4 mars 2015

L'or ou la vie?

Les citoyens de Chalcidique ont choisi la vie avec l'aide de Tsipras nouvellement élu et toute notre sympathie. Bien sûr le projet minier apocalyptique faisait prévaloir un argument ultime: l'emploi.

Extraits de l'article de l'Humanité d'Eugénie Barbezat, ici.

Eldorado Gold, multinationale canadienne, voulait passer en force pour exploiter une mine d’or à ciel ouvert dans la péninsule. S’appuyant sur un fort mouvement d’opposition, Syriza vient 
de stopper ce projet délétère pour l’environnement et l’avenir économique de la région.
(...)

Avant que l’arrivée d’Alexis Tsipras au pouvoir ne marque un coup d’arrêt au projet, cette mine a constitué une source de conflit avec les populations locales, notamment parce que la montagne visée, le Kakavos, abrite les plus importantes réserves en eau douce de toute la région. Or, sans aucune concertation, et sous pression d’élus locaux intéressés, l’ancien gouvernement Samaras avait approuvé, en juillet 2011, « l’investissement » Eldorado Gold. En dépit de la très forte contestation de la communauté locale et des résultats des études d’organismes scientifiques indépendants, tels que la Chambre technique de Grèce-département de Macédoine et le conseil de l’environnement de l’université de Thessalonique, qui avaient émis des avis négatifs. En mars 2014, plus de 4 kilomètres carrés de forêt publique ont donc été cédés à l’entreprise en vue du creusement de la mine de Skouries. Protégée par une loi constitutionnelle, la forêt primaire ne peut être détruite en Grèce. Qu’à cela ne tienne… En plein mois d’août 2014, une loi ad hoc a été votée au Parlement selon une procédure express afin d’autoriser le déboisement. Aussitôt après, Eldorado Gold a entouré son site de fil de fer barbelé pour en décourager l’accès et l’arrachage des arbres a commencé. « Les forestiers locaux ont refusé de déraciner les arbres, l’entreprise a fait venir des ouvriers extérieurs pour le faire », explique Georgios Zoumpas, président du conseil municipal de Ierissos, le chef-lieu du canton, qui compte 90 % d’opposants à la mine et où l’on peut lire sur une affiche : « On ne vend pas notre avenir pour une poignée d’or ». De l’or dont ils ne verront pas la couleur car les règlements nationaux de l’industrie minière ne prévoient pas de droits d’exploitation pour les sites ni de redevances à l’État. La promesse de créer 2 500 emplois, sur huit ans, dans une région où le chômage est massif, ne suffit pas à convaincre les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, apiculteurs qui risquaient de ne plus pouvoir travailler à cause de la pollution irréversible de l’eau, de l’air et des sols engendrée par une exploitation de si grande ampleur. D’ailleurs, à proximité des anciennes exploitations, l’eau chargée en métaux lourds et en arsenic n’est plus potable.
« Cette mine à ciel ouvert est beaucoup trop importante pour notre petite région, s’inquiète Georgios Zoumpas. Si ce projet aboutissait, nous n’aurions aucun avenir, car il compromettrait toute production agricole locale et mettrait en danger la santé des hommes pour finalement obtenir une très faible quantité de minerai. En plus il faut savoir qu’un gisement est une ressource finie, une fois qu’ils n’auront plus rien à en tirer, d’ici une quinzaine d’années, les Canadiens partiront, laissant la région ruinée à tous points de vue. Ce n’est pas ce que nous voulons pour nos enfants », ajoute-t-il.