4 avr. 2015

Contrôle de l'énergie des chômeurs

Le gouvernement employiste entend jeter l’opprobre et la suspicion sur les chômeurs. C'est évidemment une mesure poujadiste qui se sert d'un fallacieux argument budgétaire comme prétexte (les sommes en jeu sont de toutes façons insignifiantes comparées au budget de l'État ou même aux seuls intérêts notionnels).

Nous rappelons que

- les employeurs PROFITENT des employés. S'il faut contrôler les profiteurs, qu'on contrôle les employeurs, les actionnaires et les propriétaires lucratifs

- le travail sous emploi est sanctionné par un salaire et profite du travail non sanctionné par un salaire (travail domestique, social hors du cadre de l'emploi). Le travail en emploi PROFITE du travail hors emploi. S'il faut contrôler les profiteurs, c'est l'emploi qu'il faut contrôler: est-ce que l'emploi ne pille pas les ressources communes? est-ce qu'il ne se pratique pas au détriment de la santé physique et mentale des travailleurs? est-ce qu'il est socialement justifié? humainement profitable?

Au fond, derrière la démagogie politicienne réactionnaire de ce gouvernement, c'est une catégorie de la population qui est attaquée, soupçonnée. Cette catégorie ne se limite pas aux seuls chômeurs. C'est toutes celles et tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, touchent un salaire.

Les chômeurs sont suspects de frauder, les producteurs en emploi sont suspects de tirer au flan, les retraités et les malades sont suspects de coûter alors que ceux qui empoisonnent véritablement le corps social, ceux qui transforment nos ressources naturelles en décharges, notre travail en esclavage, notre enthousiasme en servilité ne sont jamais mis en cause.

Les actionnaires, les banquiers, les propriétaires lucratifs peuvent bien consommer l'énergie qu'ils veulent, ils ne seront jamais redevables de rien pour ce gouvernement employiste.

Jusque quand, jusqu'où allons-nous nous laisser faire? Voilà que nous sommes traités, voilà que nous nous laissons traiter comme des criminels!