Traduction et résumé
Les Mexicains qui émigrent aux USA se font souvent prendre - sans égard pour les emplois qu'ils occupent là-bas et se font rapatrier à leur corps défendant. Ils sont alors des milliers à rester là à attendre, du côté mexicain de la frontière, à Tijuana. Ils considèrent les États-Unis comme leur pays pour y avoir vécu parfois des années.
Certains rapatriés demeurent à Tijuana parce qu'ils s'y sentent plus proches de leur famille restées aux USA. Si les générations antérieures avaient l'esprit tourné vers Mexico, les derniers arrivés sont soumis à des conditions beaucoup plus traumatisantes: la séparation peut détruire des familles: si les conjoints restés aux USA n'ont pas de papier, ils ne peuvent pas venir pour rendre visite au déporté. Il y a eu deux mille déportations sur les cinq années de présidence Obama. Onze mille latino-américains n'ont toujours pas de papier et n'ont pas de perspective d'en avoir du fait de la fermeture du congrès.Le fait d'être sans droit dans un pays sans sécurité sociale garantie met les sans-papier à la merci des employeurs sans scrupule: ils n'ont pas de recours. À ce sujet, nous vous recommandons cette vidéo (ici, en anglais) sur le travail temporaire des sans papier, c'est édifiant.
Ces déportés le sont au prétexte d'infractions mineures ou par manque de chance. Ils se retrouvent en tout cas à faire la queue devant la soupe populaire d'organisations caritatives à Tijuana. Ils se sombrent souvent dans la drogue ou dans l'alcool. Les autorités ont récemment lancé un programme Somos Mexicanos (Nous sommes mexicains) pour aider à l'intégration des déportés.Nous rappelons que le Mexique est lié par un accord de libre échange (l'Alena) avec les États-Unis du type de celui que l'Europe et les USA négocient pour le moment. Selon les termes de cet accord, toute barrière douanière est levée pour les marchandises (ou les capitaux) mais non pour les travailleurs.
Depuis la signature de cet accord, il y a vingt ans, le niveau de vie des travailleurs des trois pays (Canada, USA et Mexique) a globalement baissé, les profits ont augmenté par la facilitation de la délocalisation au sein de l'ensemble économique, la bio-diversité (notamment du maïs) est mise en péril par l'accaparement des terres, les contaminations des OGM et l'appauvrissement des paysans soumis à la concurrence de l'agro-industrie subventionnée US.