On peut pousser des cris d'orfraie en dénonçant cette braderie mais le fait que les travailleurs laissent faire interroge sur les limites des entreprises nationales. Visiblement, ces travailleurs n'avaient pas accès à la fonction publique ou étaient déjà victimes de management digne de société à profits pour des propriétaires lucratifs puisqu'ils n'ont pas empêché la vente à la découpe.
Nous insistons pour défendre la fonction publique - un salaire à la qualification personnelle débarrassé de l'employeur - et non le service public - un travail concret particulier opposé aux autres types de travail concret. Le discours de service public répond à (et provoque) celui de "privilège". Il faut parler de salaire universel, pour tout et pour tous.
Extrait.
En se servant de la crise et du remboursement de la dette publique comme prétexte, le gouvernement slovène a mis en place depuis quelques temps un vaste processus de privatisation d’un grand nombre de ses ressources infrastructurelles. Ce processus changera crucialement la structure de l’économie du pays, ainsi que les pouvoirs de force qui y règnent. Malgré ces changements qui s’annoncent néfastes, les voix de contestation restent très isolées.
La troisième vague de privatisation en Slovénie décime à une vitesse un grand V un grand nombre d’entreprises du pays. Au début du mois de septembre, le processus de privatisation a atteint une étape symbolique : l’entreprise allemande spécialisée dans la gestion aéroportuaire Fraport a acquis l’aéroport de Ljubljana. La vente d’une infrastructure aussi importante que l’aéroport semblait jusqu’à lors impossible en Slovénie. Cette vente ouvre la porte à la privatisation d’autres entreprises.
L’allemand Fraport a racheté les trois quarts de l’aéroport à l’Etat slovène pour une somme de 177 millions d’euros et a ainsi obtenu la gestion complète de l’infrastructure pour les 40 années à venir. La somme payée par Fraport est plus élevée que des sommes généralement requises pour ce type de transactions – si l’on tient compte du fait que ce prix de rachat représente la quantité de flux de trésorerie d’exploitation multiplié par 21, alors que le prix moyens dans ce type de rachat tourne autour d’une multiplication de la quantité de flux par 15. Même si la direction des biens publics slovènes et les représentants de Fraport ont présenté cette transaction comme étant « la privatisation la plus sérieuse et la plus transparente », les citoyens slovènes n’ont pas pu avoir accès aux informations sur la question jusqu’au jour de la signature. À l’annonce de la vente, le français De Vinci Airports s’est plaint d’avoir fait une offre plus avantageuse. L’aéroport a tout de même été vendu à Fraport, qui avance pour sa défense avoir un projet de développement des capacités de transport de l’aéroport.
L’aéroport de Ljubljana est exploité avec succès depuis ces dix dernières années. L’année dernière, le nombre de voyageurs a argumenté de 10% et l’entreprise fait plus de 5 millions d’euros de profit. De plus, l’aéroport dispose de 30 hectares de terrains constructibles. Il s’agit d’une société sans aucune dette, qui a au contraire réussit à économiser 35 millions d’euros destinés à être investis dans un deuxième terminal passagers, pour lequel la direction a aussi réussi à assurer 14 millions de fonds européens. Il s’agit donc d’une entreprise prospère sur tous les plans. Il serait difficile de trouver des raisons économiques qui justifieraient la privatisation de cet aéroport.