21 juin 2015

Du bio dans le gaz

On nous envoie un article de Diagonal (ici, en espagnol) qui fait part d'une lutte sociale dans le secteur agro-alimentaire en Andalousie.

Inutile de dire que nous soutenons entièrement ce mouvement courageux, déterminé et utile. Quant à l'employeur, quant aux propriétaires lucratifs, leur ladrerie, leur appât du gain et leurs discours sur le bio n'attestent qu'une chose: leur cuistrerie.

Traduction

Des ouvrières de l'entreprise Biosol, entreprise de produits horticoles biologiques sont en grève de la faim après avoir été licenciées en juillet 2014. L'entreprise justifie le licenciement par le fait que les travailleuses ont sali l'image de Biosol en apparaissant dans un documentaire d'Arte nommé la Bioillusion qui dénonce les contradictions du système de production bio à l'échelle globale.

Biosol est, depuis des années, l'un des grands chevaux de bataille du syndicalisme agricole à Alméria.
Hafida Mounjid, déléguée de la Section Syndicale du SAT (syndicat agricole) est l'une des licenciées. Elle est arrivée dans l'entreprise depuis 2003 et elle s'occupait de la manutention des fruits et des légumes, "comme la majorité de mes camarades, presque toutes des femmes". En 2011, Biosol a essayé de requalifier les contrats à durée indéterminée d'une bonne partie de sa main d’œuvre en contrats fixes discontinus. Beaucoup, raconte Monjid, "n'ont pas voulu accepter. Nous avions déjà eu des problèmes auparavant avec l'entreprise parce qu'elle ne voulait pas nous payer nos vacances." À partir de ce moment, selon ce que rapporte Mbarka El Goual pour le SOC-SAT, en grève elle aussi par solidarité envers les travailleuses, "l'entreprise a mis tout en œuvre pour se défaire de ces travailleuses".

Biosol est l'un des grands chevaux de bataille du syndicalisme agraire à Alméria, "il y a toujours eu des problèmes avec les paies, les vacances et les conditions des employées, de ce fait, nous avons beaucoup travaillé à ce qu'elles soient unies et puissent faire pression" explique El Goula. L'entreprise, pour le moment, n'a pas pris contact avec le syndicat, ni avec aucune des travailleuses dont l'objectif est de récupérer le poste de travail. "Pour le moment, on va tenir la grève de la faim, aujourd'hui, de plus le Ramadan a commencé", signale Hafida Mounjid. "Nous sommes fatiguées mais unis et pleine d'espoir".

Pour Mbarka El Goual, les causes du licenciement de Biosol sont claires: "Ils veulent se débarrasser de ces femmes à tout prix parce qu'elles luttent, ils n'en veulent plus ici" explique-t-elle.