L'indispensable Basta partage un article de Mike Ludwig qui met en cause l'engagement écologiste du président des États-Unis.
Extraits de l'article à lire ici
La technologie de la fracturation hydraulique n’est pas réservée au gaz de schiste. Elle est massivement utilisée pour les forages pétroliers dans les eaux du Golfe du Mexique et du Pacifique, au large de la Californie. Certains pétroliers envisagent d’y recourir en Arctique. Les autorités états-uniennes permettent même aux entreprises qui procèdent à ces forages de rejeter leurs résidus chimiques et leurs eaux usées directement dans l’océan. Et ce, sans véritable étude environnementale. C’est ce que démontrent une série de documents obtenus par le média indépendant Truthout.
Entre 2010 et octobre 2014, l’administration Obama a autorisé plus de 1500 demandes de forages dans le Golfe du Mexique incluant le recours à la fracturation hydraulique. Plus de 300 de ces forages en mer ont été exemptés d’étude environnementale approfondie. Cette pratique d’exemption est au centre de nombreuses critiques. Le plan de forage de BP pour la plateforme Deepwater Horizon avait ainsi bénéficié d’une telle exemption... Quelques mois avant l’explosion meurtrière survenue sur cette plateforme le 20 avril 2010 (onze employés tués), qui a entraîné la pire marée noire de l’histoire des États-Unis.La fracturation hydraulique offshore approuvée en pleine marée noire
Les archives fédérales montrent que les régulateurs ont approuvé plusieurs projets de forage par fracturation hydraulique dans le Golfe du Mexique alors même que le désastre de Deepwater Horizon était encore en cours et que le puits endommagé continuait, semaine après semaine, à déverser du pétrole dans les eaux du Golfe. « La catastrophe de Deepwater Horizon aurait dû entrainer une prise de conscience de la nécessité d’en finir avec les forages offshore, déclare Kristen Monsell, juriste pour le Center for Biological Diversity, dans un entretien avec Truthout. Mais au contraire le gouvernement fédéral donne sa bénédiction à des activités comme la fracturation hydraulique sans procéder à des études environnementales adéquates ni informer le public. C’est la garantie d’un autre désastre. »La fracturation hydraulique implique d’injecter un mélange d’eau, de produits chimiques et de sable à haute pression sous la terre ou sous le fond de la mer, pour fissurer la roche et libérer le pétrole et le gaz qu’elle contient. Selon les documents officiels, les techniques de fracturation hydraulique offshore sont souvent utilisées dans le Golfe pour réduire la quantité de sable et de poussière dans le pétrole produit et améliorer son écoulement hors du puits.« Acidation » du sous-sol marin
Des acides hydrochloriques et hydrofluoriques sont également utilisés pour dissoudre les formations rocheuses sous-marines et accroître le débit des puits d’hydrocarbures. Selon l’Environmental Defense Center, qui a étudié les traitements acides offshore, l’acide hydrofluorique est l’un des produits chimiques les plus dangereux utilisés par l’industrie. Il peut occasionner des brûlures graves et forme un gaz à la vapeur toxique lorsqu’il est chauffé.
[...]Les autorités soulignent que le recours à la fracturation hydraulique et à l’« acidation » en mer sont de bien moindre ampleur que les techniques de fracturation hydraulique sur terre qui ont rendu possible le boom très controversé du pétrole et gaz de schiste à travers les États-Unis. Les écologistes s’inquiètent cependant du potentiel d’accident de ces opérations offshore, ainsi que des produits chimiques qui sont quotidiennement rejetés dans la mer, avec des eaux usées et d’autres liquides.
Des milliards de litres de produits chimiques rejetés en mer
Chaque année, les entreprises pétrolières et gazières sont même autorisées à rejeter dans le Golfe du Mexique les milliards de litres d’eau de mer, de saumure et de produits chimiques qui remontent des puits qu’elles forent. Ces rejets contiennent les produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique et des substances radioactives naturellement présentes dans les profondeurs du sous-sol marin.
Rien qu’en 2014, l’industrie pétrolière et gazière offshore a rejeté 75 milliards de litres de cette « eau produite » dans le Golfe du Mexique. Presque la moitié l’a été dans des eaux profondes de moins de 60 mètres, selon les publications environnementales fédérales. En 2010, presque 87 milliards de litres ont été ainsi déversés, en majorité dans des eaux peu profondes.
L’Agence de protection de l’environnement (EPA) demande que ces fluides soient traités pour respecter certaines normes, avant d’être rejetées des plateformes. Le plus grosse partie du pétrole et du diesel doit être retirée des eaux usées, et les opérateurs sont censés surveiller la surface de l’eau et signaler l’apparition éventuelle de reflets irisés. Il existe aussi des limites de toxicité, et les opérateurs doivent procéder à des tests réguliers, en fonction de la quantité d’eaux usées qu’ils rejettent.
Selon le permis de rejet délivré par l’EPA, les substances chimiques utilisées pour la fracturation hydraulique offshore sont similaires à celles utilisées sur la terre ferme. Et peuvent être déversées tant qu’elles sont « mélangées » à l’eau produite et qu’elles ne figurent pas sur une liste fédérale de polluants « prioritaires ». Les entreprises ne sont pas obligées de déclarer le rejet de ces substances chimiques tant qu’elles sont diluées dans l’eau produite. Il est donc impossible de savoir quelle quantité exactement est déversée dans le Golfe du Mexique.