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2 oct. 2014

Privatisations en Slovénie

La Slovénie continue la grande braderie selon le Courrier des Balkans (ici, en français): elle vend tout ce qu'elle a.

On peut pousser des cris d'orfraie en dénonçant cette braderie mais le fait que les travailleurs laissent faire interroge sur les limites des entreprises nationales. Visiblement, ces travailleurs n'avaient pas accès à la fonction publique ou étaient déjà victimes de management digne de société à profits pour des propriétaires lucratifs puisqu'ils n'ont pas empêché la vente à la découpe.

Nous insistons pour défendre la fonction publique - un salaire à la qualification personnelle débarrassé de l'employeur - et non le service public - un travail concret particulier opposé aux autres types de travail concret. Le discours de service public répond à (et provoque) celui de "privilège". Il faut parler de salaire universel, pour tout et pour tous.

Extrait.

En se servant de la crise et du remboursement de la dette publique comme prétexte, le gouvernement slovène a mis en place depuis quelques temps un vaste processus de privatisation d’un grand nombre de ses ressources infrastructurelles. Ce processus changera crucialement la structure de l’économie du pays, ainsi que les pouvoirs de force qui y règnent. Malgré ces changements qui s’annoncent néfastes, les voix de contestation restent très isolées.
La troisième vague de privatisation en Slovénie décime à une vitesse un grand V un grand nombre d’entreprises du pays. Au début du mois de septembre, le processus de privatisation a atteint une étape symbolique : l’entreprise allemande spécialisée dans la gestion aéroportuaire Fraport a acquis l’aéroport de Ljubljana. La vente d’une infrastructure aussi importante que l’aéroport semblait jusqu’à lors impossible en Slovénie. Cette vente ouvre la porte à la privatisation d’autres entreprises.
L’allemand Fraport a racheté les trois quarts de l’aéroport à l’Etat slovène pour une somme de 177 millions d’euros et a ainsi obtenu la gestion complète de l’infrastructure pour les 40 années à venir. La somme payée par Fraport est plus élevée que des sommes généralement requises pour ce type de transactions – si l’on tient compte du fait que ce prix de rachat représente la quantité de flux de trésorerie d’exploitation multiplié par 21, alors que le prix moyens dans ce type de rachat tourne autour d’une multiplication de la quantité de flux par 15. Même si la direction des biens publics slovènes et les représentants de Fraport ont présenté cette transaction comme étant « la privatisation la plus sérieuse et la plus transparente », les citoyens slovènes n’ont pas pu avoir accès aux informations sur la question jusqu’au jour de la signature. À l’annonce de la vente, le français De Vinci Airports s’est plaint d’avoir fait une offre plus avantageuse. L’aéroport a tout de même été vendu à Fraport, qui avance pour sa défense avoir un projet de développement des capacités de transport de l’aéroport.
L’aéroport de Ljubljana est exploité avec succès depuis ces dix dernières années. L’année dernière, le nombre de voyageurs a argumenté de 10% et l’entreprise fait plus de 5 millions d’euros de profit. De plus, l’aéroport dispose de 30 hectares de terrains constructibles. Il s’agit d’une société sans aucune dette, qui a au contraire réussit à économiser 35 millions d’euros destinés à être investis dans un deuxième terminal passagers, pour lequel la direction a aussi réussi à assurer 14 millions de fonds européens. Il s’agit donc d’une entreprise prospère sur tous les plans. Il serait difficile de trouver des raisons économiques qui justifieraient la privatisation de cet aéroport.

29 avr. 2014

La charte sociale européenne

  • La charte

Nous informons nos aimables lecteurs que 47 pays ont signé la charte sociale européenne en 1961. Cette charte a force de loi dans les pays signataires et stipule, notamment:

  • structure de soins accessible et efficace pour l’ensemble de la population ;
Ceci interdit spécifiquement tout recours à des mutuelles (complémentaires, obligatoires) payantes et imposent un financement de la santé par la seule cotisation (ou par l'impôt).
  • politique de prévention des maladies, y compris garantie d’un environnement sain ;
Ceci interdit spécifiquement toute activité économique, industrielle susceptible de dégrader ledit environnement.
  • élimination des risques en milieu professionnel pour assurer en droit et en pratique la santé et la sécurité au travail ;
  • protection de la maternité.
  • interdiction du travail forcé ;
Ceci exclut toute forme d'esclavage, notamment l'emploi sous la menace du chômage.
  • interdiction du travail des enfants ;
  • conditions de travail spécifiques entre 15 et 18 ans ;
  • droit de gagner sa vie par un travail librement entrepris ;
  • politique économique et sociale pour assurer le plein emploi ;
Tous les pays où le taux de chômage excède les 5% contreviennent à cet article.
  • conditions de travail équitables en matière de rémunération et de durée du travail ;
Ceci implique l'abolition de la rémunération à la tâche, à la force de travail et impose la qualification du travailleur comme source de salaire.
  • protection contre le harcèlement sexuel et moral ;
Ceci impose la fin de la fonction social d'employeur, de son pouvoir sur ses employés: on peut organiser l'activité de production de manière hiérarchique mais personne ne peut s'arroger le droit disposer de la carrière d'autrui puisque ce type de pouvoir permet le harcèlement sexuel et moral.
  • liberté de constituer des syndicats et des organisations d’employeurs pour défendre leurs intérêts économiques et sociaux ; liberté individuelle d’y adhérer ou non ;
Cette liberté est fortement limitée dans certains pays. En Belgique, par exemple, le seuil du nombre d'adhérents pour pouvoir prétendre s'organiser en syndicat rend la création de nouveaux syndicats techniquement impossible.
  • promotion de la consultation paritaire, de la négociation collective, de la conciliation et de l’arbitrage volontaire ;
La consultation paritaire impose la représentation de toute les parties au pro rata de leur importance. Les chômeurs, les retraités ou les invalides doivent, par exemple, être représentés dans toutes les décisions qui les concernent, qu'elle soient relatives aux prestations de la sécurité sociale ou aux cotisations sociales.
  • protection en cas de licenciement ;
Ceci impose d'attacher le salaire à la personne et non au poste de travail.
  • droit de grève ;
  • accès à l’emploi pour les personnes handicapées.
Par ailleurs, la charte détaille les droits humains que les signataires doivent respecter. Ces droits sont eux aussi rarement compatible avec la vente forcée de la force de travail dans l'emploi:
  • protection contre la violence et la maltraitance ;
 La violence du vol du temps des travailleurs par les propriétaires lucratifs est interdites. La maltraitance de la mise en minorité de l'emploi est interdite.
  • interdiction de toute forme d’exploitation (sexuelle ou autre) ;
 Tout surtravail est un vol, toute plus-value liée au travail d'autrui est un vol et sont des formes d'exploitation interdites.
  • protection juridique de la famille (égalité des époux entre eux et vers les enfants, protection des enfants en cas de rupture) ;
Ceci impose un droit à un salaire personnel inconditionnel.
  • droit à la sécurité sociale, à l’assistance sociale et à des services sociaux ;
Cet article est directement violé par le harcèlement institutionnel des chômeurs, en France, en Belgique ou en Allemagne (entre autres).
  • droit à la protection contre la pauvreté et l’exclusion sociale ;

  • Les recours
Nous citons le site de l'organisation (ici, en français)
Organisations habilitées à saisir le Comité :
– Pour tous les Etats qui ont accepté la procédure :
  1. Confédération européenne des syndicats (CES), BUSINESSEUROPE (ex-UNICE) et Organisation internationale des employeurs (OIE).
  2. Les organisations non gouvernementales (ONG) dotées du statut participatif auprès du Conseil de l’Europe et inscrites sur une liste établie à cette fin par le Comité gouvernemental ;
  3. Les organisations d’employeurs et les syndicats de l’Etat concerné ;
  4. – Pour les Etats qui, en plus, acceptent cette possibilité :
  5. Les ONG nationales.
Le dossier de la réclamation doit contenir les éléments d’information suivants :
  1. les nom et coordonnées de l’organisation réclamante ;
  2. la preuve que la personne qui introduit et signe la réclamation est habilitée à engager l’organisation réclamante ;
  3. l’Etat mis en cause ;
  4. les dispositions de la Charte dont la violation est alléguée ;
  5. l’objet de la réclamation, c’est-à-dire le ou les points sur lesquels l’Etat mis en cause n’aurait pas respecté la Charte, ainsi que les arguments pertinents ; avec documents à l’appui.
À bon entendeur ...

  •  Les États signataires
 Albanie, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark,
Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovénie, Espagne, République slovaque, Suède, Suisse, Macédoine, Turquie, Ukraine, Grande-Bretagne,