4 avr. 2015

Un sandwich à 5 dollars ... de l'heure

Vous rêvez d'un vrai burger à New-York? Sur Alternet, Allegra Kirkland nous emmène dans les sandwicheries new-yorkaises découvrir le quotidien des travailleurs derrière le comptoir (ici, en anglais).

Extrait et traduction

Toutes les nuit à New-York, alors que la plupart d'entre nous dorment, une armée de travailleurs file à travers les rues. Ils empruntent le train suspendu 7 vers Elmhurst (quartier de Queens) pour rentrer chez eux après leur boulot, le nettoyage des immeubles à bureaux du centre ville et la livraison de boîtes de produits frais aux sous-sols des restaurants.

Les militants immigrés aiment parler de "vie dans l'ombre" pour décrire le style  de vie des sans papier. Mais, pour beaucoup d'entre eux, la vie se déroule littéralement dans l'ombre puisqu'ils travaillent la nuit pour gagner leur vie et envoyer de l'argent au pays. À New-York, ces travailleurs sans papier travaillent dans la construction, la puériculture et, surtout, dans l'industrie de service alimentaire.

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Bien que l'administration Obama ait essayé de casser les grandes entreprises qui emploient des travailleurs sans papier en enquêtant sur elles et en leur infligeant de lourdes amendes, des secteurs significatifs de l'économie états-unienne continuent de reposer sur les travailleurs sans papier. Les 8,1 millions d'immigrants illégaux employés aux États-Unis représentent 5,1% de la force de travail selon le Pew Reserch Hispanic Trends Project et, des secteurs tels que la construction, la restauration, l'hôtellerie et l'agriculture dépendent étroitement du travail immigré. Cependant, alors que les travailleurs sans papier versent 11,2 milliards de dollars par an dans les caisses de l'état et aident à garder la sécurité sociale à flot, ils font face à des violations répétées du droit du travail, à des conditions de travail dangereuses et à du vol de salaire.

Alors que les travailleurs sans papier ont légalement le droit de s'organiser (en tout cas dans l'État de New-York), ils ont peur de dénoncer les violations du droit du travail parce qu'ils craignent d'être expulsés. Plusieurs travailleurs de Hot&Crusty interrogés dans le documentaire The Hand That Feeds (de Robin Blotnick et Rachel Lears, ce documentaire témoigne de la lutte et des conditions de travail des sans papier) disent ne pas avoir été actifs politiquement dans leur pays d'origine. Selon Mahoma (travailleur dans une blanchisserie et porte-parole), c'est "en s'organisant qu'on réalise que les changements de la société viennent des mouvements".

Après des mois de manifestations, de grèves, d'occupation de magasin, les travailleurs ont gagné. Avec leur nouveau syndicat, leurs contrats de travail leur permettent maintenant de prendre des vacances et des jours de congé maladie, il peuvent déterminer quels employés la compagnie embauche et peuvent exiger des explications en cas de licenciement.

Quelques mois après avoir emporté leur victoire, la première manifestation de travailleurs de restauration rapide eut lieu à New-York. Le documentaire témoigne du pouvoir extraordinaire de la lutte collective. "Des tactiques que l'on pourrait voir comme assez radicales telles que l'occupation de magasin, peuvent être payantes. La victoire est possible quand on prend vraiment de grand risque, quand on se bat vraiment très fort" selon Blotnick.