![]() |
| Photo: EFE |
Cette grève générale rejette la politique économique et sociale du président et réclame la récupération des terres volées pendant la dictature de Strossner. Elle réclame une politique au service des intérêts de la majorité et la fin de la criminalisation des mouvements sociaux.
Gustavo Zaracho du blogue America du Monde Diplomatique (ici) confirme cette version. Extrait
M. Cartes ne s’est pas contenté de déclarations. Quelques jours après son arrivée au pouvoir, sa première mesure fut de présenter au Congrès un amendement de la loi 337/99 de défense nationale et de sécurité interne, afin d’autoriser le recours aux forces militaires dans la lutte contre les groupes armés, sans passer par la déclaration de l’Etat d’exception (comme l’exige la Constitution nationale). Le chef d’Etat peut ainsi décider de l’intervention des forces armées dans le pays par décret et pour la durée qu’il juge nécessaire. Aujourd’hui, trois départements du pays font l’objet de telles mesures : ceux où l’on enregistre le plus grand nombre de conflits autour des cultures de soja transgénique et les grandes propriétés terriennes.
Sa deuxième mesure fut l’approbation d’une loi dite d’alliance public-privé, à l’image des partenariats publics-privés (PPP), bien connus en Europe. Grâce à ce cadre juridique, l’Etat paraguayen ouvre des pans entiers de l’économie au capital privé…
La troisième mesure, moins connue et décidée dans l’opacité, porte sur l’augmentation de la présence de troupes nord-américaines sur le territoire national. Les sénateurs de la coalition de partis de gauche Frente Guasu, à laquelle appartient l’ancien président Fernando Lugo, aujourd’hui sénateur, a demandé à M. Cartes d’apporter des informations sur cette présence militaire américaine au Paraguay. Une demande restée pour l’instant sans réponse.
Mais outre la mobilisation du 26 mars, les temps sont durs pour M. Cartes. Une équipe de journalistes de plusieurs quotidiens latino-américains a révélé les liens entre ses entreprises de production de tabac et différents réseaux de blanchiment d’argent et de contrebande de cigarettes qui inondent les marchés de Colombie, du Brésil ou d’Argentine. L’ampleur de ce trafic serait telle que la contrebande de cigarettes serait plus lucrative que le trafic de cocaïne dans la région de la triple frontière (Argentine, Paraguay, Brésil). En dépit du mécontentement de la population, les affaires demeurent donc plutôt bonnes pour M. Cartes.
