Inutile de dire que nous considérons cette forme d'accaparement comme un vol, comme une enclosure, comme une distraction des ressources communes au profit de propriétaires lucratif. Cette forme d'enclosure menace des formes de vie particulièrement riches - nous soutenons absolument les tribus menacées et qualifions le régime qui les spolient de leurs droits ancestraux légitimes de criminel.
Extrait
Addoha est une société privée dont le PDG, Anas Sefrioui, est proche du palais royal, en particulier de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi. La SAR est quant à elle une filiale immobilière de la CDG (Caisse de dépôt et de gestion), une institution financière contrôlée par le roi.
Les deux sociétés sont parvenues à acquérir des terres à bas prix à travers le Maroc. L'Etat affirme que ces ventes de terres sont légales puisque la propriété est considérée comme étant « ard al-jum », des terres collectives appartenant à l'Etat.
Le système des terres collectives a été introduit par l'administration coloniale française à travers une loi datant de 1919 qui a réorganisé les territoires ruraux. La loi a retiré le contrôle des terres aux tribus et en a fait la propriété du ministère de l'Intérieur.
En vertu de la loi de 1919, chaque commune est dirigée par un « naïb », élu par la tribu, qui assume un rôle de négociateur en chef pour les transactions foncières au sein de la tribu, ainsi qu'entre la tribu et l'Etat. Aujourd'hui, la loi de 1919 est toujours en vigueur et s'applique à 15 millions d'hectares de terres collectives, qui constituent 40 % de la superficie totale du pays.
Lorsque le Maroc a commencé à mettre en œuvre des politiques néo-libérales au début des années 1990, l'Etat s'est mis à expulser massivement les tribus de leurs terres natales. Les terres sont souvent confiées à de grandes sociétés qui, d'après ce qu'affirme le gouvernement, contribuent à leur valorisation économique.
Ces expropriations font l'objet de critiques de plus en plus nombreuses de la part d’ONG luttant contre la corruption, qui soutiennent que ces confiscations de terres sont souvent frauduleuses, et de militants qui s'opposent à la destruction du patrimoine rural marocain.
Les cas des tribus de Guich Loudaya et d'Ouled Sbita ont particulièrement attiré l'attention en raison des efforts fournis par les deux tribus pour résister à la pression de l'Etat en refusant de quitter leurs terres et en organisant des manifestations.