22 mars 2014

Mesures du désastre en Ukraine

Un article de Mondialisation ici (en français, traduit), dresse un portrait sans concession de la situation dans le pays en ébullition aux ministres néo-nazis. L'auteure, Julie Hyland se montre franchement hostile au nouveau pouvoir en place.

Comme il s'agit d'une situation de guerre (et de guerre civile) nous nous permettons de rappeler à nos lecteurs que, dans cette configuration, toute information est à considérer avec la plus grande prudence, quel que soit le point de vue qu'elle défend.

Extraits

1. La situation antérieure

Dans le cas de l’Ukraine, toutefois, cette dévastation sociale sera déchaînée contre un pays qui a déjà été assujetti à une économie de la terre brûlée dans le cadre de la restauration capitaliste. Avant même que ne surviennent ces récents événements, l’Ukraine était le 80ème pays le plus pauvre du monde en fonction de son produit intérieur brut par habitant, derrière l’Irak, les îles Tonga et la Bosnie-Herzégovine.
Plus d’un quart de sa population – 11 millions de personnes – vivent sous le seuil officiel de pauvreté qui est fixé à un maigre revenu de 1.176 UAH (Hryvnia ukrainien soit 127 dollars US) par mois. Avec un salaire mensuel moyen d’à peine 1.218 UAH (131 dollars) ou 79 cents américains de l’heure, des millions d’autres personnes survivent à la limite du seuil de subsistance.
Le taux de chômage officiel de 7,5 pour cent dissimule un grand nombre de travailleurs non-inscrits et sous-employés. Ce taux est maintenu bas par une forte émigration, des dizaines de milliers de personnes fuyant le pays en quête d’un emploi. L’équivalent de 15 pour cent de la population ukrainienne a quitté le pays et forme l’une des plus vastes diasporas du monde. Entre 1991, moment de la dissolution de l’Union soviétique, et 2010, la population ukrainienne est passée de 51,7 millions à 45.9 millions.
2. Mesures

Entre 2008 et 2009, par exemple, le PIB de l’Ukraine a chuté de 15,1 pour cent tandis que le chômage triplait pour atteindre 9,4 pour cent. Les anciens bureaucrates staliniens et les oligarques mafieux qui se sont enrichis en dérobant les anciens biens publics ont continué tout au long à piller les actifs de l’Etat et à accumuler des fortunes personnelles de plus en plus grandes.
Le pire reste à venir. La dette totale de l’Ukraine est actuellement évaluée à quelque 80 milliards de dollars. Vu que sa monnaie s’est dépréciée de 20 pour cent par rapport au dollar depuis le début de cette année, laissant fondre les réserves en devises et accroissant la fuite des capitaux, l’endettement de l’Ukraine augmentera bien davantage.
Le FMI et l’UE seraient en train d’élaborer un plan de « sauvetage » d’à peine plus de 15 milliards de dollars. Non seulement la plus grande partie de cet argent est destinée à couvrir les remboursements aux banques occidentales, mais il est encore lié à des coupes massives dans les dépenses publiques des retraites et des subventions sur le carburant. Depuis 1998, l’Ukraine est impliquée dans divers programmes de « réformes structurelles » du FMI, qui tous ont dû être abandonnés en l’espace d’un an vu que leurs conséquences ont été jugées socialement trop explosives.
 et, concrètement,

Depuis quinze jours, une équipe du FMI est déjà à l’œuvre, a rencontré le ministre de l’Energie et du Charbon ainsi que des représentants de la Banque nationale d’Ukraine et du distributeur de gaz Naftogaz. Elle a rapporté que ses travaux allaient « bon train » et que les nouvelles autorités étaient déterminées à entreprendre des « réformes économiques. »
Ces « réformes » comprennent une nouvelle dévaluation de la monnaie, des coupes majeures dans les dépenses publiques et les retraites et, notamment, la fin des subventions publiques au prix du gaz qui sont une question de vie et de mort dans un pays où les températures peuvent tomber très bas.
 ... il faudra effectivement un régime très musclé pour prendre ces mesures résolument employistes: gageons que les nostalgiques sauront mettre la main à la pâte.