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27 déc. 2016

Trafics criminels

Au Cambodge, on a saisi de l'ivoire trafiqué à partir du Mozambique à destination de la Chine.

Nous rappelons que les éléphants sont menacés de disparition. Ils sont abattus pour pouvoir récupérer ce fameux ivoire de leurs défenses. Les gens qui s'adonnent à ce trafic le font poussés par "l'aiguillon de la nécessité" indispensable à l'emploi.

Extrait de l'article de RFI sur ce sujet (ici, en français)

Au Cambodge, les autorités ont découvert jeudi 22 décembre une tonne et demie d’ivoire et autres pièces d’animaux protégés à Phnom Penh dans un navire en provenance du Mozambique. Une nouvelle qui met en lumière le rôle de plaque tournante du Cambodge dans ce trafic à destination notamment de la Chine.
La multiplication des saisies dans le port de Hong-Kong ces dernières années a probablement inquiété les trafiquants. Et pour cause : c’est désormais par l’Asie du Sud-Est et notamment le Cambodge que passe la route de l’ivoire africain.

La découverte remonte à vendredi dernier. Les agents des douanes inspectent des conteneurs au terminal de Kandal près de Phnom Penh. En apparence, il s’agit d’une cargaison de bois rares, mais certaines poutres sont creuses et dissimulent 1,3 tonne de défenses d’éléphant d’Afrique, 10 crânes de guépard, 82 kilos d’os d’animaux et 137 kilos d’écailles de pangolin.

(...)

35 000 éléphants massacrés

Ce jeudi 22 décembre encore, une autre cargaison en route vers le Cambodge a été interceptée suite à une alerte lancée par les autorités kenyanes. Près de deux tonnes d’Ivoire déclarées comme de la céramique ont été renvoyées au port de Mombasa par les douanes de Singapour.
Chaque année, plus de 35 000 éléphants sont massacrés en Afrique selon l'ONG Wildlife Conservation Society.

19 oct. 2016

L'accaparement de terre est un crime contre l'humanité

Au rayon ce n'est pas moi qui le dis:

(Agence Ecofin) - C’est une annonce aux allures de coup de tonnerre dans un environnement où les multinationales sont habituées à une relative impunité. La Procureure générale de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda (photo) a affirmé jeudi dans un document de politique générale sur "la sélection et la hiérarchisation des affaires" que les destructions de l'environnement et les accaparements de terres seront désormais traités comme des crimes contre l'humanité.
Source: Agence Ecofin (ici, en français).

29 juil. 2015

Bolloré nous explique l'enclosure

Le Monde relaie une information qui illustre à la perfection le principe de l'enclosure (ici, en français). C'est tout simple: voler les terres qui permettent à un peuple de vivre puis le faire travailler pour des cacahuètes sous la pression de la faim.

Extrait de l'article de Laeticia Van Eekhout
Ils sont Bunongs, issus d’un peuple autochtone de la région du Mondol Kiri, à l’est du Cambodge, à la frontière avec le Vietnam. En 2008, leur terre ancestrale a été concédée à Socfin-KCD, filiale cambodgienne du groupe Bolloré, pour un vaste projet de plantation d’hévéas, ces arbres dont on extrait le caoutchouc naturel. Sept ans après de vaines batailles pour faire valoir leurs droits, ils ont décidé d’assigner en justice la société mère. Vendredi 24 juillet 2015, leur avocat Fiodor Rilov a saisi en leur nom le tribunal de grande instance de Nanterre dans le cadre d’une action en responsabilité contre le groupe de l’homme d’affaires français Vincent Bolloré. Dans cette action intentée au civil, les Bunongs réclament une réparation en nature, espérant récupérer leur terre, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d’euros de dommages et intérêts chacun.
La situation des Bunongs avait été déjà dénoncée en 2011 dans un rapport « Cambodge, terrains défrichés, droits piétinés » où la Fédération des droits de l’homme (FIDH) invitait « instamment » Socfin-KCD à « suspendre toutes ses opérations jusqu’à ce que les différends en cours [avec les Bunongs], portant sur les terres en jachère, l’indemnisation, les réinstallations, les conditions de travail soient réglés ».
Il y a 7 ans, le Cambodge a accordé une concession foncière de 7 000 hectares, située à Bousra, commune de la région de Mondol Kiri, pour l’exploitation industrielle de l’hévéa, au groupe Khaou Chuly (KCD). Cette société de construction cambodgienne avait conclu, un an plus tôt, une joint-venture avec Socfin Asia, détenu principalement par le groupe industriel français Bolloré et les familles belges Ribes et Fabri.
Présents dans la région depuis des siècles – abstraction faite de la période des Khmers rouges au cours de laquelle certains ont dû fuir avant de revenir –, les Bunongs vivent d’une agriculture traditionnelle et itinérante ainsi que de la cueillette de produits forestiers. La terre est le maillon central de leur organisation sociale et de leur identité. Ils suivent un système de croyances animistes fondé sur la protection des forêts sacrées et des lieux de sépultures de leurs ancêtres.
La législation cambodgienne prévoit une reconnaissance juridique des communautés autochtones et protège leur droit à la propriété collective. Mais la concession à Bousra a été accordée sans que ne soit menée une étude d’impact social et environnemental. Les populations n’ont pas non plus été consultées, comme une telle étude l’exigerait pourtant. Sitôt la concession accordée, Socfin-KCD lançait des opérations de défrichage et de plantation, affectant plus de 850 familles. L’entreprise les mettait devant le fait accompli. Parfois, elle proposait à certains habitants une indemnisation de la perte de leur parcelle de terre. A d’autres, elle offrait un nouveau terrain hors de la concession, en compensation.
Expropriés, privés de leur outil de travail, les Bunongs n’ont eu d’autres choix que d’accepter les 200 dollars par hectare que la compagnie leur offrait. Une maigre compensation, vite épuisée. « Nous ne savions pas quel était le bon prix de vente parce que nous n’avions jamais été amenés à vendre des terrains de notre terre ancestrale pour faire du business », témoigne Blang Sinn, un des 80 Bunongs ayant décidé d’assigner en justice le groupe Bolloré. Les champs de la concession représentant tout pour eux – leur outil de travail, leur habitation, leurs lieux de culte –, rares sont ceux qui ont choisi d’aller vivre ailleurs. Quitte pour certains à se retrouver sans rien.
Blang Sinn raconte comment ils sont aujourd’hui embarqués dans un système où ils n’ont pas leur mot à dire : « La compagnie nous a proposé des emplois sur la concession pour y cultiver l’hévéa. Elle paye 5 dollars par jour et si un ouvrier arrive en retard, il n’est pas payé. Il faut se lever à 5 heures pour faire cuire le riz et préparer notre repas du midi à emporter et on ne rentre pas chez soi avant 19 heures 30. » Et d’insister : « Notre vie dépend de la terre et des ressources naturelles. Aujourd’hui, beaucoup de ménages n’ont plus de terrain à cultiver, certains sont obligés de travailler pour d’autres familles. Et nos activités traditionnelles, la chasse, la pêche, la collecte de produits forestiers, tout cela, c’est fini. »

20 janv. 2015

Ils ont essayé les sweatshops

Sweatshop, c'est un mot valise anglais composé de "workshop" (l'atelier) et "sweat" (la sueur). Trois jeunes Norvégiens sont allés travailler un mois dans une usine au Cambodge. Ils en sont revenus en pleurs.

Vidéo (en anglais mais l'émotion se comprend sans traducteur).


L'intégralité de l'émission est disponible en anglais ici, il y a un lien vers une édition en espagnol.



14 nov. 2014

Un barrage noie la contestation

Mother Jones (ici, en anglais) nous fait part de projets de barrages au Cambodge.

Il s'agit d'accaparement typique, d'éléphants blancs dans la meilleure tradition, celle qu'on retrouve à Sivens ou à Notre-Dame des Landes: il s'agit de spolier l'essentiel d'une population, d'éradiquer certaines formes de vie pour que quelques hommes d'affaire avisés fassent de bonnes affaires.

Extrait-traduction

Le 15 septembre, la police cambodgienne a arrêté 11 militants écologistes parce qu'ils avaient bloqué un convoi de véhicules gouvernementaux se dirigeant vers la Vallée Areng, le site du barrage controversé Stung Cheay Areng.

Les militants ont été relâchés mais des forces armées stationnent maintenant sur la route sur laquelle les villageois protestent contre le barrage depuis le mois de mars.

 Il n'y a plus d'obstacle aux projets de Sinohydro Resources, la compagnie chinoise qui construit le barrage pour le compte du gouvernement. Le barrage va détruire la forêt, le milieu de vie et les traditions des Chong qui sont considérés comme les vrais Khmer (Khmer Daeum), qui habitent, pêchent, cultivent et chassent dans cette vallée depuis plus de 600 ans.

Le barrage - s'il est construit - va inonder 130 km², déplacer plus de 1500 personnes qui ne souhaitent pas quitter leurs foyers ancestraux. La faune sauvage (notamment les crocodiles siamois en voie d'extinction) sera également affectée par le projet.

Des experts doutent de la viabilité économique du projet du fait de coûts de construction élevés et de retours sur investissement très faibles. Le barrage est conçu pour produire de l'électricité pour l'équivalent de 87.000 foyers américains. Mais le barrage ne fonctionnera qu'à 46% de ses capacités pendant la saison sèche - la saison où les besoins d'électricité sont les plus élevés - selon Ame Trandem, la directrice du programme asiatique des rivières internationales.

Ce projet fait partie des 17 barrages que le gouvernement cambodgien veut construire dans les 20 années à venir pour surmonter la crise énergétique nationale. Mais le Cambodge va vendre l'essentiel de l'énergie produite aux voisins comme le Thaïlande, le Vietnam et le Laos. La propriété du barrage de Sinhydro sera transférée au gouvernement dans 40 ans. Les barrages déjà construits souffrent de malfaçon: l'un d'eux s'est déjà effondré en tuant quatre ouvriers alors qu'il était à moitié construit.

12 nov. 2014

Licenciement abusif

Mr Mondialisation nous fait part de curieuses pratiques managériales chez Nike ici. Les ouvriers qui réclament une augmentation salariale (notoirement insuffisante de notre point de vue) sont tout simplement licenciés.

Courage et amitié aux ouvriers.

Extrait

Cambodge : ils réclamaient 11 euros de plus par mois, Nike les licencie !
Ils ne fait pas bon de protester chez Nike. Ce sont plusieurs centaines d’ouvriers d’une usine au Cambodge sous-traitante des fameuses chaussures américaine qui ont été licenciés après une série de protestations concernant leur salaires.
De mauvaises conditions de travail ? Les ouvriers devront s’y faire ! Ou pas, nombre d’entre eux furent licenciés sur le champ pour avoir osé manifester. Leurs réclamations : 11 euros supplémentaires sur un salaire mensuel de 57 euros. Ils sont 288 à avoir été remerciés à l’usine Sabrina Garment Manufacturing pour avoir participé à cette grève les 27 mai et 3 juin derniers, provoquant des heurts avec la police, selon les syndicats.

Démissionner obligatoire et sans compensation
Des heurts entre policiers et grévistes ont entrainé 23 ouvriers blessés. 3 000 ouvriers, majoritairement des femmes, ont été évacués car ils bloquaient l’accès à leur usine. La police ne fait aucune déclaration à ce sujet. Les syndicats précisent que les salariés qui manifestaient furent violemment attaqués par les forces de police.  Au total, 23 blessés et huit arrestations. Entre 2000 et 3000 ouvriers du textile ont manifesté aujourd’hui en réponse à ces heurts et contre l’arrestation de leurs collègues.
Nike a déclaré être préoccupé par cette situation. Le groupe a donc ouvert une enquête en affirmant attendre de ses fournisseurs qu’ils respectent les droits des salariés. Cette réalité est pourtant bien connue et de longue date. La  communication est rôdée. Mann Seng Hak, représentant de la Free Trade Union, précise que ces ouvriers ont été « forcés de démissionner de leurs emplois sans compensation », ce qui est un acte illégal au regard du droit.

19 oct. 2014

Des vêtements immettables

Libération partage des témoignages de travailleuses du textile au Cambodge dans le cadre de la campagne du collectif Ethique sur l'étiquette (ici, en français).

Extrait.

«Je m’appelle Hong Chantan. J’ai 35 ans. Je travaille dans différentes usines de textile au Cambodge depuis l’âge de 20 ans. Je viens d’un village à 195 kilomètres de Phnom Penh, d’une famille de paysans, huit enfants. On a cultivé du riz jusqu’à la mort de mon père. Il a fallu trouver une solution, un travail. Je n’avais pas d’autres possibilités que de partir rejoindre une de ces sweatshops. Je suis restée deux mois dans une première usine, trois mois dans la deuxième, six ans dans la troisième, et j’ai bossé dans la dernière pendant sept ans, avant qu’elle ne brûle… J’ai commencé au début en étant payée 30 dollars par mois [environ 23 euros, ndlr] en moyenne. On peut être salariée mensuellement ou payée à la pièce. Dans le premier cas, vous avez un patron sur le dos en permanence, qui vous intimide, vous menace, vous demande d’aller plus vite, vous interdit de vous lever ou de parler avec d’autres ouvrières. Dans le second cas, vous êtes votre propre patron, vous vous mettez en permanence la pression pour produire plus vite dans des conditions épouvantables.
«Sur votre contrat, il est écrit que l’on doit travailler huit heures par jour, quarante-huit heures par semaine, selon les standards de l’Organisation internationale du travail. Mais aucun travailleur ou travailleuse de sweatshop ne fait cela ! Notre quotidien, c’est plutôt douze heures par jour, six jours voire six jours et demi sur sept, même les jours fériés. Et bien évidemment, sans aucun congé payé. Je n’ai pas de vie, pas de mari. J’habite dans un petit studio de 12 mètres carrés à vingt minutes à pied de l’usine avec toute ma famille qui m’a rejointe. On le loue 50 dollars par mois. Cinq de mes sœurs se tuent aussi à la tâche à l’usine. Je me lève tous les jours à 5 heures pour me préparer à manger. Je finis à 20 heures, je passe au marché, on mange et on se couche à 22 heures, terrassées par la fatigue.»

100 dollars

«Depuis que le salaire minimum dans le textile est passé à 100 dollars par mois en 2013, je gagne avec les heures sup, 140 dollars par mois. Impossible pourtant de manger correctement, d’avoir des enfants et encore moins d’épargner. Le midi, on a une pause d’une heure. Les ouvrières "riches" peuvent parfois s’acheter un en-cas à moins d’un dollar. Nous, on se contente d’un sachet de riz à moitié avarié dans lequel on trouve parfois des vers… Voilà pourquoi on milite pour être au moins payée 177 dollars par mois. Pour vivre un peu plus décemment. Pour certains réseaux, comme l’Asia Floor Wage Alliance, on devrait au moins toucher 283 dollars pour le minimum vital. Voilà pourquoi on s’est battus et pourquoi on a été autant réprimés en 2014 : quatre morts, trois disparus, 39 blessés…»
«Je couds depuis 2007 des pantalons dans l’usine Chang Sheng, qui produit pour le groupe Inditex (Zara) dans une usine. Il n’y a aucune sécurité, aucune hygiène, on est comme des poulets élevés en batterie. Quand on veut aller aux toilettes, on est mal vu. Les contremaîtres, tous chinois, nous insultent, ils nous disent : "On vous paie pas pour aller pisser." On ne peut s’absenter plus de cinq minutes. On n’a pas le droit de parler. Au bout de trois fois, on nous suspend pour une journée de travail. Ils nous traitent d’incultes, de paysannes, d’ignorantes. Ils nous disent que si on n’est pas content(e)s, d’autres attendent à la porte pour être embauché(e)s. Le confinement est total. Les fenêtres sont voilées pour éviter qu’on nous voie ou qu’on fasse passer de la marchandise. On se touche quasiment entre nous. Impossible de circuler : les allées sont bourrées d’habits cousus ou à faire. La chaleur est accablante, la ventilation défaillante. L’odeur d’égouts, de toilettes, reflue en permanence. La cadence est infernale. Et, pour ceux qui travaillent notamment sur les jeans, les solvants, les pesticides et autres produits chimiques provoquent des malaises, des maladies. En 2011, plus de 2 400 ouvrier(e)s se sont évanoui(e)s d’épuisement au Cambodge.»

14 juil. 2014

L'essor du textile appauvrit les ouvriers

Un reportage de Libération (ici, en français) nous emmène chez les ouvriers du textile au Cambodge. Le dynamisme du secteur aurait pu laisser croire que leurs conditions de travail n'étaient pas les pires qui soient mais il n'en est rien: à mesure que les carnets de commande se remplissent, les ouvriers s'appauvrissent.

Extrait


Après 10 heures à coudre des vêtements pour des marques occidentales, Ry Srey Bopha regagne la petite chambre qu’elle partage avec d’autres ouvrières d’une usine textile cambodgienne, avale quelques restes et s’allonge par terre pour dormir.
Comme beaucoup des quelque 650.000 travailleurs du secteur textile, en grande majorité des femmes, les journées de Bopha sont longues et épuisantes. Et elle ne voit que rarement sa fille de cinq ans élevée à la campagne par une grand-mère âgée.
«La vie dans les usines textile est très difficile», explique-t-elle à l’AFP. «Mais j’ai besoin d’argent, alors je dois juste être patiente».
Autrefois décrit comme un modèle, le secteur textile cambodgien en plein essor a vu les conditions de travail de ses ouvriers se détériorer, en parallèle avec l’augmentation du nombre d’usines.
 Photo Tang Chhin Sothy. AFP
L’argent et les commandes inondant l’industrie ces dernières années ont poussé à la création de nouveaux établissements «qui ne connaissent pas les règles légales (...) ou s’en moquent», souligne Jason Judd, du programme «Better Factories Cambodia» de l’Organisation internationale du travail (OIT).
De la mort de quatre ouvriers lors d’une grève violemment réprimée par la police en janvier aux évanouissements collectifs dans les usines, la réputation du secteur a été largement écornée, au point d’inquiéter certaines marques occidentales.

(...)

Elle travaille six jours par semaine, de 07h00 à tard dans la nuit, pour pouvoir joindre les deux bouts grâce aux heures supplémentaires, le tout pour environ 95 euros par mois, dont elle envoie plus d’un tiers à sa famille.

11 juin 2014

Les esclaves des crevettes

Un article de , en Songkhla et
Guardian (ici, en anglais) nous apprend que les crevettes de Thaïlande sont produites par des esclaves.

Quelques éléments:

- Des esclaves forcés à travailler gratuitement pendant des années sous la menace d'une violence extrême sont utilisés en Asie pour produire les fruits de mer vendus par les principaux supermarchés anglais, américain (Wall-Mart ...) ou européen (Carrefour, Aldi ...)

- Les hommes sont vendus et achetés comme des animaux et sont emmenés contre leur volonté sur des bateaux de pèche au large de la Thaïlande. Ils pèchent des crevettes.

- Les esclaves peuvent travailler jusqu'à 20 heures de suite, ils sont soumis à la torture et peuvent être abattus.

- 15 migrants de Birmanie et du Cambodge racontent aussi leur mise en esclavage. Ils ont été vendus 312€ au capitaine. [Selon cet autre article du Guardian ici, les esclaves seraient 95% moins chers qu'au cœur du XIXe]

- CP Foods (dont le chiffre d'affaire s'élève à 25 milliards €), la "cuisine du monde" vend ses crevettes à d'autres fermes et fournit les supermarchés internationaux. Cette compagnie a admis avoir recours à l'esclavage sur sa chaîne de production.

- La Thaïlande a produit 500.000 tonnes de crevettes, le gouvernement estime que près de 300.000 personnes travaillent dans l'industrie de la crevette - parmi lesquels 90% sont des migrants susceptibles d'être abusés et vendus en mer.

- La main d’œuvre manque dans le secteur de la pèche confronté à l'augmentation de la demande aux États-Unis et en Europe.

 - Des militants des droits de l'homme pensent que l'industrie de l'exportation de fruits de mer s'effondrerait sans l'esclavage. Le gouvernement agit peu.

Illustration reprise de l'article du Guardian



22 mai 2014

Rapport de la Confédération Internationale des Syndicats

L'Ituc (Confédération des syndicats, en français) a publié son atlas des pays selon le respect du droit de l'emploi (ici, en anglais). Cette organisation a un point de vue employiste (ce qui n'est pas très grave quand il s'agit d'information) et son classement repose sur des critères exclusivement législatifs, notamment des critères relatifs à la liberté syndicale (sauf la catégorie 5+, voir ci-dessous).

Ce biais n'est pas nécessairement inintéressant, il s'appuie sur un remarquable travail de fourmi mais il fait l'impasse sur les salaires (les salaires minimums, les salaires sociaux ou les salaires effectifs), sur la quantité horaire de travail, sur les congés payés, sur les limites à la propriété lucrative, sur les considérations écologiques, sur le harcèlement qui sont au cœur de l'entreprise actuelle.

  • Le classement

La catégorie 5+ reprend les pays en guerre où l'État ne peut faire appliquer la loi - la législation sociale n'a plus lieu d'être dans ces pays.

Centrafrique, Libye, Palestine, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Syrie, Ukraine

On comprend l'intérêt des employeurs à faire entrer l'Ukraine dans un espace de concurrence libre et non faussée!

La catégorie 5 reprend les pays où l'emploi est un enfer. Le droit social existe éventuellement mais il n'est pas appliqué et les travailleurs sont confrontés à l'arbitraire, à l'autocratie patronale la plus débridée.

Algérie, Bangladesh, Biélorussie, Cambodge, Chine, Colombie, Côte d'Ivoire, Égypte, Fidji, Grèce, Guatemala, Inde, Laos, Malaisie, Nigeria, Philippine, Qatar, Corée, Arabie Saoudite, Swaziland, Turquie, Émirats Arabes Unis, Zimbabwe, Zambie 
Exploit remarquable pour l'Europe de la paix, pour l'Europe sociale puisque l'un de ses membres se retrouve dans la catégorie des pays de l'emploi les plus pourris.

La catégorie 4 reprend les pays dans lesquels il y a des violations de droits systématiques, dans lesquels les droits sociaux sont menacés par les gouvernements ou les entreprises.

Argentine, Bahreïn, Botswana, RD Congo, Salvador, Haïti, Honduras, Hong-Kong, Indonésie, Iran, Irak, Jordanie, Kenya, Koweït, Liban, Mali, Mauritanie, Maurice, Mexique, Maroc, Myanmar, Népal, Oman, Pakistan, Panama, Pérou, Sierra Léone, Thaïlande, États-Unis d'Amérique, Yémen

On remarquera que les frères ennemis: Iran-Irak ou États-Unis-Pakistan se réconcilient quand il s'agit de bafouer les droits syndicaux.

La catégorie 3 reprend les pays dans lesquels les gouvernements ou les compagnies interviennent contre les droits des travailleurs, droits souvent lacunaires.

Australie, Bahamas, Bénin, Bolivie, Brésil, Bulgarie, Burundi, Canada, Tchad, Chili, Costa-Rica, Djibouti, Équateur, Éthiopie, Géorgie, Ghana, Israël, Lesotho, Madagascar, Mozambique, Namibie, Paraguay, Pologne, Portugal, Congo, Roumanie, Singapour, Sri Lanka, Taïwan, Tanzanie, Ouganda, Grande-Bretagne, Venezuela

La catégorie 2 reprend les pays dans lesquels les droits existent mais sont compromis dans leur exercice par les attaques répétées du gouvernement ou des compagnies.

Albanie, Angola, Belize, Bosnie-Herzégovine, Burkina-Faso, Cameroun, Croatie, République Tchèque, Dominique, Hongrie, Irlande, Jamaïque, Japon, Lettonie, Macédoine, Malawi, Moldavie, Nouvelle-Zélande, Russie, Rwanda, Sénégal, Serbie, Espagne, Suisse

La présence de la Suisse dans cette catégorie prouve qu'il ne suffit pas d'être un pays riche pour que les droits syndicaux soient respectés. Ce pays fait d'ailleurs son entrée dans cette catégorie du fait de la dégradation des droits syndicaux là-bas.

La catégorie 1 reprend les pays où les travailleurs jouissent de la liberté d'association et, généralement, ont des droits respectés.

Barbade, Belgique, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Islande, Italie, Lituanie, Monténégro, Pays-Bas, Norvège, Slovaquie, Afrique du Sud, Suède, Togo, Uruguay.

La présence de la Belgique dans cette catégorie interroge la finesse d'une étude basée sur les témoignages syndicaux: la liberté syndicale y est fortement entravée puisque, pour créer un nouveau syndicat qui soit un interlocuteur social, il faut un nombre minimum de membres (60.000). Cette règle limite la représentation syndicale aux trois grands syndicats, des syndicats d'État inscrits dans une logique de concertation, très peu combatifs. La FGTB, par exemple, a, à plusieurs reprises, exclu des membres trop intègres dans leur lutte pour les travailleurs. Ces syndicats ne vont évidemment pas faire rapport de leurs propres pratiques anti-démocratiques.

D'autre part, en Belgique toujours, ce sont les syndicats qui détiennent les mandats de la délégation et non les délégués de sorte que la hiérarchie syndicale prend l'habitude de se débarrasser des délégués trop remuants, ce sont les permanents qui décident pour les délégués et, au sein des permanents, ce sont les responsables qui décident. Cette façon de faire obère la démocratie sociale de manière particulièrement voyante quand les secrétaires généraux des syndicats passent dans des partis politiques ou quand leur conjoint occupe une place de choix dans les structures partisanes.

  • Cinq pays
Le rapport fait ensuite le tour de cinq pays exemplaires de leur niveau de liberté syndicale.

Le Cambodge (5) utilise la violence armée contre les revendications légitimes des travailleurs. Ils travaillent dans des conditions dangereuses, sont menacés, etc.

 Le Koweït (4) dont les immigrés connaissent des conditions de travail particulièrement pénibles intimide et menace les représentants syndicaux et les organisateurs de grèves légales.

Le Ghana (3) en dépit d'un cadre légal favorable ne combat pas les discriminations et restreint le droit de grève.

En Suisse (2), les droits des représentations des travailleurs sont souvent sapés par sous-informations des intéressés. Les délégations syndicales demeurent marginales.

Le droit d'association et de grève est pleinement reconnu en Uruguay (1). Les syndicats n'en rapportent aucune plainte et, logiquement, ce pays accède à la première catégorie. Ce pays connaît pour le moment une forte mobilisation pour le salaire chez les enseignants - mobilisation qui n'est pas entravée.

2 mai 2014

Accaparement et ateliers

France 24 nous emmène dans un webdocu très bien fait ici au Cambodge: photo, interview, texte et vidéo au menu (déroulant).

Pour le textile, il y est question des salaires faméliques (portés à 100$ récemment), de la répression policière, des mouvements sociaux, des semaines de 6 jours, de 7h30 à 18h et d'un patron qui trouve les ouvriers cambodgiens paresseux.

Pour l'accaparement, il est question de paysans sans titre de propriété expulsés manu militari pour faire du sucre. Une usine, quelques emplois (et beaucoup de terres accaparées laissées en friche), des paysans jeté en prison et ... sans terre.


Bilan du premier mai


Le Matin (ici, en français) fait le bilan des enjeux du premier mai de cette année. Résumé.

 Au Cambodge, les syndicats ont appelé à manifester pour soutenir les ouvriers du textile - ils gagnent généralement moins de 100€ par mois.

En Indonésie, en Malaisie mais aussi dans les économies parmi les plus développées de la région, à Hong Kong, Singapour, Séoul ou Taïwan, il s'agit de dénoncer l'inflation qui augmente les inégalités.

En France, les syndicats manifestent en ordre dispersé.

En Espagne, le chômage record stimulera des manifestations dans plus de 70 villes.

À Moscou, les syndicats organiseront des manifestations sur la place rouge, comme à l'époque soviétique.

Les défilés sont attendus en Grèce ou en Italie, pays marqués par l'austérité la plus brutale.

La place Taksim a été transformée en camp retranché avec 40.000 policiers déployés. L'enjeu politique en Turquie demeure vif après la répression des manifestations place Taksim ce printemps.



4 avr. 2014

Note de lecture - Cambodge

Nous vous résumons quelques points saillants sur la situation au Cambodge à partir d'un article de Philippe Revelli paru dans Le Monde Diplomatique d'avril 2014 disponible en kiosque. Notre résumé est forcément partiel et partial, nous recommandons la lecture de cet article accessible dans le mensuel.

La répression au Cambodge, les soulèvements politiques cachent une situation sociale encore plus insurrectionnelle et encore plus réprimée.

Le pays est en croissance forte (7 à 8%) mais un tiers des Cambodgiens continuent à vivre avec moins de 1,5 $ (1,15€) par jour.

Les secteurs en croissance sont surtout la confection, le tourisme et l'agro-industrie.

- Le textile reste très attractif pour les investisseurs parce que les salaires demeurent misérables et que les conditions de travail sont exécrables en dépit d'une lutte ouvrière très forte, de grèves à répétition.
le salaire minimum a été doublé en février dernier à 100$ (77€, presque le niveau de l'Ukraine) et reste très en dessous du minimum vital de 157 à 177$ (à peu près 130€, au delà du niveau de l'Ukraine) selon le ministère du travail.
le travail se fait souvent dans des conditions d'insalubrité, 85% des entreprises ont recours à plus de heures supplémentaires par jour. 65% des ateliers sont surchauffés, des bâtiments s'effondrent, comme au Bangladesh.
- L'agro-industrie accapare les terres agricoles (ce que nous appelons l'enclosure).
Trois millions d'hectares (16,6% du territoire) sont passés dans les mains d'entreprises agroalimentaires d'hévéa ou de canne à sucre, notamment.

- Le secteur touristique envahit les réserves naturelle et s'accapare lui aussi des terres précieuses. Les projets immobiliers mégalos détruisent les quartiers populaires.

Sources en ligne de l'article:
betterfactories.org (en cambodgien)
cchrcambodia.org (en anglais)

17 mars 2014

Réveil des luttes en Asie

En lien, une vidéo en français, ici de la série Les Grands Reportages.

Les ouvriers chinois dénoncent les dangers que leur font courir leurs employeurs, ils réclament une sécurité sociale, du temps libre ou un salaire.

On ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec les aspirations des gens ici ou ailleurs.

Comme les syndicats ne font pas leur travail de défense des ouvriers, ce sont des avocats aux pieds nus qui le prennent en charge, comme ils peuvent, dans le silence de la résistance et de l'engagement.

Les patrons répercutent les gains salariaux (ils en sont à 200€) et augmentent les prix ou délocalisent au Cambodge (50€ de salaire) puis au Bangladesh.

Mais, dans tous ces pays, les luttes sociales rudement réprimées paient et, peu à peu, s'ébauchent un droit et une lutte sociales.

13 janv. 2014

Accaparement

L'accaparement des terres, c'est leur achat par ceux qui ont de l'argent au détriment de ceux qui les cultivent sans titre de propriété. C'est ce que Polanyi appelait l'enclosure.

Agnès Stienne illustre ce phénomène vieux de trois siècle mais toujours actuel.

Mais rassurez-vous: les autorités des pays concernés ont promis ... que l'accaparement créerait des emplois.

4 janv. 2014

L'armée contre les grèvistes au Cambodge

Nous apprenons dans un article de Think Progress (ici).

Une centaine de soldats ont cassé la grève dans le textile à coup de gaz lacrymogène et de bâtons. Les ouvrières ont été chassées de l'usine qu'elles occupaient par centaines. 

Crédit AP
Les ouvrières du textile ont fait une grève d'une semaine pour réclamer un doublement du salaire minimum (ce qui le porterait à 115€), contre la décision du gouvernement de l'augmenter de 19% à 70€. Cette grève suivie par 300.000 travailleuses fait suite à la diminution des salaires de 20% entre 2001 et 2011. L'industrie textile locale a engrangé un bénéfice de 3,9 milliards € sur les onze premiers mois de l'année dernière, en augmentation de 20%, lui aussi. 


17 déc. 2013

L'aiguillon de la nécessité provoque le mécontentement au Cambodge

Un article du Guardian en anglais ici explique les raisons du mécontentement social au Cambodge. Rien de très exotique: des profits énormes, des salaires faméliques et des conditions de travail pires que l'esclavage.

Les employeurs paient les employés une misère, les font travailler un maximum et, quand ils ne sont plus capables de travailler, les jettent - ce qui les rend plus avides que les propriétaires d'esclaves qui doivent s'assurer du maintien de la valeur de 'leur' main-d’œuvre.

Les grèves dans le secteur ont bondi de 170% entre 2010 et 2012 dans un secteur qui comprend plus de 400 usines à travers le pays, qui emploie 400.000 personnes, à 90% des femmes, et qui affiche un chiffre d'affaire de 1,5 milliards de dollars.

En mai 2013, les salaires sont passés de 60 à 75$ par mois (quelques 50€) mais cette augmentation n'a pas bénéficié aux travailleurs puisqu'elle a été absorbée par une augmentation des loyers et de la vie.

Ken Loo, le président de l'association du patronat des manufactures locales a bien sûr évoqué la sacro-sainte concurrence pour éviter le doublement des salaires que réclame l'opposition.

Rien d'exotique, donc, la guerre pour l'emploi et les actionnaires, contre les salaires et les producteurs utilise les mêmes arguments déflationnistes là-bas et ici.

Ce qu'ils font à l'une d'entre nous, ils le font à nous tous.

9 déc. 2013

L'emploi tue à balle réelle

In memoriam

Nous apprenons le meurtre par des policiers d'une des nôtres au Cambodge. Elle manifestait avec ses camarades, pour le droit, le droit de vivre décemment, le droit au salaire. La manifestation a mal tourné, les policiers ont tiré à balles réelles.


Affection, amitiés, condoléances et, çà et là comme l'espoir de semer quelque chose contre cette barbarie criminelle.

vidéo





commentaires de Euronews

Une femme a été tuée mardi au Cambodge lors d’une manifestation d’ouvriers du textile. La manifestation a dégénéré quand plusieurs centaines de manifestants ont décidé de rallier la résidence du Premier ministre. La police aurait répliqué aux jets de pierres par des tirs à balle réelle, selon des témoins. Les manifestations se multiplient au Cambodge pour dénoncer les conditions de travail dans l’industrie du textile, qui emploie 650 000 ouvriers.