat, sans demander d'autorisation
C'est un contrat de travail et non plus un rapport de force qui déterminera les relations entre un employeur et un employé. Ce projet de loi concerne « absolument tous les travailleurs du Qatar », selon le ministère de l'Intérieur : ouvriers et domestiques ne sont pas oubliés.
Mais ces annonces devront d'abord passer par un conseil consultatif, la Chambre de commerce et le Conseil des ministres avant de devenir effectives. De plus, la loi ne prévoit rien sur le droit de se syndiquer, de manifester ou un salaire minimum.

16 mars 2014

Un rapport syndical dénonce les conditions de travail au Qatar

Selon un article de RFI de Laxmi Lota ici

Extrait

Un nouveau rapport syndical accuse le Qatar de mauvais traitements sur les ouvriers immigrés qui construisent les stades de la Coupe du monde de football de 2022. Le comité qatarien organisateur de la compétition rétorque, dans un communiqué, que ces informations sont inexactes.
Un rapport rédigé par la Confédération syndicale internationale accuse le Qatar de loger les travailleurs dans des conditions insalubres. Les syndicalistes affirment même avoir vu 38 ouvriers asiatiques vivre sous des gradins et dormir sur des matelas posés à même le sol dans des conditions d’hygiène plus que précaires.

Pour le Qatar cependant, il s’agit, d’un rapport décevant qui vise à « discréditer ses efforts pour améliorer le sort des ouvriers ». Selon le comité qatarien en charge des projets de la Coupe du monde, la situation décrite ne concerne pas les chantiers de 2022. D'après lui, la confédération syndicale n'a pas visité les logements des migrants qui travaillent sur le futur stade d'Al Wakra, le premier en construction en vue du Mondial de 2022.

6 déc. 2013

Aux confins de l'emploi et de l'esclavage

Cet article est un résumé, des notes de lecture, d'une enquête de Médiapart.

Le journaliste de Médiapart nous parle du livre de Malek Chebel qui se limite malheureusement à l'étude du monde arabe, faisant l'impasse sur l'Inde, les États-Unis, Singapour ou la Chine, par exemple, où ces pratiques sont également monnaie courante. Pour lui, les pratiques esclavagistes sont liées à un fait de culture - opinion dont nous lui laissons la responsabilité, opinion que nous ne partageons pas tant les cas d'esclavages de tous type sont répandus par le monde.


Le Qatar s'est illustré récemment pour ses traitements esclavagistes des ouvriers népalais dans la construction de stades pour la coupe du monde de football (voir ici).

Le néo-esclavage salarié n'est pas inscrit dans le droit mais est une pratique de fait dans de nombreux pays.

Extrait:

Malek Chebel estime à 3 millions le nombre de ces esclaves modernes : elles sont un million de bonnes au Maroc, dont un nombre important d’enfants, ils sont encore 100 000 ouvriers d’Inde, du Pakistan ou de Chine travaillant 13 heures de travail par jour à Dubaï pour 200 euros par mois…
 Le néo-esclavage revêt toutefois des formes très différentes, du travailleur népalais sur les chantiers du Qatar, à la petite bonne au Maroc, jusqu’aux ventes d’enfants à Bamako. Au Liban, par exemple, il est possible de se procurer une bonne dans une agence spécialisée pour 300 dollars par mois (la moitié revenant à la domestique, l’autre pour la société). En principe, il s’agit donc d’une vente de services, mais dans les faits, le traitement de ces domestiques s’apparente le plus souvent - mais pas toujours bien sûr-, à de l’esclavage. De même, dans les consciences, il semblerait que cette mentalité néo-esclavagiste soit encore prégnante, preuve en est que la communauté sri lankaise, la plus importante communauté étrangère du pays, n’a aucune existence publique, et que les scandales de maltraitance et de viols sont fréquents. Détail révélateur, le mot Sri lankais est devenu une sorte de terme générique pour désigner tout domestique. J’ai d’ailleurs longtemps été persuadée, enfant, qu'il s'agissait d'un synonyme pour femme de ménage.
À l'instar des classes propriétaires européennes, les classes aisées ont le sentiment de faire une bonne action en donnant du travail aux pauvres.

30 oct. 2013

Le Népal en passe de gagner la coupe du monde de l'esclavage au Qatar

Résumé et traduction:

Les ouvriers népalais actifs dans la construction des infrastructures sportives dans le prodigue émirat tombent par dizaines, victimes d'une conception littérale de l'emploi.



Qu'on en juge:
- 44 travailleurs morts entre le 4 juin et le 8 août dernier selon l'ambassade népalaise à Doha,
- des preuves de travail forcé
- certains travailleurs népalais ont déclaré que leur salaire n'était pas payé, qu'il était retenu pour éviter qu'ils ne partent
- des travailleurs sur d'autres sites se voyaient régulièrement privés de carte d'identité et de passeport, ce qui les réduit au statut d'immigrants clandestins.
- des travailleurs ont déclaré avoir été privés d'eau dans la chaleur du désert
- une trentaine de travailleurs népalais ont trouvé refuge dans leur ambassade à Doha pour fuir la brutalité des conditions d'emploi

Selon un travailleur, les ouvriers pris dans une chaîne d'exploitation ne peuvent partir s'ils le désir (qu'en penseraient l'ONEm ou Pôle Emploi?). Journées de 12h sans repas, les ouvriers étaient endettés au Népal ce qui les a entraînés dans cette monstruosité. Les intérêts de ces dettes montent jusqu'à ... 36%, ce qui est considérable quand les salaires ne sont pas payés.

La main d'oeuvre au Qatar qui nous prépare de tout beaux stades pour la coupe du monde de 2022, est étrangère à 90% - on y compte notamment 100.000 Népalais.

Lien de l'article traduit en français:

Le Grand soir traduit Guardian

Lien article et vidéo (en anglais):

Guardian - Sport slavery in Qatar

 et rappelez-vous, Ce qu'ils font à l'un des nôtres, ils le font à chacun d'entre nous.