9 févr. 2015

Une grève pour le salaire

Selon un article de Solidaire, l'organe du PTB (Parti du travail de Belgique - gauche), ici, en français, les métallos allemands reprennent du poil de la bête et demandent ... du salaire. Avec notre sympathie. Solidaire en profite pour dénoncer le discours anti-salarial des patrons belges. Quand ils disent que les salaires belges ne peuvent augmenter parce que les salaires des partenaires commerciaux n'augmentent pas ... il s'agit d'un mensonge.

Par ailleurs, nous rappelons que la notion "d'avantage comparatif" chère aux libéraux, idée selon laquelle les productions se localisent là où elles ont le plus de sens économique, ne peut s'appliquer aux salaires, à la fiscalité et aux droits sociaux puisque, si c'est le cas, c'est la richesse des travailleurs en particulier et de l'économie en général qui est sapée. La seule concurrence qui vaille d'un point de vue libéral, du point de vue de l'efficience économique, est la concurrence entre pays dont les législations sociales et fiscales sont harmonisées.

Extrait

Les patrons et le gouvernement en Belgique disent qu’ils ne peuvent pas trop augmenter les salaires, « pour ne pas aller plus vite que les voisins ». Or, l’OCDE annonce + 4,7 % en moyenne chez les voisins. Et les métallos allemands demandent même 5,5 %.

Depuis le 29 janvier, les métallos allemands sont en lutte pour une nouvelle convention salariale. En 2013, ils ont eu 3,4 % d’augmentation, et 2,2 % en 2014. Cette année, ils demandent 5,5 %. Le syndicat IG Metall explique : « Les entreprises de l’industrie métallurgique et électronique ont fait en 2014 un bénéfice de 52 milliards d’euros. Les 5,5 % d’augmentation salariale que nous réclamons pour les 3,7 millions de travailleurs du secteur coûteraient 12 milliards d’euros à ces entreprises. Ce qui représente en fait 1,2 % de leur chiffre d’affaire. » Mais les patrons ne proposent que 2,2 % d’augmentation « pour ne pas perdre leur position compétitive ». Le patron de VW (115 000 travailleurs) a pour sa part refusé de mettre une proposition sur la table. Ce qui est inacceptable pour les travailleurs. Car qui permet d’augmenter le chiffre d’affaire ? « Sans les travailleurs, les machines, même les plus modernes, restent à l’arrêt. Nous créons les richesses, nous voulons en avoir notre part ! »
C’est pourquoi depuis le 30 janvier, plus de 300 000 métallos ont mené des grèves d’avertissement dans plus de 1 800 grandes entreprises allemandes. Lors d’une assemblée à Pforzheim le 3 février, le vice-président d’IG Metall, Jörg Hofmann, a insisté également sur le fait que « l’économie allemande a besoin d’une relance de la demande. Et elle ne peut venir que de la politique salariale ».