1 mai 2015

Ponce Pilate

Les entreprises se servent de minéraux sans se soucier de leur provenance.

Extrait d'un article de RFI qui renvoie à un rapport d'Amnesty sur le sujet (ici)
La conclusion, d’un rapport conjoint d’Amnesty International et Global Witness publié mercredi 22 avril est sans appel. Près de 80% des entreprises américaines sont incapables de dire si les produits qu’elles vendent contiennent des minerais issus de zones de conflits en Afrique centrale et notamment de République démocratique du Congo. Et ce alors que depuis 2010 la loi Dodd-Frank impose aux entreprises de déterminer l’origine des minerais qui composent leurs produits pour éviter de financer des groupes armés.
L’examen des comptes-rendus d’une centaine de multinationales américaines, comme Apple ou Boeing par exemple, sur la présence ou non de minerais d’origine douteuse dans leurs produits a révélé le manque de rigueur de leurs enquêtes. Sur cette centaine d’entreprises, 79 étaient incapables de retracer la chaîne d’approvisionnement des différents minerais, de leur origine jusqu’aux Etats-Unis.
16 % seulement ont fait plus que contacter leur fournisseur direct uniquement en appelant les usines qui transforment les minerais utilisés, par exemple. Enfin, plus de la moitié de ces entreprises ne font pas l’effort de prévenir leur direction lorsqu’elles identifient un risque ou un problème dans la chaîne d’approvisionnement.
Pour les ONG Amnesty International et Global Witness, auteurs de ce rapport, ce manque d’enquête n’est pas dû à une absence de moyens financiers ou à une difficulté pour obtenir les informations, mais bien à un manque de volonté des entreprises. Pour preuve une sur cinq a fait l’effort de se conformer aux exigences de la loi anti-minerais de sang.