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19 déc. 2016

Esclavagisme d'enfants sur vos tartines

L'Humanité relaie un appel d'Amnesty qui dénonce les conditions d'emploi des enfants dans la culture d'huile de palme, cette huile bon marché que l'on retrouve dans le chocolat et sur les pâtes à tartiner.

Ce qui est incroyable, c'est que n'importe qui se rendrait coupable de ces crimes (esclavagisme aggravé sur mineur), il volerait immédiatement en prison. Parce que ce sont des propriétaires lucratifs, on ne demande pourtant pas de compte aux malfaiteurs-actionnaires.

Extrait de l'article disponible ici:
Amnesty international s'est entretenue avec 120 travailleurs employés dans des plantations de palmiers à huile appartenant à deux filiales de Wilmar, et trois fournisseurs de cette société à Kalimantan et Sumatra, deux régions d'Indonésie qui produisent de grandes quantités de cette huile végétale, pour établir son rapport intitulé "le grand scandale de l'huile de palme: des abus en matière de travail derrière des grandes marques". Parmi les abus constatés par l'ONG, des enfants âgés de 8 à 14 ans transportent des sacs pesant de 12 à 25 kilos et travaillent sans équipements de protection dans des plantations où des pesticides toxiques sont utilisés, observe Amnesty. Certains quittent l'école pour toute ou partie de la journée pour aider leurs parents dans les plantations, ajoute l'ONG. 
"Des sociétés ferment les yeux sur l'exploitation de travailleurs dans leur chaîne de fabrication" et "des grandes marques continuent de profiter de pratiques illicites déplorables", souligne l'ONG dans ce rapport. Elle s'appuie sur des investigations effectuées dans des plantations de palmiers à huile en Indonésie, appartenant au géant singapourien des matières premières agricoles Wilmar. "Des grandes sociétés comme Colgate, Nestlé et Unilever assurent les consommateurs que leurs produits sont composés d'+huile de palme durable+", c'est-à-dire qui prévient la déforestation, respecte l'environnement et les populations locales, alors qu'il n'y a "rien de durable dans l'huile de palme produite en faisant travailler des enfants et en ayant recours à des travaux forcés", relève Amnesty.
Des femmes sont contraintes de travailler pendant de longues heures sous la menace de réduction de salaire, et sont payées moins que le salaire minimum, gagnant seulement 2,50 dollars (2,30 euros) par jour dans les cas extrêmes, selon la même source.

6 nov. 2016

Une ladrerie employiste criminelle

In memoriam

Le syndicat Industry Global Union fait part d'une grève au Pakistan. Les producteurs manifestent contre un accident mortel provoqué par le manque d'investissement dans la sécurité.

La rapacité au gain est indiscutablement criminelle. Courage aux familles et aux proches des victimes.

Ce qu'ils font à l'un(e) d'entre nous, ils nous le font à tous, à toutes

Extrait de l'article (ici, disponible en français, espagnol, anglais et russe), nous surlignons
Le bilan de l’incendie sur le chantier de démolition navale de Gadani est passé à 21 morts avec pas moins de 150 personnes toujours prises au piège sur le navire en feu.
Un incendie fait rage à bord d’un pétrolier sur le chantier de démolition navale de Gadani, au Pakistan, avec toujours prisonniers à l’intérieur des travailleurs dont on estime que le nombre pourrait aller jusqu’à 150. Un réservoir de gaz a explosé à l’intérieur du pétrolier ce mardi et les pompiers luttent pour maîtriser le brasier.
Nos affiliés rapportent que les efforts menés pour secourir les travailleurs pris au piège ont été vains et que les pompiers n’ont pas à disposition la mousse nécessaire pour lutter contre un incendie d’origine chimique. 70 travailleurs sont à l’hôpital, dont 15 en état critique avec de graves brûlures.
La Fédération nationale des syndicats du Pakistan (NTUF) a appelé à trois jours de grève et de deuil sur les chantiers navals qui emploient environ 9.000 travailleurs.
La NTUF a l’intention de poursuivre pour meurtre les propriétaires du navire ainsi que l’opérateur et de déposer une requête constitutionnelle auprès de la plus haute cour de justice contre les départements ministériels responsables, dont ceux du travail, de la sécurité sociale et de l’environnement.
Ce pétrolier avait été construit en 1982 au Japon et est arrivé sur la parcelle n°54 du chantier de Gadani le 15 octobre, avec 250 travailleurs prévus pour son démantèlement. Ce navire avait des propriétaires indonésiens avant d’être vendu à l’entreprise Ghafoor de démolition de navires de Gadani, mais son immatriculation avait été transférée à Djibouti quelques semaines avant son arrivée. À ce stade, le nom du navire avait été changé de Federal 1 à Aces.
L’explosion s’est produite en raison de la présence de gaz inflammables et toxiques à l’intérieur des réservoirs de carburant du navire. On a forcé les travailleurs à en entamer le démantèlement avant que le réservoir n’ait pu être nettoyé et débarrassé des résidus de carburant.
Le démantèlement d’un navire est effectué au moyen de chalumeaux au gaz, ce qui a conduit à ce désastre. La déflagration a été si intense que l’on a pu voir de lourdes plaques de métal traverser les airs pour être retrouvées jusqu’à deux kilomètres du lieu du sinistre.

6 avr. 2015

Le paradis de l'employeur

Nous avons trouvé le paradis de l'employeur contemporain auprès duquel Carrefour, Foxconn-Appel, Bouygues, Walmart ou Ryanair passent pour des humanistes:

- pas de droit du travail
- pas de salaire
- pas de syndicat
- pas de grève.


Selon Slate (ici, en français, j'ai retiré quelques fautes),

Pendant un an, des reporters de l'agence de presse américaine ont recueilli les témoignages d'une quarantaine de pêcheurs birmans en situation d'esclavage dans l'île reculée de Benjina en Indonésie. Vendus par des trafiquants pour environ 900 euros, ces hommes travaillaient plus de 20 heures par jour sans salaire ou pour des sommes dérisoires. Ceux qui n'étaient pas assez efficaces étaient battus ou mis en cages, et aucun n'avait le droit de quitter l'île.
Vendredi dernier, après qu'Associated Press avait publié en mars un long article sur le sujet, des membres du gouvernement indonésien se sont rendus sur l'île et après plusieurs entretiens confirmant les conclusions des journalistes, ils ont procédé à une évacuation des travailleurs. Plus de 300 sont immédiatement partis.
«Certains étaient tellement malades et maigres qu'ils trébuchaient ou devaient être portés sur la passerelle menant au bateau» écrivent les journalistes Robin McDowell et Margie Mason.
Parmi les employés de cette entreprise de pêche thaïlandaise, il y avait même un salarié payé exclusivement pour battre et terroriser les pêcheurs. La société en question, nommée Pusaka Benjina Resources, est enregistrée comme indonésienne, mais tous les capitaines de bateaux sont thaïlandais. Or les bateaux étrangers ne sont pas autorisés à pêcher dans les eaux indonésiennes.
Les journalistes avaient également suivi le parcours des cargaisons de poissons, transportées jusqu'en Thaïlande, et qui se retrouvaient ensuite parfois vendues dans les grandes surfaces américaines.
L'enquête de l'Associated Press était ciblée sur l'île de Benjina, mais le problème est plus vaste. Fin mars l'Organisation internationale pour les migrations a annoncé qu'il y avait environ 4.000 hommes en situation d'esclavage dans les îles tropicales des alentours.

22 févr. 2015

L'huile de palme, une catastrophe subventionnée

La culture de l'huile de palme ravage la forêt primaire en Indonésie. Les libéraux ont beau jeu d'invoquer sa rentabilité, la demande du marché, etc. Pourtant, le gouvernement finance massivement le secteur (à hauteur de un milliard d'euros, tout de même).

Cette subvention aux tronçonneuses fait hurler les écologistes qui organisent leur pétition contre cette forfaiture (ici, en anglais).

Nous rappelons que l'huile de palme est utilisée dans l'industrie alimentaire comme produit pas cher. Ce produit peut être facilement remplacé par d'autres produits traditionnels légèrement plus chers. L'huile de palme est bon marché parce que la main d'oeuvre des pays dans lesquels elle est produite est payée une misère.

C'est donc la guerre aux salaires (et la guerre pour les profits, le taux de profit) qui pousse les tronçonneuses à éradiquer la forêt vierge.

Pour surmonter cette contradiction, il est nécessaire de garantir un salaire hors emploi aux populations productrices d'huile de palme. L'avidité sera alors extraite de l'équation, ce qui permettra de réfléchir à une utilisation plus intelligente des ressources naturelles et de préserver les forêts primaires.

24 déc. 2014

Des travailleurs chocolat bleu pâle

Simon Gouin fait le bilan de l'industrie du chocolat en cette période de fin d'année sur le site de Basta. L'industrie du chocolat ne gâte pas plus les travailleurs et les populations locales que ne le fait l'industrie des accessoires de noël en Chine. Des régions entières voient leurs ressources disparaître; les producteurs voient leurs conditions de travail sombrer dans la barbarie.

Extrait de l'article disponible ici

Le chocolat ou la forêt

Le premier défi est environnemental. La culture du cacao se fait au détriment de la forêt. Les coûts de production sont élevés : il faut du temps, de la main d’œuvre, un enrichissement des sols. Après une vingtaine d’années d’exploitation, une fois les cacaoyers épuisés, les paysans se tournent vers de nouvelles terres. Sous la forêt, le sol est encore fertile. 14 millions d’hectares auraient été coupés en Côte d’Ivoire pour y planter de nouveaux cacaoyers, soit l’équivalent de quatre grandes régions françaises. Un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement estime que pour maintenir la production actuelle, il faudrait raser environ 6 millions d’hectares supplémentaires dans les prochaines années. Les forêts du Cameroun sont convoitées. Celles du Vietnam et d’Indonésie aussi.
A cela s’ajoute un défi social. Depuis 1950, le prix du cacao n’a cessé de baisser. « Aujourd’hui, le cacao ne vaut même plus la moitié de ce qu’il valait il y a trente ans », note la Déclaration de Berne. Face à des revenus toujours plus faibles, nombreux sont les producteurs de Côte d’Ivoire, d’où vient 40% du cacao mondial, à se diriger vers d’autres métiers ou à abandonner leur terre. « Les familles devraient en moyenne gagner dix fois plus qu’aujourd’hui pour atteindre le seuil de pauvreté », estime la Déclaration de Berne à propos de la Côte d’Ivoire. Des prix bas, très bas, mais aussi très fluctuants. « Le prix peut descendre de 30% du jour au lendemain comme à l’automne 2011 », explique Christophe Alliot, du Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (Basic). Cette variation entraîne une forte incertitude pour des paysans qui sont désormais touchés par les aléas du changement climatique.

230 000 enfants dans les plantations 

La culture du cacao manque de paysans. Malgré l’utilisation d’insecticides, de fongicides et d’engrais, le cacao nécessite beaucoup de main d’œuvre, que les machines ne peuvent remplacer. Qui assure une partie du travail ? Les enfants. En 2009, on estimait qu’ils étaient environ 230 000 à travailler dans les plantations de Côte d’Ivoire et du Ghana. 15 000 seraient des enfants esclaves. Forcés à travailler le jour. Enfermés la nuit pour éviter qu’ils ne s’échappent.
Au début des années 2000, cette question du travail des enfants a mobilisé les opinions internationales. Les États-Unis ont mis en place le protocole Harkin Engel, du nom de deux de leurs représentants. L’objectif : obliger l’industrie du chocolat à agir pour supprimer le travail des enfants d’ici 2005. Mais l’accord est volontaire et non-contraignant. Le délai est finalement prolongé. Les déclarations se suivent ; les actes se font attendre. En 2014, le travail des enfants est toujours une réalité dans les plantations d’Afrique de l’Ouest. Pourquoi un tel échec ? « Le problème reste économique et social, estime Christophe Alliot. Tant que les familles de paysans n’ont pas de quoi vivre, le travail forcé des enfants est un fléau très difficile à endiguer. »

6 nov. 2014

Violences contre les travailleuses du sexe

Le Guardian est allé enquêter dans les quartiers interlopes de Hong Kong. Les travailleuses du sexe y vivent une violence quotidienne. Cette violence est liée à leur précarité économique, à l'aiguillon de la nécessité.

Nous rappelons que nous ne sommes ni pour l'autorisation de l'exploitation humaine de la prostitution ni pour l'interdiction de ce type d'activité. Nous sommes pour l'émancipation des travailleurs par le salaire et, en l'occurrence, pour le salaire inconditionnel à la qualification pour les travailleuses du sexe qui leur permette d'exercer librement (ou non) leurs activités sans pression financière, sans aiguillon de la nécessité.

Résumé, extrait, traduction (article en anglais ici)

La zone de Wan Chai à Hong Kong est un condensé du capitalisme le plus sauvage. Lockhart Road est une zone mal famée et un débit de boisson pour les expatriés. C'est là que sont les bars à hôtesses et les pubs anglais traditionnels. Les femmes se tiennent debout dehors, sous les néons; elles bavardent avec des clients potentiels. Au coin de la rue, des Gambiens et des Nigérians vendent de la cocaïne.

La prostitution est légale à Hong Kong mais manque souvent d'encadrement. Selon le manager d'un bar, les "filles" viennent à Hong Kong avec un visa de tourisme de six mois. Elles peuvent avec un peu de chance gagner près de 20.000€. Les boissons au bar à hôtesses coûtent plus de 30€; la "fille" touche une commission, les services sexuels sont en plus. Pour le moment, le commerce ne marche pas très bien.

La plupart des travailleuses du sexe à Wan Chai sont des indépendantes. Elles ne sont pas liées à un bar ou à un quartier en particulier. Elles viennent souvent comme travailleuses domestique à Hong Kong. Le dimanche, leur jour de repos, Lockhart Road se remplit de femmes cherchant un supplément à leur maigre 40€ de revenus mensuels. Les pressions financières sont énormes selon des ONG locales. Elles doivent souvent payer des commissions substantielles à des agences. Elles sont aussi fragiles face à des employeurs qui peuvent dénoncer les contrats et les forcer à partir. Dans un rapport de l'année dernière, Amnesty a déclaré que les coups et les fraudes aux salaires étaient fréquents. Dans certains cas, cela évoquait un esclavage moderne. 

Les Indonésiennes et les Philippines arrivent à Hong Kong comme touristes, avec un visa de trente jours. Les Vietnamiennes ont disparu du commerce du sexe il y a deux ans quand le gouvernement de Hong Kong a limité leur visa à sept jours - un temps insuffisant pour rentrer dans ses frais.

Alors que les meurtres sont rares à Hong Kong, l'exploitation sexuelle est répandue: les attitudes agressives des hommes au bar y sont monnaie courante.

Les mafias de la triade possèdent bien nombre de bars mais ce sont les prix immobiliers et la gentrification qui pousse dans le besoin de plus en plus de femmes.

21 sept. 2014

Les esclaves du Golfe

The Nation publie un pensum sur les conditions de travail dans la région du Golfe persique (ici, en anglais). C'est édifiant - pourtant, on ne peut pas dire que les employeurs manquent de liquidité, de marge.

Résumé et traduction

Le Qatar compte 1,8 millions de travailleurs immigrés pour une population de 300.000 personnes. Les travailleurs immigrés sont régulièrement privés de salaire, ils sont souvent piégés dans un système de dette permanente; ils sont exposés à des conditions de travail dangereuses et sont privés du droit d'association. À peu près 1000 travailleurs immigrés sont morts au Qatar depuis 2012 selon le gouvernement.

Le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani du Qatar a promis de nouvelles réformes pour garantir les droits des travailleurs immigrés. Il reste à passer aux actes.

La pratique du recours à la main d'oeuvre immigrée est largement répandue dans les monarchies du Golfe Persique où les élites royales, commerciales et les particuliers ont accumulé de hauts niveaux de richesse en dépit de la faible force de travail locale. Le Qatar, par exemple, soutenu par ses exportations de pétrole a le PIB par habitant le plus élevé du monde. Par leurs exportations énergétiques et par les services financiers, les cinq autres membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), le Bahreïn, le Koweït, Oman, l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, ont constitué des réserves financières considérables. Cette richesse a permis aux pays du Golfe d'octroyer des prestations sociales substantielles pour leurs nationaux.

Cette richesse a permis aussi à ces pays d'investir dans des investissements, dans des travaux d'infrastructures massifs mais la région manque de main d’œuvre native. La demande de main d’œuvre immigrée est donc très forte dans la région. L'explosion de la construction dans le Golfe a été nourri par un afflux massif de travailleurs, d'abord d'Asie, qui occupent aussi les emplois de domestique et les autres jobs mal payés. Ces travailleurs étrangers ont été conduits dans le Golfe par le manque de perspectives économiques dans leurs pays respectifs et par l'idée qu'on peut gagner un revenu régulier en travaillant dans le Golfe. Mais beaucoup se sont réveillé dans un cauchemar.

Esclavage contractuel

Le kafala ou "parrainage" est un élément clé du dispositif de travail. Le système utilise des hommes de paille qui voyagent à travers l'Asie du Sud-Est. Ils vendent le droit de travailler dans le Golfe aux candidats à l'émigration. Une fois endettés envers les hommes de paille qui "parrainent" le droit des travailleurs à se rendre dans le Golfe, les travailleurs doivent rembourser leur dette au parrain en travaillant de longues heures - souvent dans la construction, à des températures qui peuvent atteindre 50°C.

Le barrière physique sur ces travailleur est brutale. Entre 2010 et 2012, 700 travailleurs indiens sont morts au Qatar et les autorités népalaises ont déclaré que des centaines de leurs propres compatriotes sont morts là aussi. Selon des estimations du l'ITUC (la confédération internationale des syndicats), sans réforme, sans renforcement des codes du travail de la région, quelques 4.000 travailleurs pourraient mourir dans les projets du secteur de la construction liés à la seule coupe du monde 2022. Le rapport (ici, en anglais) de l'ITUC mentionne le fait qu'on refuse souvent aux ouvriers l'accès à l'eau ou à l'ombre et que l'abri qui leur est dévolu est insalubre et inhumain.

 Cependant, comme il leur faut une permission de leur parrain pour chercher un nouvel employeur, les travailleurs immigrés sont souvent piégés dans leur emploi. Ceci assure que leurs salaires dérisoires sont utilisés pour rembourser la dette occasionnée par leur trajet. Sans citoyenneté, sans aucun droit politique, ils sont incapables de quitter le pays - leurs passeports sont souvent saisis par les autorités à leur arrivée - ces travailleurs immigrés sont piégés dans ce qui ne peut se décrire que comme un esclavage virtuel ou un asservissement contractuel.

Les femmes immigrées employées comme travailleuses domestiques pour les résidents des riches pays du Golfe sont particulièrement exposées à l'exploitation. Recluses dans des foyers familiaux et interdites du droit de sortie, elles sont souvent piégées chez des employeurs qui suspendent leur paie et les soumettent à des épisodes effroyables de violence physique et sexuelle.

Elles ne peuvent pas faire grand chose selon ce rapport d'avril 2014 d'Amnesty International (ici, en anglais):

Les femmes qui ont été violentées physiquement ou violées font face à des obstacles majeurs pour obtenir justice. Aucunes des femmes auxquelles les chercheurs ont parlé ont vu leurs bourreaux assignés en justice ou condamné. Dans un cas abominable, une travailleuse domestique s'est cassé les jambes et  s'est fracturé une rotule quand elle est tombée par la fenêtre alors qu'elle tentait d'échapper à un employeur qui allait la violer. Son agresseur l'a alors violée alors qu'elle gisait sur le sol, blessée et incapable de bouger. Il n'a appelé une ambulance que par la suite.
Quand les enquêteurs l'ont interrogée six mois après l'agression, elle était encore en chaise roulante. Malgré ses blessures effroyables, le procureur a classé l'affaire en raison du "manque de preuve" et elle est retournée au Philippines l'année dernière. Son employeur n'a jamais dû rendre de compte.

  Alors que certaines réformes ont été mises sur la table par les dirigeants des pays du Golfes, leur formulation a été très vague et de ce fait sans substance.

Un phénomène régional

Des cas de figure sont récurrents à travers le Golfe. En Arabie Saoudite, la centrale économique de la région, les organisations de droits de l'homme ont prouvé des violations du droit du travail à large échelle, violations qui incluent une durée excessive du travail, du vol de salaire et de la violence contre les travailleuses domestiques.

La décapitation de Rizana Nafeek, une Sri-lankaise de 24 ans, serveuse à Dawadmi en janvier 2013 a été un cas particulièrement flagrant. Elle a été accusée d'avoir tué par strangulation le bébé de quatre mois de son employeur. Les preuves contre Nafeek se limitaient à une "confession" qu'elle a signée après son arrestation. Cette confession, selon Nafeek, a été faite sous contrainte et sans l'assistance d'un traducteur. Pour compliquer l'affaire, la famille de Nafeek a déclaré qu'elle avait menti sur son âge dans son formulaire de demande de passeport - ce qui signifie que, au moment des faits, en 2005, elle n'avait que 17 ans et était donc mineure selon les standards des lois internationales. Elle a été jugée sans défense légale et elle a été ensuite tuée sous les protestations véhémentes du gouvernement sri-lankais.

Le gouvernement des Émirats Arabes Unis, où le nombre de travailleurs immigrés est huit fois plus élevé que le nombre de nationaux, a entrepris de déporter les travailleurs qui font grève, d'héberger les travailleurs dans des conditions misérables et de voler les passeports des employés. Comme la gène de la FIFA au sujet de la coupe du monde au Qatar, les institutions académiques et culturelles occidentales qui ont établi des opérations dans les Émirats ont été plusieurs fois embarrassées par le traitement émirati des travailleurs immigrés.

(...)


Au Koweït, on a rapporté des problèmes du même genre. Là, les deux millions de travailleurs immigrés cohabitent avec 1,8 millions de nationaux. De même, au Bahreïn ou les travailleurs immigrés font face à des tensions politiques depuis le soulèvement avorté de 2011, quand les manifestations de chiites contre la monarchie régnante au Qatar ont été réprimée par des troupes d'Arabie Saoudite et d'autre pays du Golfe.

Perspectives de réforme

 En réponse au critiques qui se multiplient contre les préparations de la coupe du monde, le gouvernement qatari a promis des réformes pour les travailleurs immigrés, notamment un changement du système de kafala au profit d'un système qui permettrait aux travailleurs immigrés de quitter le pays ou de changer d'emploi plus facilement.

Cependant, l'ITUC et d'autres sont très sceptiques envers ces réformes. Un porte-parole d'ITUC a déclaré que les travailleurs immigrés au Qatar n'avaient toujours "pas liberté d'association, pas de salaire minimum et pas de système de respect effectif du travail. Aucune des lois ne semblent s'appliquer aux travailleurs domestiques."

De plus, les travailleurs immigrés devront toujours demander un visa de sortie pour quitter le pays, la décision de savoir si et quand les travailleurs peuvent retourner chez eux appartenant aux autorités de l'État. Ceci signifie que près de 1,8 millions des résidents qataris sont piégés là, virtuellement sans aucune protection légale, à discrétion de l'État.

Malheureusement, alors que ces faits soulignent le besoin impératif de réforme, beaucoup d'observateurs des droits de l'homme sont pessimistes. L'économie qatarie est devenue massivement dépendante des travailleurs immigrés, notamment dans la construction. Sans ces travailleurs, le "miracle" qatari d'urbanisation débridée aurait été impossible. Comme le nombre de travailleurs immigrés augmente, les coûts d'une réforme réelle augmentent eux aussi.

(...)
Mais les autorités du Golfe ne sont pas à l'abri des pressions. Par exemple, cette année, l'Arabie Saoudite et l'Indonésie ont signé un accord pour accorder des droits supérieurs aux travailleurs indonésiens. Ils ont le droit de conserver leur passeport, de communiquer avec les membres de leur famille, d'être payés tous les mois et d'avoir du repos. Cet accord suit l'interdiction indonésienne d'août 2011 d'envoyer des travailleurs émigrés en Arabie Saoudite du fait des rapports de violations terrifiantes des droits du travail sur les Indonésiens dans le pays. 

8 juil. 2014

Serfs en soldes

France 24 nous emmène à Singapour où le personnel de maison peut s'acheter ... en supermarché (ici, en français). La logique de l'emploi y est simplement un peu plus visible, un peu plus franche qu'ailleurs. Le "marché" de l'emploi n'organise rien d'autre que la mise à disponibilité vénale d'êtres humains pour d'autres être humains. Cette mise à disponibilité se justifie par la misère des premiers et la richesse des seconds; cette mise à disponibilité enrichit les premiers et appauvrit les seconds ce qui lui permet de continuer à nuire indéfiniment.

Extrait


À Singapour, les domestiques, souvent des femmes originaires d’Indonésie, des Philippines ou de Birmanie, sont exposés dans les vitrines des centres commerciaux. Une pratique dénoncée par plusieurs ONG.


À Singapour, il est possible de trouver son "personnel de maison" en supermarché. Les domestiques sont exposés dans des centres commerciaux comme des produits de consommation courante, comme le révèle un reportage de la chaîne qatarie Al-Jazira.

Le centre commercial de Bukit Timah propose sur cinq étages des boutiques aux noms évocateurs de "Homekeeper" qui signifie "Gouvernante" ou encore "Budget Maid", "Domestique à petits prix". Avec parfois des offres de promotions.

Les domestiques, des femmes pour la majorité, viennent souvent d’Indonésie, des Philippines ou de Birmanie. Leur nationalité peut-être inscrite sur les pancartes des stands aux couleurs flashy. "Nous sommes spécialisés dans les domestiques birmanes", peut-on lire sur le panneau de l'une de ces boutiques.

Souvent le "personnel de maison", assis par douzaines, patiente dans un silence léthargique en attendant la venue du client. Certaines "agences de domestiques" montrent les jeunes femmes en situation de travail.

1 juil. 2014

Grand prix de la déforestation

Le prix de la déforestation est remporté par l'Indonésie qui coiffe le Brésil sur le poteau. Rappelons que la déforestation pille les ressources naturelles des peuples, qu'elle implique une enclosure.

Les forêts sont vendues aux multinationales, aux compagnies qui commercialisent cette source de vie, cet abri. Les indigènes spoliés n'ont plus de ressources pour que quelques propriétaires lucratifs se fassent de l'argent avec des travailleurs tenaillés par la misère.

Extrait de l'article du Monde en accès libre (ici)

L'Indonésie a abattu en 2012 près de deux fois plus de forêt vierge que le Brésil, considéré comme le plus grand destructeur au monde de cette forêt primaire, selon une étude publiée dimanche 29 juin.
Le pays d'Asie du Sud-Est possède la troisième plus grande forêt tropicale de la planète derrière le Brésil et le Congo, un espace qui constitue l'un des derniers refuges pour de nombreuses espèces végétales et animales comme les orang-outans, les éléphants et tigres de Sumatra.
Mais au cours de la dernière décennie, la déforestation en Indonésie s'est considérablement accélérée au profit du commerce du bois et des plantations d'huile de palme – dont l'archipel est le plus grand producteur mondial – en dépit d'un moratoire sur les permis de défrichement.

2 mai 2014

Bilan du premier mai


Le Matin (ici, en français) fait le bilan des enjeux du premier mai de cette année. Résumé.

 Au Cambodge, les syndicats ont appelé à manifester pour soutenir les ouvriers du textile - ils gagnent généralement moins de 100€ par mois.

En Indonésie, en Malaisie mais aussi dans les économies parmi les plus développées de la région, à Hong Kong, Singapour, Séoul ou Taïwan, il s'agit de dénoncer l'inflation qui augmente les inégalités.

En France, les syndicats manifestent en ordre dispersé.

En Espagne, le chômage record stimulera des manifestations dans plus de 70 villes.

À Moscou, les syndicats organiseront des manifestations sur la place rouge, comme à l'époque soviétique.

Les défilés sont attendus en Grèce ou en Italie, pays marqués par l'austérité la plus brutale.

La place Taksim a été transformée en camp retranché avec 40.000 policiers déployés. L'enjeu politique en Turquie demeure vif après la répression des manifestations place Taksim ce printemps.



12 avr. 2014

Le marché des mines au Canada

Alain Deneault et William Sacher partent enquêter au Canada dans le Monde Diplomatique (ici, en français). Ils nous expliquent comment fonctionnent les marchés spéculatifs autour des mines dans ce pays très laxiste, très accueillant envers les actionnaires, les propriétaires lucratifs.

Extrait


Le Canada accueille l’industrie minière à bras ouverts. Mieux : il aménage sa réglementation et sa fiscalité de façon à favoriser son financement et à la protéger sur les plans judiciaire et diplomatique. C’est ainsi qu’Australiens, Israéliens, Suédois, mais aussi Belges, Américains, etc., viennent y enregistrer leurs sociétés d’exploration ou d’exploitation. Pas seulement pour profiter des richesses naturelles du pays, mais aussi pour exploiter celles qu’ils ont acquises en Equateur, au Chili, en Zambie, au Burkina Faso, en Indonésie ou en Roumanie. Près de la moitié des projets miniers cotés au TSX se trouvent hors du Canada, et de nombreuses sociétés inscrites à Toronto ne possèdent aucune concession dans le pays.
Ce qui attire tant les sociétés minières, c’est tout d’abord la facilité avec laquelle une entreprise peut coter en Bourse et mettre en valeur des gisements présumés. Une très large majorité des mille six cents sociétés minières de Toronto sont des juniors, autrement dit des sociétés qui se consacrent exclusivement à l’exploration et à l’identification de nouveaux gisements. Souvent de petite taille, elles ne possèdent pas les ressources financières, techniques, humaines et politiques nécessaires pour exploiter des mines industrielles. Elles tirent donc leurs profits de la spéculation boursière autour de leurs gisements présumés.

Escrocs jamais condamnés

Au Sud, les juniors ont bénéficié des réformes impulsées par la Banque mondiale dans les années 1980 et 1990, qui ont instauré le système du libre-service minier (ou free mining), garantissant aux entreprises un accès illimité aux sous-sols. Lorsque, après un dur labeur de prospection, ou plus souvent grâce à l’achat d’informations auprès d’acteurs locaux, une junior découvre un gisement rentable, elle finit le plus souvent par se vendre à une major, une société d’exploitation, lui cédant ainsi un projet « prêt à développer » au terme d’une juteuse opération boursière. Cette pratique est mondialement intégrée, au point que des entreprises d’Etat chinoises, au même titre que les majors occidentales, achètent aujourd’hui des juniors torontoises en Amérique latine et en Afrique.

22 mars 2014

Travailleurs indonésiens proches de l'esclavage

Un article de Jolpress ici, interviewe une organisation de droits de l'homme qui a rencontré les femmes-esclaves-employées.

Extrait

La question du traitement des travailleurs indonésiens envenimaient les relations entre Riyad et Jakarta depuis plusieurs années. Mardi 18 mars, les deux pays ont enfin signé un accord visant à accorder plus de droits à ces migrants qui vivaient pour certains dans des conditions « proches de l'esclavage » selon Nisha Varia, de l'ONG Human Rights Watch, qui a rencontré plusieurs de ces employés domestiques pris au piège dans le royaume wahhabite.

13 janv. 2014

Accaparement

L'accaparement des terres, c'est leur achat par ceux qui ont de l'argent au détriment de ceux qui les cultivent sans titre de propriété. C'est ce que Polanyi appelait l'enclosure.

Agnès Stienne illustre ce phénomène vieux de trois siècle mais toujours actuel.

Mais rassurez-vous: les autorités des pays concernés ont promis ... que l'accaparement créerait des emplois.

6 déc. 2013

Les banques belges impliquées dans l'accaparement de terre

 Article source: 7 sur 7

Des banques belges ont une responsabilité dans l'accaparement de terre en train d'affamer le tiers-monde.


  • Extrait de l'article

BNP Paribas Fortis, Deutsche Bank, ING, KBC, Belfius ou AXA: toutes ces banques ont, de par les fonds qu'elles gèrent, une part de responsabilité dans le phénomène mondial d'accaparement de terres au profit d'entreprises de production d'huile de palme et au détriment de l'écologie et du bien-être de la population locale. Ce constat est issu d'un rapport présenté mardi par les associations CNCD-11.11.11, SOS Faim, Oxfam-Solidarité, FAIRFIN et le Réseau Financement Alternatif (RFA), à la suite d'une étude sur les "responsabilités des grandes banques actives en Belgique dans le financement des entreprises connues et reconnues pour leurs pratiques d'accaparement de terres".
  • Résumé

L'accaparement de terre est un phénomène en pleine expansion. Entre 2000 et 2010, il a concerné 203 millions d'hectares, plus de 2 millions de km² (quatre fois la France).

En Indonésie, l'accaparement sert les plantations d'huile de palme, elle détruit les forêts et menace les orangs-outans.

De manière générale,

le mode de vie européen est pointé du doigt. Le pouvoir d'achat inégalé, le gaspillage alimentaire et la surconsommation de carburants auraient des effets pervers bien au-delà du continent. "Avec les politiques européennes de soutien aux agrocarburants, nous produisons aujourd'hui de grandes quantités de colza dans l'UE, destinées aux moteurs alors qu'auparavant nous l'utilisions dans l'alimentation. Résultat: nous roulons aujourd'hui avec une huile de colza de qualité, et nous mangeons de l'huile de palme importée", ironise Stéphane Desgain.

31 oct. 2013

Grèves de masse en Indonésie, pour diminuer l'emploi et augmenter le salaire

Nous apprenons que des millions de producteurs sont en grève pour le moment en Indonésie (quatrième pays mondial par importance démographique).



Ces grévistes exigent une augmentation du salaire minimum et des soins de santé gratuits universels. Le salaire minimum actuel tourne autour de 150€ par mois mais une classe moyenne émerge dans ce pays du fait des gains salariaux obtenus par des luttes de producteurs efficaces.

http://www.popularresistance.org/the-most-important-labor-strike-in-the-world-is-happening-right-now/

Tous nos voeux de succès à ces luttes, tous nos voeux d'universalisation de ces questions, tous nos voeux de disparition de l'emploi partout dans le monde et d'universalisation du salaire.

Nous rappelons que les grévistes grèvent leur budget, il s'agit d'une démarche courageuse mais payante quand elle est ferme et décidée, quand elle n'est pas sapée à la base par une quelconque hiérarchie syndicale.

30 oct. 2013

L'huile de palme nourrit l'enclosure à Sumatra

Qu'est-ce que l'enclosure? Au moyen-âge, il y avait des terres communales, des moulins communaux, des fours communaux. Cela n'avait rien à voir avec une quelconque municipalité, avec de quelconques élections dans lesquelles la griserie du pouvoir émousse les amitiés les plus fidèles, non. Il s'agit de propriétés, de biens communs, utilisables par tous.



À l'aube de la révolution industrielle, ces biens communs ont été privatisés à tour de bras. Ceci a eu comme conséquence que les gens devaient louer leur bras pour avoir accès aux fruits de la terre au lieu de travailler eux-mêmes une terre commune pour se nourrir.

L'Angleterre s'est tournée vers l'élevage à ce moment-là: le bétail est un capital qui se transporte mieux, s'exporte mieux et se conserve mieux que les légumes que faisaient pousser auparavant les peasants. Ce phénomène est connu sous le nom d'enclosure (voir Polanyi, La Grande Transformation).

En Angleterre, les paysans sans terre ont eu droit à une allocation misérable de survie (la Speenhamland), allocation payée par les impôts des classes moyennes - qui ont commencé à s'appauvrir - et distribuée par les paroisses. Les misérables après avoir été privés de leur terre devaient se contenter d'une allocation chiche alors qu'ils avaient été des paysans fiers et dignes. Les manufactures naissantes pouvaient embaucher les misérables moins chers puisqu'ils avaient déjà de quoi survivre. C'est ainsi que les classes moyennes ont dû payer les salaires que l'industrie anglaise ne souhaitait pas payer - ce qui a rendu ladite industrie la plus concurrentielle du monde à l'époque, comme vous devez vous imaginer.

Le jour où l'industrie eut besoin de davantage de bras, que croyez-vous qu'il arrivât? Mais oui, les paroisses ont coupé les robinets et les misérables se sont précipités à l'usine pour vendre leurs bras à prix cassé.



Et c'est là qu'en sont nos camarades indonésiens (Basta - en français): dépossédés de leurs terres (enclosure), forcés, du coup, à vendre leur force de travail pour les voleurs de terre que sont des multinationales agroalimentaires.

Ils s'organisent néanmoins et ont un avantage tactique sur nos ancêtres: l'huile de palme nécessite beaucoup de soin, les plants doivent commencer à être remplacés, ce qui place les producteurs en situation de force: le travail est nécessaire. Espérons que les luttes là-bas paient, que le droit puisse prévaloir sur le vol de l'enclosure, que l'emploi ne deviennent pas l'horizon, la perspective ultime pour ces gens, espérons que vainquent le droit, la liberté et la justice, que les communautés retrouvent leur âme, leur terre, leur rythme, leur forme de vie.