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26 janv. 2017

Ultimatum

Sur les Champs-Élysée, des employés se battent pour leur salaire. Voici leur communiqué commun au bout de 43 jours (disponible du Paris-Lutte Info, ici).

Manifestement, l'employeur aurait une conception du dialogue social assez ... personnelle.

L’ultimatum imposé par la direction aux grévistes le 19 janvier :
  • soit nous acceptons l’ultime proposition d’augmentation de la prime de 19,10 € à 29,10 € pour un temps plein,
  • soit il n’y aura plus d’autre dialogue possible pour trouver une issue au conflit.
a été refusé pour plusieurs raisons :
  • On ne règle pas une sortie de crise par des ultimatums. Ce ne sont pas des méthodes acceptables pour retrouver un dialogue social serein.
  • Les propositions ne répondent pas au minimum acceptable par les grévistes.
  • Un chantage inadmissible syndicalement et citoyennement a été fait sur l’accord national sur le travail dominical et de soirée à la Fnac en conditionnant une clause de l’accord sur l’arrêt ou non de la grève à Champs Elysées. Voici les paragraphes en question :
    Option 1 (appliquée à défaut d’accord sur la fin de grève à Champs) :
    Il est toutefois précisé que la majoration supplémentaire prévue pour les 12 dimanches déclarées par l’employeur comme générant l’activité la plus importante sur l’année civile, ne se cumulera pas avec les éventuelles majorations horaires versées au salarié au titre d’heures de travail réalisées en soirée, après 21 heures. Dans une telle hypothèse, ces heures de travail réalisées l’un de ces 12 dimanches en soirée, bénéficieront d’une majoration à 100% au titre du travail le dimanche et à 100% au titre du travail en soirée.
    Option 2 (conditionnée à un accord sur la fin de grève à Champs) :
    Il est par ailleurs précisé que la majoration supplémentaire prévue pour les 12 dimanches déclarées par l’employeur comme générant l’activité la plus importante sur l’année civile, se cumule avec les éventuelles majorations horaires versées au salarié au titre du travail en soirée, après 21 heures. Dans une telle hypothèse, ces heures de travail réalisées l’un de ces 12 dimanches en soirée, bénéficieront d’une majoration à 200% au titre du travail le dimanche et à 100% au titre du travail en soirée. [1]
Malgré ce chantage la CFE-CGC, la CFDT et la CFTC ont signé l’accord aujourd’hui nous sommes révoltés de constater que des syndicats acceptent ces méthodes.

La direction a annoncé la fermeture anticipée du magasin à 22h30 en semaine et 21h le dimanche au cours du premier trimestre 2017 et ceux sans aucune prévision de dédommagement et aménagement d’horaire pour les salariés qui vont voir leur salaire diminué et leur organisation de vie bouleversée. Des emplois précaires sont en jeu, cela ne fait qu’ajouter des tensions dans un climat social déjà extrêmement dégradé, les salariés sont angoissés par ces annonces sans autres formes d’explication. Nous dénonçons une nouvelle fois ces procédés.

Un nouveau rassemblement, a eu lieu samedi 21 janvier 2017 à 15h devant le magasin FNAC Champs Elysées. Une cinquantaine de personnes, que nous remercions chaleureusement, ont soutenu la grève et ont fait un cortège jusqu’à la Fnac de Saint Lazare afin de créer un mouvement solidaire entre les Fnac.
Dimanche 22 janvier 2017 la responsable ressources humaines du magasin, lors d’un briefing, a outrageusement mis la pression aux salariés et usé de diffamations scandaleuses à l’encontre des grévistes et le mouvement. La réponse des salariés face à ces méthodes a été sans appel, un black-out de 16h à 17h était organisé ce même dimanche, plus de 80 % des salariés ont débrayé.
Nous tenons à rappeler que le week-end du 17 et 18 décembre 2016, la Direction a fait appel aux services d’une société extérieure de sécurité. Une quinzaine d’agents au physique de videur de boîte avaient pour mission de briser la grève et les grévistes. Résultat de l’opération : banderoles de revendications arrachées, salariés bousculés, et un collègue agressé.

Après examens médicaux complémentaires, l’ITT initial de 6 jours passe à 8 jours, donc un délit qui relève du tribunal correctionnel. En effet traumatisme osseux, œdème et rupture d’un ligament ! Notre collègue paye donc un lourd tribut puisqu’il va devoir subir une opération chirurgicale assortie de plusieurs semaines/mois de convalescence ! M. Philippe Piron, plus haut responsable hiérarchique présent le 17 et lors des négociations, a une grosse part de responsabilité.

Malgré 20 ans de discrimination au sein de notre magasin, malgré ces incessants dérapages de la direction, nous souhaitons que le dialogue s’ouvre à nouveau et trouver une issue favorable à ce conflit, pour le bien-être de tous les salariés du magasin.

Le Collectif des Salariés Fnac Champs Elysées

25 janv. 2017

Patron voleur

À Paris, des producteurs sans papier se battent ... pour toucher leurs arriérés de salaire. Le XIXe siècle, c'est maintenant.

Extrait de l'article de Paris Lutte (en ligne ici)

Nœud central du réseau de transport en commun d’Île-de-France, la gare de Châtelet - Les Halles est traversée, chaque jour, sur ses quais et dans ses couloirs par plus de 750 000 personnes !

Face aux constats d’une structure vieillissante (inauguration de la station en 1977), de l’évolution des normes de sécurité et un nombre toujours plus élevé d’usagers, la Ville de Paris entreprend, depuis 2010, un immense projet de rénovation. Pour mener au mieux les travaux, la municipalité parisienne a réuni quatre partenaires autour d’elle : la région d’Île-de-France, le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF), la RATP et enfin la Société Civile du Forum des Halles de Paris (pour le centre commercial).

Le pharaonique chantier, dont le coût dépasse le milliard d’euros, devrait se terminer en 2018.

L’idée directive de ce projet est avant tout de « redonner aux Halles une image conforme à son ambition métropolitaine ». Vaste projet...

Un si vaste projet qui ne fait bien sûr pas peur à la multinationale Vinci. Comme dans de très nombreux autres grands chantiers, ce "prédateur du béton" est de la partie et c’est via sa filiale Sogea TPI que le groupe Vinci est lié aux travaux de rénovation.

Sur ce chantier sans cesse mis en avant avec fierté par la mairie de Paris, tout ne se passe pas aussi "joliment" que leurs maquettes 3D du projet. En effet, depuis lundi, plusieurs dizaines d’ouvriers de la société FH Services (sous-traitance de Sogea TPI) se sont mis en grève. La raison est révoltante : ils ne sont pas payés depuis plusieurs mois (jusqu’à 8 mois pour certains !).
Ces hommes, pour la plupart originaires de Turquie, travaillent de nuit et sont quasiment tous non déclarés.
Pour la CGT-Construction :
Cette situation scandaleuse met une nouvelle fois à jour la forte vulnérabilité de ces travailleurs en situation précaire, victimes du travail dissimulé, exposés à la surexploitation et aux risques professionnels par des patrons sans scrupules
Que réclament les grévistes ? Tout "simplement" : le paiement des arriérés de salaire, ainsi que l’ensemble de leurs fiches de paie, avec leur contrat de travail.

19 déc. 2016

La grève peut payer

Paris Lutte-info nous fait savoir que la grève des postiers et des postières dans le treizième a été payante (ici). Bien sûr, on peut discuter des résultats concrets de la grève en termes anti-employistes mais une chose demeure certaine: une grève peut être victorieuse. À bon entendeur ...

Extrait
La direction du Réseau de Paris Sud voulait imposer une nouvelle réorganisation mortifère en fusionnant des bureaux de poste, entraînant un accès à nouveau réduit pour les parisien·nes, suppressions d’emplois et réduction des horaires d’ouverture ainsi que l’augmentation de la charge de travail. Ce plan a échoué.
La direction du Réseau de Paris Sud voulait imposer une nouvelle réorganisation mortifère en fusionnant des bureaux de poste, entraînant un accès à nouveau réduit pour les parisien·nes, suppressions d’emplois et réduction des horaires d’ouverture ainsi que l’augmentation de la charge de travail. Bref, tout bénéf pour la direction, pas échaudée pour un cent par l’échec patent (à défaut d’être définitif) de la réorganisation du 92 et du 91 s’il n’y avait eu une grève déterminée entamée le 7 septembre et une victoire actée lundi 17 octobre sur toutes leurs revendications. Par exemple, il y a désormais 1 absence longue durée remplacée et 2 embauches en CDI en plus par rapport à avant la grève, ce qui est du jamais vu à Paris : dans le 92, les grévistes avaient « simplement » obtenu quelques « CDIsations » d’intérimaires et de CDDs. Cette lutte a été victorieuse grâce à une solidarité sans faille des autres postièr·es parisien·nes et des usagèr·es et une stratégie claire d’affrontement sans négociation avec la direction ainsi que la volonté dès le départ d’étendre de la grève : les milliers de signatures de pétitions et les milliers d’€ récoltés en soutien aux grévistes [1] est une validation grandeur nature de la validité de cette stratégie à l’heure où la direction de la Poste espère toujours arrriver à fermer 19 bureaux d’ici fin 2016 à Paris intra-muros. Ce résultat doit inspirer les autres luttes en cours comme celle dans le 18e, autour du bureau de la rue Tristan-Tzara.

10 sept. 2016

Uber ou l'infra-emploi

Romain Renier signe un reportage très complet sur les travailleurs de véhicules privés de courtoisie (type Uber) dans Altereco+ (ici, en français). Uber est bien un employeur comme un autre, engagé dans la guerre au salaire pour gonfler ses dividendes. Mais celles et ceux qui travaillent pour cette société sont en situation d'infra-emploi. Leur poste de travail n'est même pas qualifié, ils ne sont même pas encadrés par le droit du travail ou par des barèmes sectoriels. Ils sont payés à la pièce ou, pour être plus précis, à la course. C'est dire que l'infra-employé doit assumer l'intégralité des risques alors que l'employeur effectif touche l'ensemble des bénéfices.

Selon le tableau ci-dessous extrait de l'article, le taux de surtravail varie, selon les situations, entre 210% et 181% (en considérant les cotisations comme du salaire). Les frais de véhicule sont des formes d'investissement masqués pour la société. Un taux supérieur à celui du XIX industriel anglais qui avait traumatisé le jeune Marx, donc.

En voici un extrait pour vous inviter à lire tout l'article.

Les chauffeurs mettent [...] en avant les abus de pouvoir des plates-formes. Elles leur imposent en effet des conditions de travail qui vont parfois bien au-delà des prérogatives d’un simple partenaire commercial.

Samir a débuté avec LeCab. « Pour pouvoir travailler pour eux, il faut un véhicule de modèle 508 Peugeot couleur gris Aria. Mais LeCab dispose d’une exclusivité sur cette couleur auprès du constructeur », explique-t-il. Les chauffeurs n’ont donc pas d’autre choix que de le louer auprès de LeCab. La plate-forme impose en échange un quota de courses minimum par heure. « Uber se permet de nous imposer des conditions tarifaires prohibitives et nous déconnecte lorsqu’on refuse des courses » « Quant à Uber, aujourd’hui, il a raflé presque toute la clientèle. Du coup, il se permet de nous imposer des conditions tarifaires prohibitives et nous déconnecte lorsqu’on refuse des courses. Ces plates-formes ne sont censées être que de simples services de mise en relation avec la clientèle. De quel droit nous imposent-elles cela ? », s’interroge le chauffeur. « J’ai déjà été déconnecté temporairement par Uber sans que l’on m’explique véritablement pourquoi », rapporte par ailleurs Cyrille, qui lorsqu’il a cherché à en connaître la raison, s’est vu demander s’il avait déjà accepté des espèces d’un client. « Je leur ai répondu que cela ne m’était jamais arrivé. La discussion s’est arrêtée là », explique-t-il. Sa note, à cinq étoiles sur les 200 dernières courses, était au maximum possible. « Mais une semaine plus tôt, j’avais refusé une course UberPool, censée être un service d’autopartage, et à ce titre facturée moins cher. En tant que chauffeur VTC, je considère que je n’ai pas à prendre ces courses qui me rapportent moins alors que ma prestation ne change pas », s’offusque l’ancien chauffeur. Plus tard, suite à d’autres déboires, son interlocuteur chez Uber lui a reproché de sélectionner les courses, avant de le déconnecter définitivement de l’application. [...] En attendant, ces conditions de travail difficiles provoquent un turn-over important dans la profession.

30 mars 2015

Une radio gérée par l'emploi

Les travailleurs de Radio France se battent pour leur métier (avec notre sympathie) - en lien sur l'image ci-dessous.

Pour distinguer le discours de l'emploi et celui du travail dans cette émission de radio, c'est facile.

Les salariés parlent de leur travail concret, de ce qu'ils font et de ce qu'ils veulent faire alors que les employeurs parlent de la gestion des investissements.

Les employeurs adoptent spontanément le langage et la violence feutrée de l'imposture, du management. Le vide de l'emploi fait un écho vertigineux à l'activité, au concret, à la compétence du travail.
La guerre de tous contre tous devient le benchmarking;
le collectif de travail devient la marque;
la corruption devient l'image;
le projet devient gestion (managment en anglais);
le salarié, le travailleur devient un objet dangereux à gérer par l'insécurité, par la précarité;
la radio devient inaudible.

22 mars 2015

Lutte à Radio France

Là-Bas si j'y suite partage en libre accès le débat entre les grévistes de Radio-France et le président de cette institution.

En écoutant les préoccupations, le ton et les horizons d'aspiration des uns et des autres, on entend la différence entre la langue de bois, creuse, sans consistance de l'employeur et l'envie de travailler, la nécessité de travailler dans de bonnes conditions de l'employé.

L'émission est disponible ici,

Extrait des commentaires de Là-Bas
Dans le studio 104 refait à neuf, ils sont 600 gonflés à bloc, tous métiers confondus, en grève illimitée. Motif ? Cinquante millions de budget en moins dont ils vont faire les frais. Un plan de licenciement de 300 emplois est déjà dans les tuyaux selon les syndicats. Il aurait été demandé à divers petits chefs de fournir discrètement des listes d’employés superflus et tout ça alors même que le chantier de reconstruction de la maison lancé depuis plus de dix ans pour 176 millions d’euros dépasse les 584 millions aujourd’hui. Un gâchis pharaonique dont nul ne peut dire le terme.
À cela s’ajoute une bombe qui éclate à la veille de la grève. Le Canard enchaîné révèle que le PDG a fait refaire son bureau pour une petite facture de 105 000 euros alors que le bureau avait été refait à neuf il y a moins de deux ans. Le scandale se répand. Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) se dit « abasourdi, choqué, consterné ». Le président se justifie sans convaincre. Il n’est pourtant pas le premier à faire la confusion entre « servir le service public » et « SE servir du service public ».
Nous rappelons que nous appelons à la fonction publique, au salaire personnel à la qualification et non au service public, faux-nez de l'obséquieuse soumission aux clients, au management.

8 janv. 2015

Mains anonymes emportées par l'attentat

In memoriam de toutes les victimes de l'attentat, soutien et amitié à leur famille et à leurs proches.
C’est l’horreur qui nous a saisis, ce matin, quand l’incroyable nouvelle est survenue : un attentat sanglant contre Charlie Hebdo, des hommes armés, douze morts, près de vingt blessés. L’horreur, qui nous abasourdit. Et nous laisse sans mots.
L’amitié, ensuite, pour ceux et celles que nous connaissons et que nous aimons, et pour ceux et celles que nous ne connaissons pas. La douleur pour les morts, la désolation pour les blessés, l’amitié et le désir de réconfort pour leurs proches, leurs amis, leurs enfants. Comment vous dire qu’on est avec vous, avec notre tendresse et notre impuissance ? Mais nous sommes avec vous, de tout notre cœur.
Et puis la détermination. Ce sont des journalistes qu’on a voulu tuer, c’est la presse qu’on a voulu abattre, c’est la liberté qu’on a voulu détruire. Eh bien, nous le disons : nous ne céderons pas. Dans les temps difficiles d’aujourd’hui, et les jours sombres qui se profilent, il est vital que la liberté continue, s’exprime, s’affirme. Nous continuerons notre travail d’information et de témoignage, avec encore plus de détermination et d’énergie que jamais.
Ce texte est publié en commun par : Actu Environnement, Arrêt sur images, Basta Mag, Global Magazine, Huffington Post, Libéweb, Mediapart, Politis, Reporterre, Rue 89, Terra Eco, We Demain.

Alors que les noms des célébrités tuées dans l'attentat d'hier circulent partout, RTL nous rappelle les petites mains anonymes que les tueurs fous ont abattus.

Ces mains anonymes sont celles qui construisent le monde, le gardent, l'embellissent, l'entretiennent et le font advenir. Elles ont été tuées le onze septembre, elles ont été tuées à Madrid ou à Londres et, ici, à Paris. Elles sont tué tous les jours en Irak, en Afghanistan ou au Yémen. Tous les jours.

Bien sûr la liberté d'expression n'est pas une option mais une nécessité. Elle nous est nécessaire pour défendre nos idées, nos points de vue; elle est nécessaire à la liberté de tous et au dynamisme de la société.

La violence emporte dans son aveuglement imbécile des dessinateurs mais aussi des gardiens d'immeuble, des policiers, des correcteurs. Elle emmène tous les employés dont le tort est d'être là, au mauvais moment, dans l'exercice de leur emploi.

En souvenir de ces victimes anonymes, en souvenir des victimes célèbres qui abhorraient le pouvoir et la notoriété, voici l'extrait de l'article de RTL (disponible ici, en français)
Frédéric Boisseau, un agent de maintenance, salarié chez Sodexo. Il est la première victime des tueurs. Une fois à l'intérieur du bâtiment, ils se sont dirigés vers lui et l'ont abattu avant d'accéder au deuxième étage, où se situe la salle de rédaction de Charlie Hebdo, et d'y faire feu. Le leader mondial des services aux entreprises a d'ailleurs invité jeudi l'ensemble de ses 420.000 collaborateurs présents dans 80 pays à observer une minute de silence en hommage à Frédéric Boisseau.

Le policier chargé de la protection de Charb
Le brigadier Franck Brinsolaro, 49 ans, est également tombé sous les balles. Il est l'un des deux policiers tués dans l'attentat: il était chargé de la protection du dessinateur Charb. Franck était le mari de la rédactrice en chef de l'hebdomadaire L'éveil normand, Ingrid Brinsolaro. Le couple s'était marié récemment et avait deux enfants, dont un de treize mois qu'ils ont eu ensemble. "Ingrid était très discrète sur les activités de son mari. Nous avons appris seulement le jour de l'attentat qu'il assurait la protection de Charb", a indiqué Philippe Rifflet, directeur délégué de l'Eveil normand.
L'hebdomadaire est en deuil et la petite rédaction va se réunir, sans témoin. "L'équipe se retrouve aujourd'hui. Il y a un journal à sortir, nous souhaitons rester entre nous", a déclaré M. Rifflet.

Ahmed Merabet: le second policier abattu, en rue cette fois
Ahmed [Merabet] est le deuxième policier abattu. Il est mort lors de la troisième fusillade avec les forces de l'ordre, survenue lors de la fuite des tueurs. Ahmed [Merabet] a été touché et s'est trouvé à terre, selon la vidéo diffusée sur internet et authentifiée par les enquêteurs. Les deux tueurs sont sortis de leur voiture et se sont approchés à petites foulées du policier. L'un d'eux lui a crié "Tu voulais me tuer!". Le policier a levé la main et dit "Non c'est bon chef", avant d'être abattu d'une balle en pleine tête. D'après certains témoignages, il avait 42 ans était musulman et marié. Ces informations n'ont pas encore été confirmées. Sur Twitter, cette photo est présentée comme étant son portrait.

Elsa Cayat, la psychiatre ayant sa chronique "Le Divan"
Parmi les victimes, la médecin, psychiatre et psychanalyste française Elsa Cayat. Elle collaborait à l'hebdomadaire en signant tous les quinze jours sa rubrique "Le Divan".

Mustapha [Ourrad], le correcteur venu de Kabylie
Mustapha Ourrad est aussi décédé. Il était correcteur à Charlie Hebdo, écrit Le Monde. "Il était né en Algérie, mais se revendiquait "kabyle". Orphelin, il était arrivé en France à vingt ans au terme d'un voyage payé par ses amis", révèle le quotidien français. "Après un parcours chaotique, il avait intégré une maison d'édition puis divers journaux où il était apprécié pour ses qualités de correcteur, son érudition, mais aussi son sens aigu de l'autodérision".

Michel Renaud était là pour rencontrer Cabu
Michel Renaud, était invité ce jour-là. Il est le fondateur du festival clermontois Rendez-vous du carnet de Voyage. Ancien directeur de cabinet du maire de Clermont-Ferrand, il était venu mercredi chez Charlie Hebdo pour rencontrer le dessinateur Cabu et lui rendre des dessins prêtés.

2 janv. 2015

Prévert - La grève à Citroën

Un morceau de poésie engagée - décidément désagréable envers un illustre employeur. C'est l'occasion d'une grève en 1933 qui déploie le talent de Jacques Prévert.

Bonne écoute


23 sept. 2014

... avec nos félicitations

Au rayon la lutte paie, nous apprenons par La Tribune (ici, en français) que ...




Après trois jours de grève, les femmes de chambre, gouvernantes, équipiers et valets du grand hôtel ont obtenu de fortes hausses de salaires.

"C'est un accord historique, nous avons obtenu de 380 à 420 euros par mois en comptant les primes. On demandait l'alignement sur les salaires des palaces: pour les femmes de chambre, valets et équipiers 1.870 euros brut et pour les gouvernantes 2.200 euros brut", a affirmé à l'AFP Claude Levy de la CGT des hôtels de prestige et économiques (HPE).

22 mars 2014

Intermittents et précaires en lutte à Paris

Selon un article du Monde ici

Extrait

C'est un mauvais scénario pour la Ville de Paris, à la veille du premier tour des élections municipales : le Carreau du Temple, situé à deux pas de la mairie du troisième arrondissement, et à cinq minutes de la place de la République, est occupé depuis vendredi 21 mars par des intermittents du spectacle, mais aussi par des intérimaires, des personnes précaires et des chômeurs qui ne décolèrent pas : l'accord sur l'assurance-chômage, scellé vers minuit, vendredi 21 mars, entre les partenaires sociaux, est jugé comme une « véritable régression ». Et personne, ici, ne comprend les déclarations du ministre du travail, Michel Sapin, saluant dans un communiqué, « la responsabilité dont ont fait preuve » les négociateurs – syndicats et organisations patronales. (...)
Cette occupation témoigne de la volonté d'élargir le mouvement à toutes les personnes précaires, et de ne pas limiter la médiatisation aux seuls intermittents. Dans un texte intitulé « Gueule de bois », le comédien et membre de la Coordination des intermittents et précaires, Samuel Churin, ne s'attarde pas seulement sur les annexes 8 (techniciens) et artistes (10) de l'Unedic. Ce 22 mars est « un jour de colère et de tristesse », dit-il :

« Les conditions mêmes de ces “négociations” sont scandaleuses. Le Medef y est tout puissant : tout se passe dans son siège parisien et les seules propositions discutées sont les siennes. En fait de négociations, ce ne sont qu'interruptions interminables de séance leur permettant des conciliabules de couloirs et des arrangements bilatéraux hors de la salle, acceptés par tous les syndicats, à l'exception de la CGT, restée, elle, à la table des négociations sans voir personne ! Hier, vendredi, les négociations communes n'auront duré, au final, qu'un quart d'heure ! ».

Samuel Churin ajoute : « L'accord impose encore une régression des droits de tous les salariés fragiles qui cotisent, les chômeurs, les précaires (...). Ce sont 400 millions d'euros d'économie sur le dos des chômeurs. En période de crise, c'est un massacre », écrit-il.

25 févr. 2014

Des sans-papier se battent pour le salaire, pour le droit

Des coiffeuses sans-papier occupent leur salon de coiffure pour ... être payées selon un article de Communisme Ouvrier (ici).

Nous citons

Elles sont quatre travailleuses sans-papiers chinoises et un travailleur du salon de coiffure du 50 boulevard de Strasbourg (entre Château d’eau et la gare de l’Est), à Paris, qui n’ont pas été payées depuis décembre. Le patron est parti, sans laisser de trace. Mais Fao-Lin, Feng Zhen, Shuqin et les autres ne comptent pas se laisser faire ! Elles font grève depuis le 3 février et occupent le salon tous les jours de 10 h à 20 h jusqu’à ce qu’elles soient payées.
Tous nos encouragements et, un petit rappel pour les propriétaires: ne pas verser de salaire, c'est un vol, un délit poursuivi par le droit civil.

6 déc. 2013

40% des écoles en grève à Paris

Selon Telesur, 40% des écoles primaires continuent leur grève à Paris contre les modifications des horaires décidées par le gouvernement.

Ce jeudi, les enseignants des écoles primaires et secondaires font grève à l'échelle nationale pour appeler à de meilleures conditions de travail et à une attention plus soutenue aux élèves en difficulté.

Le syndicat unitaire (SNUP) signale que l'échec scolaire est lié à la surpopulation des salles de classe. Les parents soutiennent la grève.

Le Monde se montre curieusement moins précis que son homologue télévisuel vénézuelien: le quotidien parisien développe l'histoire du désamour entre la gauche et l'enseignant sans la mettre en perspective ni cadrer les enjeux du mouvement social prévu.

Nous insistons sur l'importance de la valeur économique créée par les enseignants (et par les parents, d'ailleurs, mais c'est un autre problème), nous appelons à l'augmentation de cette reconnaissance par une rémunération à la qualification, nous appelons à l'embauche d'enseignants, à la diminution de la taille des classes, à l'attention à tous les enfants en difficulté, à la refonte des programmes scolaires pour rendre les enfants devenus adultes irrécupérables par la logique de l'emploi.

Courage à toutes et à tous et tous nos vœux de succès.

28 oct. 2013

Grève de luxe

Dans un article de l'Huma, on apprend que au Palace Park Hyiad, les nuitées sont facturées entre 990 et 16000€, que le personnel, par contre
- est sous payé (à peine au-dessus du SMIC)
- est sous pression pour travailler rapidement (20 minutes la chambre)
- est menacé par le chômage



En conséquence, ce personnel fait grève - et atteste les ravages de l'emploi à tout prix.

Il nous faut faire le lien entre d'une part un horizon idéologique qui prétend valoriser l'emploi comme horizon indépassable de l'existence humaine, entre ce qui, au nom de l'emploi, se présente comme une faveur insigne et la vérité de la pression sur le temps, la qualité de l'existence et la dignité humaine qu'organisent le mode de production appelé emploi. Dans le secteur du nettoyage, des soins domestiques, le personnel est notoirement sous payé, dans le monde entier, il est utilisé dans des horaires déments, doit sacrifier sa vie familiale, intime, privée pour servir. Ne nous leurrons pas: le service, le sacrifice ne sont pas des notions libérales, ce sont d'antiques concepts, des justifications abjectes à l'avilissement des nôtres.

Pour nous, les blablas sur la compétitivité et la flexibilité mènent tout droit à l'esclavage, à la soumission des nôtres aux caprices, aux desiterata de quelques nantis.

Aucune idéologie ne parviendra à étouffer le scandale de l'asservissement des nôtres pour des privilégiés. Rien ne peut le justifier, aucun bilan comptable, aucune 'concurrence-libre-et-non-faussée', aucune crise. Nous jugeons sur pièce.

Huma - Grève au park Hyatt

Rebondissement dans cette grève, ce vendredi, le personnel de cet hôtel entame une grève illimitée pour dénoncer les conditions de travail

Huma - Défilé syndical à Hyatt park

Pour continuer la visite du secteur, cette fois chez les particuliers, je vous mets en lien un magnifique reportage photo sur les domestiques:

Diplo - Profession domestique

Courage à toutes et à tous et n'oubliez pas,
ce qu'ils font à l'un d'entre nous, c'est à nous tous qu'ils le font