6 nov. 2016

Une ladrerie employiste criminelle

In memoriam

Le syndicat Industry Global Union fait part d'une grève au Pakistan. Les producteurs manifestent contre un accident mortel provoqué par le manque d'investissement dans la sécurité.

La rapacité au gain est indiscutablement criminelle. Courage aux familles et aux proches des victimes.

Ce qu'ils font à l'un(e) d'entre nous, ils nous le font à tous, à toutes

Extrait de l'article (ici, disponible en français, espagnol, anglais et russe), nous surlignons
Le bilan de l’incendie sur le chantier de démolition navale de Gadani est passé à 21 morts avec pas moins de 150 personnes toujours prises au piège sur le navire en feu.
Un incendie fait rage à bord d’un pétrolier sur le chantier de démolition navale de Gadani, au Pakistan, avec toujours prisonniers à l’intérieur des travailleurs dont on estime que le nombre pourrait aller jusqu’à 150. Un réservoir de gaz a explosé à l’intérieur du pétrolier ce mardi et les pompiers luttent pour maîtriser le brasier.
Nos affiliés rapportent que les efforts menés pour secourir les travailleurs pris au piège ont été vains et que les pompiers n’ont pas à disposition la mousse nécessaire pour lutter contre un incendie d’origine chimique. 70 travailleurs sont à l’hôpital, dont 15 en état critique avec de graves brûlures.
La Fédération nationale des syndicats du Pakistan (NTUF) a appelé à trois jours de grève et de deuil sur les chantiers navals qui emploient environ 9.000 travailleurs.
La NTUF a l’intention de poursuivre pour meurtre les propriétaires du navire ainsi que l’opérateur et de déposer une requête constitutionnelle auprès de la plus haute cour de justice contre les départements ministériels responsables, dont ceux du travail, de la sécurité sociale et de l’environnement.
Ce pétrolier avait été construit en 1982 au Japon et est arrivé sur la parcelle n°54 du chantier de Gadani le 15 octobre, avec 250 travailleurs prévus pour son démantèlement. Ce navire avait des propriétaires indonésiens avant d’être vendu à l’entreprise Ghafoor de démolition de navires de Gadani, mais son immatriculation avait été transférée à Djibouti quelques semaines avant son arrivée. À ce stade, le nom du navire avait été changé de Federal 1 à Aces.
L’explosion s’est produite en raison de la présence de gaz inflammables et toxiques à l’intérieur des réservoirs de carburant du navire. On a forcé les travailleurs à en entamer le démantèlement avant que le réservoir n’ait pu être nettoyé et débarrassé des résidus de carburant.
Le démantèlement d’un navire est effectué au moyen de chalumeaux au gaz, ce qui a conduit à ce désastre. La déflagration a été si intense que l’on a pu voir de lourdes plaques de métal traverser les airs pour être retrouvées jusqu’à deux kilomètres du lieu du sinistre.