30 mars 2015

Emploi et bidon

TerraEco enquête sur les dégâts de l'industrie minière dans une des régions les plus sèches du monde, au nord du Chili (ici, en libre accès).

La logique du profit et de la rentabilité poussent les entreprises à accaparer les ressources naturelles au détriment d'une oasis devenue ... inhabitable. Décidément, l'emploi et la logique du profit rendent le monde et le travail ... inhabitables.

Extrait
« Quand je viens ici, je me rappelle ce que je voyais avant, cela me rend triste car je sais que je ne le reverrai jamais. » Cheveux auburn taillés court, peau brunie par le soleil, cette mère de cinq enfants se souvient des baignades de sa jeunesse, des moutons de ses parents, de l’ancienne boulangerie qui n’est plus qu’une bicoque ensevelie sous le sable et les ans. « J’ai la rage, j’ai la rage et tellement de nostalgie… »
Contamination à l’arsenic
Comme tous ici, Mariel connaît les noms de ceux qui ont « sucé » l’eau du fleuve, la sève de Quillagua : « SQM et Codelco ». SQM, l’une des plus grandes sociétés minières et chimiques du pays, a racheté les droits d’extraction d’eau des habitants (le marché de l’eau a été libéralisé en 1981). « Les gens de SQM sont arrivés chez les agriculteurs pour leur donner de l’argent et leur faire signer des documents, se souvient Mariel. Nous avions des enfants à nourrir, presque tout le monde l’a fait. » Aujourd’hui, pour la production de ses fertilisants, SQM a racheté 75% des droits d’extraction d’eau du fleuve. « Ils font pousser des fruits et des fleurs partout dans le monde, soulève la mère de famille. Mais chez nous, ils assèchent tout. » Codelco, la seconde société citée par Mariel, est le numéro 1 du cuivre mondial. Cette entreprise d’Etat administre Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert de la planète, à trois heures de là. Elle est considérée par les habitants comme responsable de la ruine de Quillagua. Et pour cause… Il y a dix-huit ans, en mars 1997, en raison de violents orages en amont du fleuve, les réservoirs d’eau artificiels, contaminés à 80% par les déchets miniers – arsenic et métaux lourds –, débordent et s’écoulent dans le Loa.