Traduction et résumé
De milliers d'enfants entre 5 et 17 ont été envoyés par leurs familles pauvres dans d'autres foyers où ils vivent dans des conditions indignes, victimes de mauvais traitements sans possibilité de scolarisation.
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Selon les statistiques officielles, la réalité [des enfants exploités par des familles] est celle de 2.5% des mineurs paraguayens entre 5 et 17 ans, transformés en "criaditos". Ils sont quelques 50.000 enfants donnés par leur famille généralement paysanne, à des personnes de meilleure condition pour alléger leur charge de famille et avec l'espoir de leur permettre d'accéder à l'école. Ce qui est sûr, c'est que la grande majorité des "criaditos" vivent dans des conditions indignes, sont écrasés par les tâches domestiques et n'ont finalement aucune possibilité d'aller à l'école.
Le "criadazgo", l'envoi d'enfants dans des familles fortunées, n'est pas une institution exclusivement paraguayenne. L'Organisation Internationale du Travail (OIT), qui suit un programme d'éradication du travail infantile (l'IPEC), estime qu'il y a 15 millions d'enfants dans le monde réduits à l'esclavage domestique. Le coordinateur du programme IPEC pour le Paraguay, Bernardo Puente explique à La Nacion:
"Il faut dire la vérité. Les "criaditos" du Paraguay, les "ahijados" du Pérou ou les "restavek" d'Haïti sont des enfants venus des champs à la ville par charité ou solidarité avec leur famille d'origine. Les gens qui y ont recours le font parce qu'ils ne veulent pas payer une employée domestique. De ce fait, ils se fichent de savoir si les enfants en question vont à l'école" explique le fonctionnaire de l'OIT.
Le "criadazgo" prospère dans les régions avec peu de possibilités d'ascension sociale, dans des régions de fortes inégalités sociales. Le Paraguay est en effet le seul pays de la région où, malgré la période de profit pour les actifs qui lui ont permis d'afficher une croissance de 5% en rythme annuel, l'inégalité a continué d'augmenter ces dernières années. Aussi, aujourd'hui, les 20% les plus riches possèdent 53% des richesses alors que les 20% les plus pauvres se contentent de 4% des richesses.
"Depuis des décennies, les gouvernements paraguayens se vantent d'avoir des indicateurs macroéconomiques stables, une inflation sous contrôle, une dette extérieure que nous pourrions payer tranquillement. Mais notre développement économique n'a pas un visage humain" déclara à La Nacio Marta Benitez, la directrice de Global Infancia, une ONG qui lutte contre le "criadazgo", contre cette forme d'esclavage des enfants pauvres.




