Extrait
Si la loi Taubira de 2001 a permis à la France d’assumer enfin son passé esclavagiste, la traite des êtres humains n’a pas pour autant disparu du territoire. Pire, selon le collectif Ensemble contre la traite des êtres humains, l’esclavage serait aujourd’hui devenu un phénomène protéiforme, constitué de multiples réseaux, contre lequel les autorités peinent à lutter. Au cours d’un colloque organisé quelques jours avant la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, ce collectif a tenu à rappeler l'existence de ces « nouveaux visages de l’esclavage ».
10 mai 2001 : au Sénat, la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité, portée par Christiane Taubira, est définitivement adoptée. Cette date symbolique, est devenue depuis la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage en France métropolitaine. Elle a été choisie par François Hollande pour inaugurer ce dimanche en Guadeloupe le Centre caribéen d'expressions et de mémoire de la traite et de l'esclavage (Mémorial ACTe). Le travail de mémoire se poursuit donc, mais pour de nombreuses associations, l’esclavage est loin d’avoir été éradiqué en métropole.
« Petites bonnes » exploitées dans des familles sans scrupules, migrants illégaux travaillant de force pour des salaires de misère ou encore prostituées piégées dans des réseaux mafieux, ces « nouveaux visages de l’esclavage » ont fait l’objet d’un colloque à Science Po, ce mercredi 6 mai 2015.