3 mars 2015

Gattaz et Daesh

Quel est le point commun entre la dame de fer (entre Schröder, Michel, Hollande, le président du Medef) et les fous furieux qui sévissent sur des 4X4 rutilantes en Syrie et en Irak?

Leur haine des syndicats, du mouvement ouvrier, des salaires, de la défense des conditions de travail, du droit social, du droit du travail. Isis et Gattaz rêvent d'interdire les syndicats et de saboter toute tentative de lutte sociale dans la violence la plus crue. Ils sont en guerre contre les producteurs et contre les salaires, à l'instar des autorités européennes (belges, françaises, espagnoles, érythréennes, ukrainiennes ...).

Zaid Jilani dans Alternet (ici, en anglais) a creusé cette intéressante question.

Extrait, résumé et traduction.

Les syndicats irakiens ont d'abord été victimes de la répression du gouvernement de Saddam Hussein. Lors de l'occupation américaine, les syndicats ont été affectés par les vagues de privatisation. 

C'est maintenant l'État prétendument islamique qui s'attaque aux mouvements sociaux des producteurs. Des syndicalistes ont été agressés depuis juin 2014 alors que l'Isis s'étendait dans le nord de l'Irak. Selon l'AFL-CIO [syndicat états-unien] ...
les travailleurs irakiens et leur famille sont confrontés au chômage, à la violence, aux déplacements forcés - et parfois au meurtre. Beaucoup d'entreprises et de lieu de production ont été fermés suite aux combats entre l'Isis et les forces militaires, particulièrement à Mossoul, Tikrit, Ramadi et dans certaines parties de Diyala.
À Mossoul, l'Isis a détruit le bâtiment syndical principal; en septembre, ils ont kidnappé et tué la femme d'un leader syndical de la fédération générale des travailleurs irakiens.

Isis a kidnappé et tué "huit travailleurs du secteur public après qu'ils ont mis en cause l'autorité d'Isis et qu'ils ont protesté contre l'arbitraire des politiques d'emploi" selon la fédération des conseils des travailleurs et des syndicats en Irak (FWCUI en anglais).

En octobre, la FWCUI a témoigné que l'Isis forçait les ouvriers à travailler sans paie et répondait aux demandes salariales par des kidnappings.

De plus, "des habitants des régions contrôlées par Isis ont affirmé avoir été menacés par Isis à cause de leur engagement syndical. Des militants d'Isis ont volé des voitures et de l'argent de sections du GFIW (en anglais, fédération générale des travailleurs irakiens) à Mossoul et ont réquisitionné la maison et la voiture du président de section qui discutait de la situation avec l'équipe du centre de solidarité. D'après son témoignage, il a été obligé de partir sans aucune affaire, on lui a tiré sur les jambes quand il a essayé de sauver sa famille. Il a dit que, outre son activité syndicale, sa famille était prise comme cible probable parce que sa femme avait envisagé de se présenter aux élections parlementaires. Beaucoup de membres de syndicat ont rapporté qu'ils avaient dû fuir les zones contrôlées par Isis à cause de menaces et d'intimidations."

En plus de se battre pour des salaires décent et pour du travail à la fois dans les zones contrôlées par Isis et dans celle contrôlées par le gouvernement, le GFIW n'a pas mâché ses mots pour soutenir les femmes qui sont maltraitées et, dans certains cas, employées comme esclaves sexuelles par les militants d'Isis. Dans une déclaration de décembre, il dénonce la brutalité de la clique contre les femmes.