Ce rapport est fondé sur des questionnaires renvoyés par des syndicats locaux - ce qui le rend sujet à caution quand lesdits syndicats sont impliqués dans la répression du mouvement social comme en Italie ou en Belgique (par exemple) ou quand des mouvements politiques impliquent des travailleurs alors qu'ils ne portent aucune revendication spécifique relative au droit du travail (à ce moment-là, on peut certes déplorer une répression politique mais elle ne s'inscrit pas dans les droits du travail).
On apprend notamment les choses suivantes.
1. Les dix pays les pires pour les travailleurs sont (nous avons mis une étoile devant les pays riches):
- La Biélorussie: discrimination au travail; travail forcé; répression des manifestations
- La Chine: discrimination au travail; arrestations; travail précaire; pas de procès équitable
- La Colombie: meurtres; sabotage de négociations collectives; discriminations
- L'Égypte: brutalités policières; arrestations de masse; enlèvement
- Le Guatemala: attaques armée; meurtre; pas de procès équitable
- Le Pakistan: exclusion de masse de travailleurs des lois du travail; arrestations; violences
- Le *Qatar: exclusion des migrants du droit du travail; travail forcé
- L'*Arabie Saoudite: exclusion des migrants du droit du travail; travail forcé
- Le Swaziland: interdiction de syndicats; violences policières; emprisonnements
- Les *Émirats Arabes Unis: exclusion des migrants du droit du travail; travail forcé.
2. Mais certains pays ont une tendance nette à voir les droits du travail se dégrader.
- Le Burundi voit les violences policières se multiplier[quel dommage que l'ITUC n'ait pas entendu parler des zero hour contract!]
- La République Dominicaine voit ses immigrés haïtiens victimes de violences et les syndicalistes subir la répression anti-syndicale
- À *Hong-Kong, les travailleurs qui manifestaient dans le cadre de la révolution des parapluies ont été arrêtés [mais on ne voit pas le lien entre la révolution du parapluie et les conditions de travail]
- L'Iran a condamné au moins 65 travailleurs à des peines de prison lourdes avec des châtiments corporels
- En Géorgie, alors que le nouveau code du travail voté en 2013 accorde de nouveaux droits, les violations du droit se sont multipliées faute de contrôle
- En Russie, les syndicalistes font l'objet de répression pour leurs activités syndicales
- En *Grande-Bretagne, la mise en place de listes noirs de travailleurs syndiqués n'est pas encore adoptée mais les autorités ont un accès élargi aux listes de travailleurs syndiqués
- En *Espagne, 81 procès administratifs ou criminels menacent des travailleurs impliqués dans des grèvesEn tous cas, il semble que, pour être épinglé par l'ITUC, le mieux, c'est encore de ne pas faire partie du bloc de l'OTAN ou de ses alliés! Que les travailleurs soient maltraités en Iran ou en Biélorussie, c'est bien possible, mais pourquoi oublier les saisonniers aux USA, les suicides du new managment à la française, l'absence de salaire minimum et le travail forcé en Allemagne, pourquoi oublier les conditions de travail en Turquie?
Le rapport détaillé est cependant d'une qualité indéniable.

