13 juil. 2015

Les Navajo sont soumis à la radioctivité des mines d'uranium

RT (ici, en anglais) résume la situation des Navajo soumis aux radiations de centaines de mines d'uranium abandonnées.

Ils vont être indemnisés à hauteur de 13 millions de dollars (11 millions d'€) via un fonds de réponse environnementale géré par la Nation Navajo avec le soutien de l'agence de protection de l'environnement fédérale (EPA, en anglais). 

Cet argent permettra un nettoyage de 16 mines abandonnées parmi une liste de 46 sites prioritaires. Il y a des centaines de sites qui auraient encore besoin d'être traités. On estime qu'il y a plus de 1.200 mines abandonnées sur les terres Navajo, un territoire de 70.000 km².

L'EPA a réparé 34 maisons, contrôlé 521 mines et dressé une liste de 46 sites prioritaire pour le nettoyage et a procédé à la réhabilitation et au nettoyage de 9 mines jusqu'ici. L'agence a aussi fourni de l'eau potable à plus de 1.800 familles.

Un arrangement de 2014 a provisionné 985 millions de dollars (900 millions d'€) d'un accord de plusieurs milliards avec des filiales d'Anarko Petroleum Corp pour nettoyer à peu près 50 sites d'opération minière abandonnés sur la Nation Navajo. 

Les géomètres fédéraux ont trouvé des filons riches en uranium sur les terres Navajo dans les années 40 et le gouvernement a autorisé les privés à extraire le minerai pour les besoins de l'armement et de l'énergie. Près de 4 millions de tonnes d'uranium ont été extraites de la zone entre 1944 et 1986 après quoi les activités minières furent arrêtées. Le gouvernement fédéral a été le seul acheteur du minerai jusqu'en 1966.

Les mineurs navajo travaillaient sans aucun équipement de protection et sans protocole de décontamination pour des salaires parfois inférieurs à un dollar de l'heure. Dans son livre A poisoned land and a people betrayed (un pays empoisonné et un peuple trahi), la journaliste Judy Pasternak a écrit que les mineurs ont été exposés à des radiations quatre fois supérieure à celles auxquelles ont été soumis les Japonais pendant la seconde guerre mondiale.

Dans les années 50, le taux de cancer parmi les Navajo était si bas qu'on pensait qu'ils étaient naturellement immunisés, a écrit la journaliste Sonia Luakkala. En 2004, le cancer était devenu la cause principale de maladie et de mort chez les Navajo. 

Une enquête de l'EPA de 2014 de 500 mines abandonnées a découvert des niveaux de radiation 25 fois plus élevés que la normale. Beaucoup de mines aux niveaux les plus élevés ont été trouvés à moins de 500 mètre d'une habitation humaine.

"Une exposition chronique, c'est quelque chose que nous devons mieux comprendre" dit Etsitty à RT. Beaucoup de Navajo vivent dans les régions reculées de la réserve, souvent proches de puits de mines qui ont été depuis remplis d'eau. Les humains et les animaux boivent l'eau des puits, souvent sans être conscients des risques possibles de la radiation et de la toxicité.