En mai dernier, Philippe Pataud Célérier revenait sur les luttes des Indiens et les exaction des porteurs d'eau du capitalisme prédateur.
Extrait de l'article (disponible ici, en français)
Le mouvement Idle No More a été lancé fin 2012 par quatre femmes de la Saskatchewan, une province des Prairies (Centre-Ouest). Mmes Sylvia McAdam, Jessica Gordon, Nina Wilson et Sheela McLean dénonçaient l’adoption par le Parlement canadien des lois C-45 et C-38. Votés à la va-vite, sans possibilité de débat, ces deux textes, épais de quatre cents pages chacun, ont des implications considérables. Le premier modifie la loi sur les Indiens, qui date de 1876 : l’Etat peut désormais louer ou acheter les terres d’une réserve sans avoir obtenu l’accord de la majorité des électeurs du conseil de bande — l’organe décisionnaire des réserves —, mais seulement de la majorité des présents. Le second texte limite la portée de la loi sur la protection des eaux navigables à quatre-vingt-dix-sept lacs et soixante-deux rivières, soit moins de 1 % des eaux douces du pays.
Ces mesures visent à garantir aux investisseurs étrangers l’accès aux terres et aux importantes réserves prouvées de pétrole (les troisièmes du monde) issues des sables bitumineux. Ironie de l’histoire, celles-ci se trouvent dans le Moyen et le Grand Nord du Canada, là où se sont réfugiés la majorité des autochtones après avoir été chassés du Sud par les colons européens. La question des droits fonciers se pose avec d’autant plus d’acuité aujourd’hui que les enjeux économiques sont colossaux.