En témoigne l'article ici de l'organe du PSL, avec un point de vue de syndicalisme de lutte.
Extrait
Le jeudi 30 avril fut, en Islande, le commencement d’une série de grèves pour revendiquant des salaires plus élevés. 10.000 travailleurs se sont mis en grève et 60.000 sont prêts à les rejoindre pour une grève générale le 26 mai. Les grévistes sont massivement soutenus : les sondages indiquent que 91,6 % leur sont favorables.
Le redressement de l’économie, après sept ans de crise et de gel des salaires, semble être derrière les grèves. La revendication principale portée par les travailleurs est une augmentation du salaire minimum étalée sur trois ans, pour passer de 1370 € à 1900 € par mois (de 214.000 couronnes islandaises à 300.000). Après sept ans de travail, le salaire est habituellement de 1.420 € par mois (222.000 couronnes islandaises). De plus en plus de travailleurs sont obligés d’avoir deux emplois pour survivre. En plus des salaires, les grévistes exigent également une amélioration de leurs conditions de travail, notamment concernant le droit à bénéficier d’une formation continue.
Dans l’industrie de la pêche, le paiement de milliards de dividendes et l’augmentation de 33% des salaires des cadres supérieurs de l’une des plus grandes entreprises du secteur (HB Grandi) ont encore accru la pression. Les revendications syndicales ne coûteraient à cette société qu’un dixième des bonus des managers (2,7 milliards de couronnes) !
Environ 85% des travailleurs sont syndiqués en Islande et les trois confédérations syndicales (cols bleus, cols blancs et universitaires) sont très forts. La SGS (Fédération des travailleurs général et spéciaux) organise 19 syndicats, essentiellement dans le secteur privé, et représente plus de la moitié des membres de l’ASI (Fédération islandaise du travail). 94,6% des membres de la SGS qui ont participé au vote se sont prononcés en faveur de la grève.
10.000 grévistes
Le 30 avril, 10.000 travailleurs de 2000 sociétés différentes ont participé à une grève de 12 heures. Les hôtels, les autocars et l’industrie du tourisme en pleine expansion de manière générale étaient encore en activité. Dans l’industrie de la pêche, où les employeurs ont déjà promis certaines concessions, la grève était totale. La pression pour des augmentations de salaire existe dans toutes les professions. 3.000 employés de l’Université, membres du syndicat académique, sont en grève depuis le 7 avril. Les avocats des autorités gouvernementales et les techniciens des soins de santé sont également en grève. Les enseignants et les médecins ont quant à eux reçu des augmentations de salaire.
Si la fédération patronale ne cède pas, toute une série de grèves sont prévues durant le mois de mai. Il y aurait ainsi deux grèves de 48 heures les 6 et 7 mai et les 19 et 20 mai. Ensuite, une grève générale illimitée commencerait à partir du 26 mai. La fédération des cols bleus, ASI, a annoncé que plus de 56.000 de ses membres prendront part à la grève générale.