22 août 2013, 10:17
Je vous fais suivre un lien sur la situation de guerre pour la
terre en Côte d'Ivoire.
La même guerre entre la liberté, l'économie vivrière, et la soumission à
la logique de l'emploi que partout ailleurs mais sous une forme
particulièrement mortelle: les paysans, les paysannes se voient chassés
de leurs terres au profit de multinationales qui travaillent à
l'exportation.
Ces terres seront donc mises à profit
dans une logique commerciale par des employés pour exporter des matières
premières vers l'Occident alors qu'elles nourrissaient les populations
locales. Je vous laisse imaginer le désespoir des paysans, des
paysannes, privés de terre. C'est leur quotidien, leur survie, leur
prospérité, leur culture, leur façon de vie, leurs (agri)cultures qui
sont attaqués.
Sur cette plateforme, nous opposons
des formes de vie, des possibilités, des façons de vivre. Notre 'camp',
les formes de vie qui nous sont amies sont celles qui créent, qui
nourrissent, celles qui prennent soin d'une famille, d'un lopin.
C'est l'activité, la créativité,
c'est un village où le fou fait partie de l'identité commune. Nous sont
ennemies - mais elles sont leurs propres ennemies - les formes de vie
qui vendent, qui emploient, qui exportent, qui rationalisent, qui font
des bénéfices.
A notre modeste échelle, souhaitons la victoire à la vie. En tant que Européens,
nous ne voulons pas du pseudo-confort au goût du sang
que nous offrent les multinationales, nous ne voulons pas vendre notre
propre chair pour acquérir des bidules au prix des larmes de nos frères,
de nos soeurs ailleurs. Nous sommes proches de cette vie qui gratte la
terre, qui la laboure au rythme des pas des boeufs, de ces enfants que
le soleil écrasant indiffère.
Nous constatons que les
bénéfices de Bolloré dont il est question dans l'article nous sont
ennemis, ennemis à notre vie, à nos désirs, à notre propre terre. Nous
avons besoin de fraternité au-delà des océans, au-delà des terres entre
gratteurs de terres, entre ceux qui marchent au rythme du boeuf, entre
vies humaines, lentes, riches, intègres, entières.
Nous
savons que nous vivons un épisode, que nous assistons au naufrage d'un
empire. Nous ne nous retrouvons pas dans la mentalité boutiquière de cet
empire. Nous souhaitons survivre à ce naufrage, nous qui grattons la
terre et marchons au rythme du boeuf, nous qui sommes écrasés par le
soleil ou glacés par la neige, nous qui faisons la poésie, nous qui
enfantons, nous qui sommes les fils prodigues du temps, du vrai temps,
pas du temps comptable, du temps du soleil, de la nuit, pas du temps de
l'horloge.
Courage à toutes et à tous.
des nouvelles de Bolloré et de Côte d'Ivoire (et de nous tous en fait):
Ipsi - paysans en Côte d'Ivoire