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22 févr. 2015

Le fléau de l'emploi chez les enfants

Selon un article du Courrier des Balkans (ici), le travail en emploi des enfants est un véritable fléau au Kosovo.

Nous rappelons que le travail en emploi est également nuisible aux adultes et, d'ailleurs, aussi bien à l'économie qu'à la qualité de l'ouvrage. Nous rappelons que la liberté économique, l'abrogation de la propriété lucrative sont décidément des idées efficaces.

Extrait
Sevdije Morina, une mère de cinq enfants, vit dans le village de Vrajak au Kosovo. Ses enfants l’aident aux travaux de la ferme, ils récoltent les oignons et les raisins. « J’ai été obligée d’arrêter de les envoyer à l’école pour qu’ils travaillent plus dans les champs et dans la vigne ». Les enfants manipulent des pesticides et utilisent des outils dangereux. Haxhere, une fillette de 12 ans se rappelle bien des accidents « On s’est blessés plusieurs fois en binant les champs. Une fois, je me suis coupé à la main avec une hache ». « Et comme nous n’avons pas de voiture, ni d’autres moyens de transport, nous avons du faire les six kilomètres à pied pour emmener les enfants à à l’hôpital de Ratkoc », précise sa mère.

(...)
Pour les dizaines d’enfants qui trient et ramassent les ordures dans la décharge de Koshtova, un petit village près de Mitrovica, les conditions de travail sont encore plus dures que pour les enfants de Sevdije Morina. Ils se blessent en triant les ordures ou en courant après les camions qui arrivent à la décharge. Ils courent parce que celui qui arrive le premier ramasse tout et peut remplir son sac. Tout le monde accepte cet accord tacite parce qu’il évite les bagarres entre les enfants.
Labinot Berisha, un syndicaliste, qui travaille auprès du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, en coopération avec des organisations non gouvernementales, essaie d’aider ces mineurs. « Travailler régulièrement sur une décharge est devenu normal pour ces enfants et cela me préoccupe beaucoup », lâche-t-il. D’autres gamins passent leurs journées dans la rue à mendier mendiant ou à vendre à la sauvette divers objets. « La police intervient car ce travail est lié à des activités illégales », admet un policier de Mitrovica, mais il n’y a pas que la police qui harasse ces enfants. Ils doivent aussi faire face à la pression de leurs familles qui exigent d’eux qu’ils rapportent de l’argent à la maison. « Le stress est considérable pour ces enfants. Il s’accumule sur des années provoquant insomnies, inattention à l’école et parfois des problèmes psychologiques encore plus graves, comme la dépression », explique Natyra Agani, une psychologue de Pristina.
Le BIT et le ministère du Travail et des Affaires sociales essaient de trouver des solutions d’urgence. « Ce n’est pas parce que le travail des enfants est lié aux questions de pauvreté et de chômage que nous devons nous satisfaire de solutions à long terme pour éliminer ces deux fléaux », s’agace Lindita Boshtrakaj, responsable du programme national du BIT pour les enfants au Kosovo. « Le travail des enfants en vue d’apporter un soutien financier aux familles est inacceptable. Les autorités publiques, les communautés, les familles ont toutes une part de responsabilité et elles devraient agir pour combattre ces abus et violences faites aux enfants ».
« Il reste beaucoup à faire »
Jusqu’à présent, le programme du BIT a conduit à la mise en place d’un plan d’action pour la prévention et l’élimination des formes les plus brutales de travail des enfants. La démarche est de renforcer la responsabilité des autorités publiques et des organisations patronales et syndicales pour trouver des solutions au travail des mineurs et faire prendre conscience aux communautés et aux familles de la gravité du problème. La circulaire 05/2013 sur la prévention et l’interdiction du travail dangereux pour les enfants a été approuvée en juillet 2014. Elle établit une liste des travaux élaborés avec l’aide du BIT. Depuis mars 2013, les membres de la Chambre de commerce du Kosovo sont obligés de respecter les quatre principes fondamentaux du BIT : le droit d’association et les négociations collectives, l’élimination du travail des enfants, du travail forcé et de la discrimination au travail. « Quand il s’agit du travail des enfants, nous nous ne pouvons jamais dire que nous en avons fait assez », souligne néanmoins Behxhet Gaxhiqi.
À la suite de ces rapports, une quarantaine d’entreprises ont adopté des codes de conduite pour combattre le travail des enfants tandis que la Chambre de commerce a approuvé sa Stratégie 2014-2020 pour la prévention et l’élimination du Travail des Enfants. En complément, les questions relatives à la santé et la sécurité au travail seront incluses dans les programmes solaires. Un ces programmes a été préparé par le BIT et approuvé par le ministère de l’Éducation et de la Technologie. Il sera enseigné dans les établissements scolaires primaires et secondaires pour l’année scolaire 2015-2016. Le ministère de l’Agriculture, des Forêts et du Développement rural a aussi inclus dans ses services de conseil aux agriculteurs des modules sur les dangers du travail des enfants dans les champs. Mais pour Behxhet Gaxhiqi, « il reste encore beaucoup à faire pour améliorer nos interventions et mettre fin aux formes les plus dangereuses du travail des enfants ».

10 févr. 2015

L'emploi contre l'avenir

Selon un article de Belgzim Kamberi dans le Courrier des Balkans (ici, en français), les Kosovars fuient leur pays parce qu'il n'y a rigoureusement aucune perspective d'avenir là-bas. Le chômage de masse prive les producteurs de toute participation légitime à l'économie. Nous rappelons que le chômage est l'autre face de l'emploi, de la qualification des postes par des propriétaires lucratifs.

Extrait

Émeutes dans les rues de Pristina, exode massif vers l’Union européenne : la « normalisation » attendra. Le Kosovo est toujours le théâtre d’une double faillite, celle de la communauté internationale, et celles des élites politiques locales, corrompues et prédatrices. Décryptage avec le sociologue Dukagjin Gorani.

Ancien conseiller politique d’Hashim Thaçi, Dukagjin Gorani est sociologue et journaliste.
Le Courrier des Balkans (CdB) : Comment comprendre le nouvel exode des Albanais du Kosovo ?
Dukagjin Gorani (D.G.) : Ceux qui quittent le Kosovo sont les sans–emploi, les chômeurs, les diplômés qui ne trouvent pas de travail. Cela fait des années que des centaines de personnes se bousculent pour le moindre misérable poste, qui s’obtient le plus souvent par relation, cousinage, loyauté politique ou régionale. Ce système a submergé totalement l’idée de mobilité sociale, qui suppose pour chaque individu la possibilité de trouver sa place dans la société grâce à son travail et à son engagement professionnel. Pendant toutes ces années, des milliers de personnes n’ont pas eu la possibilité de faire partie du cercle fermé de l’élite au pouvoir, qui contrôle totalement une administration publique hypertrophiée, gardant la main sur les embauches et les contrats juteux. Enfin, la paralysie politique de 2014 a révélé une situation totalement sans espoir pour notre société, mise en coupe réglée par des bandes politiques qui s’entredéchirent. Peu de responsables politiques ont compris les effets dévastateurs de ce blocage de six mois, de cette longue période de trahison de la démocratie. Notre société est à bout de nerfs et de patience, et on en voit les conséquences dans les autobus remplis de milliers de Kosovars qui, chaque jour, quittent leur pays.

25 janv. 2015

Les mineurs sont remontés

Au Kosovo, les gens manifestent pour la renationalisation de la mine de Trepca.

Nous soutenons bien sûr ce mouvement mais suggérons d'aller plus loin: rien ne sert de remplacer un employeur privé par un employeur public, il ne faut plus d'employeur du tout. Pour ce faire, les mineurs devraient avoir un salaire à vie et gérer ensemble leur mine.

Extrait de l'article de Hysni Bajraktari dans le Courrier des Balkans (ici, en français).

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 7.000 selon la police, ont défilé samedi dans les rues de Pristina contre le gouvernement du Kosovo, à l’appel du mouvement d’opposition Vetëvendosje et de l’organisation Thirrjet e nënave (« L’appel des mères »), formée par les mères des disparus de Gjakova/Đakovica.
Les manifestants réclamaient le limogeage du ministre serbe du gouvernement du Kosovo Aleksandar Jablanović, ainsi que l’adoption de la loi de renationalisation du combinat Trepça de Mitrovica. « Le Premier ministre Isa Mustafa a 48 heures pour limoger Aleksandar Jablanović et pour voter la loi sur Trepca qui deviendra une compagnie publique sous la gestion du Parlement du Kosovo », a déclaré Albin Kurti, le dirigeant de Vetëvendosje, en appellant les manifestants à se rasembler de nouveau mardi prochain.

6 mai 2014

Le chômage et l'emploi contre le salaire et la qualification

Au Kosovo aussi, le chômage de masse sert d'arme contre les travailleurs. Extrait du reportage d'Anita Kadriu et Besiana Xharra sur le Courrier des Balkans (ici).

Congés de maternité non respectés, heures supplémentaires non rémunérées, salaires non payés, licenciements abusifs... Dur dur les conditions de travail au Kosovo, un pays où le taux de chômage dépasse 40 %.
(...)

Au Kosovo, pays le plus pauvre d’Europe, même ceux qui travaillent le font dans des conditions déplorables. Leurs droits, en théorie garantis par la loi, sont constamment bafoués. Alors que partout dans le monde, les travailleurs expriment leur mécontentement le 1er mai, ici, les syndicats ont organisé une fête. Cette année, seuls les employés de la Corporation énergétique du Kosovo (KEK) ont manifesté en signe de protestation. « Si nos revendications ne sont pas entendues et que nous ne recevons aucune réponse des institutions, alors nous ferons grève », a prévenu le dirigeant du syndicat des travailleurs Izet Mustafa.

Chaque année, des travailleurs de la KEK trouvent la mort ou sont blessés faute de mesures de protection suffisantes. Certains, devenus handicapés, ont été remerciés sans autre forme de procès. Les familles ont attaqué la KEK en justice, mais les dossiers s’empilent et rien ne bouge. La situation n’est guère meilleure parmi les travailleurs du consortium Bechtel-Enka chargé de la construction des autoroutes du Kosovo. Douze heures de travail par jour payées 1,35 euros, un seul repas par jour, un jour de congé par mois. Les soins médicaux ne sont pas remboursés. Pire : des travailleurs ont été licenciés alors qu’ils devaient se rendre chez le médecin. Ici encore, aucune sanction n’a été prise par l’État contre cette entreprise.