Avec la proposition de loi déposée par Jacques Bompard qui vise à faire du chômeur indemnisé un travailleur gratuit, l’extrême droite réaffirme sa ligne sarko-libérale.Une position en phase avec le producérisme du "chômeur-profiteur", avec la stigmatisation des demandeurs d'emploi. Cette position met en valeur l'emploi et sa logique esclavagiste, elle empêche toute alternative à la définition capitaliste de la valeur. Cela va même plus loin: les profits des propriétaires sont un saint Graal auquel les chômeurs doivent sacrifier même sans salaire, c'est la planche de salut.
« Il faut remplacer le traitement social du chômage » par un soi-disant « droit au travail », explique-t-il, qui pourrait se faire auprès « des collectivités, des associations mais aussi (du) privé ». C’est à ce secteur que le député destine ces « emplois » au rabais pour travailleurs de seconde zone. Le député d’extrême droite ne s’en cache pas : « Pourquoi le privé (...) ne bénéficierait pas de ces gens déjà indemnisés ? » s’interroge-t-il. « Au départ, ce serait de la main-d’œuvre gratuite », avant que le privé « prenne le relais ».
Nous devons souligner comme ces positions sont (malheureusement) dans l'air du temps, comme l'extrême droite ne se distingue en rien sur ce sujet d'autres parti à la réputation moins sulfureuse. Derrière ce projet de loi, l'idéologie latente, c'est que l'humain est coupable de vivre, il doit racheter sa culpabilité en travaillant (uniquement pour un employeur, fût-il public), seul son travail sous emploi (gratuit éventuellement) lui donne le droit de vivre. La vie n'est pas un droit mais c'est une lutte à mener, un travail à accomplir. Par contre, étonnamment, les actionnaires ne doivent pas travailler, ils ne doivent pas justifier de leur existence, leur propriété lucrative est indiscutée.