15 juin 2015

L'armée à la solde d'une multinationale

Laurence Caramel nous fait savoir dans Le Monde que l'armée congolaise est rémunérée par une multinationale pour maintenir la sécurité sur son champ d'opération (ici, en français). Quand les actionnaires paient l'armée, le régime politique change de nature.

Extrait

Le feuilleton trouble du Parc national des Virunga, en République démocratique du Congo (RDC), convoité par les compagnies pétrolières étrangères vient de connaître un nouveau rebondissement, mercredi 10 juin. L’existence de transactions financières entre des soldats de l’armée congolaise et les représentants de la société britannique SOCO International — la seule à avoir procédé à des opérations d’exploration au cœur du site classé au patrimoine mondial de l’Unesco — a été mise au jour par l’organisation non gouvernementale (ONG) Global Witness.
Jusqu’à présent SOCO avait toujours refusé de reconnaître avoir versé de l’argent au major Burimba Feruzi et à ses hommes — officiellement placés auprès de la compagnie par les Forces armées de RDC pour assurer la sécurité des employés. En particulier au moment des opérations d’exploration sismique sur le lac Edouard au printemps 2014.
Les documents révélés par l’ONG britannique mercredi, alors que doit se tenir à Londres l’assemblée annuelle de l’entreprise, montrent que le major Feruzi a reçu, en deux temps, la somme de 42 250 dollars entre avril et mai 2014. Il s’agit de quatre chèques endossables sur le compte de SOCO à la Banque internationale de crédit à Goma et de deux lettres manuscrites signées par le militaire reconnaissant le versement de cette somme à titre de « salaires et de per diem » par Damas Vunabandi, chargé du protocole et de la logistique chez SOCO depuis 2010.