19 oct. 2016

La lutte pour les 15$ s'étend aux conditions de travail

Aux États-Unis, la lutte pour un salaire horaire minimum à 15 $ étend ses ambitions à l'ensemble des relations de travail.

Source: Michelle Chen dans The Nation (ici, en anglais).

Extrait, résumé et traduction

Le mouvement des travailleurs de la restauration rapide passe à la deuxième phase de la campagne pour promouvoir un travail décent et honnête: un horaire prévisible.

Le maire de New-York Bill De Blasio et les membres du conseil municipal ont annoncé une législation destinée à encadrant les horaires de travail en les rendant prévisibles. La loi qui sera bientôt votée demandera, selon le bureau du maire: "Aux employeurs de la restauration rapide de prévoir une majorité d'horaire de travail et d'afficher un horaire publiquement sur le lieu de travail au moins deux semaines à l'avance." Il s'agit de 65.000 travailleurs de la restauration rapide mais cette loi laisse de côté les commerces de détail de masse et le secteur des restaurants qui emploient aussi des armées de force de travail, particulièrement des jeunes gens de couleur.

Selon une étude nationale (ici, en anglais), sur les jeunes travailleurs de 26 ans à 32 ans, "La moitié des travailleurs de commerce de détail expliquent qu'ils connaissent leurs horaires de travail une semaine à l'avance ou moins et la moitié des concierges et gardiens d'immeuble expliquent que leur employeur maîtrise leur emploi du temps au travail". À peu près 17% des travailleurs opèrent selon des horaires variables, (...) ce qui signifie que leurs horaires peuvent changer d'un jour à l'autre.

Ces emplois du temps instables peuvent faire autant de dégâts sur la qualité de vie des travailleurs que les salaires inadaptés. Près de 70% des mères travailleuses et 80% des pères ont déclaré que lors des dernières semaines, leurs horaires avaient varié en moyenne de 40%  de l'horaire habituel. Le manque d'horaire stable peut obérer le bien être familiale, notamment pour les parents célibataires à faibles revenus qui doivent sacrifier le soin des enfants et autres devoirs domestiques aux horaires en changement constant.

Des politiques de semaine de travail honnêtes ont été mis sur pied dans plusieurs villes et un projet de loi au Congrès propose de forcer les employeurs à donner les horaires à l'avance et à indemniser pour les changements de dernière minute pour aider à stabiliser les horaires et sécuriser les lieux de travail et moins misérables pour les travailleurs;

C'est le cas aussi à San Francisco ou à Seattle - où les employeurs sont contraints d'embaucher en priorité les temps partiels pour les temps pleins.

Ces lois d'assainissement du travail en emploi peuvent être plus difficiles à faire passer dans certains cas. 



Nous rappelons que nous ne sommes pas pour l'aménagement de l'emploi mais pour l'émancipation du travail de tout employeur et de tout investisseur.

Les luttes héroïques aux États-Unis permettent néanmoins d'expérimenter la puissance collective, les facultés d'organisation des producteurs et ouvrent une lucarne sur l'abolition de ce qui rend l'emploi pénible.

Bon courage à toutes et à tous, en tout cas.