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29 oct. 2016

Une multinationale indigeste

Les multinationales, c'est bon pour l'emploi, c'est bien connu. C'est pour cela qu'on leur taille des lois sur mesure, qu'on leur fait des cadeaux fiscaux dans des pays complaisants, qu'on ne les poursuit pas pour leurs crimes et qu'on leur concocte des traités sur mesure.

Tout cela au nom de l'emploi. L'Humanité nous emmène chez Cargill à l'occasion d'une fermeture d'une usine du Nord délocalisée en Bulgarie.

Tour du propriétaire de l'article disponible ici:

Hallucinant tout ce que les salariés de l’industrie agroalimentaire produisent avec l’amidon issu des céréales ! Du papier, du lait pour bébé, du Nutella… Danone, Nestlé sont parmi les gros clients de l’usine d’Haubourdin, dans le Nord (350 emplois), qui vit dans les ­effluves de maïs depuis 1889. Effarant ce qui s’y passe depuis que le groupe américain Cargill a fait main basse sur la boîte en 2002, liquidant plus de 70 emplois au coup par coup sans plan social ! Atterrant, le témoignage des salariés actuellement en lutte ! Parce que 26 d’entre eux sont virés, cette fois dans le cadre d’un plan dit « de sauvegarde de l’emploi », avec quelques poignées d’euros de prime extralégale. Cargill n’a cure des hommes et de l’économie locale. Il est plus immédiatement lucratif de délocaliser les services achat, gestion logistique, facturation et ressources humaines, le service paye, en Bretagne et à Sofia, en Bulgarie ! Assemblée générale, barrages filtrants, grève… pour être (au moins) lourdés dignement. On en est là.

« Il y a tout ici pour créer une filière d’avenir »

« Ras le bol ! Les négociations n’avancent pas. Ils ont osé nous proposer de postuler en Bulgarie pour 150 euros par mois, déménagement payé. La plupart d’entre nous ont un savoir-faire de pointe et un haut niveau de diplôme. La lutte va se durcir. Dans le dialogue, on n’arrive à rien. On est obligé de se radicaliser socialement », prévient gentiment Yannick Rabaey, l’un des élus CGT de l’entreprise, lui-même concerné par la suppression du poste de travail qu’il occupe depuis vingt-deux ans.
Ici, c’est pas Alstom. On n’imagine même pas s’adresser au président Hollande ou à son gouvernement, qui, jusqu’à maintenant, n’ont rien trouvé de mieux que de verser 1,2 million d’euros à Cargill au titre du crédit d’impôt compétitivité emploi en échange de… rien !
« Il y a tout ici pour créer une filière d’avenir. Au pied de l’usine, le canal permettrait le transport fluvial et le lycée professionnel pourrait former les jeunes aux métiers spécifiques de la transformation des céréales… », s’insurge Yvon Quintin, militant local du PCF. Mais les décideurs de Cargill sont perchés tout là-haut, loin, loin, loin de cette bourgade de la banlieue lilloise.
Deux fois le chiffre d’affaires de Mc­Donald’s et Coca-Cola réunis. L’ogre de l’agroalimentaire, qui est aussi la plus grande entreprise privée des États-Unis, est implanté dans 67 pays, emploie 143 000 personnes et la discrète famille qui dirige le groupe compte pas moins de 14 milliardaires ! Des richesses qui puisent leur origine jusque dans les assiettes des peuples, car, tout en remplissant celles de certains consommateurs, Cargill vide celles de populations entières. Dans le partage du monde tel que le groupe le conçoit dans sa stratégie de recherche de profits à tout prix, Cargill a divisé le travail. La Côte d’Ivoire produit le cacao, l’Ukraine le blé et le Brésil cultive le soja. C’est d’ailleurs en se rendant dans ce pays et aux États-Unis que la journaliste Stenka Quillet a pu constater les dégâts occasionnés par la société : monoculture de soja, disparition de fermes familiales, etc. En s’accaparant les terres des paysans, ceux-ci sont contraints à l’exode et à la pauvreté, tandis que les fermes-usines gérées entièrement par Cargill génèrent des pollutions aux conséquences funestes, à l’image de cet élevage de milliers de ­cochons dans l’Arkansas dont l’épandage de lisier menacerait la rivière Buffalo, « le joyau de l’Arkansas ».

8 sept. 2016

Un AVC n'est pas un motif d'arrêt de travail valable

On apprend sur le site de France trois (ici) que


Une factrice de La Poste victime d'un AVC à Villeneuve d'Ascq : "Fais ton travail et on appellera les pompiers ensuite"


Emeline Broequevielle, factrice âgée 25 ans, a été victime en février dernier d'un AVC sur son lieu de travail à la plateforme de distribution du courrier de La Poste à Villeneuve d'Ascq. Sa hiérarchie a attendu trois heures et plusieurs injonctions d'agents avant d'appeler les secours.
Comme quoi, mourir, vous pouvez mais faudrait pas faire baisser la moyenne.

14 août 2015

Une catastrophe sociale à Dunkerque

Cyprien Boganda dans l'Humanité dresse la liste des infractions du chantier du terminal méthanier à Dunkerque (ici, en français). Amateur d'apocalypse, ne cherchez plus votre bonheur, faites-vous embaucher.

Extrait
Deuxième plus important chantier industriel de France, le terminal méthanier doit entrer en service industriel et commercial fin 2015. Pendant des mois, la loi du silence a prévalu sur le chantier soi-disant modèle du terminal méthanier de Dunkerque, devenu le paradis du dumping social. Mais des soupçons de travail dissimulé commencent à filtrer, éclaboussant le propriétaire du méthanier, filiale d’EDF. Les syndicats alertent depuis un an et demi. 
«Ex-em-plaire. » Maîtres d’œuvre et gouvernement, tous n’avaient que ce mot-là à la bouche pour qualifier le chantier du futur terminal méthanier (1) de Dunkerque, lancé fin 2012. Vendu comme le nouveau poumon économique d’une région sinistrée, ce projet à 1 milliard d’euros se devait d’être une vitrine sur le plan social. Mais le verre a commencé à se fissurer à la fin du mois de juin, lors d’une opération de contrôle surprise menée sous l’égide du parquet de Dunkerque (« la Voix du Nord » du 18 juillet). Ce jour-là, des enquêteurs de plusieurs services (police aux frontières, inspection du travail, Urssaf…) déboulent à l’improviste sur le chantier.

Entre les auditions menées par les policiers et les documents dénichés par l’inspection du travail, il semblerait qu’une entreprise italienne exploite des dizaines de travailleurs roumains en toute illégalité. Ces derniers effectueraient jusqu’à 60 heures par semaine, pour un salaire effectif de 300 euros par mois, une fois déduits les « prélèvements » opérés par les patrons. Rappelons que des travailleurs détachés en France doivent toucher au moins le SMIC et ne pas dépasser la limite légale de 48 heures par semaine… Selon plusieurs sources, de nombreux salariés roumains dorment par ailleurs entassés dans des campings de la région.
DES OUVRIERS PAS PAYÉS
A priori, cette affaire ne serait que la partie émergée de l’iceberg. Elle n’étonne pas les syndicalistes, qui remuent ciel et terre depuis un an et demi pour alerter les pouvoirs publics sur les conséquences d’un dumping social acharné. Dès le début, les délégués CGT et CFECGC ont soupçonné le pire, en voyant affluer les salariés étrangers par centaines. Sur 1 200 ouvriers employés sur le chantier, plus de la moitié sont des travailleurs détachés – Roumains, Italiens, Portugais –, trimant pour une cascade de sous-traitants. Au total, une bonne centaine de sociétés étrangères ont opéré sur le terminal depuis son lancement. « On s’est vite mobilisé, raconte François Croquefer, de l’union locale CGT. Il nous a fallu huit mois de blocage devant le terminal pour que la direction accepte de nous laisser un local sur le chantier, où nous pouvions parler aux salariés. Les histoires racontées sont édifiantes. Les sous-traitants effectuent toutes sortes de prélèvements sur les fiches de paie : transport, hébergement, nourriture… À l’arrivée, certains ouvriers ne touchent même pas un euro de salaire ! »
POUR 300 EUROS PAR MOIS, DES DIZAINES DE TRAVAILLEURS ROUMAINS SONT EXPLOITÉS 60 HEURES PAR SEMAINE.
Au sommet de la myriade de soustraitants, trône le maître d’ouvrage, Dunkerque LNG (2). Il s’agit d’une filiale à 65 % du groupe EDF, à 25 % du belge Fluxys (transport de gaz) et à 10 % du géant Total. Fort de sa participation majoritaire, c’est bien EDF qui pilote le chantier, comme le rappelle d’ailleurs le site Internet du projet. Il est difficile d’imaginer que le mastodonte tricolore ait été totalement ignorant des conditions de travail désastreuses imposées par certains soustraitants, au vu des tarifs pratiqués.
Fin 2013, par exemple, la direction du chantier lance un appel d’offres pour y installer l’électricité. Chose plutôt rare, les deux géants du BTP, SPIE Batignolles et Vinci, s’allient pour décrocher le marché. À la surprise générale, c’est une société italienne qui remporte le gros lot, en affichant un tarif 25 % inférieur à ceux de ses concurrentes. « On a rapidement compris qu’il y avait anguille sous roche, se souvient Fabienne Deroy, déléguée CFE- CGC chez SPIE. On ne peut pas pratiquer des prix aussi bas, tout en respectant la durée légale du travail. »
ENCORE DEUX MORTS EN JUIN

CGT et CFE-CGC commencent alors à faire la tournée des pouvoirs publics (dont la DIRECCTE et la préfecture), pour réclamer un minimum de transparence. À chaque fois, ils se heurtent à un mur. L’inspection du travail non plus n’a pas chômé. Selon les informations de l ’« HD », au moins quatre procèsverbaux ont atterri sur le bureau du procureur de Dunkerque depuis 2012, pour des motifs allant du non-respect du repos dominical à des infractions plus graves, en lien avec l’hygiène et la sécurité. Ces dernières étaient très souvent liées à des accidents du travail survenus sur le chantier. Deux ouvriers auraient encore trouvé la mort en juin, à la suite de malaises cardiaques. « Cela n’a malheureusement rien d’étonnant, souligne un syndicaliste. Les gars n’arrêtent pas de bosser, au-delà de ce que permet la législation. Le midi, ils doivent se contenter d’un simple sandwich parce que les patrons ne veulent pas leur payer de vrai repas. Il y a plusieurs mois, un salarié étranger est mort dans un tunnel. Son corps a été rapidement rapatrié dans son pays: les patrons ne veulent surtout pas de vagues. »
 
Pas de vagues, donc, pour ne pas éclabousser le chantier « vitrine », ardemment désiré à la fois par les élus locaux et les grands groupes de l’énergie [...]. Les syndicalistes espèrent cependant que le couvercle s’entrouvre enfin, maintenant que la justice s’en est mêlée. 
Les prochains jours permettront peut-être de briser l’omerta.

28 août 2014

Une grève de la faim vient à bout d'un patron mauvais payeur

Suite à une grève de la faim, une employée indûment licenciée par Aldi aurait obtenu des compensations suffisantes pour cesser son mouvement. Nous n'en saurons pas beaucoup plus. Suffisamment pour répéter que c'est parce que la guêpe pique avant de mourir qu'on ne l'écrase pas ... À bon entendeur.

 Extrait de l'article de Solidarité Ouvrière (ici, en français)

Confidentialité oblige, on n’en saura pas plus sur les termes exacts de l’accord signé mardi après-midi entre Sandra Georges et la direction d’Aldi. Rappelons que cette salariée, licenciée pour faute grave après treize ans d’ancienneté, entendait contester cette décision. Elle l’a fait à sa manière, en installant banderole et siège devant de l’entrepôt, à Bois-Grenier.

Hier, au son de sa voix en fin de journée, on sentait le soulagement et même une pointe de fierté : « Nous avons conclu un accord dont je ne peux rien dire, mais honnêtement, je suis satisfaite. »
Pas de commentaire du côté de la direction d’Aldi, passablement agacée par cette mise en lumière de l’enseigne : « Une issue a été trouvée, nous n’avons rien de plus à dire. »
Faute ou représailles ?
Cette mère de famille de deux enfants avait été sonnée en recevant sa lettre de licenciement pour faute grave, sans préavis ni indemnités. Ce qu’on lui reprochait ? Des absences injustifiées, de la tricherie sur le rendement et… des pauses toilettes à répétition.
Sandra y voyait, elle, plutôt une mesure de représailles suite à sa participation aux grèves de janvier et février derniers. Ils n’étaient qu’une dizaine sur une centaine et le mouvement avait été diversement apprécié. De là à établir un lien entre les deux événements ? Toujours est-il que la fin de collaboration entre la salariée et la direction d’Aldi s’est finalement conclue dans de meilleures conditions. C’est déjà ça. Ce qu’en retient Sandra ? « Que le soutien reçu a été très important moralement. Même si ça a été dur, je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, au final, j’ai été soutenue et ça a été concluant. » Même si, au final, elle rejoint le bataillon des demandeurs d’emploi.

22 juin 2014

Les intermittents et les cheminots convergent à Lille

Selon un article de 20 minutes (ici, en français). Extrait





 Les grévistes de la SNCF et les intermittents du spectacle mènent des actions communes pour protester contre les réformes du gouvernement...

Environ 200 cheminots et intermittents du spectacle étaient rassemblés à Lille, ce mercredi matin, devant le siège de la Fédération PS du Nord, illustrant une «convergence des luttes» contre la «précarisation» de leurs emplois.

Les cheminots, à l’appel de la CGT et de Sud-Rail, en grève depuis une semaine contre le projet de réforme ferroviaire, et les intermittents, «en lutte depuis quatre mois», manifestaient dans le calme, alors qu’une délégation était reçue par un représentant de la Fédération socialiste en milieu de matinée.