Nous rappelons que le travail en emploi est également nuisible aux adultes et, d'ailleurs, aussi bien à l'économie qu'à la qualité de l'ouvrage. Nous rappelons que la liberté économique, l'abrogation de la propriété lucrative sont décidément des idées efficaces.
Extrait
Sevdije Morina, une mère de cinq enfants, vit dans le village de Vrajak au Kosovo. Ses enfants l’aident aux travaux de la ferme, ils récoltent les oignons et les raisins. « J’ai été obligée d’arrêter de les envoyer à l’école pour qu’ils travaillent plus dans les champs et dans la vigne ». Les enfants manipulent des pesticides et utilisent des outils dangereux. Haxhere, une fillette de 12 ans se rappelle bien des accidents « On s’est blessés plusieurs fois en binant les champs. Une fois, je me suis coupé à la main avec une hache ». « Et comme nous n’avons pas de voiture, ni d’autres moyens de transport, nous avons du faire les six kilomètres à pied pour emmener les enfants à à l’hôpital de Ratkoc », précise sa mère.
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Pour les dizaines d’enfants qui trient et ramassent les ordures dans la décharge de Koshtova, un petit village près de Mitrovica, les conditions de travail sont encore plus dures que pour les enfants de Sevdije Morina. Ils se blessent en triant les ordures ou en courant après les camions qui arrivent à la décharge. Ils courent parce que celui qui arrive le premier ramasse tout et peut remplir son sac. Tout le monde accepte cet accord tacite parce qu’il évite les bagarres entre les enfants.
Labinot Berisha, un syndicaliste, qui travaille auprès du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, en coopération avec des organisations non gouvernementales, essaie d’aider ces mineurs. « Travailler régulièrement sur une décharge est devenu normal pour ces enfants et cela me préoccupe beaucoup », lâche-t-il. D’autres gamins passent leurs journées dans la rue à mendier mendiant ou à vendre à la sauvette divers objets. « La police intervient car ce travail est lié à des activités illégales », admet un policier de Mitrovica, mais il n’y a pas que la police qui harasse ces enfants. Ils doivent aussi faire face à la pression de leurs familles qui exigent d’eux qu’ils rapportent de l’argent à la maison. « Le stress est considérable pour ces enfants. Il s’accumule sur des années provoquant insomnies, inattention à l’école et parfois des problèmes psychologiques encore plus graves, comme la dépression », explique Natyra Agani, une psychologue de Pristina.
Le BIT et le ministère du Travail et des Affaires sociales essaient de trouver des solutions d’urgence. « Ce n’est pas parce que le travail des enfants est lié aux questions de pauvreté et de chômage que nous devons nous satisfaire de solutions à long terme pour éliminer ces deux fléaux », s’agace Lindita Boshtrakaj, responsable du programme national du BIT pour les enfants au Kosovo. « Le travail des enfants en vue d’apporter un soutien financier aux familles est inacceptable. Les autorités publiques, les communautés, les familles ont toutes une part de responsabilité et elles devraient agir pour combattre ces abus et violences faites aux enfants ».
« Il reste beaucoup à faire »
Jusqu’à présent, le programme du BIT a conduit à la mise en place d’un plan d’action pour la prévention et l’élimination des formes les plus brutales de travail des enfants. La démarche est de renforcer la responsabilité des autorités publiques et des organisations patronales et syndicales pour trouver des solutions au travail des mineurs et faire prendre conscience aux communautés et aux familles de la gravité du problème. La circulaire 05/2013 sur la prévention et l’interdiction du travail dangereux pour les enfants a été approuvée en juillet 2014. Elle établit une liste des travaux élaborés avec l’aide du BIT. Depuis mars 2013, les membres de la Chambre de commerce du Kosovo sont obligés de respecter les quatre principes fondamentaux du BIT : le droit d’association et les négociations collectives, l’élimination du travail des enfants, du travail forcé et de la discrimination au travail. « Quand il s’agit du travail des enfants, nous nous ne pouvons jamais dire que nous en avons fait assez », souligne néanmoins Behxhet Gaxhiqi.
À la suite de ces rapports, une quarantaine d’entreprises ont adopté des codes de conduite pour combattre le travail des enfants tandis que la Chambre de commerce a approuvé sa Stratégie 2014-2020 pour la prévention et l’élimination du Travail des Enfants. En complément, les questions relatives à la santé et la sécurité au travail seront incluses dans les programmes solaires. Un ces programmes a été préparé par le BIT et approuvé par le ministère de l’Éducation et de la Technologie. Il sera enseigné dans les établissements scolaires primaires et secondaires pour l’année scolaire 2015-2016. Le ministère de l’Agriculture, des Forêts et du Développement rural a aussi inclus dans ses services de conseil aux agriculteurs des modules sur les dangers du travail des enfants dans les champs. Mais pour Behxhet Gaxhiqi, « il reste encore beaucoup à faire pour améliorer nos interventions et mettre fin aux formes les plus dangereuses du travail des enfants ».