Résumé et traduction
Le gouvernement le plus populaire de l'histoire en Argentine est responsable d'un génocide avec circonstances aggravantes, si l'on peut dire, parce qu'il est aussi responsable de l'occultation criminelle de ce génocide et, de ce fait, du sabotage d'une repentance impossible et inexistante.
(...) Le génocide a commencé dans la province de Formose entre le 10 et le 30 octobre 1947 pendant le premier gouvernement Peron. Les exécutants du massacre étaient la gendarmerie nationale et les complices civiles de la zone.
Les incitateurs, les pousse-au-crime étaient, qui aurait pu en douter, les propriétaires terriens et les capitalistes avec des intérêts dans la région. Pourquoi "génocide"? Les victimes furent des enfants, des femmes et des hommes de la population pilaga de Formosa, peuple indigène millénaire désarmé (connu pour son hospitalité) à qui l'on appliqua de manière froide la solution finale hitlérienne: quelques 750 de nos frères fusillés (les enfants, les mères, les vieux, tout le monde), des centaines de disparus, des centaines d'orphelins, des centaines de blessés, violés dans leur dignité la plus élémentaire ... en à peine quelques jours, en ayant recours à des fusillades collectives, à la poursuite à travers champs, à la crémation collective de cadavres et aux fosses communes (avec certaines personnes probablement enterrées vives) sans identification et avec le but avoué de ne laisser aucun témoin, d'effacer toute trace du crime. Un seul coupable désigné comme 'l'initiateur du conflit' fut renvoyé de son poste d'employé ministériel de seconde importance. Mais il n'y eut ni châtiment contre les coupables ni enquête (sauf pour tout cacher pendant presque soixante ans). D'un côté comme de l'autre, du côté des victimes comme des bourreaux, il y a encore des témoins vivants.
Des avocats et des anthropologues travaillent actuellement dans le zone dans le but de faire la lumière sur ce massacre: on a déjà découvert des restes d'ossements de centaines de cadavres sur le lieu du crime, aujourd'hui terrain de ... la gendarmerie nationale.