26 mars 2015

La gestion de la pauvreté contre le salaire

L'Institut Européen du Salariat publie un note sur la situation en Suisse en matière de politique salariale (ici, en français et en libre accès).

Pour vous mettre en appétit, voici l'introduction que l'IES donne de son étude

Avec un salaire médian qui approche les 6000€, lorsque les Suisses envisagent d’introduire un salaire minimum, il est annoncé à 4000€. Devant de tels montants, la Suisse apparait comme un pays presque exotique pour un observateur étranger, mais il faudrait rapporter ces sommes au coût de la vie. Cette note montre que, loin du particularisme apparent, la pauvreté laborieuse d’une part et les modes d’intervention publique à son égard d’autre part s’inscrivent dans les canons européens en la matière. Face à la précarité et aux bas salaires qui, comme ailleurs en Europe, nourrissent la pauvreté laborieuse en Suisse, la réponse des pouvoirs publics relève d’une logique de gestion de la pauvreté plutôt que d’un renforcement des droits salariaux.
Résumé succinct de l'étude

Traditionnellement, en Suisse, le salaire lié à l'emploi permettait de bien gagner sa vie. Mais avec la précarisation du monde du travail en emploi, avec l'apparition du chômage, avec la diminution des prestations salariales dans les secteurs les moins rémunérés, cette idée a fait long feu.

L'État social a été "activé" comme dans les autres pays occidentaux - c'est-à-dire que les chômeurs ont été mis sous pression pour retrouver un emploi. Les aides sociales cantonales sont pensées comme des palliatifs contre la pauvreté et comme des incitations financières à travailler sous le joug de l'emploi.

Cette politique a favorisé l'émergence de travailleurs pauvres, sous le joug de leur employeur et des institutions étatiques de contrôle. Ces travailleurs sont réduits à l'état de force de travail en quête d'emploi sur un marché qui ne leur garantit pas un revenu suffisant par rapport à leurs besoins. Ces politiques font apparaître la notion très paternaliste de "pauvres méritants" et réduit singulièrement le champ d'action des intéressé(e)s.