Extrait
Le 14 mars 2003, le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder présente au Parlement l’Agenda 2010 : un train de réformes portant notamment sur les retraites (augmentation des cotisations ainsi que de l’âge de départ, qui passe de 63 à 65 puis à 67 ans) et sur le marché du travail. Ce dernier volet, confié à M.Peter Hartz, ancien directeur du personnel de Volkswagen, vise à casser la protection sociale et à développer la précarité pour « activer » les chômeurs.
Hartz I - janvier 2003.
Création d’agences d’intérim privées ou publiques-privées pour les services ; libéralisation du travail intérimaire ; restriction de la liberté des chômeurs de refuser une offre d’emploi.
Hartz II - janvier 2003
Incitation au développement d’emplois complémentaires à bas salaire, les « mini-jobs » — payés moins de 400 euros mensuels (450 en 2013) — et les « midi-jobs » — payés de 400 à 850 euros —, qui bénéficient d’exonérations de cotisations sociales et sont destinés prioritairement aux chômeurs peu qualifiés. Aide à l’autoentrepreneuriat.
Hartz III - janvier 2004
Restructuration de l’Office fédéral du travail, qui adopte un management par objectifs avec évaluation des performances de chaque agence locale.
Hartz IV - janvier 2005
Réduction de la durée de l’allocation-chômage de trente-deux à douze mois ; renforcement des contrôles. Après un an d’indemnisation, le chômeur dépend de l’aide sociale (qui fusionne avec l’assistance chômage de longue durée). Le montant de celle-ci, parfois inférieur à 350 euros, est désormais proportionné aux avoirs. Les « bénéficiaires » ont l’obligation d’accepter les « mini-jobs » ainsi que les « emplois à 1 euro » (Ein-Euro Jobs, payés de 1 à 2,50 euros l’heure pour quinze à trente heures par semaine).