4 mars 2015

Les acquis communautaires

Les négociations pour adhérer à l'eldorado européen n'ont pas fait que des heureux dans les Balkans. En Serbie et en Bosnie-Herzégovine, les droits sociaux ont fondu comme peau de chagrin pour se mettre au diapason des acquis communautaire. L'Europe, là-bas, ça veut dire exploitation, dégradation des conditions de travail et de salaire, ça veut dire une vie pourrie par l'emploi et sa logique de soumission adipeuse.

Quant aux contempteurs moralisateurs de tous les tyrans, on a surtout entendu leur silence sur les violations répétées de la démocratie en Serbie au nom de l'employisme le plus délirant.

Extrait de l'article de Radio Slobodna Evropa obligeamment traduit par Chloé Billon sur le Courrier des Balkans (ici, en français)
À la différence du Monténégro, il n’existe en Serbie quasiment aucun dialogue social, ce dont souffre la grande majorité des travailleurs de ce pays. Non seulement le salaire minimum n’est que de 170 euros, mais l’État ignore les autres partenaires sociaux, ce que commente pour Radio Slobodna Evropa Zlatan Zec, de la Confédération syndicale Nezavisnost (indépendance) à Belgrade.
« Des lois essentielles sont adoptées sans consultation des partenaires sociaux. Sur 190 lois adoptées par le Parlement serbe, 150 l’ont été selon la procédure d’urgence, sans aucune consultation, sans aucun débat public. Le taux de pauvreté ne cesse d’augmenter, et le salaire minimum de diminuer. Le salaire minimum pour un emploi à temps plein et une productivité standard est inférieur au seuil de pauvreté. »
La Bosnie-Herzégovine, à cause de sa situation socio-économique catastrophique, a quant à elle été l’année dernière le théâtre d’une véritable révolte sociale des citoyens, qui ont des jours durant réclamé aux autorités cantonales et fédérales des démissions et des changements.
Si des démissions ont bien eu lieu, les changements, eux, se font toujours attendre, nous explique Selvedin Šatorović, vice-président de la Fédération des syndicats indépendants de Bosnie-Herzégovine.
« Notre gros problème, ce sont les modifications qui doivent être apportées à la législation du travail, et dont le but est de poursuivre la destruction des droits des travailleurs. La suppression planifiée des conventions collectives et des CDI ne fera que compliquer encore davantage la situation en Bosnie-Herzégovine et diminuer toujours plus le salaire moyen, actuellement de 430 euros par mois », souligne M. Šatorović.