22 sept. 2016

Le dumping fait effondrer un bâtiment


Serge Dumont dans le Temps (ici, en français), nous relate un fait divers qui a tout à voir avec le dumping social. Dans la construction, en Israël - comme en Europe occidentale - c'est la loi de la jungle pour prendre des bénéfices. Au détriment des producteurs, donc. Extrait.

Cinq cents soldats du «Pikoud haoref» (la Défense passive israélienne) s’activaient encore mardi soir sur le site de Tel-Aviv où se sont effondrés comme un château de cartes les quatre étages d’un nouveau parking municipal souterrain en voie d’achèvement. A ce moment-là, le bilan provisoire de cette catastrophe était de quatre morts, de trois disparus sous les décombres, ainsi que d’une trentaine de blessés plus ou moins graves.
Cet accident provoque une énorme polémique dans l’Etat hébreu. Parce que l’entrepreneur n’a pas respecté les réglementations en vigueur et parce que les victimes sont toutes originaires d’Europe de l’Est ou palestiniennes. L’un des premiers corps retrouvé hier est d’ailleurs celui d’un membre du clan Dawabsheh, une famille palestinienne devenue tristement célèbre en juillet 2015 lorsque l’une de ses maisons située à Douma (Cisjordanie) a été attaquée à coups de cocktail molotov par des colons.
L’effondrement du parking de Tel-Aviv éclaire en tout cas d’une lumière crue les pratiques du secteur israélien de la construction ou la concurrence acharnée justifie que l’on réduise les coûts en choisissant des matériaux de second choix et en employant des dizaines de milliers d’ouvriers recrutés à bas prix par des négriers.
En théorie, les normes de construction et les règles relatives au travail sur les chantiers sont pourtant sévères. Mais elles sont rarement respectées puisque l’inspection du travail ne compte que 18 personnes – dont un tiers absent pour des raisons diverses – alors que l’on recense 13 000 chantiers sur l’ensemble du pays et dans les territoires occupés.
Contrairement aux ouvriers israéliens qui bénéficient de conditions sociales, les Palestiniens en séjour illégal et les étrangers «importés» pour un ou deux ans affrontent des conditions difficiles. Ils dorment souvent sur place à même le sol, dans des conditions d’hygiène précaires et pour un salaire inférieur à celui de leurs collègues de l’Etat hébreu.