25 janv. 2017

Les cochers

Dans un article de Rue 89 (le reportage complet est disponible ici, en accès libre), Xavier de La Porte traduit un article sur les conditions de vie et de travail des chauffeurs Uber aux États-Unis.

Extrait

Dans la longue série des articles racontant le quotidien des chauffeurs Uber, le site Bloomberg a fait fort. Un papier publié lundi raconte la vie de chauffeurs Uber qui travaillent à San Francisco. Chaque soir, certains se retrouvent dans le quartier de Marina, sur le parking d’une grande surface, pour dormir dans leurs voitures. Oui, ces travailleurs dorment dans leurs voitures. Comment est-ce possible ?

Dormir sur un parking

L’un d’entre eux explique. Il a 42 ans, il vit à Sacramento où il n’y a pas assez de travail pour les VTC, alors tous les lundis matins il va à San Francisco. Là, chaque jour il conduit jusqu’à ce qu’il ait amassé 300 dollars (ça lui en fait 230 quand il a payé l’essence). Il lui faut à peu près 12 heures pour y arriver. Donc quand il a terminé, il est trop crevé, il faut qu’il dorme. Et comme il gagne tout juste ce dont il a besoin, pas question de se payer un hôtel, alors il va au parking, où il dort dans sa voiture, avec quelques autres.

Le phénomène n’est pas restreint à San Francisco. A Chicago ou à New York, des chauffeurs Uber se partagent l’adresse de spots où ils peuvent s’installer pour la nuit, parce que les gardiens les laissent tranquilles, ou parce qu’il y a du wifi. Il s’agit d’une conséquence extrême de la volonté de Uber : la plus grande flexibilité pour ses chauffeurs qui peuvent travailler où ils veulent, quand ils veulent, le temps qu’ils veulent (jusqu’à 14 h d’affilée).