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31 oct. 2017

Des bonbons sanglants

Reporterre nous fait part d'un reportage de la télévision publique allemande ARD. Dans les bonbons Haribo, on retrouve une certaine amertume, celle de l'esclavagisme en emploi et celle de l'exploitation des animaux.

Extrait de l'article disponible en ligne ici
« Haribo, c’est beau la vie »… enfin cela dépend pour qui. Le slogan du célèbre confiseur allemand ne vaut pas forcément pour ceux qui fabriquent les ingrédients des Dragibus, fraises Tagada, Ours d’or et autres Chamallows. Un documentaire de la chaîne de télévision publique allemande ARD, Der Haribo-Check, révèle que Haribo s’approvisionne auprès d’entreprises peu scrupuleuses en matière de droits de l’homme et de bien-être animal.
Les journalistes lèvent notamment le voile sur les conditions « épouvantables » dans lesquelles travaillent les ouvriers des fabriques de cire de carnauba, un ingrédient essentiel qui donne aux bonbons leur aspect lisse et brillant.

Sans vêtements de protection malgré la poussière, sans sanitaires ni eau potable à disposition, les employés de ces immenses fermes du nord-est du Brésil sont contraints par leurs employeurs à dormir sur leur lieu de travail, à même le sol ou dans des camions. Souvent rémunérés au noir, ils ne perçoivent pas de revenu fixe mais uniquement proportionnel au travail abattu. Les journalistes de l’ARD ont même rencontré sur place des mineurs âgés d’une quinzaine d’années, assignés au battage des feuilles de palmier dont est extraite la cire de carnauba.

« Nous n’avons pas connaissance d’entorses à nos règles » 

Ces abus sont loin d’être secrets. Le ministère du Travail brésilien les qualifie officiellement « d’esclavage » et a engagé une lutte contre les propriétaires de ces exploitations, dans l’une des régions les plus pauvres du pays. Pourtant, Haribo a assuré aux journalistes de l’ARD découvrir les conditions de travail de ses fournisseurs. « Nous n’avons pas connaissance d’entorses à nos règles, a répondu son service de communication. Nous vous remercions de ces informations et allons engager un suivi proactif de ce thème auprès de nos fournisseurs. »

La cire de carnauba n’est pas le seul ingrédient qui pose problème. La gélatine de porc, qui donne une texture de gomme aux confiseries Haribo, est elle aussi produite dans des conditions « effrayantes », cette fois pour les animaux. Les auteurs du documentaire ont remonté la chaîne d’approvisionnement jusqu’à des élevages porcins de la coopérative Westfleisch, dans le nord-ouest de l’Allemagne. Des militants de l’association de protection animale Tierretter ont réussi à s’introduire dans certaines d’entre elles. Les images qu’ils y ont tournées sont accablantes et témoigneraient même d’infractions à la loi.

« Les animaux vivent en permanence dans leurs propres excréments », raconte Christian Adam, l’un des militants. Le taux d’ammoniac dans l’air est si élevé qu’il provoque des inflammations aux yeux de nombreux porcs. Les animaux malades ou mourants sont laissés dans les boxes avec les animaux sains. L’accès à l’eau a parfois même été coupé.

31 mars 2017

Drill baby, drill

Rémi Barroux enquête dans le Monde sur une étrange affaire (ici). Total veut explorer une partie du littoral brésilien pour extraire du pétrole. Cela fait hurler les écologistes (et nous) puisque l'exploration mettrait en péril des biotopes fragiles et riches.

Mais cela fait de l'emploi dans un pays où les politiques austéritaires d'un président non élu ont fait 13 millions de chômeurs. Preuve que la logique de l'emploi-chômage amène tout un chacun à sabrer les ressources mêmes dont sa survie dépend.

Extrait
Total sera l’une des deux compagnies, avec BP, à pouvoir explorer cette zone. L’entreprise française a obtenu du gouvernement brésilien en 2013 la concession de cinq blocs. Elle a identifié plusieurs endroits potentiels à forer. « Nous comptons en démarrer deux dans un premier temps, à 1 900 mètres et 2 400 mètres de profondeur, dès que les autorisations du gouvernement brésilien seront définitives », explique le porte-parole du pétrolier.

Le dossier est instruit par Ibama, l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables, sous l’autorité du ministère de l’environnement. Total espère produire des centaines de milliers de barils quotidiens. Problème : l’exploitation pourrait mettre en péril des écosystèmes fragiles et précieux. Un récif corallien insoupçonné et récemment révélé par les scientifiques se situe à tout juste une vingtaine de kilomètres des futurs puits de forage. La région côtière de l’Amazonie abrite quant à elle une faune et une flore exceptionnelles.

Risque de fuites et d’accidents

Les populations locales et les écologistes redoutent les fuites ou accidents de pétrole qui seraient fatales pour ces biodiversités. Greenpeace a fait de ce dossier sa priorité. Depuis le 27 mars, l’ONG multiplie les actions contre Total ; 3 000 litres de mélasse, symbolisant une marée noire, ont été répandus devant le siège de la compagnie à la Défense (Hauts-de-Seine). Le 1er avril, les militants devaient simuler des projets de forage devant des lieux symboliques en France, comme le Mont-Saint-Michel. Une pétition lancée en ligne « Sauvons le récif de l’Amazone » a recueilli plus de 860 000 signatures.

« Une fuite, même faible, pourrait mettre en danger le récif de l’Amazone, encore peu étudié, ainsi que les côtes de l’Etat brésilien d’Amapa et de la Guyane française », explique Edina Ifticene, chargée de campagne pour Greenpeace France.

L’organisation internationale a mobilisé son navire amiral l’Esperanza, début février, pour une mission d’exploration du récif corallien au large de l’Amazone avec les scientifiques brésiliens qui avaient révélé dans la revue Nature en avril 2016 l’existence de ces coraux. Pour ces chercheurs, le projet de Total menace directement leur découverte. « S’il y a un accident, une fuite, le pétrole détruira le récif, il faut en faire une zone protégée », insistait Ronaldo Francini Filho, professeur de biologie marine à l’université de l’Etat de Paraïba.

Toute l’activité de pêche, le long de la côte brésilienne, pourrait également être atteinte. « On a entendu parler du projet pétrolier dès 2013, mais on manque d’informations », témoigne Pedro Aloisio Pitar, le président de l’association locale des pêcheurs de Calçoene, petite ville de moins de 10 000 habitants dans l’Etat d’Amapa.

Biodiversité exceptionnelle

Au nord de l’Etat, à la frontière avec la Guyane française, Ricardo Motta, le directeur du parc national de Cabo Orange qui abrite dans ses mangroves et forêts, 358 espèces d’oiseaux, jaguars, paresseux, tamanoirs, loutres, tatous et autres singes ou jararaca (serpent de la famille des vipéridés), ne croit guère les compagnies pétrolières quand elles avancent que les courants, en cas de catastrophe, emmèneraient le pétrole loin des côtes.

« Ils nous disent que cela partirait vers la Guyane, les Caraïbes, mais on ne peut jamais savoir ce qui se passera réellement. J’ai déjà récupéré, ici dans le parc, des éléments de fusée lancée par la base française de Kourou, en Guyane, tombé dans l’océan et ramené ici par les courants, raconte Ricardo Motta. Le parc ne présente aucun relief, juste la mangrove et la forêt. En cas d’accident en mer, les importantes amplitudes de marée emporteraient le pétrole loin dans les terres, et celui-ci resterait dans la vase, la terre, les racines, impossible à enlever. La catastrophe serait considérable. ». Le directeur du parc redoute le chantage économique et social des compagnies pétrolières, dans un pays en crise, avec ses 13 millions de chômeurs.
Dans sa petite mairie d’Oiapoque, au nord du parc de Cabo Orange, Maria Orlanda revendique, justement, l’intérêt pour l’emploi du projet pétrolier. « On sait qu’il y a des compagnies pétrolières qui prospectent, c’est un gros avantage, cela peut apporter de l’argent et du travail », se félicite la maire de cette ville de près de 35 000 habitants, membre du PTdoB, le Parti travailliste du Brésil.

Pourtant, les compagnies pétrolières ne se sont jamais engagées à fournir des emplois dans cette région. La main-d’œuvre spécialisée viendra d’ailleurs et le va-et-vient des bateaux ou des navires concernera le port de Belém, à plusieurs centaines de kilomètres plus au sud.

Relation étroite avec l’océan

A quelques dizaines de mètres de la mairie d’Oiapoque siège l’Institut de recherche et de formation indigène. Plusieurs responsables de villages y préparent l’assemblée annuelle qui devait réunir 200 représentants des peuples indigènes de la région, Karipuna, Palikur, (Galibi)-Kali’na…

« L’information sur des forages en mer circule de village en village depuis longtemps, mais on nous dit que c’est loin, qu’il n’y a aucun risque. Ici, avec l’augmentation de la population, nous essayons d’améliorer nos productions agricoles avec l’agroforesterie et notre pêche », témoigne Gilberto Laparra, président du Conseil des peuples indigènes d’Oiapoque. Habitant le petit village de Kuahi, l’homme de 46 ans aimerait que BP et Total se rendent dans les communautés locales, car « la mer pénètre dans les rivières et touche les villages les plus éloignés. Nous vivons en relation étroite avec l’océan, il faut qu’ils voient cela de leurs propres yeux ».

Dans le rapport sur les impacts environnementaux transmis par Total à Ibama en juin 2016, le pétrolier présente différents scénarios et leurs conséquences, notamment sur la biodiversité, les qualités de l’eau et de l’air, les activités de pêche. Le groupe français évoque aussi les risques d’accidents, sur les plates-formes elles-mêmes ou sur les nombreux pétroliers qui croiseront dans la zone. Total récuse l’hypothèse que le pétrole puisse atteindre les côtes brésiliennes en cas de fuite d’un puits, mais admet que la collision et le naufrage de navires entre les plates-formes et le port – Belém ayant été retenu comme base arrière – puisse entraîner une nappe touchant le rivage.

26 mars 2017

Rejet d'une "loi travaille" à la brésilienne

Temer, le président non-élu du Brésil qui a chassé la présidente élue Dilma Rousseff par un coup d'État institutionnel entend faire passer une loi travail qui rappelle furieusement celles qui ont été passées (de force aussi) en Italie, en France ou en Belgique.

Telesur en détaille le contenu (ici, en espagnol):

- réforme du système de protection sociale: augmentation de l'âge minimum de la retraite (65 ans!)

- gel des embauches dans les services publics, gel du budget pour la santé et l'éducation pour vingt ans.

- négociation: le projet de loi 4193 prévoit que les droits inscrits dans la législation du travail (CLT selon l'acronyme en portugais) puissent être négociés entre les travailleurs et les employeurs.

- sous-traitance: le projet de loi de la Chambre autorise les entreprises à contracter les services de tiers pour l'activité finale à laquelle elles se consacrent. Ceci diminue les coûts du recours à la sous-traitance et généralise la possibilité de recours à de tels contrats pourris (les universités pourraient employer des femmes de ménage en sous-traitance).

- flexibilisation de la journée de travail: la loi prévoit de légaliser le contrat temporaire même pour quelques heures et permet d'élargir la journée de travail de huit heures à douze heures.

Désolé pour celles et ceux qui aiment le dépaysement, mais c'est tout sauf exotique. C'est un retour au 18e siècle, celui des journaliers faméliques, des ateliers précaires, des esclaves à la journée et des rentiers replets.

19 déc. 2016

Volkswagen livrait ses employés à la junte brésilienne

Les propriétaires lucratifs ne s'embarrassent pas de considérations morales. À preuve ici, l'article de Mathilde Dorcadie dans Equal Times (ici, en français):
Il y a un peu plus d’un an, en septembre 2015, le « Forum des travailleurs pour la mémoire, la vérité, la justice et la réparation », composé de mouvements syndicaux, de défenseurs des droits humains et d’avocats, déposait une plainte auprès du ministère public fédéral contre l’entreprise Volkswagen.

Sur la base de documents exhumés des archives publiques de l’État de São Paulo, le constructeur automobile est accusé par l’organisation d’avoir collaboré avec la police militaire, du temps de la dictature brésilienne (1964-1985), en facilitant l’arrestation d’au moins douze employés de son usine de São Bernardo do Campo.

Ces travailleurs ont ensuite été détenus arbitrairement et torturés par la police du régime. La direction de Volkswagen d’alors est également accusée d’avoir participé à l’élaboration de « listes noires », en espionnant les activités de ses propres employés, avant de fournir ces renseignements à la police secrète.
C’est la première fois qu’une entreprise est ainsi dénoncée formellement, de plus par une organisation de la société civile, pour sa collaboration avec le régime dictatorial.
Ces derniers mois, une commission d’enquête du parquet fédéral, accompagné de celui de São Paulo et du ministère public du travail, a étudié le dossier constitué par le Forum, contenant 70 pages de preuves et d’arguments juridiques et a entendu les témoignages d’anciens travailleurs victimes, mais aussi des accusés, tel que le colonel Adhemar Rudge.
Cet ancien militaire de réserve a été le chef du département de la sécurité industrielle au sein de l’usine Volkswagen de São Bernardo, de 1967 jusqu’en 1991, bien après la fin de la dictature. Il avait succédé à ce poste à Franz Paul Stangl, l’ancien commandant nazi des camps de la mort de Sobibor et de Treblinka, extradé et condamné en Allemagne. Le 23 juin 2016, Rudge, désormais retraité de 90 ans, a été entendu par les juges d’instruction et a rejeté toutes responsabilités sur sa hiérarchie d’alors.

29 oct. 2016

Une multinationale indigeste

Les multinationales, c'est bon pour l'emploi, c'est bien connu. C'est pour cela qu'on leur taille des lois sur mesure, qu'on leur fait des cadeaux fiscaux dans des pays complaisants, qu'on ne les poursuit pas pour leurs crimes et qu'on leur concocte des traités sur mesure.

Tout cela au nom de l'emploi. L'Humanité nous emmène chez Cargill à l'occasion d'une fermeture d'une usine du Nord délocalisée en Bulgarie.

Tour du propriétaire de l'article disponible ici:

Hallucinant tout ce que les salariés de l’industrie agroalimentaire produisent avec l’amidon issu des céréales ! Du papier, du lait pour bébé, du Nutella… Danone, Nestlé sont parmi les gros clients de l’usine d’Haubourdin, dans le Nord (350 emplois), qui vit dans les ­effluves de maïs depuis 1889. Effarant ce qui s’y passe depuis que le groupe américain Cargill a fait main basse sur la boîte en 2002, liquidant plus de 70 emplois au coup par coup sans plan social ! Atterrant, le témoignage des salariés actuellement en lutte ! Parce que 26 d’entre eux sont virés, cette fois dans le cadre d’un plan dit « de sauvegarde de l’emploi », avec quelques poignées d’euros de prime extralégale. Cargill n’a cure des hommes et de l’économie locale. Il est plus immédiatement lucratif de délocaliser les services achat, gestion logistique, facturation et ressources humaines, le service paye, en Bretagne et à Sofia, en Bulgarie ! Assemblée générale, barrages filtrants, grève… pour être (au moins) lourdés dignement. On en est là.

« Il y a tout ici pour créer une filière d’avenir »

« Ras le bol ! Les négociations n’avancent pas. Ils ont osé nous proposer de postuler en Bulgarie pour 150 euros par mois, déménagement payé. La plupart d’entre nous ont un savoir-faire de pointe et un haut niveau de diplôme. La lutte va se durcir. Dans le dialogue, on n’arrive à rien. On est obligé de se radicaliser socialement », prévient gentiment Yannick Rabaey, l’un des élus CGT de l’entreprise, lui-même concerné par la suppression du poste de travail qu’il occupe depuis vingt-deux ans.
Ici, c’est pas Alstom. On n’imagine même pas s’adresser au président Hollande ou à son gouvernement, qui, jusqu’à maintenant, n’ont rien trouvé de mieux que de verser 1,2 million d’euros à Cargill au titre du crédit d’impôt compétitivité emploi en échange de… rien !
« Il y a tout ici pour créer une filière d’avenir. Au pied de l’usine, le canal permettrait le transport fluvial et le lycée professionnel pourrait former les jeunes aux métiers spécifiques de la transformation des céréales… », s’insurge Yvon Quintin, militant local du PCF. Mais les décideurs de Cargill sont perchés tout là-haut, loin, loin, loin de cette bourgade de la banlieue lilloise.
Deux fois le chiffre d’affaires de Mc­Donald’s et Coca-Cola réunis. L’ogre de l’agroalimentaire, qui est aussi la plus grande entreprise privée des États-Unis, est implanté dans 67 pays, emploie 143 000 personnes et la discrète famille qui dirige le groupe compte pas moins de 14 milliardaires ! Des richesses qui puisent leur origine jusque dans les assiettes des peuples, car, tout en remplissant celles de certains consommateurs, Cargill vide celles de populations entières. Dans le partage du monde tel que le groupe le conçoit dans sa stratégie de recherche de profits à tout prix, Cargill a divisé le travail. La Côte d’Ivoire produit le cacao, l’Ukraine le blé et le Brésil cultive le soja. C’est d’ailleurs en se rendant dans ce pays et aux États-Unis que la journaliste Stenka Quillet a pu constater les dégâts occasionnés par la société : monoculture de soja, disparition de fermes familiales, etc. En s’accaparant les terres des paysans, ceux-ci sont contraints à l’exode et à la pauvreté, tandis que les fermes-usines gérées entièrement par Cargill génèrent des pollutions aux conséquences funestes, à l’image de cet élevage de milliers de ­cochons dans l’Arkansas dont l’épandage de lisier menacerait la rivière Buffalo, « le joyau de l’Arkansas ».

6 oct. 2016

Des Indiens se sauvent de la noyade

Investig'action partage le plaisir de la victoire du peuple Munduruku face aux projets de méga barrages.

Extrait de l'article disponible ici:
A l’heure où pas moins de 250 projets de barrages sont à l’étude en Amazonie brésilienne, le Rio Tapajos, l’un des derniers affluents non aménagé de l’Amazone se voit devenir la nouvelle cible du gouvernement brésilien et des industriels. Le 4 août dernier, les populations indigènes locales et notamment les indiens Munduruku ont obtenu gain de cause dans leur lutte contre le projet de construction d’une gigantesque centrale hydroélectrique sur la rivière Tapajos au Brésil. En ces temps déconcertants, il fait bon de se rappeler que les mobilisations ne sont pas toujours vaines, alors autant les saluer!

Très souvent présentés comme une source d’énergie renouvelable censée répondre au défi énergétique, les grands barrages se révèlent être des projets ruineux et néfastes pour les populations locales et pour l’environnement. Comme le souligne Green Peace dans un rapport récent sur les business de l’hydroélectricité en Amazonie : « La déforestation met en péril la biodiversité exceptionnelle de cette région, contraint les communautés forestières à quitter leurs terres  et représente une menace pour le climat à l’échelle mondiale.
Pour l’IBAMA (Autorité Brésilienne de l’Environnement) : « l’absence de prise en compte des droits des populations indigènes de la zone et des impacts directs et indirects sur leurs modes de vie» ne permet pas l’autorisation du projet ». Une mauvais coup pour le monde industriel : les indigènes ont des droits et en plus il faut les respecter ! Cette annulation intervient comme une bonne nouvelle non seulement pour les populations locales mais aussi pour l’environnement et ainsi le monde entier.
 Il faut rappeler que ces méga-barrages participent du développement de l'industrie et de modes de vie employistes, aux antipodes de ceux  des Indiens.

Qui ont donc notre sympathie.

13 sept. 2016

Empeachment du salaire

Au Brésil a eu lieu ce qu'on pourrait appeler un coup d'État constitutionnel. Temer a pris les rennes du pouvoir dans la foulée des mesures d'empeachment (la mise en accusation) prises à l'encontre de la présidente élue Dilma Rousseff. Cette présidente a été empêchée peu après les élections qu'elle a donc remportées largement. Les motifs de l'empeachment sont discutables sur le seul plan juridique puisqu'il s'agit d'un jeu d'écriture comptable habituel à ce niveau de pouvoir et que d'autres présidents y ont eu recours sans être inquiétés.

L'originalité du système brésilien se pose à deux niveaux:

- d'une part, les motifs de l'empeachement ont une base juridique pour le moins ténue mais ce sont les parlements qui votent la mesure. Le processus est donc fort politisé et les considérations judiciaires sont secondaires. C'est comme si un parlement majoritairement LR devait juger un président PS.

- Temer, le président non élu était le numéro deux, issu d'un parti de l'opposition. Sa ligne politique est tout à fait étrangère à celle de Dilma Rousseff élue, elle, à la régulière. Un peu comme si la destitution du président élu, François Hollande, donnait lieu à l'intronisation du chef de file du second parti de France, par exemple Nicolas Sarkozy.

Sauf que, ici, Temer a une ligne politique en tous points opposée à celle de la présidente élue. Sans être élu, Temer mène une guerre au salaire à outrance.

Telesur (ici, en espagnol) détaille cinq mesures de guerre au salaire du président non-élu:

- réforme du système de sécurité sociale
retraite à 65 ans, égalisation (par le bas) de l'âge de la retraite pour les hommes et les femmes, pour les urbains et les campagnards
- gel des embauches dans la fonction publique pour vingt ans

- primat de la négociation d'entreprise sur la loi (comme la loi El-Khomeri)

- les modalités de la sous-traitance sont simplifiées et le coût en est diminué. Rien n'empêche une université d'embaucher alors des femmes de ménage comme fausses indépendantes

- flexibilisation de la journée de travail (elle peut être portée de huit heures à douze heures). Cette mesure aussi rappelle furieusement la loi El-Khomeri ou, en Belgique, la loi Peeters.

À la lecture de ces mesures, on comprend l'intérêt pour les propriétaires lucratifs d'avoir un président qui n'a pas été élu.

20 mai 2015

Des JO anti-sociaux

Communisme ouvrier (ici, en français) nous apprend que les ouvriers qui construisent les infrastructures pour les JO de 2016 à Rio sont entrés en grève. Avec notre sympathie.

Extrait

Plusieurs chantiers destinés aux JO de 2016 à Rio de Janeiro étaient paralysés mardi à 70% en raison d’une grève entamée la veille par des milliers d’ouvriers revendiquant une augmentation de leur salaire.

Des milliers d’ouvriers travaillant sur les chantiers des futures infrastructures des Jeux Olympiques de Rio, (5-21 août 2016), se sont mis en grève, revendiquant une augmentation de leur salaire. Mardi, plusieurs travaux étaient ainsi paralysés à 70%. «Les chantiers du stade Engenhao, du complexe Deodoro, de l’aéroport international du Galeao, du port et ceux de la ligne sud du métro et de la route trans-olympique sont paralysés à 70%», a déclaré le président du syndicat des travailleurs de la construction lourde de Rio, Nilson Duarte Costa.

Dix mille travailleurs auraient adhéré au mouvement, selon les grévistes qui comptent poursuivre leur mouvement toute la semaine, alors même qu’est attendue une mission des membres du Comité olympique international (COI). Au cours de sa dernière visite à Rio, fin février, le COI avait attiré l’attention sur le calendrier serré des travaux concernant le terrain de golf, le vélodrome et la piste équestre. L’Entreprise Olympique Municipale a indiqué de son côté que seule une faible part des travaux du secteur nord du complexe Deodoro – où se dérouleront les épreuves de onze disciplines des JO – avait été touchée par la grève.

9 déc. 2014

900 morts pour la terre

In memoriam et en hommage à toutes celles, à tous ceux qui ne se résignent pas

Elisabeth Sneiter résume l'enquête de Global Witness dans Reporterre (ici, en français et en libre accès). Le rapport fait le tour du monde et compte 900 morts. Mais il en manque un dans ce rapport: Rémi Fraisse a bel et bien été tué en France parce qu'il défendait la nature contre la gestion techno-capitaliste.

Le rapport examine les massacres connus de défenseurs des droits environnementaux et territoriaux. Il montre une nette augmentation de ces morts violentes à partir de 2002 parallèlement à l’intensification de la concurrence pour les ressources naturelles.

- Evolution du nombre d’assassinats de défenseurs de l’environnement -

Le rapport souligne également la grave pénurie d’information et de suivi de ce problème, ce qui signifie que le total est probablement beaucoup plus élevé que les chiffres disponibles.
Les conflits sur l’exploitation forestière industrielle, l’exploitation minière et les droits fonciers sont les principaux motifs des meurtres, et les zones les plus dangereuses sont l’Amérique latine, et la zone Asie Pacifique, zones sur lesquelles se concentre l’étude.
Aucune information semble-t-il sur la Chine ou la Russie.
« Nous voyons encore et encore de petites élites puissantes vendre la terre, les forêts et les autres ressources, qui appartiennent au pays dans son ensemble, et en particulier à ceux qui y vivent, dans des transactions secrètes avec les grandes entreprises, » dit Oliver Courtney, chargé de campagne pour Global Witness à Londres.
Au Brésil, les principaux défenseurs de la forêt tropicale José Cláudio Ribeiro da Silva et son épouse, Maria do Espírito Santo, auraient été abattus en Amazonie brésilienne en 2011, après des années de campagne contre l’abattage illégal et les expulsions forcées.
Le Brésil est le pays le plus meurtrier au monde pour les communautés de défense des ressources naturelles, avec 448 décès entre 2002 et 2013, suivi par 109 au Honduras et 58 au Pérou. En Asie, les Philippines sont le pays plus meurtrier avec 67, suivi par la Thaïlande à 16. Plus de 80 % des décès enregistrés étaient en Amérique latine et centrale.
Isolete Wichinieski, coordinateur national du groupe brésilien Commisão Pastoral da Terra, a déclaré : « Ce qui nourrit la violence, c’est l’impunité. » En douze ans, il n’y a eu que dix condamnations pour homicide au Brésil. Les conflits les plus violents ont lieu dans des zones nouvellement déboisées où les communautés sont d’abord confrontées à des bûcherons illégaux, suivis de près par les éleveurs de bétail et les cultivateurs de soja.
Au Honduras, le deuxième pays le plus dangereux, 93 paysans de la région fertile Bajo Aguán ont été assassinés depuis 2010 dans des conflits pour les terres avec l’agro-industrie qui élargit ses plantations de palmiers à huile.
En Asie, l’activiste thaïlandais Prajob Naowa-opas, qui a lutté pour sauver sa communauté située au centre de la Thaïlande contre le déversement illégal de déchets toxiques, a été tué par un tireur en plein jour en février dernier.
« Le meurtre de sang-froid de Prajob est un exemple de plus de l’échec fondamental des autorités thaïlandaises à protéger les militants qui risquent leur vie en défendant leurs communautés », avait déclaré Brad Adams, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch, à l’époque.
Dans l’ensemble, le rapport montre qu’il est plus important que jamais de protéger l’environnement, et il invite les gouvernements nationaux et la communauté internationale à agir d’urgence pour protéger la nature et les citoyens qui la défendent.

14 nov. 2014

Des immigrés avec des papiers

Telesur nous signale (ici, en espagnol) que les travailleurs immigrés au Brésil se sont vu octroyer des papiers. Leur nombre a augmenté de 50% ces dernières années. Ces travailleurs réguliers jouissent des mêmes droits et ont les mêmes devoirs que les autres travailleurs.

Il s'agit surtout de Haïtiens et de Péruviens. Leur régularisation massive ces dernières années n'a généré aucun problème économique (au contraire, le travail au noir a tendance à disparaître).

28 oct. 2014

Tribus en danger

The Guardian nous apprend ici (en anglais) que les Indiens du Brésil sont beaucoup plus sujet au suicide que les autres Brésiliens. Les Guarani-Kaiowá, par exemple, ont 34 fois plus de chance de mourir du suicide que les autres Brésiliens.

Cette communauté de 31.000 âmes se distingue aussi par le taux de dépression et par l'alcoolisme.

Inutile de dire que le pillage des ressources et la marginalisation sociale de ces cultures complexes ne sont pas étrangères à ces chiffres inquiétants. Les Indiens sont déracinés ce qui les rend plus sensibles aux dépendances et plus fragiles psychologiquement. Le déracinement est partie intégrante du phénomène d'accaparement des ressources et des terres, le phénomène d'enclosure. Les Guarani ne sont malheureusement pas un cas isolé puisque le suicide touche d'autres premières nations.

Nous nous battons contre l'emploi, pour le droit à d'autres modes de vie et contre tout accaparement. Les formes de vie des Indiens - ou de toute autre civilisation autochtones - nous sont sacrées dans la mesure où elles incarnent une liberté dont nous avons l'ambition.

20 sept. 2014

Grève pour le salaire au Brésil

Nous apprenons ici que les employés de Foxconn qui réalisent le iPhone au Brésil se sont mis en grève pour défendre et étendre leur salaire. Il est vrai que, entre la fortune que coûtent ces obsolescents et la misère des salaires des ouvriers, il y a petit une marge de négociation.

Extrait

Pour la deuxième fois en moins de deux ans, les salariés de la plus grande usine Foxconn d’Amérique du Sud, implantée au Brésil (Etat de São Paulo), sont en grève. Débuté depuis le 11 septembre, le mouvement rassemblerait environ 3 700 salariés. Ces derniers réclament la création d’un cadre définissant la progression des carrières et des salaires. Les grévistes dénoncent l’absence de revalorisation de leurs salaires depuis 2012 et veulent des garanties quant aux possibilités d’évoluer au sein de l’entreprise. Des revendications déjà mises en avant lors d’une première grève en février 2013 et qui sont restées lettre morte.
L’usine brésilienne est la seule en dehors de la Chine où Foxconn produit l’iPhone. Ce mouvement de grève pourrait-il affecter la fabrication des iPhone 6 et 6 Plus ? Face à une demande inédite pour ces nouveaux modèles (...) le Wall Street Journal rapporte que Foxconn a du mal à suivre le rythme alors même que 200 000 ouvriers de l’usine chinoise de Zhengzhou seraient affectés à la production des nouveaux modèles.

11 juin 2014

Une grève victorieuse

Après cinq jours de grève et de bouchons monstrueux, à deux jours du mondial, les employés du métro de Rio acceptent un accord: leur salaire sera augmenté de 14,65%, avec une augmentation rétroactive de 8% (sources: Telesur, ici, en espagnol).

Une grève avait été également menée à São Paulo et avait abouti elle aussi à un accord (il s'agissait de réintégrer 42 employés licenciés pour faits de lutte sociale).


8 juin 2014

Grève dans le métro

Le métro de Sao Paulo fait grève à la santé du mondial ... La compétition pour la coupe du monde de l'employisme et des mauvais traitements des employés est très très serrée mais le Brésil pourrait bien être qualifié.

Extrait de l'article de Libération (en ligne ici, en français)

Les grévistes du métro de São Paulo ont menacé samedi de perturber le Mondial qui débute jeudi, au troisième jour de leur mouvement qui a semé le chaos dans la mégapole brésilienne.
«Tant qu’il aura de la force, le mouvement va continuer, et il est possible qu’il aille jusqu’à la Coupe du monde», a déclaré samedi à l’AFP le porte-parole du syndicat des employés du métro de São Paulo, Rogerio Malaquias.
Cette grève s’inscrit dans une vague de mouvements sociaux sectoriels qui ont pris ces dernières semaines le relais de la fronde sociale des Brésiliens massivement descendus dans les rues en juin 2013 pour dénoncer la facture du Mondial et exiger de meilleurs services publics.

31 mai 2014

Panem et circences et ...


Enjeu autour des services publics, des deniers publics.

Autour des stades qui s'écroulent, des expulsions de quartiers populaires, la grande fête de la consommation et des travailleurs-esclaves flanquée de ses banderoles publicitaires criardes ne fait pas que des heureux ... l'homme ne se nourrit pas que de pain et de jeux mais aussi de liberté, de justice, de dignité, d'émancipation - ce qui implique de libérer le travail de l'emploi et de consacrer les moyens publics à des choses utiles (voir http://atlasdelemploi.blogspot.be/2013/10/esclavage-le-bresil-en-passe-de-faire.html)
Voir l'article des Inrocks en cliquant ici.

21 mai 2014

Journée anti-Chevron

La journée anti-Chevron est organisée dans treize pays par des organisations de victimes de la pollution générée par les activités de cette compagnie. Des débats sont prévus, des marches, des projections de films, des actions de blocage, etc.

En Équateur (selon Telesur - ici, en espagnol) la compagnie refuse d'acquitter l'amende de 9,5 milliards $ de dédommagement à une trentaine de villages, amende à laquelle un tribunal local l'a astreinte. Cette amende se justifie par les activités néfastes de sa succursale Texaco au siècle dernier en Équateur.

Photo: Archivo
Les activistes veulent que la multinationale change ses pratiques et reconnaisse ses responsabilités. Ces trente dernières années, elle aurait rejeté plus de 60 millions de litres de pétrole et plus de 65 millions de litres d'eaux polluées toxiques, elle aurait brûlé 6,65 milliards de m³ de gaz en Amazonie.

Nous rappelons que les nuisances des multinationales s'expliquent facilement par la nécessité de maintenir un taux de profit élevé, c'est-à-dire ...

- maintenir les salaires au plus bas et dégrader les conditions de travail

- investir le moins possible et avoir recours à un matériel vétuste et dangereux

- externaliser les dégâts, la pollution provoquée par lesdites activités lucratives.

Cet état de chose ne peut être modifié que si l'on abolit la propriété lucrative, source de tous les appétits de profits.

7 mai 2014

Grève mondiale


Le quinze mai prochain, selon Telesur (ici, en espagnol), on annonce une grève mondiale dans la restauration rapide: outre les actions déjà en œuvre dans le nord de l'Italie ou aux États-Unis, cette journée du quinze mai verra des actions dans 30 McDo au Japon, des manifestations dans cinq États au Brésil, au Maroc à Casablanca et Rabat ... Les travailleurs de restauration rapide se sont mis d'accord sur un jour de protestation dans une trentaine de pays.

Des représentants d'Argentine, du Panamá, d'Italie et de Nouvelle-Zélande ou de Hong Kong, se sont réunis et coordonnés à New-York.

Il s'agit de demander des augmentations salariales dans des chaînes comme McDo, Burger King, KFC, etc.

Aux USA. les travailleurs réclament un salaire de 15 dollars l'heure, près du double du salaire actuel de 7,25 dollars en vigueur dans les nombreuses chaînes de restauration rapide. Leur mobilisation a commencé fin 2012.

5 mai 2014

Bilan de l'agriculture industrielle

La catastrophe que subit la communauté indigène est une conséquence directe du démembrement rapide et violent des institutions fondamentales […] disloquées par le fait même qu’une économie de marché est imposée à une communauté organisée de manière complètement différente. Le travail et la terre deviennent des marchandises […] Dans la seconde moitié du 19e, les masses indiennes ne sont pas mortes de faim parce qu’elles étaient exploitées par le Lancashire (Angleterre), elles ont péri en grand nombre parce que les communautés villageoises avaient été détruites.

K. Polanyi, La Grande transformation


Nicolas Sersiron fait le bilan de l'agriculture industrielle dans un excellent article très documenté publié sur le site du CADTM (et à lire) ici.

Voici en résumé quelques points abordés:

- Cette agriculture cherche le profit des propriétaires terriens lucratifs.

- Elle accapare les terres et les ressources naturelles (eau, pétrole) au détriment des besoins vivriers.

- Les intrants sont des perturbateurs endocriniens qui menacent la santé.

- Les pratiques agricoles industrielles stérilisent les sols.

- Les rendements industriels sont à peine supérieurs aux rendements de l'agriculture biologique, eux-mêmes six fois supérieurs aux rendements agricoles du début du XXe siècle.

- Dans les Pays en Développement, la libéralisation de l'agriculture a été une catastrophe pour les paysans locaux soumis à une concurrence déloyale (dans le Nord, les rendements sont supérieurs du fait du climat, de la taille des exploitations et l'agriculture est abondamment subsidiée par la PAC, par exemple, ce qui permet d'exporter les produits agricoles en dessous de leur prix de reviens).

- Les dettes honteuses empêchent une politique de redistribution des terres volontariste comme en RDC ou au Brésil.

 - Des techniques agricoles écologiques, sans mécanisation existent, telles le SRI (système de riziculture intensive) créé à Madagascar mais sont rarement appliquées faute d'investissement des autorités et de formation.

- Près de trois milliards d'humains sont insuffisamment nourris pour avoir une vie active alors qu'on évalue les capacités nourricières agricoles mondiales à douze milliards d'individus.

- L'agriculture familiale nourrit encore environ 80% des humains.

- L'agriculture chinoise qui assimilait le carbone depuis 5000 ans est devenue une source de pollution.

- L'agro-industrie crée les OGM, elle pollue avec les nitrates et les pesticides.

- Avec l'accroissement de la taille des exploitations, les agriculteurs indépendants deviennent des employés (et, pour une minorité, des employeurs). Au total, la main d’œuvre utilisée diminue, ce qui précipite des millions de personnes dans le chômage.

- La spéculation, la fragilité des techniques industrielles aux aléas climatiques et les sirènes des agrocarburants rendent les prix alimentaires extrêmement volatiles, ce qui menace la sécurité alimentaire des plus pauvres.

- L'agriculture industrielle est extrêmement polluante et participe de manière décisive à la production de gaz à effet de serre. Le réchauffement climatique auquel elle contribue affecte tout le monde.

17 mars 2014

Congrès du Mouvement sans Terre au Brésil

Selon un article de Diagonal (ici, en espagnol), le mouvement fête son trentième anniversaire. Il lutte contre les enclosures version brésilienne, contre les accaparements de terre et pour leur redistribution.

Extrait et traduction
Cette année, le rassemblement à Brasilia était particulier puisqu'il célébrait le trentième anniversaire du mouvement. De grandes délégations internationales de plus de 27 pays ont participé aux journées.

Dans un pays en forte croissance économique comme le Brésil, les injustices grandissent également. Le MST estime qu'il y a entre 150 et 400 mille familles qui vivent dans des squats. Ce sont des personnes sans terre, exclues d'un système agroalimentaire que les contraint à occuper les terrains dont ils ont besoin pour survivre. Ils construisent leurs écoles, leurs ateliers, ils cultivent leur jardin et créent des structures syndicales. De ce fait, quand ils sont délogés par l'État, ils sont obligés de s'enfuir ailleurs et d'y installer leurs baraquements de plastique et de bois.

15 mars 2014

EDF et GDF à la conquête du Brésil

Selon un article de l'Observatoire des Multinationales (ici).

Extrait

Après Belo Monte, le bassin du rio Tapajós, l’un des principaux affluents de l’Amazone, est la nouvelle cible des constructeurs de grands barrages. Le gouvernement brésilien voudrait faire construire au moins quatre nouveaux grands barrages dans cette région préservée, à la biodiversité unique, et il a missionné un groupe d’entreprises - dont les françaises EDF et GDF Suez – pour réaliser les études d’impact environnemental. Pour prévenir toute velléité de rébellion chez les tribus de la zone, il leur aussi a donné l’appui de l’armée… Ou comment deux entreprises françaises se retrouvent au cœur du conflit de plus en plus tendu entre gouvernement brésilien et populations indigènes.