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27 déc. 2016

Trafics criminels

Au Cambodge, on a saisi de l'ivoire trafiqué à partir du Mozambique à destination de la Chine.

Nous rappelons que les éléphants sont menacés de disparition. Ils sont abattus pour pouvoir récupérer ce fameux ivoire de leurs défenses. Les gens qui s'adonnent à ce trafic le font poussés par "l'aiguillon de la nécessité" indispensable à l'emploi.

Extrait de l'article de RFI sur ce sujet (ici, en français)

Au Cambodge, les autorités ont découvert jeudi 22 décembre une tonne et demie d’ivoire et autres pièces d’animaux protégés à Phnom Penh dans un navire en provenance du Mozambique. Une nouvelle qui met en lumière le rôle de plaque tournante du Cambodge dans ce trafic à destination notamment de la Chine.
La multiplication des saisies dans le port de Hong-Kong ces dernières années a probablement inquiété les trafiquants. Et pour cause : c’est désormais par l’Asie du Sud-Est et notamment le Cambodge que passe la route de l’ivoire africain.

La découverte remonte à vendredi dernier. Les agents des douanes inspectent des conteneurs au terminal de Kandal près de Phnom Penh. En apparence, il s’agit d’une cargaison de bois rares, mais certaines poutres sont creuses et dissimulent 1,3 tonne de défenses d’éléphant d’Afrique, 10 crânes de guépard, 82 kilos d’os d’animaux et 137 kilos d’écailles de pangolin.

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35 000 éléphants massacrés

Ce jeudi 22 décembre encore, une autre cargaison en route vers le Cambodge a été interceptée suite à une alerte lancée par les autorités kenyanes. Près de deux tonnes d’Ivoire déclarées comme de la céramique ont été renvoyées au port de Mombasa par les douanes de Singapour.
Chaque année, plus de 35 000 éléphants sont massacrés en Afrique selon l'ONG Wildlife Conservation Society.

16 févr. 2015

Les épines des roses

Le Monde signe un très beau reportage multimédia sur la culture des roses (pour la Saint Valentin, notamment) au Kenya. Ce documentaire est accessible gratuitement en ligne ici, il est richement illustré. L'impact de cette production en termes sociaux et écologiques est inquiétant.

Extraits.

Naivasha, au cœur de la vallée des roses

Depuis une vingtaine d’années, le Kenya s’est fait connaître pour sa production de fleurs. Avec 125 000 tonnes l’an dernier, c’est le quatrième exportateur au monde et le premier vers l’Europe. Un marché évalué à 500 millions de dollars par an (443 millions d'euros), qui en fait la troisième source de devises étrangères du pays, après le tourisme et le thé. A 60 %, ces fleurs sont des roses.
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« Les premiers Hollandais se sont installés ici à la fin des années 1970 car les conditions climatiques y sont similaires toute l’année à l’été en Europe : il fait chaud en journée (30 °C), frais la nuit (13 °C) et cette différence de température est bonne pour les roses », explique Peter Szapary. Autres atouts : Naivasha est l’un des deux seuls lacs kenyans d’eau douce de la vallée du Rift ; l’aéroport de la capitale Nairobi, d’où partent tous les soirs des cargos emplis de fleurs, ne se trouve qu’à 1 h 30 de route ; et surtout, la main d’œuvre y est très bon marché.

Secteur prospère et controversé

Mais il y a une dizaine d’années, ce secteur prospère s’est retrouvé au cœur d’une controverse. L’exploitation voire l’intoxication des salariés, l’emploi massif de pesticides ou encore le gaspillage d’eau ont été régulièrement dénoncés par les médias étrangers. Conscients de l’importance de leur image de marque face à leurs concurrents colombiens ou équatoriens – pourtant pas meilleurs en la matière -, les producteurs kenyans, réunis dans le KFC, ont entrepris de verdir le secteur.

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Les ouvriers des fermes, relégués dans des bidonvilles

Lorsque l’on cherche à vérifier ces informations sur le terrain, on se heurte rapidement aux barrières des fermes ultra-sécurisées, derrière lesquelles les journalistes ne sont pas les bienvenus. Pour parler librement aux milliers d’ouvriers qui affluent du pays tout entier, il faut se rendre dans les nombreux bidonvilles qui ont poussé à proximité des serres. Karagita est l’un des plus importants, avec ses commerces et ses habitations faites de tôle et de terre, ses amas de détritus et ses chemins cabossés qui tiennent lieu de route. Si l’électricité y est installée, point d’arrivée d’eau ou d’égouts.
Vers 17 heures, les bus affrétés par les horticulteurs déposent les travailleurs à l’entrée du village. James Kihara Ndung’u, grand gaillard de 26 ans originaire de Nakuru, à une soixantaine de kilomètres au nord de Naivasha, tente de leur vendre quelques calendriers qu’il a disposés dans une brouette. Lui aussi a passé la journée dans une ferme, Nini Ltd., pour laquelle il effectue de la maintenance depuis six ans. Mais faute de revenus suffisants, il multiplie les petits boulots le soir. « Je gagne 200 shillings kenyans [1,93 euro] par jour. C’est tellement peu que je ne parviens pas à économiser pour reprendre mes études », se désespère-t-il en exhibant sa fiche de paie.
Si l’entreprise lui alloue également 2 000 shillings mensuels (19 euros) pour se loger, l’enveloppe lui permet tout juste de se payer un logement sommaire, un peu à l’écart du centre de Karagita. Une pièce aveugle de 8 m2 fait office de salon et de chambre à coucher. Les habits sont suspendus au mur tandis qu’un tissu tendu cache un débarras. Les toilettes et la douche communes se situent à l’extérieur. « Je ne pourrai pas me marier et fonder une famille dans cette situation, poursuit-il. Je cherche n’importe quel travail mieux payé, même nettoyer les sanitaires. »
Ces conditions de vie spartiates, les ouvriers des exploitations horticoles les partagent tous. « Les maisons dans la ville de Naivasha sont trop chères. Ici, je paie un loyer de 1 400 shillings (13 euros) par mois », livre Mueni Munyoki, 28 ans, qui élève seule quatre enfants. Depuis trois ans, elle travaille six jours par semaine, entre 7 et 17 heures, pour la ferme Longonot. Son salaire : 275 shillings kenyans par jour (2,7 euros). « Il n’y a pas d’alternative : ce sont les fermes ou le chômage, assure la jeune femme, originaire de Kitui, une zone semi-désertique à l’ouest de Nairobi. Et notre situation s’est un peu améliorée. » Son salaire a récemment été augmenté, elle peut profiter d’un hôpital près de la ferme et parvient à payer l’école de ses enfants.

26 janv. 2015

Le bois qui saigne

À cause du très employiste pouvoir de l'argent et de la misère, de l'aiguillon de la nécessité, les splendides forêts de Madagascar se font dévorer. L'équation est classique: les populations locales crèvent de faim à cause de l'accaparement des terres et des ressources, divers pays hébergent des maffias de trafiquants qui se servent au passage et la bourgeoisie d'un pays (nouveau) riche cherche les derniers gadgets à la mode pour combler ses angoisses dans la consommation.

Extrait du très bel article de Laurence Caramel dans le Monde (ici, en français)
Le bois de rose, outre l’étrange couleur et la senteur florale qui lui donnent son nom, possède une texture d’une pureté et d’une densité qui en font l’un des bois précieux et les plus convoités par la Chine, où les rêves des nouveaux riches n’ont pas de prix. À Shanghaï ou à Pékin, débourser quelques centaines de milliers de dollars pour dormir dans la réplique d’un lit des empereurs Ming ou Qing n’a rien d’incongru. C’est même devenu depuis quelques années une fantaisie très prisée.
À ce tarif, à Madagascar comme en Chine, les volontaires ne manquent pas pour piller les forêts classées au patrimoine mondial de l’Unesco et acheminer les rondins par containers entiers jusqu’aux portes de la deuxième économie mondiale, en empruntant les circuits bien huilés de la corruption.
Des ruelles misérables d’Antanandavehely à la prospère Xianyou, une ville nouvelle d’un million d’habitants de la province méridionale de Fujian, nous avons suivi l’une de ces routes dont les escales passent par l’île de Zanzibar (Tanzanie), le port de Mombasa au Kenya et Hongkong. Il en existe d’autres mais celle-ci est probablement l’une des plus importantes de ce réseau de destruction organisée, dont les ramifications plongent dans les plus hautes sphères de l’administration et du pouvoir politique malgache. À Madagascar, personne n’ignore l’existence de la « bolabolacratie » : elle désigne cette caste de trafiquants du bolabola – le bois de rose en malgache – qui possède le pouvoir et l’argent. Ex-ministres, députés, hauts fonctionnaires, entrepreneurs… Ils sont souvent issus de vieilles familles chinoises installées au XXe siècle pour la construction du chemin de fer. Le nom de la plupart d’entre eux est connu. Les journalistes, au risque d’être emprisonnés comme deux d’entre eux en ont fait l’expérience en juillet 2014, dénoncent leurs méfaits depuis plusieurs années. Mais aucun baron n’a jamais été inquiété.

11 mai 2014

Des travailleurs du sexe sans capote

Selon Maurine Murenga dans un article du Guardian (ici, en anglais), les travailleurs du sexe au Kenya vendent des prestations un peu particulières sous la pression de l'aiguillon de la nécessité cher aux libéraux: elles acceptent des relations surtarifées sans préservatif.

Elles doivent alors prendre un traitement d'urgence après exposition au virus dans des hôpitaux spécialisés, ce traitement supprime le virus du HIV dans les 72 heures. Un impératif dans un pays où il y a 1,6 millions de séropositifs. Après des rapports multiples non protégés pendant une nuit, elles s'adressent à ces hôpitaux en affirmant s'être fait violer. L'accès aux soins reste en effet difficile tant la stigmatisation des travailleuses de sexe reste omniprésente.

En tout premier lieu, nous dénonçons l'aiguillon de la nécessité, la misère, qui amène ces travailleuses à risquer d'attraper le HIV pour pouvoir survivre, pour pouvoir acheter de quoi manger. En second lieu, nous dénonçons l'hypocrisie de l'ordre moral qui les contraint à mentir et compromet leur accès aux soins.

11 nov. 2013

Accaparement

L'accaparement des terres, c'est leur achat par ceux qui ont de l'argent au détriment de ceux qui les cultivent sans titre de propriété. C'est ce que Polanyi appelait l'enclosure.

Agnès Stienne illustre ce phénomène vieux de trois siècle mais toujours actuel.

Mais rassurez-vous: les autorités des pays concernés ont promis ... que l'accaparement créerait des emplois.