C'est cette invite qui servait de sous-titre au Manifeste du parti communiste écrit par Engels et Marx. "Prolétaires de tous les pays unissons-nous", sinon, nous n'obtiendrons jamais rien. Si l'internationalisme a pu être dévoyé dans un européisme réactionnaire, son principe est toujours tragiquement d'actualité quand il s'agit des travailleurs immigrés. On se souviendra du massacre d'Aiguës-Mortes contre les travailleurs italiens (ici): si la mise en concurrence entre les travailleurs nationaux et les immigrés a souvent tourné au bain de sang, elle a toujours tourné à l'avantage des employeurs, des propriétaires lucratifs.
En Grèce, la situation des saisonniers cueilleurs est particulièrement dramatique à en croire l'article de Helena Smith dans le Guardian (ici, en anglais). À l'heure de payer ses ouvriers, un exploitant leur a tiré dessus. Il n'a pas été inquiété par la justice.
L'un d'entre eux, Chowdhury raconte le massacre auquel il a survécu. Ils étaient censés être payés 22€ par jour moins 3€ de frais de bouche et 3€ d'hébergement. Comme ils avaient besoin de leur paie, ils avaient été trouver le patron de l'exploitation agricole où ils travaillaient. On leur avait répondu, comme à chaque fois, qu'ils seraient payés la semaine suivante.
En matière de paiement, ils ont eu droit à des balles réelles. Chowdhury a pu appeler la police alors que les corps s'amoncelaient. 35 blessés dont quatre grièvement. Les tireurs furent libérés en appel sans qu'on puisse comprendre les motivations d'un jury. S'agit-il de pressions de l'Aube Dorée, groupe néo-nazi?
La plupart des victimes était Bangladeshis, sans papier. Les producteurs accumulent les millions, roulent dans des voitures de luxe. Les saisonniers se sont souvent lourdement endettés pour arriver là.
